samedi 9 mai 2026

EN TOUTE INNOCENCE DE ALAIN JESSUA 1988

 





Synopsis :

En Gironde, région viticole où il fait bon déguster une bonne bouteille de bourgogne, Paul est un chef d'entreprise qui a réussi. Il vit dans un domaine avec son fils Thomas et sa bru Catherine, ainsi que sa fidèle servante Clémence.
Un jour, Thomas doit partir en voyage d'affaire en Suisse et Paul doit partir le rejoindre quelques heures après. Sur la route Paul se rend compte qu'il a oublié son billet d'avion et revient chez lui. Il surprend Catherine couchée sur le dos, les jambes écartées avec un collègue de Thomas au dessus d'elle. Il reprend la route à vive allure et sa voiture s'encastre dans un camion.
Il se réveille les jambes brisées, voyant Catherine dans sa chambre d'hôpital, il décide de prétendre avoir perdu la parole. Il décide ensuite de ne rien dire de l'adultère à son fils.
Va ensuite commencer une guerre psychologique entre le patriarche et sa bru pas farouche de la croupe...







Avec le père Jessua, il faut s'attendre au pire , le nanar "Traitement de Choc" avec pourtant Girardot et Delon, comme au mieux, "Paradis Pour Tous", dit le dernier Dewaere.
Le réalisateur nous sert un thriller girondin, en grande partie à huis clos tournant autour de la confrontation d'abord psychologique puis physique entre Michel Serrault dans un fauteuil roulant et Nathalie Baye, bye dans un rôle étonnant qui constitue la raison principale pour laquelle il faut regarder ce film.
Le suspense n'est pourtant guère présent puisque la personne qui tente d'assassiner Serrault est bien celle à qui on pensait depuis le début (il y avait plus subtil, un coup de théâtre est toujours plus remarquable).
La qualité du film tient en l'interprétation de notre regrettée Nathalie qui hérite ici d'un rôle trouble, gris, presque de méchante : elle joue ici dans des tons qui ne lui sont pas habituels et c'est un ravissement pour le cinéphile qui se respecte.
Mention spéciale pour Suzanne Flon qui joue la servante/confidente (et apparemment ancienne amante) de Serrault, elle boit, elle fume, roule en mobylette et ne cause même pas.

Au final, un des meilleurs Jessua, ce n'est pas difficile en même temps, des citations à tout va ("Psychose" et "Fenêtre Sur Cour" du Hitch principalement) et Nathalie dans un rôle de chaudasse vindicative.





 











vendredi 8 mai 2026

RIVE DROITE, RIVE GAUCHE DE PHILIPPE LABRO 1984

 





Synopsis :

Paul est l'avocat du puissant et corrompu Pervillard, qui a le bras long. Il est soupçonné d'avoir détourné un cargo de nourriture mais grâce à Paul, gagne tous ses procès en diffamation.
Une taupe fournit à Paul la preuve comme quoi Pervillard a bien détourné le cargo, ce qui va le faire basculer et enlever ses scrupules.
De l'autre côté de la Seine, enfin de l'Yonne, vit Sacha, une attachée de presse divorcée avec un enfant, qui peine à joindre les deux bouts à cause de son honnêteté et son refus de coucher pour réussir.
Paul et Sacha vont se rencontrer, l'avocat va tomber amoureux d'elle mais se heurter au refus de la belle.
Lors d'une émission télé avec Pervillard et Paul, l'avocat fait des insinuations devant le financier, déclenchant la colère vindicative de celui-ci, mais aussi de l'associé de Paul et de sa femme qui découvrira la relation entre lui et Sacha.
Les deux finissent par s'aimer mais devront faire face à des menaces de plus en plus violentes...








Le dernier film de Labro montre une science du casting bien huilée, les deux interprètes féminines surtout sont remarquables : Carole Bouquet dans un rôle d'épouse blessée qui finira par devenir une menace pour celui de Sacha interprétée par Nathalie Baye, bye qui trouve ici un de ses meilleurs rôles (la scène de l'agression chez elle et toutes en général dans ce thriller).
Depardieu joue un personnage qu'il a beaucoup pratiqué dans ces années 80 là, le colosse au cœur fragile, parfois bouleversant.
Bernard Fresson joue ce qu'il était dans la vie : un connard.
Labro et sa femme tissent un scénario aux petits oignons pour ce thriller politique et financier sous fond de corruption, la fin de cette histoire prouve la passion qu'avait le Philippe pour les USA (d'ailleurs ce que j'ai le moins aimé...les fins heureuses...)

C'est dommage que Labro n'ait pas persévéré dans la réalisation (c'est un de ses meilleurs crus), c'est aussi dommage de voir Paris au milieu des années 80 et de voir ce qu'il est devenu aujourd'hui.







 







jeudi 7 mai 2026

UNE ETRANGE AFFAIRE DE PIERRE GRANIER-DEFERRE 1981

 





Synopsis :

Louis, marié à Nina, travaille depuis deux ans au service publicité d'un grand magasin. En fait il passe sa journée à glander au bureau et jouer aux cartes avec ses copains le soir.
Un jour, on annonce l'arrivée d'un certain Malair, le nouveau patron,  chargé de redresser la barre et de procéder aux licenciements qui découle de toutes reprise.
Bizarrement, Louis n'est pas de la charrette et est même promu chef.
On lui demande surtout d'être disponible 24/24, 7 jours sur 7, ce qui finit par arriver assez vite.
Louis va tout donner à son patron ; son temps, sa famille, sa vie de couple jusqu'à se perdre et s'effacer...








Cette adaptation d'un roman de Jean-Marc Roberts "Affaires Etrangères" est assez remarquable dans l'analyse d'une sorte de vampirisme qu'est le harcèlement, ici toujours latent et bienveillant, consistant à vider un homme de son essence, de prendre le contrôle de sa vie tel une sorte de virus.
Michel Picolli (qui en tant que communiste, a dû beaucoup apprécier  le rôle) joue ce vampire, sorte de figure paternelle pour sa proie, un pauvre type joué par le gars Lanvin, Gérard de son prénom.
Nathalie Baye, bye joue la victime collatérale de ce désastre social et Jean-Pierre Kalfon joue l'homme à tout faire et peut-être plus, du patron aux mœurs étranges.
Une œuvre remarquable, emplie de cynisme et de noirceur, une sorte de thriller de classes en somme.
Avec en prime Philippe Sarde à la partition.
















lundi 4 mai 2026

ROY AYERS VIRGIN UBIQUITY : BRAND NEW FEELING 2018

 


Petit bijou de presque 10 minutes tiré de la compilation d'inédits du groupe Ubiquity de Roy Ayers qui est une véritable boite au trésors.
Une diva, un solo de sax et beaucoup de soul pour ce titre qui est un régal pour les esgourdes.