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mercredi 8 avril 2026

LA NUIT DES FEMMES DE KINUYO TANAKA 1961

 






Synopsis :

À la fin des années 50, l'état japonais décide de fermer les maisons closes, ce qui est bizarre en soit, sont-elles fermées à double tour ?
Les prostituées finissent soit en prison, pour celles qui continuent leur métier dans la rue ou alors en maison de réhabilitation comme notre héroïne Kuniko.
Elle est décidée à s'en sortir et on lui trouve du travail dans une épicerie où elle est payée une misère et méprisée par la patronne quand celle-ci apprend l'ancien métier de Kuniko. Pour se venger, elle enivre et séduit son mari pour ensuite démissionner après que l'adultère ait été découvert.
De retour au centre, on lui trouve du boulot dans une usine employant des femmes mais elle finit par se faire violement agresser et "marquer" par certaines d'entre elles.
Elle se retrouve finalement employée dans une pépinière tenue par un couple gentil, elle apprend le métier d'un jeune homme qui finit par tomber amoureux d'elle et la proposer en mariage. Le bonheur enfin ? 
Mais cette fameuse nuit à l'air d'être sans fin...








Tanaka adapte un roman de Masako Yana pour cette chronique sociale qui parfois ressemble à un thriller.
Comme souvent avec les films de la réalisatrice, qui fut aussi actrice naguère, l'interprétation est assez soignée, de plus certaines scènes sont admirables (le clair-obscur de la scène de la torture).
Le sujet est très bien traité malgré sa sensibilité, on se prend de passion pour cette héroïne dont l'ancien métier est tatouée, au propre comme au figuré, sur le corps.
Depuis "Maternité Eternelle", Kinuyo Tanaka fait un sans fautes, un exploit à l'époque des trois maîtres du cinéma nippon (Kurosawa, Ozu, Mizoguchi).












Le film intégral :





mardi 7 avril 2026

LA PRINCESSE ERRANTE DE KINUYO TANAKA 1960

 





Synopsis :

D'après les mémoires de la princesse Hiro Saga, de 1937 à la fin des années 50 : le destin d'une jeune femme japonaise de bonne famille qui se destinait à être peintre mais dont la famille prévoit son mariage avec le frère de l'empereur du Mandchoukouo (province chinoise alors occupée par le Japon). l'homme plait finalement à la femme, se marient et vivent chez le cadet. Une fille nait de cette union plutôt heureuse et aimante.
Après Pearl Harbor, les choses se compliquent jusqu'à la capitulation du Japon en août 1945. L'URSS en profite ensuite pour envahir la Chine et l'empereur est destitué, sa famille dont le cadet et la princesse déportée et humiliée.
Après un long périple, la princesse et sa fille arrivent à rentrer au Japon mais les dégâts de cette vie vont être chers à payer...





 

Une biographie pour le quatrième film de Tanaka, en couleur pour la première fois, dans laquelle la plupart des images ressemblent à des tableaux (on ne lassera jamais des cerisiers en fleur).
Un récit de ce couple arrangé qui finit réellement en mariage heureux, écartelé par le tragique de l'histoire dans ces terribles années 40 également de la Chine envahie par le Japon dans les années 30 et ensuite par les russes après la guerre.
La prestation de la grande actrice Machiko Kyo est sans aspérité, entrainant le spectateur par la main et le cœur dans cette histoire poignante, de femme(s) et de fille, réalisée par une femme, Tanaka.
Un excellent spectacle.
















lundi 6 avril 2026

MATERNITE ETERNELLE DE KINUYO TANAKA 1955

 





Synopsis :

Fumiko est mariée à un homme qui la méprise à qui elle a fait deux enfants. Elle taquine du vers dans un club de poésie de son village.
Elle découvre un jour que son mari la trompe et finit par divorcer, récupérant sa fille et son garçon allant vivre chez son père.
Elle subit ensuite la perte d'un ami cher, dont elle était amoureuse malgré le fait qu'il soit marié, qui la soutenait dans son art.
Parce que les emmerdes arrivent toujours en escadron, on lui découvre un cancer du sein qui, malgré une double mastectomie, finira par se métastaser aux poumons.
Pendant ce temps, ses poèmes (des wakas) que son club a envoyés à un concours remportent un grand succès.
Un journaliste de Tokyo, apprenant qu'elle est mourante, décide d'aller lui rendre visite...








Inspiré de la courte vie de la poétesse Fumiko Nakajo, la réalisatrice nous offre un mélodrame total pour son troisième film.
Une œuvre féministe, comme pour les six films de Kinuyo Tanaka, mais intelligemment amenée, interrogeant la place des femmes dans le Japon des années 50.
Plus le récit avance, plus le pathos s'installe, la dernière demi-heure est d'une noirceur totale jusqu'à la scène finale où la porte de la morgue se referme sur les deux jeunes enfants de la suppliciée.
"Maternité Eternelle" (titre français pas terrible, préférer le titre japonais : que les seins soient éternels) est typiquement le genre d'œuvre destiné à me ravir : poésie et mort vont si bien ensemble même si l'agonie et Passion du personnage principal peut être assez pénible pour les âmes sensibles.
Le sens du dernier waka de la poétesse, destiné à ses enfants, est bouleversant : ma mort est le plus grand legs que je puisse vous offrir...à méditer.

Un bijou.







 



Le film intégral sur Arte :





dimanche 5 avril 2026

LA LUNE S ' EST LEVEE DE KINUYO TANAKA 1955

 





Synopsis :

Un ingénieur vient dormir quelques jours chez un ami d'enfance, Yasui, à Nara. Une amie de celui-ci verrait bien l'ingénieur se marier avec sa grande soeur et vieille fille, Ayako, d'autant plus que l'ingénieur, qui l'a déjà rencontré, parle souvent d'elle.
Yasui et la soeur cadette vont avoir bien du mal à faire que les deux se rencontrent...







Comme on peut le deviner, c'est une comédie sentimentale que nous propose la réalisatrice Tanaka pour son deuxième film.
Quelques têtes connues du cinéma japonais d'alors, Chishu Ryu qui joue le patriarche des filles et Mie Kitahara qui joue la cadette entremetteuse et une histoire réduite à sa plus simple expression, genre oblige.
D'ailleurs, les comédies sentimentales ne sont pas ma tasse de thé, mais ce film est globalement plaisant, inférieur au premier métrage de Tanaka néanmoins.















samedi 4 avril 2026

LETTRE D'AMOUR DE KINUYO TANAKA 1953

 





Synopsis : 

En 1950, le Japon impérial se remettait des erreurs commises pendant 50 ans et des dizaines de millions de mort dans toute l'Asie.
Les femmes trouvant difficilement du travail en sont rendues à se prostituer à des militaires américains, ce que certains japonais acceptent difficilement.
Reikichi, 30 ans et ancien soldat vit chez son jeune frère débrouillard, il vivote en faisant quelques traductions jusqu'à ce qu'un ami perdu de vue lui propose une place de scripte chez lui, la demande des femmes pour rédiger des lettres enflammées à leur amants américain étant rémunératrice.
Reikichi est amoureux de son amie d'enfance, Michiko, mais celle-ci s'est mariée avec un autre qui depuis est décédé. Il la cherche partout sans succès, désespéré.
Il va finir par la retrouver et découvrir qu'elle entretient une relation avec un américain et finir par la traiter de fille de rien.
Le frère de Reikichi va essayer de recoller les morceaux entre eux...








C'est la première fois que je vois un film de Tanaka, le premier de cette réalisatrice, une rareté à l'époque, qui fut aussi une star en tant que comédienne.
Un mélodrame romantique et social, avec de légers passages comiques, qui rappellent dans l'ensemble un peu le cinéma d'Ozu, et certains passages très réussi emportés par une photographie soignée.
On pourrait aussi classer ce film comme un croisement entre le Néoréalisme italien et le Noir français, en tout cas un excellent métrage comme souvent avec le cinéma nippon, alors en pleine gloire.
















vendredi 3 avril 2026

KATYN DE ANDRZEJ WAJDA 2007

 





Synopsis :

Pologne, 1939, le gentil régime humaniste de Staline envahi la partie est de la Pologne tandis que celle de l'est est occupée par le régime national SOCIALISTE du troisième reich. Les officiers polonais et des patriotes sont fait prisonniers par la gentille armée rouge humaniste.
Printemps 1940, ces prisonniers sont exécutés dans une forêt en URSS par les nervis du gentil régime humaniste et populaire de Staline mais quand la Pologne est entièrement envahie par les russes, c'est le régime national SOCIALISTE qui officiellement porte le chapeau de cette boucherie (20000 hommes).
Wajda nous propose de suivre courageusement les proches des exécutés jusqu'en 1945 et la répression de certains par les occupants humaniste et populaires de l'URSS.








Wajda était un cinéaste courageux, honni par la gauche mondiale car pas vraiment dans le sens de la pensée officielle du politiquement correct.
Courageux est alors ce film/réquisitoire qui dénonce les massacres du communisme (une cinquantaine de million de morts et probablement un ou deux supplémentaires au moment où j'écris ces lignes) sans commune mesure avec ceux des national socialistes (une dizaine de millions de morts), des nazis quoi, et même ceux du Japon impérial (une trentaine de million de mort) qui passe encore pour une victime car elle a reçu deux bombes atomiques sur la tronche.
Le film a été très peu distribué en France, seul pays où le communisme a réussi selon Gorbatchev, et s'est fait descendre par les médias de gauche qui considèrent la critique du communisme comme un fascisme, de l'extrême droite.
"Katyn" est aussi la tragique histoire du peuple polonais, prostituée des pires régimes du siècle dernier et de son peuple heureusement résilient, enfin libre.
Une œuvre essentielle, un témoignage poignant...merci Wajda.















jeudi 2 avril 2026

L ' ETAU DE ALFRED HITCHCOCK 1969

 





Synopsis :

En 1962, à Copenhague,
Un haut placé russe décide de passer à l'Ouest avec son épouse et sa fille, des agents américains dont Mike Nordstrom, se chargent de l'exfiltrer non sans mal
Arrivé à Washington, il est questionné sur les affaires des Russes et met les américains sur la piste des missiles cubains.
Nordstrom demande à son ami et agent français, Devereaux, d'infiltrer les cubains dont certains proches de Castro se trouvent en ce moment à New York, notamment Uribe qui déteste les américains.
Devereaux finit par aller à Cuba après qu'Uribe se soit fait tuer après sa trahison, logeant chez son contact et maîtresse Juanita, qui est aussi la maîtresse de celui qui a tué Uribe, Rico Parra.
Les cubains finissent par découvrir la traitrise du français qui se voit alors pris dans l'étau de la guerre froide...







Le genre espionnage voulant ça, on voyage beaucoup dans cet Hitchcock d'arrière saison : le Danemark, puis Washington, puis New York, puis la Havane et enfin Paris.
John Forsythe revient pour jouer l'agent américain et un des rares rôles positif, dans le sens patriote.
La scène de l'exfiltration au début, celle du meurtre de "Juanita" (dont je soupçonne Dario Argento de s'en être inspiré pour ses films futurs) et de l'hôtel des cubains à New-York (avec le personnage du martiniquais) sont les points forts du film.
La dernière partie se passe à Paris, entre personnages français joués entre autre par Claude Jade, Michel Subor, Michel Piccoli et Philippe Noiret, qui parlent en anglais (heureusement en VO), ce qui est assez ridicule en soit : à Washington à la rigueur mais à Paris...dans "La Main Au Collet" les dialogues entre français étaient au moins dans notre langue.
Globalement, on est en présence d'un film correct mais loin des classiques des années 50 : le Hitch était au bout du rouleau de pellicule.