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samedi 3 octobre 2026

ADORABLE MENTEUSE DE MICHEL DEVILLE 1962

 





Synopsis :

Deux soeurs, autant proches que différentes,

La brune Sophie est franche, terre à terre et a tendance à se mettre dans l'embarras. Son petit-ami est très amoureux d'elle et assez collant mais son honnêteté fait qu'elle n'ose lui dire de la laisser respirer.
La blonde Juliette, la menteuse du titre, ne dit jamais la vérité, invente ses jours pour égayer ses nuits, se jouant de tous et toutes, même sa propre soeur.
Elle décide de séduire son voisin du dessus, plus vieux et sage, mais celui-ci ne s'en laisse pas compter.
Cette homme ose résister à la belle et ne gobe pas ses mensonges, ce qui va ébranler ses certitudes...








Ce troisième film de Deville est une comédie romantique, burlesque dans sa première partie, un peu plus sérieuse par la suite.
Un métrage dans le style des films de l'époque, par la Nouvelle Vague, de la jeunesse d'alors qu'on nommera ensuite "Baby Boomers".
La première partie est parfois ennuyeuse car il ne s'y passe pas grand chose à part un enchaînement de quiproquos dus aux mensonges de l'une et à l'honnêteté de l'autre soeur.
La deuxième partie où l'affabulatrice doit faire face à un os récalcitrant est de mon point de vue plus intéressante, plus grise, plus grave, beaucoup plus adulte.
Macha Méril qui joue la gaffeuse et Marina Vlady (deux slaves) qui joue le rôle titre sont toutes les deux formidables, inspirées des dialogues de Nina Companeez.
La fin est aussi sympathique, avec une sorte de renversement d'attitude entre les soeurs, certe prévisible mais on se demande quand même si la menteuse va tenir jusqu'au bout.
Un film familial, donc, maîtrisé par un Deville qui avait déjà tout d'un grand.



















jeudi 1 octobre 2026

LA SENTENCE DE JEAN VALERE 1959

 





Synopsis :

En 1944, alors que le débarquement a commencé, dans un village de Normandie au bord de la Manche :

Un attentat est commis contre des officiers allemands, une grenade ayant été lancée par Antoine, avec l'aide de Georges et dans une moindre mesure un pêcheur, la mère Boissard et Catherine.
Les terroristes, du point de vue de l'occupant, sont tous prestement arrêtés, jugés immédiatement et condamnés à mort.
L'exécution aura lieu une heure après.
Enfermés dans une cave donnant sur la plage, alors que les combats font rage entre les deux axes, ce film nous convie en temps réel aux derniers instants des résistants...








Ce presque huis clos est assez bien fichu, filmé de manière plutôt naturaliste et minimaliste. L'accent est mis ici sur les émotions de cinq condamnés à mort sans procès (un peu comme chez les soviétiques qui recompenseront l'oeuvre, il est toujours important de le rappeler) qui sont plus ou moins impliqués dans l'attentat.
Valère sait de quoi il parlait, ayant été résistant lui-même.
Roger Hanin y est ici plutôt sobre, cachant son accent pied-noir avec efficacité. Robert Hossein a peut-être le rôle le plus intéressant avec ce jeune résistant en proie au doutes. La fraîchement trépassée Marina Vlady n'a ici pas grand chose à faire,  comme Béatrice Betty.
L'autre rôle intéressant incombe à Lucien Raimbourg qui joue le rôle du pêcheur qui aide presque involontairement les autres, jouant alors une sorte de sacrifié.
Le cinéphile pensera au "Condamné À Mort S'est Echappé" de Bresson ou alors certaines séquences de "L'armée Des Ombres" de Melville.
Le seul point faible est pour ma part la fin mélodramatique à souhait que je décrirai comme légèrement putassière mais le spectateur se fera son avis.
Une rareté assez réussie à mettre dans la longue liste des films sur la résistance.







Attention spoiler :





samedi 26 septembre 2026

LA PORTE DE L'ENFER DE TEINOSUKE KINUGASA 1953

 





Synopsis :

Au XIième siècle, une rebellion essaye de renverser le clan de Taira.
Assiègé, le clan demande, pour faire diversion, à une dame de compagnie de se faire passer pour la princesse, qui sera escorté par le guerrier Morito. 
Kesa en réchappe de justesse et finallement la rebellion est anéantie.
Le clan Taira décide d'accorder des récompenses aux combattants et  Morito, tombé amoureux de Kesa, demande de pouvoir l'épouser : le problème est que la belle est déjà mariée à un garde.
Motito ne va pas s'en laisser compter et harcèle Kesa et sa famille, se faisant de plus en plus menaçant...








Ce drame romantique et historique est remarquable par sa couleur, à l'époque encore rare, qui distille un festival pour les mirettes, que ce soit les costumes ou le paysage.
L'histoire par contre, n'est pas très intéressante, le genre triangle amoureux (et encore la belle restera fidèle à son mari jusqu'à en payer le prix cher) qu'on a vu à foison.
L'interprétation des grands acteurs dont Machiko Kyo, et sa bouille particulière, est irréprochable et tous sont maquillés comme des poules prêtes pour le turbin.
En fait, on a l'impression que ce film pourrait être un muet en couleur où la forme prévaut sur le fond ici malingre.
Ce film aura la plus grande récompense à Cannes et c'est vrai que ça peut se discuter mais d'un autre côté cette "Porte De L'enfer" est largement supèrieure à toutes les Palmes d'Or de ces 25 dernières années : preuve que le cinéma a bien régressé.


















mardi 22 septembre 2026

UN AMI VIENDRA CE SOIR DE RAYMOND BERNARD 1946

 





Synopsis :

Un hôpital psychiatrique dans les Alpes,

Pendant que les hommes du village voisin prennent le maquis alors que les boches arrivent, à la recherche d'un certain commandant Gérard qui serait le chef de la résistance locale :

Le fameux refuge de santé est soupçonné d'abriter des simulateurs qui seraient en fait des résistants, et même d'être le quartier général de ceux-ci.
Parmi les pensionnaires se trouvent un pacifiste comtemplatif, une femme persuadée qu'elle promène son bébé, un gars qui aime se ballader torse nu, un pianiste qui communique en jouant ou alors un commissaire antipathique.
Dans cette sorte de Cluedo dans lequel il faut découvrir qui est qui, va s'immiscer un curieux médecin suisse qui va tomber amoureux d'une jolie blonde...








Tourné dans le jus, au milieu du véritable théâtre encore chaud de la guerre (ça fait des économies de décor), ce film patriotique à la gloire des maquisards conçu vraissembablement pour remonter le moral de la population est assez réussi : que ce soit le scénario, les dialogues poétiques voire métaphysiques ou l'interprétation de l'ensemble des comédiens, qu'ils soient professionnels (Michel Simon, Saturnin Fabre, Daniel Gélin) ou pas.
Le récit s'attarde également sur la relation entre la blonde et le médecin, qui prendra tout son sens à la fin quand les masques tomberont.
Une petite rareté que je n'avais pas encore eu l'occasion de voir, par le réalisateur de "Tartarin De Tarascon".
La qualité à la française disparue depuis bien longtemps.














samedi 19 septembre 2026

LES AMOUREUX SONT SEULS AU MONDE DE HENRI DECOIN 1948

 






Synopsis :

Le compositeur Favier et son épouse fêtent les 18 ans de leur rencontre dans le bistro où ils se sont rencontrés.
Sur le chemin du retour, sur l'île Saint-Louis, Favier entend un pianiste jouer une de ses compositions. Le pianiste est une jeune femme, grande admiratrice de son oeuvre.
Le compositeur va prendre la pianiste sous son aile et quelques mois après lui organise un récital.
Pendant la prestation, qui sera un triomphe, la rumeur commence à courir sur une liaison entre les deux musiciens.
Il n'en est rien, sauf que la jeune femme va commencer à avoir des sentiments pour son pygmalion.
L'épouse, folle amoureuse de son mari, va elle se poser des questions...








Cette comédie sentimentale sort du lot pour plusieurs raisons :
Tout d'abord, le début où le couple de mariés va jouer leur rencontre, reproduire 18 ans après comme un acte de théâtre, ce qui est plutôt original.
Ensuite voir Jouvet être l'homme adoré de deux femmes est quelque chose qu'on ne voit pas souvent, le maître n'étant pas un jeune premier ni un étalon de la beauté.
Puis les dialogues très poétiques du maître Jeanson, jamais décevant, surtout au début et aussi cette répliques que j'ai fait mienne : "un film doublé est un film qui perd la moitié de son intérêt".
Et enfin la fin, que dis-je, la double fin d'abord dramatique et l'autre plus joyeuse, ce qui ramène à un film comme "La Belle Equipe" de Duvivier.
Un très bon Decoin, qui aime travailler avec les grands acteurs comme dans le fort recommandable "Les Inconnus Dans La Maison" avec Raimu.


















vendredi 18 septembre 2026

THE MACHINIST DE BRAD ANDERSON 2004

 





Synopsis :

Trevor est un ouvrier plutôt solitaire, ses seules relations sont une prostituée et une serveuse de nuit au bar de l'aéroport.
Il souffre d'insomnie et dit qu'il n'a pas dormi depuis un an, d'où sa maigreur cadavérique.
Lors d'un dépannage de machine, il provoque involontairement l'accident d'un collègue qui y perdra son bras. Les autres ouvriers se détournent ensuite de lui. Trevor rejette la faute sur un certain Ivan, soudeur à l'arc qu'il vient de rencontrer il y a quelques jours, mais personne dans l'usine ne le connait.
Il découvre ensuite un post-it sur la porte de son frigo, représentant un jeu de pendu avec un mot de six lettres à trouver.
Petit à petit, Trevor va perdre pied, s'enfonçant dans une paranoïa de plus en plus violente, ses cauchemars éveillés et visions morbides altérant de plus en plus ses jours sans repos...








Ce thriller à la production internationale est d'abord connu pour la transformation à la De Niro de l'acteur Christian Bale qui dont le poid descendra à 54 kg pour un mètre 82. Ensuite nous avons affaire ici à un récit assez sombre tendant vers l'horreur, jouant avec les chausse-trappes et rebondissements qui font parfois penser à du Lynch.
Le méchant/spectre/représentation de culpabilité du héros est joué par non pas le colonel Kurtz de "Apocalypse Now" mais un acteur qui est le sosie du Brando d'alors, ce qui ajoute à l'étrangeté de la somme.
Le spectateur éveillé comprend assez vite que ce que voit l'ouvrier est la résultante de son manque de sommeil mais le début, où on voit le héros se débarrasser d'un corps pose une énigme qui tisse l'intérêt principal de l'oeuvre.
Un thriller sanglant de haut vol, que je n'avais pas eu l'occasion de visionner avant, qui mérite son coup de mirettes.






"The horror..."












mercredi 16 septembre 2026

LE DRAME DE SHANGHAÏ DE GEORG WILHELM PABST 1938

 





Synopsis !

À Shanghaï, un certain Tcheng, sorte de jeune Mao, embrasse les foules avec ses idées révolutionnaires d'émancipation.
Une organisation criminelle, le Serpent Noir, ne voit pas cela d'un très bon oeil.
Dans un cabaret, la chanteuse Kay Murphy, qui est en fait une russe exilée qui travaillait pour le Serpent Noir, attend sa fille qui sort d'un pensionnat de Hong-Kong, et qu'elle n'a pas vu depuis presque dix ans.
Le Serpent Noir va faire pression sur Kay pour amener Tcheng dans un guet-apens mais tout ceci va mal tourner...





 

Ce film d'aventure tourné par le réalisateur de "Loulou" est plutôt exotique : tourné en studio en France pour les intérieurs, avec une distribution internationale dont pas mal de comédiens asiatiques (ce qui était une rareté à l'époque), des chansons comme il était coutume à l'époque, un message politique socialiste (l'époque itou) et des dialogues très poétique du taulier Henri Jeanson.
Louis Jouvet, la vedette du film, joue une sorte de revenant, russe blanc et ex-amant de l'héroïne (et probablement père de sa fille)  travaillant pour le compte de la noire organisation.
Le chanteur Dorville joue ici le rôle très antipathique du tenancier/maquereau/voyou du cabaret qui sert de repère pour l'organisation.
Le seul truc qui dérange le puriste que je suis, c'est les chinois, russes, britanniques et américains qui parlent tous un français parfait mais bon, le récit est assez captivant avec son petit message d'espoir à la fin qui sera contredit par l'histoire.
Une agréable rareté d'un des maîtres réalisateur de l'époque.