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dimanche 24 mai 2026

L ' ASSASSIN DE ELIO PETRI 1961

 






Synopsis :

La police débarque un matin chez Martelli. Après quelques questions, il est emmené au poste. Il apprendra qu'il est accusé d'avoir assassiné sa maîtresse qui était aussi sa créancière.
On apprendra au fil du récit que cet antiquaire est un magouilleur sans beaucoup de scrupules, se servant des femmes pour réussir.
Un interrogatoire oppressant aux airs Kafkaiens va faire vasciller Martinelli, le "briser" mais un coup de théâtre se prépare...








Ce premier film de Petri (inédit en France jusqu'en 2011) fait penser au début à un autre réalisé 10 ans après, "Détenu En Attente De Jugement" de Nanni Loy avec un Sordi étonnant. On pense à Kafka bien sûr et voir Mastroianni dans un rôle gris tendance noir est toujours plaisant.
La principale qualité de cette oeuvre est qu'on a l'impression que le personnage se fait avoir, et le spectateur aussi, que tout est faux, une mise en scène : en quelque sorte une mise en abyme. La fin cynique est assez marquante, soulignant s'il le fallait le pessimisme de l'histoire.
Un bon début, même si le Petri a fait beaucoup mieux par la suite.


















samedi 23 mai 2026

LES FLEURS DU SOLEIL DE VITTORIO DE SICA 1970

 






Synopsis :

Le milanais Antonio et la napolitaine Giovanna se rencontrent pendant la guerre, s'aiment et se marient, ce qui donne à Antonio un sursis de 12 jours avant de partir au front. Les jeunes mariés décident ensuite d'organiser un subterfuge pour faire croire qu'Antonio est devenu fou mais se font pincer, ce qui fait que le jeune homme est obligé de partir sur le terrible front russe.
La guerre finie, aucune nouvelle d'Antonio et personne ne sait si il est vivant ou pas.
Giovanna, persuadée que son mari est encore vivant, décide de partir à sa recherche, en URSS, après la mort du révolutionnaire humaniste qu'était Staline.
Après de longs jours, elle finit par le localiser, découvrir qu'il a refait sa vie et qu'il a une petite fille.
Giovanna, le coeur meurtri, revient précipitament en Italie sans même lui avoir parlé mais Antonio est bouleversé en la voyant.
Les deux êtres vont-ils se retrouver ? Giovanna va-t-elle pardonner à son mari ?








La Loren et le Marcello, c'est une quinzaine de films ensemble (un record ?) dont certains, tous des classiques, réalisés par Vittorio De Sica qui ne sait apparement pas faire de mauvais film.
La narration utilise de nombreux flashbacks, en passant de la comédie pour finir sur un ton beaucoup plus grave.
Le début, celui des amours heureux ressemble, à "Hier, Aujourd'hui, Demain" ou "Mariage À l'italienne" de Sica et la fin fait penser au futur "Une Journée Particulière" de Scola.
La Loren, toujours vivante au moment où j'écris, est un miracle sur patte, l'incarnation féminine de l'Italie : un feu d'artifice, le Vésuve, l'Etna, Stromboli, la beauté et le feu.
Marcello interéagit tellement bien avec Sophia qu'on a l'impression de voir un authentique couple, tout est naturel et fluide entre les deux comédiens. De Sica n'a finalement qu'a faire tourner la caméra et la magie est là.
Ces "Fleurs Du Soleil" (les tournesols quoi !) sont encore, de plus, un autre monument de ce réalisateur cher à mon coeur, qui nous dira adieu quatre ans plus tard.
Et une mention spéciale à la merveilleuse musique de Mancini qui est la sauce nappant le tout.







 







vendredi 22 mai 2026

À COEUR JOIE DE SERGE BOUGUIGNON 1967

 





Synopsis :

Cécile est mariée à Philippe, ils s'aiment mais s'ennuient. Lors d'un bal du 14 juillet, elle rencontre brièvement Vincent.
Cécile décide de partir 2 semaines à Londres pour poser pour des photos et comme le monde est petit, elle y rencontre Vincent qui passait par là.
Elle le repousse d'abord, voulant être fidèle à son Philippe, mais après de nombreux efforts du jeune homme oisif et rebelle, commence à avoir des sentiments pour lui.
Elle s'enfuit avec lui en Ecosse, deviennent amant et tombent amoureux mais l'heure est venue pour la belle de choisir...







Cette production binationale a une histoire, se passant en grande partie en Grande Bretagne, assez rudimentaire mais le principal n'est pas dans le récit mais plus dans la narration, autrement dit la forme.
La bébé met du sien pour incarner l'objet des désirs de deux hommes dont l'un, le mari qui finira cocu, est joué par un Rochefort glabre qui apparait seulement dans les dix premières minutes du film.
Terzieff joue son rebelle qu'il connaissait bien à l'époque, un nonconformiste qui finira par dévoiler ses félures.
Notre Brigitte regrettée est celle qui m'a le plus impressionné : elle avait 15 ans de métier à l'époque, beaucoup moins encore devant elle et commençait à avoir depuis sacrément la main. Je l'ai rarement vu montrer autant de nuances dans son jeu. 
Bardot est la raison principale pour laquelle ce film vaut son coup de mirettes, puis le swinging London et enfin la musique.
















samedi 16 mai 2026

LE PLUS SAUVAGE D'ENTRE TOUS DE MARTIN RITT 1963

 





Synopsis :

Une vache morte est trouvée sur la terre de l'éleveur Homer Bannon, les vétérinaires prélèvent un peu de sang sur la bête pour savoir si ce n'est pas la fièvre aphteuse.
Homer vit avec son petit-fils, enfant du sien décédé dans un accident de voiture, le rêveur et posé Lon, 17 ans. Il vit aussi avec sa bonne, une femme entre deux âges qui trouble les hommes de la familles.
Il y a aussi Ted, le sauvage de l'histoire, fils d'Homer, alcoolique, couchant avec les femmes mariées de la ville, violent et rebelle.
Homer et Ted se haïssent, peut-être parce que le dernier est responsable de la mort de son frère et père de Lon, peut-être aussi que deux générations s'affrontent ici, deux époques...







Ce "western" comme ils disent, est d'abord l'occasion de voir évoluer Paul Newman dans un rôle ambigu de rebelle à la James Dean ou Marlon Brando : on ne sait pas trop au départ si le personnage est juste un connard ou bien.
On est en présence d'un film du Nouvel Hollywood présentant des personnages gris, des antihéros interprétés par un jeu moderne, "la méthode" principalement, servant une histoire passionnante sur un west crépusculaire.
Patricia Neal joue la bonne qui sera l'intérêt des deux jeunes hommes, histoire qui culminera dans une scène de presque viol, elle y est excellente et recevra un Oscar pour sa prestation.
Ce film m'a fait penser à "La Denière Séance" de Bogdanovich, c'est un peu sa soeur ainée à qui on a affaire ici. L'histoire partage certains thèmes avec ceux des films de Peckinpah comme la fin d'une ère par exemple.
Un très bon film américain, car non hollywoodien, donc recommandable.
















vendredi 15 mai 2026

UNE CERTAINE RENCONTRE DE ROBERT MULLIGAN 1963

 





Synopsis :

New York, 
Rocky est un musicien délétaire, un peu irresponsable, vivotant à droite à gauche. Il est un jour abordé par une jeune et très jolie femme qu'il ne reconnait pas tout de suite. Elle lui dit qu'elle est enceinte de lui et lui demande l'adresse d'un médecin pour avorter.
D'abord embarrassé, il décide de l'aider et même de partager les frais.
Angela, de son nom, est d'une famille italo-américaine comme Rocky, elle rêve du prince charmant et ses frères veulent la marier à un rondouillard maladroit, chef de cuisine.
Rocky et Angela vont vivre bien des aventures : échapper à la famille de la belle, refusant l'avortement clandestin à l'hygiène douteuse. Le musicien finit par la demander en mariage mais Angela refuse, ne voulant pas être épousée par pitié.
Mais Rocky est vraiment devenu dingue d'Angela...








Cette comédie dramatique et romantique, sous fond social, ici l'avortement, et les traditions vieillotes en ces années 60 donne l'effet d'une oeuvre de transition. Le côté comédie romantique fait plutôt penser au cinéma de studio un peu (beaucoup) concon, typique du cinéma américain que j'exècre et l'autre pan plus social, urbain, filmé dans le jus italo-américain avec le king of cool qui montre une facette différente de ses talents fait penser plus au Nouvel Hollywood alors  naissant.
McQueen est surprenant dans des scènes comiques, donc, et Nathalie Wood est hypnotique dans un rôle de mignone qui veut prendre son destin en main, bref une femme moderne.
Un film attachant, très bien fichu qui plaira aux cinéphiles comme au tout-venant des spectateurs.


















jeudi 14 mai 2026

MORT UN DIMANCHE DE PLUIE DE JOEL SANTONI 1986

 





Synopsis :

David, Elaine et leur petite fille "Cric" vivent dans un coin perdu de Haute Savoie, sur les hauteurs du Léman, dans une maison ultramoderne dessinée par David dont c'est le métier.
Il y pleut tout les jours et on s'y ennuie ferme, surtout Elaine, de plus le couple doit faire face à des problèmes d'argent.
Un jour (de pluie), un couple étrange débarque dans une caravane : le mari est manchot, sa femme instable comme on le verra assez vite, et leur petite fille semble muette.
Le mari force presque David à l'embaucher comme jardinier, quand Elaine se voit proposer par un ancien amant producteur de diriger un studio d'enregistrement à Lausanne, ils embauchent la femme du manchot comme baby-sitter.

La famille du manchot a en fait un but bien précis : celui de faire payer à David la perte du bras du gars, et c'est toute sa famille qui va prendre cher...








Ce réalisateur à la carrière modeste nous propose ce thriller tendant parfois vers l'horreur qui vaut surtout pour son casting à contre-emploi.
Embaucher Dominique Lavanant dans le rôle de l'épouse cintrée de son mari qui ne l'est à peine moins, Jean-Pierre Milo dans un rôle de gentil (ça fait bizarre quand on a vu d'autres films avec lui), Jean-Pierre Bacri dans un rôle de victime (pas blanc blanc mais quand-même, c'était surtout l'époque où il jouait autre chose que le râleur qui a fait ensuite sa légende).
La photographie et le style est typique de l'époque, celle de la nouvelle nouvelle vague des années 80 : Besson, Beinex, Annaud, Carax.
Le décor froid et inhumain de la maison est bien vu, installant la tension qui doit seoir à ce genre du thriller.

Quelques ratés néanmoins : les trucs archivus dans les films d'horreur dont le méchant qui ne veut pas mourir, les scènes de couloirs interminables et certaines choses téléphonées comme les balles à blanc. La prestation de Nicole Garcia, aussi est très moyenne, c'est peut-être la seule erreur de casting (on ne sent pas l'angoisse que doit avoir son personnage).

Ce thriller vaut le coup d'être vu rien que par la performance hallucinante de Dominique Lavanant (le vrai méchant du film) qui rappelle un peu celle de Anthony Perkins dans "Psychose", le rôle de la gamine "muette" et celui de la fille des victimes, "Cric".
Une curiosité, à voir avec "L'homme Qui Voulait Savoir" de 1988...

















samedi 9 mai 2026

EN TOUTE INNOCENCE DE ALAIN JESSUA 1988

 





Synopsis :

En Gironde, région viticole où il fait bon déguster une bonne bouteille de bourgogne, Paul est un chef d'entreprise qui a réussi. Il vit dans un domaine avec son fils Thomas et sa bru Catherine, ainsi que sa fidèle servante Clémence.
Un jour, Thomas doit partir en voyage d'affaire en Suisse et Paul doit partir le rejoindre quelques heures après. Sur la route Paul se rend compte qu'il a oublié son billet d'avion et revient chez lui. Il surprend Catherine couchée sur le dos, les jambes écartées avec un collègue de Thomas au dessus d'elle. Il reprend la route à vive allure et sa voiture s'encastre dans un camion.
Il se réveille les jambes brisées, voyant Catherine dans sa chambre d'hôpital, il décide de prétendre avoir perdu la parole. Il décide ensuite de ne rien dire de l'adultère à son fils.
Va ensuite commencer une guerre psychologique entre le patriarche et sa bru pas farouche de la croupe...







Avec le père Jessua, il faut s'attendre au pire , le nanar "Traitement de Choc" avec pourtant Girardot et Delon, comme au mieux, "Paradis Pour Tous", dit le dernier Dewaere.
Le réalisateur nous sert un thriller girondin, en grande partie à huis clos tournant autour de la confrontation d'abord psychologique puis physique entre Michel Serrault dans un fauteuil roulant et Nathalie Baye, bye dans un rôle étonnant qui constitue la raison principale pour laquelle il faut regarder ce film.
Le suspense n'est pourtant guère présent puisque la personne qui tente d'assassiner Serrault est bien celle à qui on pensait depuis le début (il y avait plus subtil, un coup de théâtre est toujours plus remarquable).
La qualité du film tient en l'interprétation de notre regrettée Nathalie qui hérite ici d'un rôle trouble, gris, presque de méchante : elle joue ici dans des tons qui ne lui sont pas habituels et c'est un ravissement pour le cinéphile qui se respecte.
Mention spéciale pour Suzanne Flon qui joue la servante/confidente (et apparemment ancienne amante) de Serrault, elle boit, elle fume, roule en mobylette et ne cause même pas.

Au final, un des meilleurs Jessua, ce n'est pas difficile en même temps, des citations à tout va ("Psychose" et "Fenêtre Sur Cour" du Hitch principalement) et Nathalie dans un rôle de chaudasse vindicative.