Translate

vendredi 14 août 2026

LE CAPORAL EPINGLE DE JEAN RENOIR 1962

 





Synopsis :

Après la déroute de 1940, l'histoire de quelques prisonniers de guerre de conditions différentes dont celui de Caporal qui essaiera maintes fois de s'échapper, de Ballochet qui est un contrôleur du gaz pragmatique et prudent, de Papa qui est joué par le fils d'un grand acteur, de Penche-à-gauche qui est serveur de profession, de Guillaume qui est agriculteur et de Caruso, chanteur amateur.
Les schleus étant des gens compréhensifs mais obsédés par la discipline, certaines situations vont vite tourner au vinaigre...





 


L'avant-dernier film de Renoir renvoie évidement à sa "Grande Illusion" qui parlait des prisonniers de la Grande Guerre. On pense aussi à "La Grande Evasion" de John Sturges qui sortira l'année suivante.
Autant le dire tout de suite, on est loin du chef-d'oeuvre de 1937 que nous avait offert Renoir mais ce film, adaptation du roman de Jacques Perret, est plutôt bon dû entre autres aux acteurs dévoués que sont Jean-Pierre Cassel, Claude Rich, Jacques Jouanneau et Carmet dans son rôle de bêta habituel et aussi un certain sens du rythme du maître aux manettes. On se prend de sympathie pour la plupart des personnages qui évoluent dans cette comédie dramatique, surtout pour les personnage de Bellochet et Caporal joué par Cassel qui renvoie à son futur rôle dans 'L'armée Des Ombres" de Melville.
Une seule petite critique serait peut-être l'invraisemblance de situations comme celle de Caporal, après avoir été repris après plusieurs évasions, n'est pas puni plus séverement (en vrai, il aurait été probablement fusillé).

Une sortie digne d'une de nos épées, comme dirait Audiard père, et une certaine surprise pour moi qui n'en attendait pas grand chose au départ.

















jeudi 13 août 2026

LE MÔME DE ALAIN CORNEAU 1986

 





Synopsis :

Willie est flic et personne ne l'aime. Il est petit mais nerveux comme Sarkozy, il a une jolie mise en plis qui le fait ressembler à Stallone, ce qui aura d'ailleurs son importance à la fin.
Il réussi à arrêter des traffiquants de drogue marseillais et rencontre une jolie pépée qui était là à titre récréatif : Jo.
Willie va vite être obsédé par la jolie black, en la suivant, il va tomber sur un gros traffic d'armes entre des libanais et un ruppin...








Richard Anconina, tout auréolé de son rôle dans "Tchao Pantin", voyait les producteur miser sur sa pomme comme Lanvin et Giraudeau à l'époque (Delon et Bébel vieillissait et il fallait trouver la relève).
Corneau sortait du tournage dantesque de "Fort Saganne" et voulait peut-être moins se prendre la tête.
Ce "Môme" ressemble à un film de la Cannon, le genre de trucs d'actions qui sortait directement en vidéo (à l'époque VHS) avec une affiche montrant le héros tout biscotos huilés avec une arme aussi grande que lui : un scénario décousu, un montage privilégiant les longues scènes érotiques entre le héros et sa belle ainsi que les poursuites de bagnoles dans Paris. Les dialogues sont signés Christian Clavier et il aurait mieux fait de s'abstenir (n'est pas Michel Blanc qui veut).
Le pire, c'est la fin où on peut voir Anconina dégommer ses ennemis à coup de bazooka, comme un certain Rambo mais sans le bandeau dans les cheveux.
La seule chose à sauver de ce nanar, c'est l'actrice nommé Ambre, à la carrière très courte et c'est dommage, qui apporte ici une sensibilité couplée à sa sensualité.
Alain Corneau, c'était "Police Python 357", "Série Noire" et "Le Choix Des Armes" soit des classiques du polar, c'est aussi le magnifique "Tous Les Matins Du Monde" en 1991 mais aussi cette daube pour jackys en manque de Kro.














lundi 10 août 2026

PIEDS NUS DANS LE PARC DE GENE SAKS 1967

 





Synopsis :

Paul et Corie viennent juste de se marier, ils sont jeunes et beaux et Paul est en passe de devenir avocat. Le mari est plutôt sérieux, pendant à l'avenir financier du couple tandis que Corie est plus exubérante, sensuelle et très amoureuse.
Après une semaine de lune de miel torride dans un hôtel new-yorkais, ils emménagent dans un frugal appartement au cinquième étage sans ascenseur (ce que les divers visiteurs du couple vont vite regretter) avec un joli trou dans la verrière qui leur sert de plafond...en plein hiver.
Ils rencontrent leur étrange voisin avec lequel ils sympathisent et décide d'organiser un diner à quatre avec la mère célibataire de Corie.
C'est après cette soirée, qui sera dantesque que le couple va se disputer jusqu'à la rupture...






 

Cette comédie romantique, style dont les américains sont très friands, est l'adaptation d'une pièce de Neil Simon qui s'en charge d'ailleurs personnellement. Robert Redford et Mildred Natwick (qu'on a pu voir dans le "Harry" de Hitchcock) reprennent leur rôle respectif de la pièce d'origine tandis que Jane Fonda hérite du rôle de Corie et Charles Boyer celui du voisin foufou.
On est rarement déçu avec les adaptations de pièces de théâtre (les dialogues étant écrits et réécrits jusqu'à la perfection) et ici, que ce soit la qualité des quatre comédiens ou certaines situations comme les visiteurs arrivant agonisant de fatigue par exemple. 
L'action se passe majoritairement dans un appartement du Village à Manhattan, sinon une scène clé dans le Wahington Park vers la fin et la scène du restaurant dans Staten Island.
Dans la mesure où les comédies romantiques m'ennuient la plupart du temps, j'ai beaucoup apprécié ce film tourné à l'époque du Nouvel Hollywood est objectivement excellent.

















dimanche 9 août 2026

LADY PANAME DE HENRI JEANSON 1950

 





Synopsis :

Le destin de la truculente Caprice, chanteuse de son état, dans le Paris des années folles : son amour/haine pour le compositeur Jeff qu'elle connait depuis petite, son amitié avec un photographe anarchiste et certaines chansons offensant les bien-pensants.
Caprice, bientôt "Lady Paname" est une fille qui a du t'ça...








Pour son seul film en tant que réalisateur, le célèbre dialoguiste engage ses amis pour ce qui semble être une ode à la gloire de Suzy Delair qui n'était pas seulement une fille d'une beauté à couper le souffle (qui est morte en 2020 à l'âge de 102 ans) mais aussi une actrice, que dis-je un caractère, un personnage, et une chanteuse assez talentueuse.
Une comédie en chanson dans le paname d'antant avec Jouvet en anarchiste, des numéros de music-hall et le savoir-faire à la française.

Suzy Delair est, avec Arletty avec qui elle a beaucoup de points en commun (la beauté, la gouaille, le libertinage et une modernité en général), une de mes actrices préférées. Avec des personnages comme elles, on est sûr de passer un agréable moment, tout en rigolant car le façon dont elles chantent les mots, leur réparties, leur esprit, faisaient toujours mouche.













Elle a du t'ça et elle le prouve :





samedi 8 août 2026

COPIE CONFORME DE JEAN DREVILLE 1947

 





Synopsis :

Un escroc/cambrioleur et ses complices réussissent coups sur coups sans être inquiétés plus que ça. Les soupçons finissent par se porter sur un médiocre représentant de commerce, Dupon, qui finit quand-même par être disculpé de justesse.
L'escroc décide d'engager Dupon, qui est son sosie physique parfait, pour se procurer un alibi idéal pour ses futurs méfaits.
Les choses vont se compliquer quand Dupon rencontre la jolie Coraline, poule de l'escroc. Coraline va tomber amoureuse du sensible sosie et la mécanique va se dérégler...







Henri Jeanson signe les dialogues de cette comédie policière assez astucieuse qui offre à Jouvet un double rôle qui le fait apparaître dans presque chaque scène du film. La poule est jouée par la succulente Suzie Delair et un des complices du truand est incarné par un jeune Jean Carmet.
Du cinéma de qualité et deux grands comédiens pour ces 90 minutes de divertissement  pour petits et grands.




 






vendredi 7 août 2026

LE DERNIER DES SIX DE GEORGES LACOMBE 1941

 





Synopsis :

Cinq amis confient leur argent à un sixième pour le jouer. L'ami revient avec un gros bonus. Lors du partage, il a l'idée de se donner rendez-vous dans cinq ans et de se repartager les gains éventuels que les cinq autres auront fait avec cet artiche.
Cinq années se passent et un des hommes disparaît jeté du bateau qui le ramenait en France. Lors d'une réunion avec deux autres collègues, l'un d'eux se fait tirer dessus. Quand la polisse arrive, mené par l'inspecteur Wens, le trépassé a disparu.
Wens enquête tandis que les rescapés reçoivent des lettres de menaces avant de disparaître un par un.
Bientôt, il n'en reste plus que deux...








Produit par les boches, c'est-à-dire la Continental, cette adaptation d'un polar de Stanislas André-Steeman est dû à Henri-Georges Clouzot et autant vous le dire tout de suite, ça se voit.
Pierre Fresnay joue un flic entiché d'une poule, je ne vous dit que ça, le même que celui qu'il jouera dans le premier Clouzot ("L'assassin Habite Au 21").
L'histoire est astucieuse, comportant son lot de rebondissements, entrecoupée de numéros de music-hall et de chansons dont une de la poule en question.
La poule, c'est Suzy Delair, des yeux et un sourire à rendre n'importe quel homme fou, la gouaille, la présence et la personalité d'Arletty qui a ici les mots amoureux de son Clouzot d'alors.
Quelques scènes assez réussies sur le plan de la réalisation (le numéro de tir) pour ce film que je viens de découvrir dans le cadre d'un cycle Suzy Delair, qui est une de mes actrices préférées.


















Suzanne Delaire sans y avoir l'air :





lundi 3 août 2026

NOYADE INTERDITE DE PIERRE GRANIER-DEFERRE 1987

 





Synopsis :

À Saint-Palais-Sur-Mer, un homme noyé est trouvé par une jeune femme. L'inspecteur Molinat est chargé de l'enquête dans cette ville qu'il connait bien pour y avoir vécu et où sa femme est enterrée.
La jeune femme est la fille de son ancienne compagne où il décide de loger.
D'autres cadavres s'en suivront, tous des hommes et l'inspecteur est bientôt rejoint par un collègue nommé Leroyer ; les deux ne s'apprécient guère.
Les soupçons se portent d'abord sur la veuve du premier mort, femme jalouse, violente et déséquilibrée qui menace d'autres femmes accusées d'avoir couché avrc son mari. Puis ensuite, pourquoi pas la jeune femme, plutôt frivole et libérée, qui semble connaître certains noyés ou alors le fils voyeur et un peu simplet d'une réparatrice de bateaux. Et aussi pourquoi pas trois femmes solitaires vivant dans une belle villa dominant la plage ?
Bientôt c'est Leroyer qui décide d'enquêter sur Molinat...



 




Tourné à l'époque où Noiret enchaînait les rôles de flic, accompagné ici par quelques actrices à la mode dans les années 80 (Gabrielle Lazure, Elizabeth Bourgine) ainsi que Stefania Sandrelli, Laura Betti (qui avait bien forci) et Andréa Ferréol qui hérite du rôle intéressant de la veuve vindicatrice. On peut noter Suzanne Flon dans un autre rôle qui sort du lot.
On s'ennuie la plupart du temps, d'autant plus que l'histoire à l'air de ce ficher de l'enquête policière mais les dix dernières minutes viennent heureusement sauver ce polar iodé. Marie Trintignant, ayant un rôle assez discret dans la majeure partie du film, disons esthétique, nous montrant ce qu'elle sera capable de faire dans les années 90.
Un policier mineur à voir une fois.