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samedi 7 mars 2026

CLOUD DE KIYOSHI KUROSAWA 2024

 





Synopsis :

Yoshii est ouvrier le jour dans une usine de vêtements. Il est aussi et surtout receleur en ligne, achetant à bon prix le stock restant de produits périmés ou des contrefaçons et les mettant en vente sur des sites avec souvent de gros profils à l'arrivé.
Son patron lui propose une promotion, mais finalement Yoshii démissionne et déménage dans une maison plus grande, avec sa compagne, pour développer son affaire.
Il se fait livrer des sacs à mains contrefaits de France, en espérant en tirer gros mais il se sent de plus en plus menacer par on ne sait quoi encore.
On découvrira que ce sont des clients mécontents, s'étant fait arnaquer par notre héros, et qu'ils se sont ligués pour le tuer...









Kurosawa, sans lien avec le maître, est un des meilleurs réalisateurs  de la nouvelle vague du cinéma du soleil levant : on se souvient de "Cure", "Séance" ou "Kaïro" pour les plus connus en occident.
On a affaire ici à un thriller sanglant 2.0, car ayant internet et les réseaux sociaux comme canevas.
Le récit se développe dans un monde froid, cynique, nihiliste, sans sentiments tel le personnage principal, dans lequel le profil est la seule raison de vivre.
Le point faible de l'histoire est que le spectateur n'a donc point d'empathie pour le personnage et qu'il se fiche donc qu'il survive ou pas au final. Ce thriller est néanmoins efficace grâce aux rebondissements, sa fin ouverte où certaines questions restent sans réponses, et au fait que chaque personnage navigue dans une zone grise, donc sans moyen qu'on leur fasse confiance.
















vendredi 6 mars 2026

ROY AYERS UBIQUITY : THE BLACK FIVE 1975

 


Dernier titre de l'album "Mystic Voyage" du groupe formé par le vibraphoniste Roy Ayers, décédé il y a un an.
Un disque excellent, comme la plupart de ceux du musicien qui a commencé sa carrière dans le Jazz pour infuser ensuite une touche de Funk dans sa musique, puis ensuite aller dans du plus commercial mais toujours avec une certaine qualité.







dimanche 1 mars 2026

THE HI-LO COUNTRY DE STEPHEN FREARS 1998

 





Synopsis :

Au retour de la seconde guerre mondiale, l'histoire de deux amis, Pete et Big Boy, leurs amours et le métier de cowboy qui a bien changé.

Un gros propriétaire et éleveur, Jim Ed Love, fait sa loi et ne laisse que des miettes aux petits propriétaires comme nos deux héros qui doivent travailler à côté pour s'en sortir.
Pete est amoureux de Mona, la femme du contremaître de Love mais s'est finalement avec Big Boy qu'elle finira. Pete reste loyal à son ami et se met de côté, résigné mais désespéré. Une jeune mexicaine est amoureuse de lui mais il ne pense qu'à sa Mona. 
Les cowboys sont jeunes et fougueux, Big Boy ne fait que provoquer le camp du gros propriétaire ainsi que le mari qu'il fait cocu, alors forcément un jour...








Ce néo-western est une adaptation d'un roman de Max Evans, par le britannique Frears qui apporte une touche européenne à ce film qui fait penser à "La Dernière Séance" (les grands espaces et l'amitié entre deux jeunes hommes), "La Ballade Sauvage" et "Les Moissons Du Ciel" (les grands espaces et le côté social), les films de Peckinpah (le côté fin d'une ère) et quelques films des frères Coen, entres autres, pour le traitement esthétique que je qualifierait d'alternatif, très années 90.
La tension monte de manière efficace, on sait que ça va péter à un moment donné mais on s'attend plus à ce que ça vienne du côté du propriétaire ou du gars cocu alors que...
Woody Harrelson, habitué des rôles de cinglés, incarne à merveille un personnage qui rappelle celui joué par Vigo Mortensen dans "The Indian Runner" (avec la même Patricia Arquette qui joue pratiquement le même personnage). 
Un excellent western que je viens de voir pour la première fois aujourd'hui.







  







samedi 28 février 2026

PAR-DESSUS LES MOULINS DE MARIO CAMERINI 1955

 





Synopsis :

Au Royaume de Naples, au XVIème siècle, du temps de la domination espagnole,

Le gouverneur fait pleuvoir des taxes plus qu'il ne pleut sur les récoltes des gueux qui n'ont que leur yeux pour pleurer ; et encore les larmes étant aussi taxées...
Quelques privilégiés échappent néanmoins à cette abomination fiscale comme le meunier Luca qui organise des fêtes pour les notables et les nobles locaux comme le gouverneur lui-même qui est fou de sa femme plantureuse au physique de Sophia Loren.
Lors d'une fête populaire d'un saint patron, Lucas se fait arrêter, jaloux que tout le monde reluque sa femme.
Le gouverneur voit là un prétexte pour faire chanter la femme du meunier et coucher avec elle.
Différents quiproquos vont ensuite s'enchainer pour le plaisir du spectateur...





 


Cette comédie, dans le style de la série "Pain, Amour et Fantaisie" (avec De Sica également et dont le troisième épisode est avec la Loren, filmé la même année) est un des quinze films que tournera le duo Loren/Mastroianni.
On sourit, Vittorio De Sica, Mastroianni et les autres s'en donnent à cœur joie et la Loren est un délice qui fait saliver les hommes tout en les faisant rire car elle est une grande actrice.
Les quiproquos sont sympathiques et le récit n'hésite pas à aborder un thème social : la fiscalité débridée saignant les pauvres hères à l'heure de l'ancien régime.
Une heure et demi sympathique et un divertissement familial.













Le film en italien, on peut le voir aussi sur Arte en VOSTFR en ce moment :






samedi 21 février 2026

VAUTRIN DE PIERRE BILLON 1943

 





Synopsis :

Vautrin s'échappe du bagne de Rochefort en compagnie d'un camarade. Quand il récupère un magot issu d'un coup précédent, un abbé se présente, Carlos Herrera, venant d'Espagne. Son compagnon un peu idiot lui tire dessus et le tue, ce qui indigne notre Vautrin qui le chasse. Notre héros endosse l'identité de l'ecclésiaste pour échapper à la police qui le poursuit. Lors d'un arrêt dans une auberge, il fait la rencontre de Lucien Chardon, jeune homme endetté qui cherche à se suicider.
Lucien, qui deviendra bientôt Lucien de Rubempré, vient de trouver en Vautrin/l'abbé Carlos Herrera son sauveur et sa providence, mais peut-être aussi le diable avec lequel il va signer un pacte...








Vautrin est un des personnages les plus fascinants de la littérature française et c'est à Balzac que l'on doit ce plaisir. On trouve Vautrin dans "Le Père Goriot", "Illusions Perdues" et sa suite "Splendeur Et Misères Des Courtisanes" dont ce film est principalement l'adaptation. On retrouve aussi le personnage d'Eugène De Rastignac du "Père Goriot" dans un rôle secondaire.
Filmé pendant l'occupation, où les adaptations de classiques de la littérature française était courantes pour ne pas courroucer les boches avec des sujets plus contemporains et politiques, c'est l'occasion aussi pour notre genevois préféré, Michel Simon, de nous faire une démonstration de ses talents de transformistes en incarnant le faustien Vautrin/trompe la mort/Carlos Herrera, qui a un faible pour les jolis jeunes hommes dont il veut faire office de figure paternelle/protecteur.
Louis Seigner incarne le baron de Nucingen, apportant un semblant de comédie dans ce drame se passant pendant la Restauration, avec le brio qui a fait sa renommée.
On est en présence de 120 minutes assez remarquables : l'adaptation de chefs d'œuvre est toujours assez risquée et souvent décevante mais point ici, ce "Vautrin" est très bon film d'une période qui n'en comporta pas beaucoup.


















dimanche 15 février 2026

******* LE TATOUE DE CHRISTIAN-JAQUE 1939

 





Synopsis :

Modeste est veilleur de nuit dans une usine automobile. Le patron a fait construire un bolide pour participer à un marathon de 5000 km particulièrement difficile.
Une nuit, le cousin de Modeste débarque et l'oblige à quitter son travail pour aller à une fête foraine dans laquelle se rend son patron.
Les deux se rencontrent et Modeste est menacé d'être renvoyé.
Pour s'en sortir, Modeste s'invente un frère jumeau, mais du genre némésis question caractère ; son mensonge fonctionne à peu près et il garde sa place.
Mais le patron a l'idée de faire concourir Modeste et son "frère" dans la course automobile qui alors le remplacera à mi-course pour emporter la victoire...








Cette comédie écrite à la gloire de Fernand Constandin, alors en pleine ascension grâce à Pagnol, donne l'occasion à l'acteur marseillais de jouer deux rôles avec plus ou moins de réussite.
Certains passages, notamment ceux empruntant au Muet, sont assez réussis comme dans la fête foraine. Trois scènes de chanson, typique du cinéma des années 30, sont interprétés par Fernandel qui n'est pas un grand chanteur il faut le remarquer : il n'est pas Maurice Chevalier ni Tino Rossi, ni même Gabin.
Pour tout dire je préfère "Les Rois Du Sport" de Pierre Colombier avec Fernandel et Raimu qui avait tendance à pousser le premier vers le haut, ceci dit ce "Tatoué" reste de bonne qualité, surtout comparé aux navets comiques du vingt-et-unième actuel.

















samedi 14 février 2026

LE DERNIER TOURNANT DE PIERRE CHENAL 1939

 






Synopsis :

Un vagabond, Frank, demande la pitance à un pompiste. Celui-ci se nomme Nick, est plutôt sympa, aime bien boire et a une jolie femme, Cora, plus jeune que lui.
Nick embauche Frank qui entame une liaison avec Cora qui n'en peut plus de sa vie d'épouse d'un homme laid et balourd.
La succube arrive à convaincre son amant de supprimer le pompiste mais un concours de circonstances fait que Nick en réchappe.
La police se doute de ce qui s'est passé mais Frank et Cora s'en sortent avec un non-lieu.
Nick ne s'en trouve pas sorti d'affaire pour autant...








Première adaptation (fidèle au roman jusqu'au nom des personnages) du "Facteur Sonne Toujours Deux Fois" de James M. Cain, et elle est française, avec Michel Simon qui tournait un de ses dix films qui sortiront cette année-là. Visconti nous offrira la deuxième avec le très bon "Les Amants Diaboliques" en 1943.
On est en présence d'un excellent thriller, bien interprété et filmé dans les Alpes Maritimes principalement, porté par un duo d'acteur (Fernand Gravey et Corinne Luchaire) qui essaie de se débarrasser du mari qui devient une sorte de spectre dans le récit, ou du moins l'incarnation du funeste destin qui attend les personnages.
Ce qui est marquant finalement dans ce film, c'est qu'il continue à être bon même après la disparition du personnage joué par le pornophile genevois et sur le papier, ce n'est jamais gagné, fois de Michel Simon.

Les années 30 du cinéma français, souvent imitées mais jamais égalées.