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samedi 21 février 2026

VAUTRIN DE PIERRE BILLON 1943

 





Synopsis :

Vautrin s'échappe du bagne de Rochefort en compagnie d'un camarade. Quand il récupère un magot issu d'un coup précédent, un abbé se présente, Carlos Herrera, venant d'Espagne. Son compagnon un peu idiot lui tire dessus et le tue, ce qui indigne notre Vautrin qui le chasse. Notre héros endosse l'identité de l'ecclésiaste pour échapper à la police qui le poursuit. Lors d'un arrêt dans une auberge, il fait la rencontre de Lucien Chardon, jeune homme endetté qui cherche à se suicider.
Lucien, qui deviendra bientôt Lucien de Rubempré, vient de trouver en Vautrin/l'abbé Carlos Herrera son sauveur et sa providence, mais peut-être aussi le diable avec lequel il va signer un pacte...








Vautrin est un des personnages les plus fascinants de la littérature française et c'est à Balzac que l'on doit ce plaisir. On trouve Vautrin dans "Le Père Goriot", "Illusions Perdues" et sa suite "Splendeur Et Misères Des Courtisanes" dont ce film est principalement l'adaptation. On retrouve aussi le personnage d'Eugène De Rastignac du "Père Goriot" dans un rôle secondaire.
Filmé pendant l'occupation, où les adaptations de classiques de la littérature française était courantes pour ne pas courroucer les boches avec des sujets plus contemporains et politiques, c'est l'occasion aussi pour notre genevois préféré, Michel Simon, de nous faire une démonstration de ses talents de transformistes en incarnant le faustien Vautrin/trompe la mort/Carlos Herrera, qui a un faible pour les jolis jeunes hommes dont il veut faire office de figure paternelle/protecteur.
Louis Seigner incarne le baron de Nucingen, apportant un semblant de comédie dans ce drame se passant pendant la Restauration, avec le brio qui a fait sa renommée.
On est en présence de 120 minutes assez remarquables : l'adaptation de chefs d'œuvre est toujours assez risquée et souvent décevante mais point ici, ce "Vautrin" est très bon film d'une période qui n'en comporta pas beaucoup.


















dimanche 15 février 2026

******* LE TATOUE DE CHRISTIAN-JAQUE 1939

 





Synopsis :

Modeste est veilleur de nuit dans une usine automobile. Le patron a fait construire un bolide pour participer à un marathon de 5000 km particulièrement difficile.
Une nuit, le cousin de Modeste débarque et l'oblige à quitter son travail pour aller à une fête foraine dans laquelle se rend son patron.
Les deux se rencontrent et Modeste est menacé d'être renvoyé.
Pour s'en sortir, Modeste s'invente un frère jumeau, mais du genre némésis question caractère ; son mensonge fonctionne à peu près et il garde sa place.
Mais le patron a l'idée de faire concourir Modeste et son "frère" dans la course automobile qui alors le remplacera à mi-course pour emporter la victoire...








Cette comédie écrite à la gloire de Fernand Constandin, alors en pleine ascension grâce à Pagnol, donne l'occasion à l'acteur marseillais de jouer deux rôles avec plus ou moins de réussite.
Certains passages, notamment ceux empruntant au Muet, sont assez réussis comme dans la fête foraine. Trois scènes de chanson, typique du cinéma des années 30, sont interprétés par Fernandel qui n'est pas un grand chanteur il faut le remarquer : il n'est pas Maurice Chevalier ni Tino Rossi, ni même Gabin.
Pour tout dire je préfère "Les Rois Du Sport" de Pierre Colombier avec Fernandel et Raimu qui avait tendance à pousser le premier vers le haut, ceci dit ce "Tatoué" reste de bonne qualité, surtout comparé aux navets comiques du vingt-et-unième actuel.

















samedi 14 février 2026

LE DERNIER TOURNANT DE PIERRE CHENAL 1939

 






Synopsis :

Un vagabond, Frank, demande la pitance à un pompiste. Celui-ci se nomme Nick, est plutôt sympa, aime bien boire et a une jolie femme, Cora, plus jeune que lui.
Nick embauche Frank qui entame une liaison avec Cora qui n'en peut plus de sa vie d'épouse d'un homme laid et balourd.
La succube arrive à convaincre son amant de supprimer le pompiste mais un concours de circonstances fait que Nick en réchappe.
La police se doute de ce qui s'est passé mais Frank et Cora s'en sortent avec un non-lieu.
Nick ne s'en trouve pas sorti d'affaire pour autant...








Première adaptation (fidèle au roman jusqu'au nom des personnages) du "Facteur Sonne Toujours Deux Fois" de James M. Cain, et elle est française, avec Michel Simon qui tournait un de ses dix films qui sortiront cette année-là. Visconti nous offrira la deuxième avec le très bon "Les Amants Diaboliques" en 1943.
On est en présence d'un excellent thriller, bien interprété et filmé dans les Alpes Maritimes principalement, porté par un duo d'acteur (Fernand Gravey et Corinne Luchaire) qui essaie de se débarrasser du mari qui devient une sorte de spectre dans le récit, ou du moins l'incarnation du funeste destin qui attend les personnages.
Ce qui est marquant finalement dans ce film, c'est qu'il continue à être bon même après la disparition du personnage joué par le pornophile genevois et sur le papier, ce n'est jamais gagné, fois de Michel Simon.

Les années 30 du cinéma français, souvent imitées mais jamais égalées.



















vendredi 13 février 2026

SUGARLAND EXPRESS DE STEVEN SPIELBERG 1974

 





Synopsis :


Lou Jean rend visite à son mari, incarcéré dans un centre de réhabilitation texan et qui n'a que quatre mois encore à tirer.
Lou Jean a en fait le projet de le faire évader et ensuite de récupérer son fils placé dans une famille d'accueil car elle vient elle-même de sortir de prison.
L'évasion réussi et le couple arrive à se faire emmener par des vieillards, mais ceux-ci, roulant trop lentement, attirent l'attention d'un flic du Texas.
Ils prennent le policier en otage et sont bientôt poursuivi par toute la flicaille de l'état à l'étoile...









Pour son premier vrai film, "Duel" ayant été tourné pour la télévision, Spielberg s'inspire d'un fait divers de 1969.
"Sugarland Express" ressemble à moult films du Nouvel Hollywood auquel il appartient, on peut citer "La Balade Sauvage", "Point Limite Zéro", "Bertha Boxcar", "Bonnie And Clyde", "Le Convoi" et aussi "Alice N'est Plus Ici" ou "Les Gens De La Pluie" pour le côté féministe et rôle féminin étoffé.
Ce road movie doux-amer est emmené par un trio d'acteurs sympathique dont la lumineuse Goldie Hawn qui instille ici un côté dramatique à son jeu.
Spielberg était intéressant à ses débuts, jusqu'à "Jaws", et puis l'appât du gain a été plus fort, comme pour son ami George Lucas, et dès lors ses films sont devenus une sorte de guimauve produite en série.













dimanche 8 février 2026

UN CHIEN QUI RAPPORTE DE JEAN CHOUX 1932

 





Synopsis :

Un toiletteur, SDF et pratiquant sous un pont, a réussi à dresser un chien d'une manière très intéressée : abandonnée par sa maîtresse il saute dans une voiture appartenant à un célibataire qui porte beau et surtout qui a de quoi, le micheton qui s'ignore s'en va rapporter le clébard à son propriétaire femelle et ensuite c'est à celle-ci de jouer de ses atours.
Le toiletteur/filou jette son dévolu sur un appartement composé uniquement de femmes seules, puis finalement sur la truculente et bien nommée Josyane Plaisir à qui il propose de lui louer le chien et de se faire payer par retour sur investissement.
Le chien ramène un beau jeune homme qui n'a pas de quoi, la grue est déçue mais finalement ça veut bien coller.
Le toiletteur lors courroucé veut reprendre son bien à poil...






 

C'est le deuxième film d'Arletty et son premier où elle a un rôle important, elle avait alors 33 ans et était connue comme mannequin et mondaine.
La grande gouailleuse crève déjà l'écran et l'une de ses premières apparitions dans le métrage est assez osée pour l'époque, je n'en dit pas plus...
Le vert René Lefèvre, alors un des jeunes premiers de l'époque, incarne l'amoureux d'Arletty avec une certaine alchimie.
Cette comédie est film de nanas, bourré de chansons comme il était de coutume dans les années 1930, et assez bien foutu malgré l'état approximatif de la pellicule lors de certaines scènes. On remarquera certains moments qui font penser au Muet alors encore assez récent.

Mignon comme le chien.









 







samedi 7 février 2026

RAK DE CHARLES BELMONT 1972

 





Synopsis :

La mère russe d'un violoniste se fait diagnostiquer un cancer du foie (un des plus mortels). Les médecins ont l'air de s'en laver les mains :  elle a 60 ans et la traiter reviendrait trop cher.
Hospitalisée à domicile et bourrée d'analgésiques, son fils David ne lui dit pas tout de suite de quoi elle est atteinte.
Au bout d'un certain temps, il trouve quand même le courage de lui dire et l'encourager à se battre...







Ce film de ce réalisateur à la carrière modeste, est un mélange de comédie, social, film expérimental (on est en 1972), documentaire et surtout une dénonciation d'une certaine médecine qui trie les patients en fonction de leur utilité sociale.
Le sujet m'est particulièrement cher car ma mère est morte de ce même cancer : sortie d'un cancer du colon où on lui a dit qu'elle était guérie et qu'il n'y avait pas besoin de check-up, elle s'est retrouvée deux ans après avec un cancer à un stade avancée qui l'a emportée en 2018.
La mère est jouée par une actrice russe lumineuse, Lila Kedrova, et le fils est joué par le ténébreux Sami Frey qui joue encore un David, la même année que "César Et Rosalie" de Sautet.
Philippe Léotard joue l'ami musicien du fiston, il jouera le fils d'une mère cancéreuse et agonisante dans "La Gueule Ouverte" de Pialat en 1974. Maurice Garel joue un médecin généraliste qui fut en proie aux patrons lorsque qu'il travaillait auparavant dans une mine dans le Nord et que les cas de silicoses se multipliaient.
Une œuvre politique et sociale, mais qui reste chaleureuse néanmoins, la relation mère/fils et la solidarité y étant très importante ici. 
À découvrir.







lundi 2 février 2026

EXECUTIONS DE ROMOLO GUERRIERI 1969

 





Synopsis :

Un flic solitaire et à la limite de la légalité, travaillant au service de l'immigration, est engagé par un avocat pour expulser la petite amie de son fils. L'assassinat d'un producteur de disques se produit en même temps. 
Le flic va découvrir le lien entre le fils de l'avocat, sa petite amie, le producteur, un photographe, une chanteuse, l'héroïne, et la belle et sombre épouse de l'avocat...








Guerrieri venait de réaliser ce qui est devenu un classique du Giallo avec "L'adorable Corps De Deborah" et le moins que l'on puisse dire sur ce Poliziottesco est qu'il flirte de temps en tems avec le Giallo.
Franco "Django" Nero incarne ce flic naviguant constamment dans la zone grise (il n'hésite pas a faire chanter ces propres employeurs ou a menacer de mort les témoins), bref un personnage typique de ceux présentés à l'époque dans le cinéma du Nouvel Hollywood.
Le mannequin brésilien Florinda Bolkan, qui deviendra une figure du cinéma de genre italien, dit cinéma bis italien, y tient son premier rôle (clé) d'envergure où elle y donne beaucoup d'elle et qui fera beaucoup pour sa carrière.
Les filles sont jolies, parfois dévêtues et l'une d'entre elles est jouée par une Laura Antonelli encore verte.
Ce qui fait de ce poliziottesco une œuvre remarquable est aussi sa fin nihiliste qui rappelle aussi le Nouvel Hollywood (tout le monde se souvient de la fin de "Dirty Harry"), une fin choquante est toujours un gage d'éternité.