Synopsis :
Quelque part en Sicile, des femmes, des enfants et quelques hommes vivent dans une sorte de bidonville au bord de la mer. La plupart des femmes vivent de la prostitution sous la protection d'un maquereau borgne et violent nommé Polifemo.
Arturo est un jeune homme handicapé mental qui a été élevé par deux femmes : une prostituée obèse et une lesbienne qui considèrent toutes les deux le jeune innocent comme leur propre fils. Arturo est en fait le fils d'une prostituée et de Polifemo qui a battu la mère enceinte jusqu'à la mort.
Les deux femmes sont rejointes par Anna, une prostituée de 32 ans qui va se lier d'amitié avec Arturo.
Polifemo déteste son rejeton et va même jusqu'à le menacer de mort.
Les trois femmes vont tout faire pour sauver l'innocent du destin misérable qui lui est promis...
Ce conte dramatique qui est filmé tel une fable est comme le film précédent de la réalisatrice, "Le Sorelle Macaluso" une adaptation de sa propre pièce de théâtre. L'atmosphère et le sujet font penser à des films comme "Affreux, Sales Et Méchants" de Ettore Scola, "Dodes' Kaden" de Kurosawa, "Adresse Inconnue" de Kim Ki-duk, "Oasis" de Lee Chang-dong pour le sujet du handicap et de la performance de l'interprétation, un peu de Kitano (période "Sonatine" et "Hana-bi") dans un plan où Arturo est sur une plage et enfin des personnages à la Pasolini pour revenir en Italie.
La photographie est recherchée, filmant souvent les décors naturels à la lumière de l'heure dorée, pour ce film au propos féministe mais toujours intelligent où l'humanité des personnages féminins vient tempérer la quotidienne violence de leurs existences.
La performance du danseur/comédien Simone Zambelli dans le rôle difficile de l'innocent est remarquable : dans un rôle quasi-muet il délivre toute une palette de sentiments à travers son corps émacié qui lui sert d'outil.
Une agréable et recommandable découverte...et une réalisatrice à suivre.
Disponible en ce moment sur Arte.



























