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dimanche 15 mars 2026

LE RECIDIVISTE DE ULU GROSBARD 1978

 





Synopsis :

Max Dembo est libéré en conditionnelle après avoir passé 6 ans en prison. Il compte bien se ranger et trouver un boulot mais son tuteur n'a aucune confiance en lui, attendant qu'il replonge.
Max trouve un boulot et commence à fréquenter la jeune agente du bureau de chômage bref, il semble remonter la pente.
Lors d'une visite impromptue dans sa chambre miteuse, le tuteur trouve un paquet d'allumettes dont c'est servi un copain camé de Max pour se piquer et c'est le retour illico en prison.
Au bout de quelques temps, le tuteur obtient sa libération devant le manque de preuves mais Max en a assez et l'agresse.
Notre héros a décidé de reprendre du service dans la petite criminalité, en une sorte de long suicide...





 


Max Dembo fait suite à une longue série d'antihéros, de marginaux qui ont fait la gloire du Nouvel Hollywood auquel ce film appartient : "Serpico", "Un Après Midi De Chien", "La Ballade Sauvage", "L'épouvantail", "Point Limite Zéro", "Easy Rider", "Taxi driver" ou "Macadam Cowboy" dans lequel joue Dustin Hoffman.
Cette adaptation d'un roman d'Edward Bunker, qui hérite d'un petit rôle, est un drame policier assez prenant porté par Harry Dean Stanton dans le rôle de l'ami et complice, une jeune Kathy Bates, Gary Busey dans le rôle du copain camé, Emmet Walsh dans le rôle du tuteur peau de vache et Theresa Russell, excellente, dans celui de l'agente et compagne du voyou.
Hoffman délivre une fois de plus en sublimant l'histoire, appâtant le spectateur, ceci dit il est moyennement crédible quand il rosse le personnage joué par Gary Busey qui fait 20 cm et 20 kg de plus que lui (dans le même gabarit, Al Pacino s'en sort mieux).
Theresa Russell a ici le rôle typique de la compagne/compagnon du héros qui est en fait son pendant, complément en apportant une fragilité bienvenue.
Ce "Récidiviste" est un des derniers chefs-d'œuvre du Nouvel Hollywood, genre qui a recrédibilisé le cinéma américain pourri par l'industrie des studios dans les années 50/60 (les comédies musicales, les westerns foireux, les comédies sirupeuses) merci McQueen, Redford, Newman, Pacino, De Niro, Nicholson, Hackman, et bien d'autres et donc Hoffman.















SEDUITE ET ABANDONNEE DE PIETRO GERMI 1964

 






Synopsis :

La Sicile,
Un lieu réputé pour ses cannoli, son volcan, sa cosa nostra et surtout pour son progressisme, son modernisme et pour être toujours à la pointe du féminisme...bref un pays méditerranéen.

Ascalone est un rupin respecté dont une des filles est promise à Peppino. Mais celui-ci séduit et viole la soeur cadette de sa fiancée : la belle Agnese qui tombe enceinte.
Cela finit par se savoir, Peppino refuse d'épouser Agnese car elle n'est plus pure, ou intacte après vérification de son intimité.
Le patriarche Ascalone demande à son fils de tuer Peppino pour l'honneur et surtout retrouver une certaine respectabilité dans le village mais de nombreux problèmes vont s'accumuler pour le plaisir du spectateur...





 


Deuxième volet d'une trilogie sur les mœurs siciliennes moyenâgeuses après "Divorce  À L'italienne" et avant "Ces Messieurs Dames" (qui se passe à Venise), cette comédie est peut-être encore plus aboutie que son prédécesseur.
La distribution, dont une grande partie est sicilienne, et donc l'interprétation est parfaite : Saro Urzi et ses faux airs de Raimu sera récompensé pour son rôle du patriarche qui osera tout pour garder le respect de ses pairs, Leopoldo Trieste joue l'idiot habituel, Aldo Puglisi hérite du rôle clé du séducteur par qui le scandale arrive, le grand Lando Buzzanca, aux faux airs d'Aldo Maccione, joue le frère idiot et Stefania Sandrelli incarne la victime de la connerie locale.

En Italie, quand on veut faire rire sans risque, on prend des gars du sud (de Rome) encore dans leur jus et le résultat est très souvent là comme ce classique de la comédie à l'italienne présenté ici.






 










samedi 14 mars 2026

LES MARIES DE L ' AN II DE JEAN-PAUL RAPPENEAU 1971

 





Synopsis :

Pendant la révolution, 

Nicolas Philibert est exilé aux jeunes Etats-Unis après avoir tué un baron qui tournait autour de sa femme, Charlotte. Il y a depuis fait fortune et s'apprête à épouser la fille de son patron mais un jaloux s'oppose au mariage en dénonçant la situation matrimoniale de notre héros, toujours marié à Charlotte.
La seule solution pour épouser sa belle américaine est de retourner en France, dans sa Nantes natale, pour retrouver Charlotte et lui demander de divorcer.
Mais après avoir traversé l'Atlantique, c'est une France déchirée entre les Chouans, les menaces étrangères et la terreur qu'il retrouve. 
D'ailleurs, même pas mis les pieds sur le sol natal qu'il est déjà arrêté...





On comprend que Bébel ait quitté sa suissesse pour la belle italienne !


Comédie de cape et d'épée à la distribution alléchante, Bébel et le mariole de sa bande comme narrateur, Charles Denner dans un rôle court mais bon, la Jobert et la future Bébel (Laura Antonelli), Pierre Brasseur dans un de ses derniers rôles, Julien Guiomar dans une sorte de Mélenchon de l'époque et un vert Dewaere la fin.
L'histoire est de Rappeneau, Sautet et Maurice Clavel.
On rigole bien et il y a de l'action, il y a beaucoup de second degré (on était au vingtième siècle, à l'époque où c'était autorisé) et de gros moyens ont été déployé pour que le spectacle soit total.





Denner est à lui seul une raison pour regarder un film












LE DESERTEUR OU JE T ' ATTENDRAI DE LEONIDE MOGUY 1939

 





Synopsis :

En 1918, un convoi transportant des poilus est bombardé par un avion allemand, détruisant la voie en amont.
Des soldats sont réquisitionnés pour chercher de quoi réparer, l'un  d'entre eux, Paul, se porte volontaire.
En fait, il compte bien s'échapper une heure ou deux car le train s'est arrêté à côté de son village et il compte bien revoir ses parents et surtout comprendre pourquoi il ne reçoit plus de lettres de sa bien-aimée...







Ce film sur la soit-disante der des der, tourné avant la deuxième, a une histoire assez simple même si il y a un vague fond politique (le personnage du méchant cabaretier dénonçant les déserteurs, et pendant la Grande Guerre, ça ne rigolait pas trop pour eux) antimilitariste qui essaie de surnager ci ou là.
La forme par contre est assez remarquable, une très belle photographie rappelant le Muet, une poésie diffuse et une interprétation sans faille; de la part de Jean-Pierre Aumont, de Berthe Bovy qui joue la mère du soldat et de la belle et talentueuse Corinne Luchaire qui joue l'amoureuse. Des têtes connues de l'époque comme Raymond Aimos et Robert Legris complètent la distribution.
Une curiosité que ce film pas très connu mais qui mérite l'attention.













samedi 7 mars 2026

CLOUD DE KIYOSHI KUROSAWA 2024

 





Synopsis :

Yoshii est ouvrier le jour dans une usine de vêtements. Il est aussi et surtout receleur en ligne, achetant à bon prix le stock restant de produits périmés ou des contrefaçons et les mettant en vente sur des sites avec souvent de gros profils à l'arrivé.
Son patron lui propose une promotion, mais finalement Yoshii démissionne et déménage dans une maison plus grande, avec sa compagne, pour développer son affaire.
Il se fait livrer des sacs à mains contrefaits de France, en espérant en tirer gros mais il se sent de plus en plus menacer par on ne sait quoi encore.
On découvrira que ce sont des clients mécontents, s'étant fait arnaquer par notre héros, et qu'ils se sont ligués pour le tuer...









Kurosawa, sans lien avec le maître, est un des meilleurs réalisateurs  de la nouvelle vague du cinéma du soleil levant : on se souvient de "Cure", "Séance" ou "Kaïro" pour les plus connus en occident.
On a affaire ici à un thriller sanglant 2.0, car ayant internet et les réseaux sociaux comme canevas.
Le récit se développe dans un monde froid, cynique, nihiliste, sans sentiments tel le personnage principal, dans lequel le profil est la seule raison de vivre.
Le point faible de l'histoire est que le spectateur n'a donc point d'empathie pour le personnage et qu'il se fiche donc qu'il survive ou pas au final. Ce thriller est néanmoins efficace grâce aux rebondissements, sa fin ouverte où certaines questions restent sans réponses, et au fait que chaque personnage navigue dans une zone grise, donc sans moyen qu'on leur fasse confiance.
















vendredi 6 mars 2026

ROY AYERS UBIQUITY : THE BLACK FIVE 1975

 


Dernier titre de l'album "Mystic Voyage" du groupe formé par le vibraphoniste Roy Ayers, décédé il y a un an.
Un disque excellent, comme la plupart de ceux du musicien qui a commencé sa carrière dans le Jazz pour infuser ensuite une touche de Funk dans sa musique, puis ensuite aller dans du plus commercial mais toujours avec une certaine qualité.







dimanche 1 mars 2026

THE HI-LO COUNTRY DE STEPHEN FREARS 1998

 





Synopsis :

Au retour de la seconde guerre mondiale, l'histoire de deux amis, Pete et Big Boy, leurs amours et le métier de cowboy qui a bien changé.

Un gros propriétaire et éleveur, Jim Ed Love, fait sa loi et ne laisse que des miettes aux petits propriétaires comme nos deux héros qui doivent travailler à côté pour s'en sortir.
Pete est amoureux de Mona, la femme du contremaître de Love mais s'est finalement avec Big Boy qu'elle finira. Pete reste loyal à son ami et se met de côté, résigné mais désespéré. Une jeune mexicaine est amoureuse de lui mais il ne pense qu'à sa Mona. 
Les cowboys sont jeunes et fougueux, Big Boy ne fait que provoquer le camp du gros propriétaire ainsi que le mari qu'il fait cocu, alors forcément un jour...








Ce néo-western est une adaptation d'un roman de Max Evans, par le britannique Frears qui apporte une touche européenne à ce film qui fait penser à "La Dernière Séance" (les grands espaces et l'amitié entre deux jeunes hommes), "La Ballade Sauvage" et "Les Moissons Du Ciel" (les grands espaces et le côté social), les films de Peckinpah (le côté fin d'une ère) et quelques films des frères Coen, entres autres, pour le traitement esthétique que je qualifierait d'alternatif, très années 90.
La tension monte de manière efficace, on sait que ça va péter à un moment donné mais on s'attend plus à ce que ça vienne du côté du propriétaire ou du gars cocu alors que...
Woody Harrelson, habitué des rôles de cinglés, incarne à merveille un personnage qui rappelle celui joué par Vigo Mortensen dans "The Indian Runner" (avec la même Patricia Arquette qui joue pratiquement le même personnage). 
Un excellent western que je viens de voir pour la première fois aujourd'hui.