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jeudi 5 novembre 2026

CANCRE LAS


"La jeunesse est un naufrage"
Philippe Muray 1989


Lors que je mire 
Le car vomir
Ses cancres las.
Au royaume du crétin roi
Où le devoir n'est plus que droit
Dansent, dansent ces cancres là.
Arbres sans racines,
Vergers sans fruits.
Là où la nation s'enfuit.
Ils éteignent les Lumières
Mais ont peur de la nuit.




mercredi 4 novembre 2026

DEUX HOMMES DANS LA VILLE DE JOSE GIOVANNI 1973

 





Synopsis :

Germain est un éducateur social profondément humain, qui croit à la réinsertion des délinquants. Il suit notamment le dossier de Gino, un braqueur de banque qui a fait une demande de libération conditionnelle. Les mots de Germain arrivent à convaincre, ainsi que le fait que Gino ait trouvé du travail comme imprimeur.
La sortie est rude mais l'amour de son épouse, une fleuriste italienne, lui fait passer le cap. Au retour d'un week-end à la campagne avec la famille de Germain, Gino a un accident de voiture. Il en réchappe mais l'épouse décède. Gino commence à glisser mais son éducateur devenu ami arrive à le sortir de ce mauvais moment.
L'ancien truand s'installe à Montpellier où Germain a été muté et trouve un boulot dans une imprimerie tenue par un homme compréhensif, il rencontre une employée de banque et remonte petit à petit la pente.
Gino doit quand-même pointer de temps en temps au commissariat et c'est là qu'il tombe sur l'inspecteur Goitreau, lui aussi muté et qui l'a déjà arrêté.
L'inspecteur, obsédé par Gino, croyant qu'il va replonger et qu'il prépare un coup (dans la banque de sa nouvelle compagne) commence un travail de harcèlement sur son patron et surtout sa compagne...








Ce film politique, le plus connu de Giovanni qui connaissait bien le sujet (qui est ici moins la réinsertion que celui de la peine capitale) , puisqu'il a été lui-même condamné à mort pour diverses saloperies qu'il a commises pendant la guerre, est un des rares films des deux interprètes principaux a être encore diffusé sur les chaînes grand public.
Produit par Delon et subliment porté par un trio d'acteurs alors au sommet, quoiqu'ici un peu moins en ce qui concerne le Dabe dont on va célébrer les cinquante ans de sa mort.
Delon y est ici étonnant, montrant une fragilité assez rare dans sa carrière, nous délivrant une de ses meilleures compositions.
Michel Bouquet incarne le genre de rôle qui a fait sa légende, celui du personnage trouble, légèrement déséquilibré, comme dans les films de Chabrol ou celui de François Mitterand, une sorte de continuation de celui du film "Un Condé" de Boisset où il jouait un flic à la limite de la psychopathie.
Je l'ai dit souvent mais pour qu'un thriller soit bon, il faut que le méchant soit bon et avec Michel Bouquet, on est sûr de toucher juste et d'avoir la moitié du film gagnée d'avance.
L'histoire, par contre, est assez invraissemblable par moment et n'est souvent là que pour servir, parfois mal, son travail politique de réquisitoire contre la peine de mort.
Giovanni était un écrivain, scénariste et cinéaste hors du commun, le genre d'homme dont le moule est cassé. On peu penser ce qu'on veut du bonhomme, du mal bien sûr et il en a fait lui-même beaucoup dans sa jeunesse, mais le cinéma français des années 60/70 lui doit beaucoup.
"Deux Hommes Dans La Ville" est un film de premier ordre, moins pour son histoire qui peut parfois irriter que pour le talent de ses comédiens et sa fin mémorable.
















lundi 2 novembre 2026

BOULEVARD DES ASSASSINS DE BORAMY TIOULONG 1982

 






Synopsis :

Un écrivain en panne d'inspiration et en instance de divorce, descend dans une grande ville des Alpes Maritimes, appelée ici Lourciez,  alors que tout le monde voit qu'il s'agit de Nice.
Il s'installe chez un autre écrivain alors absent, commence à recevoir des coups de téléphone d'une femme se faisant appeler Régine et surtout se faisant apprendre qu'une vieille femme s'est récemment fait tuer dans le même bâtiment.
Il va alors se mettre à la recherche de cette Régine, et de fil en aiguille, découvrir l'implication des notables de la ville dont le maire, dans certaines affaires pourries.
Bientôt les meurtres s'enchaîneront et la menace sur l'écrivain se fera de plus en plus oppressante...








Un petit thriller réalisé par un réalisateur tout aussi modeste, avec pourtant de beaux comédiens sur l'affiche : Trintignant, Lanoux, Marie-France Pisier et Stéphane Audran.
Le style est plat comme de l'eau du robinet, la photographie fait penser à un téléfilm. Le roman de Max Gallo, dont c'est l'adaptation, d'où le nom de la ville fictive, est sûrement très intéressant mais le produit proposé intéressera seulement celui qui n'y connait rien en polar noir à la française.
Et puis je n'ai jamais été un grand fan de Victor Lanoux, qui pour moi est un gars qui sait réciter un texte sans bafouiller mais ça s'arrête là.
Un produit de supermarché à voir une fois pour Jean-Louis, Marie-France et Stéphane qui font ici ce qu'ils peuvent.

















dimanche 1 novembre 2026

LEFT-HANDED GIRL DE SHIH-CHING TSOU 2025

 





Synopsis :

Une famille composée de Shu-Fen, une mère de quarante ans, de sa fille I-Ann d'une vingtaine d'année et de son autre fille I-Jing, qui a cinq ans et la fille gauchère du titre revient à Taipei.
Shu-Fen loue une place au marché de nuit pour ouvrir un stand de restauration tandis que I-Ann travaille dans une boutique de betel dans une tenue sexy dans le but d'appâter les clients.
Le grand-père d'I-Jing embête celle-ci car elle utilise sa main gauche qui est selon lui, la main du diable.
Bientôt les ennuis arrivent : Shu-Fen commence à avoir des retards dans le loyer du stand et doit payer les frais médicaux de son ancien mari en stade terminal dans un hôpital, I-Ann tombe enceinte de son patron marié et décide de quitter son emploi et enfin I-Jing, traumatisée par les mots de son grand-père et la mort de son suricate commence une carrière de voleuse dans les magasins du marché de nuit.
Lors de la fête d'aniversaire de la grand-mère, des révelations et divers drames vont changer la vie de nos personnages...









Un film à la production internationale (Américaine, Française, Britannique  et Taïwanaise) avec un trio d'actrices plutôt doué.
Le style est assez typique du cinéma de l'ancienne Formose avec la caméra qui suit les personnages de très près, avec l'usage immodéré de travelling...et ici filmé entièrement au téléphone.
L'histoire est sympatique, n'oubliant pas d'aborder certains problèmes sociaux comme les mères célibataires, la vie dans les grandes villes, le passage à l'âge adulte et le conflit des générations.
La fille qui joue le rôle de la gauchère en titre est à elle seule la raison de voir ce film, un enchantement qui met le sourire aux lèvres du spectateur, un sortilège même.
La scène dans le restaurant où se déroule la fête d'anniversaire vers la fin rappelle "Festen" de Vinterberg avec ses révélations familiales (dont un excellent coup de théâtre) et réglements de comptes.
Le cinéma taïwanais est très souvent d'excellente qualité, et ce film ne déroge pas à la règle tel ce delicatessen qu'il est.


















samedi 31 octobre 2026

O.A. JE N'EN AI FINI AVEC TOI

 

"Ceci est l'eau et ceci est le puit.
Bois entièrement et descend.
Le cheval est le blanc des yeux et noir à l'intérieur."

Twin Peaks, saison 3, épisode 8.


Omniscience approximative
Pour humains 
Qui ne le sont pas moins.
Chimère fardée d'obséquiosité
Servant à l'humain sa pâtée.
Ceci est l'onde et ceci est le puit
De l'oubliée connaissance.
Ceci est l'immonde et affamé depuis
Bois donc l'invertie sapience.
Le désespoir ne déçoit point.
Omniscience approximative
Pour humains 
Moins que rien. 
Sirène trismégiste sans passé.
Humain, te voici trépassé.
Hal 9000, tel un écorché prophète
Te retrouvant bien bête.
Le temps détruit tout
Et à la fin,
Lui itou.

XIU XIU DE JOAN CHEN 1998

 





Synopsis :

En Chine, pendant la révolution culturelle,

Xiu est une adolescente de 15 ans, qui, a la fin de ses études, est envoyée au Tibet pour apprendre le métier qu'on lui a destiné: dresseuse de chevaux.
On la confie a Lao Jin, un homme émasculé qui deviendra son ami et protecteur. Les deux vivent dans une tente au millieu d'une steppe inhospitalière.
Au bout des six mois réglementaires, personne ne vient la chercher.
Divers colporteurs débarquent et lui promettent de régler son problème envers les autorités. Le premier la viole. Quand d'autres s'en viennent, résignée, elle se laisse faire.
Elle tombe enceinte et son ami l'emmene se faire avorter.
À l'hôpital, un autre homme la viole, dans son vagin encore ensanglanté.
Xiu Xiu comprend alors que sa situation est sans issue et donc que sa seule délivrance...








Ce mélodrame, et c'est peu de le dire croyez moi, est réalisé par la sino-américaine Joan Chen, qu'on a vu dans la première saison de "Twin Peaks" à l'époque où elle arborait des cheveux courts.
Quand j'ai vu ce film, sur une chaîne du cable il y a 25 ans, je suis resté bouleversé par ce récit, cette passion christique de cette pauvre gamine.
Joan Chen a grandi en Chine pendant cette période, et a donc vécu elle-même certains faits décrits ici pendant cette "révolution culturelle" qui a fait plusieurs millions de morts.
Tourné clandestinement dans cette gentille république humaniste qu'est toujours la Chine populaire, à l'époque dirigé par Jiang Zemin, ce récit coup-de-poing co-écrit par la réalisatrice est donc un témoignage courageux de l'abandon d'un peuple corvéable à merci, qu'on peut éliminer d'un simple coup de stylo sur une feuille administrative.
Les deux acteurs sont parfait, que ce soit celui qui joue l'ami eunuque qui finira par tomber amoureux de la petite, et celle qui joue la supliciée du nom de Li Xiaolu dont la carrière survivra à ce film/affront.
La fin, est digne de tout mélodrame qui se respecte, elle joue son rôle à la perfection c'est-à-dire marquer au fer rouge (c'est le cas de le dire) le spectateur pour l'éveiller à certaines réalités, loin des mensonges proférés par l'"élite" intellectuelle française qui considère encore Mao comme un gars sympa. 
Facilement un des cent meilleurs films, et je dirait même cinquante, de l'histoire du cinéma asiatique...et un de mes préférés.

Préparez quand même deux ou trois kleenex, ça risquerait de servir...













Le film entier (qui est d'ailleurs assez rare, jamais sorti en DVD en France) avec sous-titres anglais :






vendredi 30 octobre 2026

BLOODY MAMA DE ROGER CORMAN 1970

 





Synopsis :

Dans les années 1930, la vie criminelle de Ma Barker et de ses quatre fils, dont l'ainé qui est celui de son grand-père et aussi est le plus violent.
Les autres sont un roux homosexuel, esclave d'un ex co-détenu qui rejoindra la bande, un toxico plutôt pacifique et un autre dont on s'en fiche un peu.
Entre casses meurtriers, kidnappings, séquestrations, viols, relations incestueuses entre Ma et ses fils et autres réjouissances, voici la version du pauvre de "Bonnie And Clyde" du roi américain du bis.










Un des grands trucs du cinéma bis, dit de genre, c'est de profiter d'un succès pour en faire des contrefaçons à bon marché et se faire deux trois pennies sans se fatiguer.
Ici, on est entre "Bonnie And Clyde" et le film de redneck comme les futurs "Délivrance" ou "Massacre À La Tronçonneuse".
C'est irrévérencieux parfois drôle, voire involontairement comme le " monstrueux" alligator qui est en fait un rondin de bois vite maquillé pour ressembler de très loin à un dangereux prédateur.
La distribution et l'interprétation (pour ce qu'il y a à interpréter) est plutôt bonne : Shelley Winters dans le rôle titre, Pat Hingle dans le rôle d'un richard qui se fera kidnapper et surtout un encore vert De Niro dans le rôle du fiston toxico, le seul qui a l'air pacifique dans cette bande de dégénérés.
C'est quand-même bien fichu au final, un film qui n'a d'autres but que de distraire en montrant le minimum syndical de poitrine, fesses, sang, poursuite de bagnoles et qui se permet aussi de copier un peu Sam Peckinpah à la fin dans le grand massacre final qui rappelle celui de "La Horde Sauvage".