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samedi 14 février 2026

LE DERNIER TOURNANT DE PIERRE CHENAL 1939

 






Synopsis :

Un vagabond, Frank, demande la pitance à un pompiste. Celui-ci se nomme Nick, est plutôt sympa, aime bien boire et a une jolie femme, Cora, plus jeune que lui.
Nick embauche Frank qui entame une liaison avec Cora qui n'en peut plus de sa vie d'épouse d'un homme laid et balourd.
La succube arrive à convaincre son amant de supprimer le pompiste mais un concours de circonstances fait que Nick en réchappe.
La police se doute de ce qui s'est passé mais Frank et Cora s'en sortent avec un non-lieu.
Nick ne s'en trouve pas sorti d'affaire pour autant...








Première adaptation (fidèle au roman jusqu'au nom des personnages) du "Facteur Sonne Toujours Deux Fois" de James M. Cain, et elle est française, avec Michel Simon qui tournait un de ses dix films qui sortiront cette année-là. Visconti nous offrira la deuxième avec le très bon "Les Amants Diaboliques" en 1943.
On est en présence d'un excellent thriller, bien interprété et filmé dans les Alpes Maritimes principalement, porté par un duo d'acteur (Fernand Gravey et Corinne Luchaire) qui essaie de se débarrasser du mari qui devient une sorte de spectre dans le récit, ou du moins l'incarnation du funeste destin qui attend les personnages.
Ce qui est marquant finalement dans ce film, c'est qu'il continue à être bon même après la disparition du personnage joué par le pornophile genevois et sur le papier, ce n'est jamais gagné, fois de Michel Simon.

Les années 30 du cinéma français, souvent imitées mais jamais égalées.



















vendredi 13 février 2026

SUGARLAND EXPRESS DE STEVEN SPIELBERG 1974

 





Synopsis :


Lou Jean rend visite à son mari, incarcéré dans un centre de réhabilitation texan et qui n'a que quatre mois encore à tirer.
Lou Jean a en fait le projet de le faire évader et ensuite de récupérer son fils placé dans une famille d'accueil car elle vient elle-même de sortir de prison.
L'évasion réussi et le couple arrive à se faire emmener par des vieillards, mais ceux-ci, roulant trop lentement, attirent l'attention d'un flic du Texas.
Ils prennent le policier en otage et sont bientôt poursuivi par toute la flicaille de l'état à l'étoile...









Pour son premier vrai film, "Duel" ayant été tourné pour la télévision, Spielberg s'inspire d'un fait divers de 1969.
"Sugarland Express" ressemble à moult films du Nouvel Hollywood auquel il appartient, on peut citer "La Balade Sauvage", "Point Limite Zéro", "Bertha Boxcar", "Bonnie And Clyde", "Le Convoi" et aussi "Alice N'est Plus Ici" ou "Les Gens De La Pluie" pour le côté féministe et rôle féminin étoffé.
Ce road movie doux-amer est emmené par un trio d'acteurs sympathique dont la lumineuse Goldie Hawn qui instille ici un côté dramatique à son jeu.
Spielberg était intéressant à ses débuts, jusqu'à "Jaws", et puis l'appât du gain a été plus fort, comme pour son ami George Lucas, et dès lors ses films sont devenus une sorte de guimauve produite en série.













dimanche 8 février 2026

UN CHIEN QUI RAPPORTE DE JEAN CHOUX 1932

 





Synopsis :

Un toiletteur, SDF et pratiquant sous un pont, a réussi à dresser un chien d'une manière très intéressée : abandonnée par sa maîtresse il saute dans une voiture appartenant à un célibataire qui porte beau et surtout qui a de quoi, le micheton qui s'ignore s'en va rapporter le clébard à son propriétaire femelle et ensuite c'est à celle-ci de jouer de ses atours.
Le toiletteur/filou jette son dévolu sur un appartement composé uniquement de femmes seules, puis finalement sur la truculente et bien nommée Josyane Plaisir à qui il propose de lui louer le chien et de se faire payer par retour sur investissement.
Le chien ramène un beau jeune homme qui n'a pas de quoi, la grue est déçue mais finalement ça veut bien coller.
Le toiletteur lors courroucé veut reprendre son bien à poil...






 

C'est le deuxième film d'Arletty et son premier où elle a un rôle important, elle avait alors 33 ans et était connue comme mannequin et mondaine.
La grande gouailleuse crève déjà l'écran et l'une de ses premières apparitions dans le métrage est assez osée pour l'époque, je n'en dit pas plus...
Le vert René Lefèvre, alors un des jeunes premiers de l'époque, incarne l'amoureux d'Arletty avec une certaine alchimie.
Cette comédie est film de nanas, bourré de chansons comme il était de coutume dans les années 1930, et assez bien foutu malgré l'état approximatif de la pellicule lors de certaines scènes. On remarquera certains moments qui font penser au Muet alors encore assez récent.

Mignon comme le chien.









 







samedi 7 février 2026

RAK DE CHARLES BELMONT 1972

 





Synopsis :

La mère russe d'un violoniste se fait diagnostiquer un cancer du foie (un des plus mortels). Les médecins ont l'air de s'en laver les mains :  elle a 60 ans et la traiter reviendrait trop cher.
Hospitalisée à domicile et bourrée d'analgésiques, son fils David ne lui dit pas tout de suite de quoi elle est atteinte.
Au bout d'un certain temps, il trouve quand même le courage de lui dire et l'encourager à se battre...







Ce film de ce réalisateur à la carrière modeste, est un mélange de comédie, social, film expérimental (on est en 1972), documentaire et surtout une dénonciation d'une certaine médecine qui trie les patients en fonction de leur utilité sociale.
Le sujet m'est particulièrement cher car ma mère est morte de ce même cancer : sortie d'un cancer du colon où on lui a dit qu'elle était guérie et qu'il n'y avait pas besoin de check-up, elle s'est retrouvée deux ans après avec un cancer à un stade avancée qui l'a emportée en 2018.
La mère est jouée par une actrice russe lumineuse, Lila Kedrova, et le fils est joué par le ténébreux Sami Frey qui joue encore un David, la même année que "César Et Rosalie" de Sautet.
Philippe Léotard joue l'ami musicien du fiston, il jouera le fils d'une mère cancéreuse et agonisante dans "La Gueule Ouverte" de Pialat en 1974. Maurice Garel joue un médecin généraliste qui fut en proie aux patrons lorsque qu'il travaillait auparavant dans une mine dans le Nord et que les cas de silicoses se multipliaient.
Une œuvre politique et sociale, mais qui reste chaleureuse néanmoins, la relation mère/fils et la solidarité y étant très importante ici. 
À découvrir.







lundi 2 février 2026

EXECUTIONS DE ROMOLO GUERRIERI 1969

 





Synopsis :

Un flic solitaire et à la limite de la légalité, travaillant au service de l'immigration, est engagé par un avocat pour expulser la petite amie de son fils. L'assassinat d'un producteur de disques se produit en même temps. 
Le flic va découvrir le lien entre le fils de l'avocat, sa petite amie, le producteur, un photographe, une chanteuse, l'héroïne, et la belle et sombre épouse de l'avocat...








Guerrieri venait de réaliser ce qui est devenu un classique du Giallo avec "L'adorable Corps De Deborah" et le moins que l'on puisse dire sur ce Poliziottesco est qu'il flirte de temps en tems avec le Giallo.
Franco "Django" Nero incarne ce flic naviguant constamment dans la zone grise (il n'hésite pas a faire chanter ces propres employeurs ou a menacer de mort les témoins), bref un personnage typique de ceux présentés à l'époque dans le cinéma du Nouvel Hollywood.
Le mannequin brésilien Florinda Bolkan, qui deviendra une figure du cinéma de genre italien, dit cinéma bis italien, y tient son premier rôle (clé) d'envergure où elle y donne beaucoup d'elle et qui fera beaucoup pour sa carrière.
Les filles sont jolies, parfois dévêtues et l'une d'entre elles est jouée par une Laura Antonelli encore verte.
Ce qui fait de ce poliziottesco une œuvre remarquable est aussi sa fin nihiliste qui rappelle aussi le Nouvel Hollywood (tout le monde se souvient de la fin de "Dirty Harry"), une fin choquante est toujours un gage d'éternité.









 







dimanche 1 février 2026

JEUNESSE PERDUE DE PIETRO GERMI 1948

 





Synopsis :

Une série de braquages, dont certains se terminant mal, donne du fil à retordre à la police. Bientôt un suspect est identifié comme un fils de bonne famille, étudiant à l'université.
Un jeune flic se fait passer pour un étudiant, rencontre la jolie soeur du suspect dont il va tomber amoureux.
Le policier est partagé par son amour pour la jeune femme et l'enquête sur l'inquiétant frangin...





 

Le deuxième film de Germi, tourné dans une Italie alors encore exsangue (voir les films de Rossellini et De Sica pour comprendre) est co-écrit avec le réalisateur, Mario Monicelli, Antonio Pietrangeli et l'excellent acteur Leopoldo Trieste, autant dire que ça partait plutôt bien au départ.
Ce poliziottesco qui n'en est pas un, pas plus qu'un film néoréaliste, est un modèle de film noir, influencé par les américains (la chanteuse du cabaret a un petit air de Lauren Bacall) mais aussi par les français.
Massimo Girotti, alors un des plus populaires acteur italien, incarne le flic essayant de coincer un jeune psychopathe incarné par le français Jacques Sernas qui est ici très impressionnant en vampirisant presque le film de sa présence, même si bien sûr il y est ici doublé.
L'œuvre a un fond légèrement politique en faisant le lien entre criminalité et bourgeoisie, ce qui est à peu près la seule chose qu'on pourrait reprocher à ce Noir italien qui n'est donc pour cette raison pas un film néoréaliste et aussi parce que les acteurs sont professionnels.
Un excellent polar de 77 minutes que je viens de voir pour la première fois, réalisé 20 années avant le Poliziottesco qui sera plus dans un genre commercial/action/cinéma bis de qualité.





 










samedi 31 janvier 2026

LES JEUNES MARIS DE MAURO BOLOGNINI 1958

 





Synopsis :

Une bande de jeunes bourgeois mènent la belle vie dans une ville de Toscane, draguant des filles de leur rang ou allant s'encanailler avec des prostituées, passant leur temps à boire ou faire les 400 coups.
L'un d'entre eux décide de se marier/suicider, ce qui résultera un éloignement (temporaire) de ses amis.
Ils se retrouveront, d'autres franchiront aussi le pas. La jeunesse ne dure qu'un temps, le temps de l'existence...







Un film typique de l'époque (la vie des babyboomers alors dans leur vingtaine), d'ailleurs il y a Gérard Blain qui jouera dans de nombreux films de ce genre ("Le Beau Serge", "Les Cousins" de Chabrol).
On pense au "Vitelloni" de Fellini au début et à la fin de l'histoire, quand les personnages sèment la terreur dans les rues désertes et endormies. 
Le scénario est dû en partie à Pasolini qui n'épargne pas la bourgeoisie dans laquelle évolue l'histoire, même si on est globalement dans la comédie romantique.
Le tout est plaisant même si on n'est pas en présence d'un chef-d'œuvre non plus, les personnages sont suffisamment attachants pour susciter l'intérêt du spectateur.