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jeudi 29 octobre 2026

LE DERNIER BAISER DE DOLORES GRASSIAN 1977

 





Synopsis :

Annie est chauffeuse de taxi à Paris.
Décidant d'aller voir son homme, ouvrier sur un chantier, elle a la malheureuse surprise de découvrir que celui-ci s'est enfui en province, sans plus d'explications. Annie, romantique et optimiste accuse difficilement le coup.
Une femme aisée soupçonne son mari de la tromper. Elle prend le taxi d'Annie et lui demande de suivre la voiture de son époux.
L'époux récupère une femme à la gare de Lyon, confirmant les doutes de sa femme.
Le lendemain, la bourgeoise demande à Annie de l'emmener à Bruxelles pour continuer la filature et peut-être demander des explications...








Cette comédie romantique, avec parfois des passages plus mélancoliques est réalisée et co-écrite par une réalisatrice à la carrière modeste.
Film de femmes porté par deux actrices ici complices : notre Annie nationale et Maria Pacôme dont j'avais oublié combien elle était drôle.
Bernard Fresson, compagnon de Girardot à l'époque (qui lui servait de punching-ball), joue pour une fois un personnage touchant et amoureux, loin des rôles de connards qu'on lui connait.
Le récit est très comique durant la première heure, les deux actrices s'amusant comme des folles puis ça bascule vers une partie un peu plus ombragée telle la scène entre Annie Girardot et Fresson.
Une petite découverte qui m'a agréablement surpris, le genre de film sublimé par l'interprétation de ses comédiens, qui fait du bien.
















samedi 24 octobre 2026

SANS SOMMATION DE BRUNO GANTILLON 1973

 





Synopsis :


La police essaie de démanteler le gang de Capra, des mercenaires sur le retour.
Un des membres du groupe, Donetti, croit reconnaitre dans un bar le lieutenant Kieffer (ex-membre des mercenaires) qui pourtant nie quand il l'appelle par ce nom.
Le quidam est en fait un policier sur le retour, suspendu et alcoolique.
Prévenus, ses supérieurs en profittent pour infiltrer Capra et compagnie en leur faisant croire que Maury, de son vrai nom, est bien le lieutenant en question.
Mais le rusé et méfiant Capra compte bien mettre à l'épreuve celui qu'il pense être son ancien frère d'armes...






Ce polar franco-italien a une distribution plutôt prestigieuse : Bruno Cremer dans le rôle de Donetti, Maurice Ronet (la raison pour laquelle je me suis intéressé à ce film) dans le rôle du flic alcoolique (le retour d'Alain Leroy), Anny Duperey et la non moins belle Marina Malfatti habituée des gialli.
Le rôle de Capra est joué par le trapu acteur suisse Mario Adorf qui passe ici son temps à manger des citrons.
Le tout aurait pu être sympa sans le style amateur du réalisateur, qui l'est tout autant, et une histoire assez invraissemblable par moment.
Reste quelques beaux moments, trop rares peut-être, Ronet dans un rôle d'écorché vif qui a fait sa légende, le mystère Cremer et les deux perfections de la nature que sont les deux actrices.
À voir une fois.













Le film en entier sur Youtube, avec la nudité floutée et un autre titre pour éviter la censure :






vendredi 23 octobre 2026

CADAVRES EXQUIS DE FRANCESCO ROSI 1976

 





Synopsis :

À Palerme, un juge est tué à la sortie de catacombes. Bientôt un autre se fait repasser puis un troisième. L'inspecteur Rogas, venu de Rome, commence son enquête et finit par se fixer sur un suspect, un pharmacien condamné injustement par ces mêmes juges.
Rogas va ensuite découvrir un complot entre les juges, l'armée, les politiques et même ses propres chefs...








Ce classique film de Rosi, spécialiste mondial du film de complot politique comme le fut aussi à l'époque Alan J Pakula, a l'occasion de dérouler un parterre d'acteurs internationaux :
Notre Lino joue dans sa langue natale le flic qui découvrera un peu trop de choses, Alain Cuny incarne un juge qui se fera tuer, Tina Aumont joue une cocotte, Marcel Bozzuffi est ici un suspect et Charles Vanel incarne le premier juge qui se fera abattre.
Max Von Sydow incarne un quatrième juge assez ambiguë dans une scène exceptionnelle avec Lino, Fernando Rey joue un ministre qui l'est tout autant, Luigi Pistilli joue un journaliste communiste et Renato Salvatori est un collègue du héros.
Le style précis et documentaire du réalisateur est efficace une fois de plus, servant le roman de Leonardo Sciascia ancré dans la réalité politique de l'époque, les années de plomb et ses assassinats à foison.
Je n'ai jamais été un grand fan des films de Rosi, et des films politiques en général mais on est en présence d'un travail maîtrisé de bout en bout, avec un fort suspens.
...et voir Lino jouer en italien est un mets rare...





 









mercredi 21 octobre 2026

OMNISCIENCE APPROXIMATIVE

 


Exilé dans un temps
Qui m'est étranger.
Pris dans un temps
Qui est dérangé :
Le pire est avenir.
En l'ère de la réflexion hâtive
De l'omniscience approximative,
Regardez le bon sens
Vomir ces générations
Témoignez l'innocence
Dérailler sa narration.
Le pire est à venir.
Omniscience approximative,
L' OA
Est ton nouveau roi,
Succube du Moi.
Demain il fera pire.
Enchaînés consentants
Quémandant d'autant.
Lors que nous sabordons 
Nos fragiles idéaux.
En sourires nous abordons
L'ère des idiots.
Lors que nous effleurons
Le stade terminal,
Nous vociférons
Le cri primal.

dimanche 11 octobre 2026

FANFARE D'AMOUR DE RICHARD POTTIER 1935

 






Synopsis :

Deux musiciens ont l'habitude de se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas : se faire passer pour des tziganes pour intégrer un orchestre, ou aussi des cubains.
Cette fois-ci ils décident de se travestir pour se faire engager dans un orchestre de femmes devant jouer dans un cabaret à Toulon.
La supercherie fonctionne, jusqu'à ce que les deux compères tombent sous le charme de la même consoeur de la troupe...










Une comédie en musique, basé sur le système, la mécanique du quiproquo (les deux artistes devant changer d'apparence assez souvent pour tromper leur monde et conquérir deux musiciennes).
Des passages assez réussis et drôles, d'autres un peu concons et une mention au toujours excellent Julien Carette et Madeleine Guitty qui joue la taulière de la troupe, au physique ingrat mais très drôle.
Gabby "Gabin" Basset incarne une des deux mignonnes et le bordelais Pierre Larquais, un frêre près de ses sous.


















samedi 10 octobre 2026

ALBERTO EXPRESS DE ARTHUR JOFFE 1990

 





Synopsis :

Alberto, un romain, est en train de dormir avec sa femme enceinte qui doit accoucher le lendemain.
Il se rend soudain compte de la promesse qu'il a faite à son père il y a quinze ans : il doit rembourser tout ce qu'il lui a coûté (dans son cas deux millions deux cent cinquante mille lires) avant la naissance de son premier enfant sans quoi il lui arrivera un malheur.
Au chômage et sans le sou, il commence à paniquer.
Il prend un train de nuit Paris/Rome sans payer pour aller voir ses parents.
Dans ce train, il va lui arriver toutes sortes d'aventures surréalistes comme rencontrer un copain qui est contrôleur , son ancienne petite amie, un américain avec un diamant incrusté dans une dent, et bien d'autres bizarreries...








Cette comédie burlesque, féérique et surréaliste proposé par ce réalisateur à la carrière modeste fait penser à du Terry Gilliam (et plus généralement à Monty Python), du Jean-Pierre Jeunet et parfois du Fellini pour la scène avec les ancêtres.
Le trilingue et talentueux Sergio Castellitto joue le fameux Alberto qui monte dans une sorte de train fantôme où il va vivre des aventures à la "Alice Au Pays Des Merveilles".
Nino Manfredi joue le père un peu marlou et près de ses sous, Marie Trintignant fait son entrée telle une apparition dans le rôle de l'ancienne amoureuse, Dominique Pinon joue le conducteur du train et Jeanne Moreau joue une baronne mourante et presque momifiée.
Une comédie à la production française, canadienne et italienne en trois langues qui donne le sourire, comme certaines comédies à l'italienne des années 60/70, originale et inoubliable, familiale et enivrante.

















vendredi 9 octobre 2026

PÂQUES SANGLANTES DE GIUSEPPE DE SANTIS 1950

 





Synopsis :

Le berger Francesco revient dans son village après avoir fait la guerre. Il y retrouve ses pauvres parents et sa soeur Maria Grazia.
Les moutons de sa famille, leur seule richesse, ont étés volés par le vil Bonfiglio pendant que Francesco était à l'armée et comme si ça ne suffisait pas son amoureuse, Lucia, s'apprête à épouser le gredin.
Francesco arrive a reprendre ses moutons par la force, et ceux de son ennemi. Bonfiglio poursuit le berger mais tombe sur Maria Grazia et la viole. Le berger se fait arrêter et au procès, la seule qui aurait pu le sauver témoigne contre lui, ce qui le condamne à quatre ans de prison.
Lucia épouse, contrainte par les dettes contractées par ses parents, Bonfiglio mais après que Maria Grazia lui ait dit pour le viol, se rebelle et le quitte.
Francesco s'évade alors quand il apprend pour la profanation de sa soeur, comptant bien régler son compte à Bonfiglio...








Tourné après le classique "Riz Amer", avec le même Raf Vallone, Giuseppe De Santis nous sert croisement entre Néoréalisme, film policier, drame social et sentimental.
On pense en fait à un croisement entre Rossellini et De Sica, et de plus à sa "Ciociara"car l'action se passe au même endroit et un viol est commis.
Le reproche majeur à ce film qui aurait pu être très bon est l'interprétation un peu grandiloquente : le jeu qui consiste à ne pas regarder son partenaire dans les yeux mais dans le vide est un peu ridicule et surtout pénible à la longue. Les pourtant excellents Vallone et Luia Bosè ne font que cela pendant 100 minutes et ça a tendance à saborder une histoire pourtant très bonne quoique assez banale.
Le message politique assez insistant (Bonfiglio représentant le patronat et les bergers les prolétaires) finit par devenir de la moraline socialiste, voire un sermon.
Finalement c'est dommage, De Santis est passé près de réaliser un classique mais on est en face d'un tableau un peu trop barbouillé, du grand potentiel saboté.
Voyez ou revoyez "Riz Amer", ça vaudra mieux...