Synopsis :
Germain est un éducateur social profondément humain, qui croit à la réinsertion des délinquants. Il suit notamment le dossier de Gino, un braqueur de banque qui a fait une demande de libération conditionnelle. Les mots de Germain arrivent à convaincre, ainsi que le fait que Gino ait trouvé du travail comme imprimeur.
La sortie est rude mais l'amour de son épouse, une fleuriste italienne, lui fait passer le cap. Au retour d'un week-end à la campagne avec la famille de Germain, Gino a un accident de voiture. Il en réchappe mais l'épouse décède. Gino commence à glisser mais son éducateur devenu ami arrive à le sortir de ce mauvais moment.
L'ancien truand s'installe à Montpellier où Germain a été muté et trouve un boulot dans une imprimerie tenue par un homme compréhensif, il rencontre une employée de banque et remonte petit à petit la pente.
Gino doit quand-même pointer de temps en temps au commissariat et c'est là qu'il tombe sur l'inspecteur Goitreau, lui aussi muté et qui l'a déjà arrêté.
L'inspecteur, obsédé par Gino, croyant qu'il va replonger et qu'il prépare un coup (dans la banque de sa nouvelle compagne) commence un travail de harcèlement sur son patron et surtout sa compagne...
Ce film politique, le plus connu de Giovanni qui connaissait bien le sujet (qui est ici moins la réinsertion que celui de la peine capitale) , puisqu'il a été lui-même condamné à mort pour diverses saloperies qu'il a commises pendant la guerre, est un des rares films des deux interprètes principaux a être encore diffusé sur les chaînes grand public.
Produit par Delon et subliment porté par un trio d'acteurs alors au sommet, quoiqu'ici un peu moins en ce qui concerne le Dabe dont on va célébrer les cinquante ans de sa mort.
Delon y est ici étonnant, montrant une fragilité assez rare dans sa carrière, nous délivrant une de ses meilleures compositions.
Michel Bouquet incarne le genre de rôle qui a fait sa légende, celui du personnage trouble, légèrement déséquilibré, comme dans les films de Chabrol ou celui de François Mitterand, une sorte de continuation de celui du film "Un Condé" de Boisset où il jouait un flic à la limite de la psychopathie.
Je l'ai dit souvent mais pour qu'un thriller soit bon, il faut que le méchant soit bon et avec Michel Bouquet, on est sûr de toucher juste et d'avoir la moitié du film gagnée d'avance.
L'histoire, par contre, est assez invraissemblable par moment et n'est souvent là que pour servir, parfois mal, son travail politique de réquisitoire contre la peine de mort.
Giovanni était un écrivain, scénariste et cinéaste hors du commun, le genre d'homme dont le moule est cassé. On peu penser ce qu'on veut du bonhomme, du mal bien sûr et il en a fait lui-même beaucoup dans sa jeunesse, mais le cinéma français des années 60/70 lui doit beaucoup.
"Deux Hommes Dans La Ville" est un film de premier ordre, moins pour son histoire qui peut parfois irriter que pour le talent de ses comédiens et sa fin mémorable.