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vendredi 8 mai 2026

RIVE DROITE, RIVE GAUCHE DE PHILIPPE LABRO 1984

 





Synopsis :

Paul est l'avocat du puissant et corrompu Pervillard, qui a le bras long. Il est soupçonné d'avoir détourné un cargo de nourriture mais grâce à Paul, gagne tous ses procès en diffamation.
Une taupe fournit à Paul la preuve comme quoi Pervillard a bien détourné le cargo, ce qui va le faire basculer et enlever ses scrupules.
De l'autre côté de la Seine, enfin de l'Yonne, vit Sacha, une attachée de presse divorcée avec un enfant, qui peine à joindre les deux bouts à cause de son honnêteté et son refus de coucher pour réussir.
Paul et Sacha vont se rencontrer, l'avocat va tomber amoureux d'elle mais se heurter au refus de la belle.
Lors d'une émission télé avec Pervillard et Paul, l'avocat fait des insinuations devant le financier, déclenchant la colère vindicative de celui-ci, mais aussi de l'associé de Paul et de sa femme qui découvrira la relation entre lui et Sacha.
Les deux finissent par s'aimer mais devront faire face à des menaces de plus en plus violentes...








Le dernier film de Labro montre une science du casting bien huilée, les deux interprètes féminines surtout sont remarquables : Carole Bouquet dans un rôle d'épouse blessée qui finira par devenir une menace pour celui de Sacha interprétée par Nathalie Baye, bye qui trouve ici un de ses meilleurs rôles (la scène de l'agression chez elle et toutes en général dans ce thriller).
Depardieu joue un personnage qu'il a beaucoup pratiqué dans ces années 80 là, le colosse au cœur fragile, parfois bouleversant.
Bernard Fresson joue ce qu'il était dans la vie : un connard.
Labro et sa femme tissent un scénario aux petits oignons pour ce thriller politique et financier sous fond de corruption, la fin de cette histoire prouve la passion qu'avait le Philippe pour les USA (d'ailleurs ce que j'ai le moins aimé...les fins heureuses...)

C'est dommage que Labro n'ait pas persévéré dans la réalisation (c'est un de ses meilleurs crus), c'est aussi dommage de voir Paris au milieu des années 80 et de voir ce qu'il est devenu aujourd'hui.







 







jeudi 7 mai 2026

UNE ETRANGE AFFAIRE DE PIERRE GRANIER-DEFERRE 1981

 





Synopsis :

Louis, marié à Nina, travaille depuis deux ans au service publicité d'un grand magasin. En fait il passe sa journée à glander au bureau et jouer aux cartes avec ses copains le soir.
Un jour, on annonce l'arrivée d'un certain Malair, le nouveau patron,  chargé de redresser la barre et de procéder aux licenciements qui découle de toutes reprise.
Bizarrement, Louis n'est pas de la charrette et est même promu chef.
On lui demande surtout d'être disponible 24/24, 7 jours sur 7, ce qui finit par arriver assez vite.
Louis va tout donner à son patron ; son temps, sa famille, sa vie de couple jusqu'à se perdre et s'effacer...








Cette adaptation d'un roman de Jean-Marc Roberts "Affaires Etrangères" est assez remarquable dans l'analyse d'une sorte de vampirisme qu'est le harcèlement, ici toujours latent et bienveillant, consistant à vider un homme de son essence, de prendre le contrôle de sa vie tel une sorte de virus.
Michel Picolli (qui en tant que communiste, a dû beaucoup apprécier  le rôle) joue ce vampire, sorte de figure paternelle pour sa proie, un pauvre type joué par le gars Lanvin, Gérard de son prénom.
Nathalie Baye, bye joue la victime collatérale de ce désastre social et Jean-Pierre Kalfon joue l'homme à tout faire et peut-être plus, du patron aux mœurs étranges.
Une œuvre remarquable, emplie de cynisme et de noirceur, une sorte de thriller de classes en somme.
Avec en prime Philippe Sarde à la partition.
















lundi 4 mai 2026

ROY AYERS VIRGIN UBIQUITY : BRAND NEW FEELING 2018

 


Petit bijou de presque 10 minutes tiré de la compilation d'inédits du groupe Ubiquity de Roy Ayers qui est une véritable boite au trésors.
Une diva, un solo de sax et beaucoup de soul pour ce titre qui est un régal pour les esgourdes.






vendredi 17 avril 2026

PATRICE RUSHEN : SHOUT IT OUT 1977

 


Ce troisième album de la Professeur/pianiste/chanteuse/auteur compositeur de Jazz, Soul et Funk américaine dont tout le monde connaît son "Forget Me Nots" de 1982 est tout simplement impressionnant.
Après un premier "Prelusion" seulement Jazz sauf un titre, puis "Before The Dawn" plus Fusion et Funk, elle nous sort ici un de ses meilleurs disques.

Une reprise de "Stepping Stones" :





Une ballade magnifique qui préfigure son "Didn't You Know" de son disque suivant, le dénommé "Patrice":





Un titre Funk avec un clavinet (sorte d'orgue) en furie, joué par la Patrice, qui rappelle Stevie Wonder :







Cet album, le suivant "Patrice" de 1978 et "Pizzazz" de 1979 résument la quintessence de l'art de cette pianiste toute mimi qui est plus que l'artiste d'un titre.

Il n'y a plus qu'à savourer...


dimanche 12 avril 2026

FRENZY DE ALFRED HITCHCOCK 1972

 






Synopsis :

Londres, un maniaque commet des meurtres sur des femmes en les étranglant avec une cravate (à l'époque les voyous avaient le sens de la mode).
Blaney se fait renvoyer de son boulot de barman car il se sert autant qu'il sert les clients. Il passe voir son ami Rusk qui propose de le dépanner mais refuse. Il passe voir ensuite Brenda, son ex femme, qui tient une agence matrimoniale et la rencontre se passe mal, sous les yeux de la secrétaire. Ils se réconcilient néanmoins et passent même la nuit ensemble.
Le lendemain Rusk, client de l'agence passe voir Brenda, il lui fait des avances que la patronne refuse et finit par la tuer car il est le maniaque recherché.
Blaney est vite soupçonné et recherché par la police, grâce à son ami/amante et ex collègue Babs et ensuite d'un autre ami marié à un sosie de David Bowie (la nurse de "La Malédiction"), il va chercher à se disculper...







Hitchcock retourne en Angleterre pour y tourner son dernier film là-bas, en pleine gloire du Giallo italien et certaines scènes font penser à ce genre du cinéma bis italien d'ailleurs influencé par le Hitch en personne.
Epoque oblige, le meurtre principal, celui de l'ex épouse du héros, est plutôt graphique pour du Hitchcock, de plus le sujet est traité à la manière de "Harry", humour noir ressemblant vaguement à du Monty Python, je pense au rôle de la femme du policier, amatrice de cuisine continentale, c'est-à-dire française.
Il y a de belles séquences ci ou là : notamment celle du meurtre de "Babs" où la caméra recule de la porte d'entrée du tueur pour finir dans la rue, on dirait du Dario Argento.
Ceci dit, comme avec les derniers Hitchcock après "Marnie", on est loin des classiques et de la maestria des années 50.
Un bon film sans plus selon moi.
















samedi 11 avril 2026

MADEMOISELLE OGIN DE KINUYO TANAKA 1962

 




Synopsis :

Au XVIème siècle au Japon, les chrétiens sont persécutés.
C'est le cas de la famille de Rikyu, maître dans la manière de faire le thé et de sa fille Ogin, amoureuse d'un samouraï marié et chrétien.
Pour éviter à la famille des ennuis, elle est forcée d'épouser un marchand au courant des sentiments d'Ogin pour quelqu'un d'autre, partagés par le samouraï.
Le mari et son seigneur vont tout faire pour les prendre en flagrant délit d'adultère...







Ce sixième et dernier film de la réalisatrice, en couleur, est surtout un mélodrame sentimental sous fond de persécution religieuse.
Ce qu'on remarque en premier lieu est la beauté de la photographie, une des plus belles que j'ai vu dans le cinéma japonais, de celle qui caresse les yeux. Ensuite, comme souvent avec les films de Tanaka, on est pris par l'interprétation des comédiens et encore ici des comédiennes, celle qui joue Ogin et celle qui joue sa servante. 
On sent vite que la fin va être dramatique, elle est une sorte mise en perspective de la passion du christ, ou de celle de la suppliciée crucifiée au début de l'histoire.
Avec cette réussite, Kinuyo Tanaka nous laisse une œuvre à part, apportant cette touche féminine assez rare dans l'industrie cinématographique nippon dominé par les trois maîtres de l'époque.
 
Une belle découverte pour ma part.












Le film intégral :





mercredi 8 avril 2026

LA NUIT DES FEMMES DE KINUYO TANAKA 1961

 






Synopsis :

À la fin des années 50, l'état japonais décide de fermer les maisons closes, ce qui est bizarre en soit, sont-elles fermées à double tour ?
Les prostituées finissent soit en prison, pour celles qui continuent leur métier dans la rue ou alors en maison de réhabilitation comme notre héroïne Kuniko.
Elle est décidée à s'en sortir et on lui trouve du travail dans une épicerie où elle est payée une misère et méprisée par la patronne quand celle-ci apprend l'ancien métier de Kuniko. Pour se venger, elle enivre et séduit son mari pour ensuite démissionner après que l'adultère ait été découvert.
De retour au centre, on lui trouve du boulot dans une usine employant des femmes mais elle finit par se faire violement agresser et "marquer" par certaines d'entre elles.
Elle se retrouve finalement employée dans une pépinière tenue par un couple gentil, elle apprend le métier d'un jeune homme qui finit par tomber amoureux d'elle et la proposer en mariage. Le bonheur enfin ? 
Mais cette fameuse nuit à l'air d'être sans fin...








Tanaka adapte un roman de Masako Yana pour cette chronique sociale qui parfois ressemble à un thriller.
Comme souvent avec les films de la réalisatrice, qui fut aussi actrice naguère, l'interprétation est assez soignée, de plus certaines scènes sont admirables (le clair-obscur de la scène de la torture).
Le sujet est très bien traité malgré sa sensibilité, on se prend de passion pour cette héroïne dont l'ancien métier est tatouée, au propre comme au figuré, sur le corps.
Depuis "Maternité Eternelle", Kinuyo Tanaka fait un sans fautes, un exploit à l'époque des trois maîtres du cinéma nippon (Kurosawa, Ozu, Mizoguchi).












Le film intégral :