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samedi 18 juillet 2026

LA FÊTE À HENRIETTE DE JULIEN DUVIVIER 1952

 






Synopsis :

Deux scénaristes très différents imaginent leur nouveau film :

Henriette est née un 14 juillet, qui est aussi le jour de sa fête et c'est justement le jour de la fête nationale. Elle a rendez-vous avec son amoureux, un reporter photographe nommé Robert.
Mais Robert a reçu une lettre d'une jolie écuyère et échafaude un plan pour honorer ce rendez-vous. Un voleur s'éprend de son côté de notre Henriette qui va vivre quelques aventures de son côté...au gré des facéties de nos deux scénaristes qui changeront souvent d'avis.





 


Duvivier et Janson s'amusent avec cette mise en abyme qu'est cette comédie romantique bourée de citations, brisant même le quatrième mur à la toute fin.
Des habitués du réalisateur passent devant la caméra (Michel Roux, Julien Carette) ainsi que Michel Auclair, la parigote Odette Laure qui joue sa grue habituelle et Louis Seigner en scénariste qui ne sent laisse pas écrire.
On suit l'histoire en sachant qu'à tout moment celle-ci peut prendre un chemin différent à coup de gomme de scribouillard.
À noter que pour du Duvivier, l'histoire est plutôt joyeuse pour une fois.
Un film festif et familial.










vendredi 17 juillet 2026

LAC AUX DAMES DE MARC ALLEGRET 1934

 





Synopsis :

En autriche, où on se rend compte que les gens parlent un français parfait, 
Un jeune homme débarque dans une station balnéaire du lac de Constance pour y travailler comme maître-nageur. Il est pauvre mais beau comme dirait Dino Risi. Les femmes sont toutes folles de lui et surtout Danny, la fille d'un bourgeois un peu anar joué par un acteur genevois tout aussi anar.
Il est aussi un peu con alors il décide de traverser le lac à la nage, de nuit, tout ça pour se retrouver épuisé, près de se noyer. Une barque ne passait pas par là manoeuvrée par l'ingénue Puck, tout juste sortie de l'enfance.
Les deux deviennent amis, Puck voudrait même un peu plus mais le maître-nageur n'a d'yeux que pour sa riche blonde.
Il demande la main de son amoureuse à son père mais se fait humilier par celui-ci. Il tombe ensuite malade et se dispute avec Puck.
Les choses semblent donc aller de mal en pis...







Cette adaptation d'un roman autrichien est signée d'entre autre Colette et a pour vedette le jeune premier Jean-Pierre Aumont et la débutante Simone Simon (qui m'avait exaspéré dans "La Bête Humaine" de Renoir, au contraire d'ici, comme quoi). Un autre Simon a le court rôle du père de la blonde.
Le film commence comme une comédie romantique pour trouver un ton plus grave vers la fin, quelques chansons parsèment le métrage comme il était de coutume dans ses années-là.
Un bon divertissement, des excellents Simon et Simon, un cadre tyrolien préservé du climat politique de l'époque et de jolies pépées tournant autour de l'apollon Aumont.

















dimanche 12 juillet 2026

VERA DRAKE DE MIKE LEIGH 2004

 





Synopsis :

Londres, en 1950,

Vera Drake est une femme de ménage chez des particuliers. Elle a la cinquantaine, heureusement mariée à un mécanicien et a deux enfants : un fils qui est tailleur et une (vieille)fille timide qui travaille en usine. La famille ne roule pas sur l'or mais vit convenablament grâce aux quatre salaires qui rentrent. Elle tente de caser sa fille avec un voisin célibataire.
On voit une Vera dévouée pour son prochain (sa mère malade, un voisin souffrant), toujours prête à rendre service et ne demandant rien en échange. C'est ainsi qu'on la voit pratiquer des avortements clandestins à l'aide de poire de lavement, savon et désinfectant, toujours avec la douceur qui la caractérise. Une amie d'enfance de Véra lui organise ces rendez-vous qu'elle facture une certaine somme d'argent aux femmes enceintes, sans que notre héroïne soit au courant.
Un avortement se passe mal et la femme manque de mourir. À  l'hôpital, on met la pression sur la mère de l'avortée (qui connaissait Vera) pour dénoncer la responsable.
Un jour de fête de famille, la police débarque chez Vera...








Le cinéphile sait qu'avec Mike Leigh, il va assister à des moments de virtuosité en matière d'interprétations toujours aussi intenses. Après Brenda Blethyn, Timothy Spall, c'est ici Imelda Staunton qui, dans la deuxième moitié du film, donne beaucoup d'elle-même en pleurant la plupart du temps.
Le style de Mike Leigh, qui a écrit le scénario, est un croisement entre de grande séances d'improvisation en pré-production puis en filmant le tout en un ton naturaliste typique d'un certain cinéma britannique (Ken Loach pour ne pas le citer).
Pour développer son sujet social, l'auteur nous tisse une héroïne parfaite, épouse idéale, mère aimante, amie dévouée, (le coeur d'or cher à Lars Von Trier) si bien qu'à la fin on ne peut qu'avoir une empathie extrême pour l'héroïne qui finit en suppliciée.
Quoi qu'il en soit Mike Leigh réussit encore son coup avec ce désormais standard du cinéma social britannique qui sera largement récompensé.

















samedi 11 juillet 2026

LE SORELLE MACALUSO DE EMMA DANTE 2020

 





Synopsis :

La vie des orphelines Macaluso, vivant dans un appartement à Palerme, au dessus duquel vivent des pigeons qu'elles louent pour subvenir à leurs besoins.
Pendant une journée à la plage, la plus jeune d'entre elles disparaît.
On retrouve les soeurs survivantes une vingtaine d'années après. Les relations se sont tendues, l'une d'entre elles s'est mariée et a un gosse, la plus âgée est à moitié folle, une autre passe son temps au  lit avec son mec et une autre, dont on a précédemment appris qu'elle était lesbienne (elle était avec sa copine pendant le drame de la cadette), a un cancer.
On retrouve enfin les soeurs (enfin les survivantes) à la fin de leur vies, elles ne sont plus que deux et assistent à l'enterrement de la folle. L'appartement est vidé et vendu, ne restent que les souvenirs...








D'abord une pièce, son autrice se charge de l'adaptation de ce drame féminin sur la période d'une vie (les années 60 jusqu'à aujourd'hui) dans un Palerme fantasmé.
La caméra est souvent à hauteur d'épaule, filmant le corps, les rides et les larmes des soeurs interprétées par plusieurs comédiennes au fil des différents âges (sauf la cadette qui revient tel un fantôme ensuite).
Un récit sur le deuil et les conséquences souvent dommageables qui en résultent, certaines scènes sont réussies, certaines assez crues comme la dissection d'un animal ou la scène des pâtisseries (dont des cannoli, Sicile oblige). Emma Dante apporte sa sensible patte à son propre récit et certaines comédiennes sont excellentes, Serena Barone qui joue la folle m'a marqué particulièrement.
À voir en parallèle avec certains Almodovar...
















vendredi 10 juillet 2026

UNDER THE SKIN DE JONATHAN GLAZER 2013

 





Synopsis :

Après une introduction à la Lynch, 

En Ecosse, un motard s'arrête au bord d'une route, on le voit transporter le cadavre d'une jeune femme dans une camionnette garée à côté. Dans celle-ci se trouve une jeune femme nue qui se vêt de la tenue de la morte.
On retrouve la jeune femme dont on apprendra qu'elle s'appelle Laura, conduire la camionnette et passant son temps à racoler et rabattre des jeunes hommes qu'elle amène "chez elle" où ils rentrent dans une pièce noire et s'enfoncent dans une sorte de liquide de la même couleur sans qu'ils s'en rendent compte. Ils se vident petit à petit jusqu'à ce qu'il ne reste que la peau.
Laura est insensible au sort de ces victimes et semble ne pas être humaine mais quand elle épargne un jeune homme atteint de neurofibromatose (comme son interprète), elle va devenir elle-même une proie poursuivie par ses "anges gardiens" à moto...








Ce film mélangeant fantastique, science-fiction et horreur, rappelant un croisement entre du Cronenberg et du Lynch, à une sorte de "Trainspotting" mélangé à "Suspiria" est devenu au fil du temps assez mythique jusqu'à être considéré comme un des meilleurs de ce siècle.
L'introduction est du pur Lynch comme je l'ai dit (qui rappele le futur épisode 8 de la troisième saison de "Twin Peaks") puis on plonge dans le "body horror" à la Cronenberg, accompagné par une musique d'ambiance sombre, mettant mal à l'aise.
Scarlett Johansson incarne, au propre comme au figuré, cette créature qui va finir par se fissurer, au propre comme au figuré, en tentant de trouver son humanité. Elle porte le récit sur ses épaules en étant de presque tous les plans et le spectateur essaie à travers elle de percer les nombreux mystères parsemés pendant 100 minutes.

Un film qui marque son spectateur et témoin est une oeuvre réussie, et il n'y en a finallement pas tant que ça dans l'histoire du Septième.

Pour public averti et non sensible.

















dimanche 5 juillet 2026

PARTHENOPE DE PAOLO SORRENTINO 2024

 





Synopsis :

1950, une famille aisée de Naples acceuille une fille qu'elle nomme comme une fameuse sirène.
1968, Parthenope est devenue une femme d'une beauté tellement indescriptible qu'elle est une raison suffisante pour voir ce film.
Elle est libre, intelligente, cultivée, suit des cours d'anthropologie avec son professeur misanthrope et peau de vache qui pourtant va cultiver une admiration pour elle. Le fils des domestiques de la famille est fou d'elle, comme chaque homme qu'elle rencontre et même son frère ainé est accroc, ce qui va causer sa perte.

Cette fable napolitaine, entre la capitale du sud et Capri, de l'autre côté de la baie, en passant par le bleu de la Méditerranée, la camorra, le foot et le cinéma nous est présenté par un des maîtres contemporains du cinéma vert, blanc et rouge.





 

On est en présence d'un résumé de l'art de Sorrentino qui nous offre une lettre d'amour à sa ville au pied du Vésuve. Le fantôme de Fellini est constamment présent, rappelant "La Grande Bellezza" et l'univers onirique dans lequel évolue l'héroïne rappele une sorte de "Dolce Vita" napolitaine (surtout la première heure) et parfois "Huit Et Demi" pour ses personnages iconoclastes.
Parthenope traverse la vie, l'écran tel le vent caresse un feuillage, d'une manière fugitive.
Celeste Dalla Porta, musicienne et mannequin, est la révélation du film en incarnant la beauté mélée à l'intelligence, nappée avec goût par le suffisant de mélancolie qui sied à un grand personnage.
Stefania Sandrelli incarne le personnage en 2003 qui partira de sa ville lors de la célébration du titre du Napoli.
Gary Oldman joue un écrivain alcoolique et Silvio Orlando (sorte de croisement entre Droopy et Keith Moon) joue le professeur sévère qui servira de modèle à Parthenope.
Ce film est un délice pour les yeux (et pas seulement à cause de l'actrice), une véritable définition de ce qu'est le cinéma italien, le genre d'oeuvre qui aurait reçu une Palme d'Or dans les années 60 mais malheureusement nous sommes aujourd'hui.

Merci Sorrentino pour maintenir le cinéma que nous aimons à flots.














samedi 4 juillet 2026

LE FANTÔME DE L'OPERA DE RUPERT JULIAN 1925

 





Synopsis :

Deuxième adaptation du roman de Gaston Ledoux : 

Sous L'opéra Garnier vit un homme défiguré, et plutôt instable,  amoureux de la chanteuse lyrique au nom de Christine. Le fantôme fait tout pour que sa belle puisse devenir la diva titulaire et finit par y parvenir à coups de menaces et divers coups de magie.
Christine, d'abord fascinée par son ange gardien va vite déchanter lors de leur rencontre. Erik, c'est son nom, lui somme de quitter son fiancé de Vicomte sous peine de représailles terribles.
La belle préfère son vicomte et prévoit de s'échapper après une représentation de Faust mais le fantôme finit par le savoir...







J'ai vu le film de 1943 réalisé par Arthur Lubin, et avant celui de Dario Argento de 1998 et il faut dire qu'à chaque fois je m'y était plutôt ennuyé (pour être poli) mais cette fois-ci ce n'est plus la même histoire.
D'abord c'est un film muet et j'adore cette époque (1895/1930) du cinéma. Le film présenté ici est en séquences monochromatiques (la première en rouge, puis dans le désordre du bleu, du violet, du noir et blanc, du sépia et même une séquence en couleur (celle du bal masqué), de nombreuses scènes jouent avec les ombres (dont encore la première) pour un résultat splendide et enfin le maquillage sur le visage de Lon Chaney est très réussi et fait son petit effet horrifique.
On est ici en présence d'un chef-d'oeuvre esthétique, avec ses décors de l'opéra Garnier, la façade de Notre-Dame et le final apocalyptique sur les bord de la Seine (enfin L'yonne) reconstitué dans des studios à Hollywood avec un certain goût et il faut le dire, raffinement.
Comme avec beaucoup de muets, le film est librement regardable en ligne et se trouve proposé par Arte actuellement.













La version monochromatique de Arte :