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dimanche 14 juin 2026

THE VIRGIN SUICIDES DE SOFIA COPPOLA 1999

 





Synopsis :

L'histoire des soeurs Lisbon, au millieu des années 70, âgées de 13 à 17 ans et leurs parents bigots, racontée par des garçons enamourés d'elles.
La cadette tente d'abord de se couper les veines, puis lors d'une surprise partie, elle réussie son coup en s"empallant sur la grille de la maison. Les soeurs encaissent tant bien que mal, leur mère (qui s'avèrera le problème) deviendra un peu plus siphonée mais finallement la famille essaiera de vivre normalement en laissant leur filles aller à un bal (sous le chaperonnage du père).
Lux Lisbon, la soeur que le récit suit le plus, finit par avoir une relation avec le dragueur de l'école mais se réveille seule sur le terrain de football, le lendemain matin.
Elle rentre donc chez elle après l'heure autorisée et à partir de là, les soeurs vont être séquestrées chez elles.
L'inévitable et irréparable vont faire leur apparition...








Le premier long de la fille Coppola, co-produit par son père et maître du cinéma, est un mélodrame de tout premier ordre, comme le sera son suivant, à la superbe photographie et sa bande-son vintage accompagnant celle des versaillais de Air.
Kathleen Turner incarne la mère/harpie bigote qui sera responsable du désastre révélé dans le titre. James Woods (à l'époque où il n'était pas encore blacklisté) incarne le père, prisonnier de sa femme, une sorte d'eau dans le vin de messe de la matriarche.
Kirsten Dunst incarne Lux Lisbon, pivot du récit, dans ce qui fut sa révélation.
Le récit, adaptation du roman de Jeffrey Eugenides, disséque les tourmentes de l'adolescence, et surtout ici celle des jeunes filles presque femmes qui découvrent leur propre mortalité (la métaphore de l'orme). On peut mettre ce film en parallèle avec certaines oeuvres de l'époque du Nouvel Hollywood dont "Les Gens De La Pluie" du paternel ou "Alice N'est Plus Ici" de Scorsese...la Sofia ayant grandi dans cet environnement bien évidemment.
Une deuxième vision 25 ans après (je l'avais vu au cinéma à l'époque) et toujours la même sensation de qualité qui a disparue depuis.

















samedi 13 juin 2026

ARIZONA DREAM DE EMIR KUSTURICA 1993

 







Synopsis :

Le film s'ouvre par un Inuit revenant de la pèche, tombant dans un trou dans l'eau glacée et en réchappant de justesse. Il est sauvé par un loup qui le ramène chez lui sur son traineau. Sauvé et guéri par sa femme, ils cuisinent le poisson (un halibut) et font l'amour pendant que leur fils lance un balon fait à partie de l'estomac du poisson. Le ballon vole de l'Alaska jusqu'à New York et vient éclater sur la tête de d'Axel qui revait justement de cette histoire.
Axel a un métier particulier, trier et étiqueter des poissons, il vit dans sa camionette et passe son temps à rêver.
Son cousin, un pseudo acteur mais vrai cinéphile, vient le chercher depuis l'Arizona car l'oncle d'Axel va se marier et il veut que son neveu soit témoin. Axel d'abord refuse puis agrée car Leo Sweetie (le tonton) est le héros de son enfance.
Arrivé dans l'Arizona dans laquelle il a grandi, des choses de plus en plus incroyables vont lui arriver, rencontrant notamment une veuve fracassée passionnée d'avions et de sa belle fille frustrée, suicidaire et tout aussi cinglée.
Le reste est irracontable...







Je viens de revoir ces deux heures de temps suspendu que je n'avaient pas vu depuis une trentaine d'année, à l'époque où Arte avait fait une spéciale Kusturica en passant ces films depuis "Papa Est En Voyage d'Affaire" jusqu'à  "Chat Noir, Chat Blanc".
Un classique des années 90, à l'époque où le cinéma américain recommençait à faire de la qualité (ça ne durera pas) et engageait même un cinéaste yougoslave, à l'époque, pour nous concocter cette fable comique, poétique et surréaliste qui fait du bien aux mirettes.
On pense à un croisement entre Lynch et Tarantino, avec de nombreuses citations pour cajoler les cinéphiles : "Raging Bull", "Voyage Au Bout De L'enfer", "Le Parrain", "La Mort Aux Trousses". Johnny Depp est cité devant son personnage pour un peu de nonsense.
Faye Dunaway y trouve un rôle étonnant (à un moment donné, quand elle met en joue Depp et Gallo, j'aurais pensé à un dialogue du genre "Eh, tu te prends pour Bonnie Parker ou quoi ?"). Vincent Gallo, qu'on voyait souvent dans les années 90 (un peu comme Joaquin Phoenix aujourd'hui), jusqu'à ce qu'il dise qu'il est républicain et pratiquement disparaître (bonjour à James Woods si vous le voyez). Gallo était la gueule de l'époque comme Steve Buscemi.
Johnny Depp est excellent dans un rôle un peu plus intérieur, plus exigeant techniquement.
L'histoire n'a ni queue ni tête comme tout oeuvre surréaliste qui se respecte et son humour peut faire penser à une certaine idée de l'époque du Muet pour ceux qui aiment ça comme moi.
J'ai eu beaucoup de bonheur à revoir ce classique américano-français-européen, sans message politique...l'Art à l'état pur...deux heures et quart d'une amérique onirique et puis la musique de Kusturica et l'Iguane qui chante "In The Death Car", nous replongeant dans ces années-là.

















dimanche 7 juin 2026

PRIMA LA VITA DE FRANCESCA COMENCINI 2024

 





Synopsis :

L'histoire d'une fille et d'un père realisateur dans l'Italie des années 70, du tournage du film "Pinocchio" en passant par les années de plomb et l'épisode Aldo Moro, la drogue puis la renaissance par le cinéma.
C'est surtout l'histoire de la réalisatrice avec son père Luigi Comencini, la mise en abyme parfaite...







La réalisatrice, qui a commencé à tourner en 1984, décide donc de conter la relation priviligiée qu'elle a eu avec un des maître de la comédie à l'italienne. Une déclaration d'amour au cinéma avec de nombreux extraits dont "Païsa" de Rossellini, "L'enfance Nue" de Pialat ou "L'atlantide" de Pabst qui illustrent les bienfaits du septième : "quand je regarde un film, ça me permet de m'évader" comme le dit le personnage de Comencini père.
Un bon film sur la relation père/fille : celle d'un homme progressiste qui est très libéral avec sa fille qui deviendra toxicomane et extrémiste à la fin des années 70, la désillusion, l'exil à Paris et la guérison par le cinéma et l'amour filial au début des années 80.
La fille a hérité du talent de son père et nous régale avec cette histoire touchante qui gagnera le Ruban d'argent du meilleur film en 2025.















samedi 6 juin 2026

BOARDS OF CANADA : INFERNO 2026

 


Au mois d'avril est apparu un titre inédit du duo de frangins écossais, nommé "Tape 5", que l'on prendra ensuite alors pour le futur "Father And Son" alors qu'il s'agira du titre "Deep Time".
Un nouveau morceau des BOC, on attendait ça depuis 2013 et leur album "Tomorrow Harvest" (à l'époque, je voyais avec mes deux yeux et ma mère était toujours vivante). 13 ans, un peu plus d'une année jovienne (Jupiter).
On a su ensuite qu'un nouvel album était prêt et qu'il sortira le 29 mai.
Boards Of Canada est l'exemple parfait du groupe culte car il l'est au propre comme au figuré : les fans de ce groupe forment littérallement un sorte de secte (cult en anglais). La mystique entourant l'oeuvre de ces deux frères nés au début des années 70, qui ne donnent quasiment aucune interview et n'apparaissent jamais, dont la musique évoque les mathématiques, différentes sectes comme les davidiens, Jim Jones, et surtout une certaine régression sonore évoquant les années 70 et 80, les génériques d'émissions et de documentaires de l'époque.
Un titre des BOC est un peu comme une nouvelle parole divine pour leur fans dont je fais partie.
Ce "Deep Time" tranche un peu avec le style classique du groupe, un peu plus sombre, apocalyptique, bref un refflet de l'époque de merde dans laquelle on vit, ou survit, c'est-à-dire le XXIe siècle.
"Inferno" utilise beaucoup plus des parties vocales, chants religieux divers, dialogues sur les religions, et on remarque parfois même quelques guitares électriques.
Une dizaine d'écoutes depuis et cet album est un des meilleurs qu'ils aient fait, peut-être le meilleur depuis "The Campfire Headphase" de 2005. "Inferno" est le sixième album des frangins écossais et on se dit qu'il serait le dernier, quoi qu'il en soit voici quelques titres pour se faire une idée :

Le deuxième titre que BOC nous a offert avant la sortie de l'album et aussi le début de celui-ci :






Un titre plus BOC old school et le troisième du disque :





"Naraka" et son chant "Hare Khrishna" :






Le "Tape 05/Deep Time" :





"Arena Americanada", un des sommets du disque :





Et enfin "You Retreat In Time And Space, avant-dernier morceau de l'album, qui fait penser à une suite de leur "Roygbiv" de 1998, un des rares titres optimiste, joyeux, et léger de cet "Inferno" :






Autant dire que ce disque est celui de l'année, de la décénie voir même peut-être le dernier disque décent de l'histoire de la musique qui sera sans doute tuée par l'IA dans quelques temps.



LES MYSTERES D'UNE ÂME DE GEORG WILHELM PABST 1926

 






Synopsis :

Un chimiste habite avec sa femme dans une maison cossue.
Un beau matin, alors qu'il était en train de raser quelques poils sur la nuque de son épouse, un meurtre est commis dans la maison d'à côté...avec un rasoir.
Le même jour, il apprend que le cousin de sa femme revient d'un long séjour à l'étranger et va passer quelques jours chez lui.
La nuit suivante, il fait un cauchemar qui le traumatise si bien que dès lors, il lui est impossible de tenir un couteau.
Alors qu'il commence à devenir cinglé, il décide de consulter un psychanalyste pour comprendre le pourquoi du comment...





 

Le futur réalisateur de "Loulou" nous propose ce qui est un, voir le premier film présentant la psychanalyse, alors très à la mode à l'époque et dans le coin. Le récit, d'ailleurs, se passe en Bavière, près de l'Autriche et de son célèbre Freud et est en partie basé sur des cas réels qu'on connu deux psychanalystes d'alors.
Si le fond est un ramassis de conneries, une propagande pour l'arnaque qu'est la psychanalyse, la forme est quant à lui très avenante surtout dans ses parties oniriques qui rappellent parfois le futur David Lynch.
Ce thriller fantastique est plutôt agréable à regarder, même si la version que j'ai vue est plus appréciable avec le son coupé, à cause de la musique concrète bien casse pied qui sert à accompagner les images.
















dimanche 24 mai 2026

L ' ASSASSIN DE ELIO PETRI 1961

 






Synopsis :

La police débarque un matin chez Martelli. Après quelques questions, il est emmené au poste. Il apprendra qu'il est accusé d'avoir assassiné sa maîtresse qui était aussi sa créancière.
On apprendra au fil du récit que cet antiquaire est un magouilleur sans beaucoup de scrupules, se servant des femmes pour réussir.
Un interrogatoire oppressant aux airs Kafkaiens va faire vasciller Martinelli, le "briser" mais un coup de théâtre se prépare...








Ce premier film de Petri (inédit en France jusqu'en 2011) fait penser au début à un autre réalisé 10 ans après, "Détenu En Attente De Jugement" de Nanni Loy avec un Sordi étonnant. On pense à Kafka bien sûr et voir Mastroianni dans un rôle gris tendance noir est toujours plaisant.
La principale qualité de cette oeuvre est qu'on a l'impression que le personnage se fait avoir, et le spectateur aussi, que tout est faux, une mise en scène : en quelque sorte une mise en abyme. La fin cynique est assez marquante, soulignant s'il le fallait le pessimisme de l'histoire.
Un bon début, même si le Petri a fait beaucoup mieux par la suite.


















samedi 23 mai 2026

LES FLEURS DU SOLEIL DE VITTORIO DE SICA 1970

 






Synopsis :

Le milanais Antonio et la napolitaine Giovanna se rencontrent pendant la guerre, s'aiment et se marient, ce qui donne à Antonio un sursis de 12 jours avant de partir au front. Les jeunes mariés décident ensuite d'organiser un subterfuge pour faire croire qu'Antonio est devenu fou mais se font pincer, ce qui fait que le jeune homme est obligé de partir sur le terrible front russe.
La guerre finie, aucune nouvelle d'Antonio et personne ne sait si il est vivant ou pas.
Giovanna, persuadée que son mari est encore vivant, décide de partir à sa recherche, en URSS, après la mort du révolutionnaire humaniste qu'était Staline.
Après de longs jours, elle finit par le localiser, découvrir qu'il a refait sa vie et qu'il a une petite fille.
Giovanna, le coeur meurtri, revient précipitament en Italie sans même lui avoir parlé mais Antonio est bouleversé en la voyant.
Les deux êtres vont-ils se retrouver ? Giovanna va-t-elle pardonner à son mari ?








La Loren et le Marcello, c'est une quinzaine de films ensemble (un record ?) dont certains, tous des classiques, réalisés par Vittorio De Sica qui ne sait apparement pas faire de mauvais film.
La narration utilise de nombreux flashbacks, en passant de la comédie pour finir sur un ton beaucoup plus grave.
Le début, celui des amours heureux ressemble, à "Hier, Aujourd'hui, Demain" ou "Mariage À l'italienne" de Sica et la fin fait penser au futur "Une Journée Particulière" de Scola.
La Loren, toujours vivante au moment où j'écris, est un miracle sur patte, l'incarnation féminine de l'Italie : un feu d'artifice, le Vésuve, l'Etna, Stromboli, la beauté et le feu.
Marcello interéagit tellement bien avec Sophia qu'on a l'impression de voir un authentique couple, tout est naturel et fluide entre les deux comédiens. De Sica n'a finalement qu'a faire tourner la caméra et la magie est là.
Ces "Fleurs Du Soleil" (les tournesols quoi !) sont encore, de plus, un autre monument de ce réalisateur cher à mon coeur, qui nous dira adieu quatre ans plus tard.
Et une mention spéciale à la merveilleuse musique de Mancini qui est la sauce nappant le tout.