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vendredi 6 novembre 2026

L'HOMME DE BERLIN DE CAROL REED 1953

 





Synopsis :

Une britannique, Suzanne, arrive à Berlin-Ouest pour passer quelques temps chez son frère, marié à une allemande. Lors d'une visite à Berlin-Est avec sa belle-soeur Bettina, elle fait la connaissance de Ivo, une connaissance de la dernière (on apprendra ensuite qu'en fait il en est le mari officiel).
Ivo semble tremper dans des affaires louches mais Suzanne est attirée par cet homme énigmatique, d'autant plus que lors d'une invitation à l'ouest chez Bettina, il se dérobe au dernier moment.
Le frère de Suzanne, médecin soigne un homme mordu par un chien. Cet homme intéresse beaucoup certains à l'est, en particulier Ivo et ses chefs...








Un film d'espionnage qui est en fait autant un thriller romantique, réalisé par le maître Carol Reed qui installe ici une atmosphère à la "Noir" et rendant chaque plan assez réussis.
Filmé dans son jus, partiellement dans un Berlin-Ouest alors en ruine, à l'époque où le fameux mur n'existait pas encore, avec des portraits géants de cette abomination qu'était (s)talline (plus alors pour longtemps) parsemant les murs décrépis de la moitié communiste.
James Mason et Claire Bloom sont les deux protagonistes principaux de ce récit, et comme on peut s'y attendre, leur travail est sans taches.
Un classique, plus marquant par son atmosphère, son style et ses interprètes que pour son histoire au fond pas très intéressante.

















jeudi 5 novembre 2026

SORTILEGES DE CHRISTIAN-JAQUE 1945

 





Synopsis :

En Auvergne, au XIXième siècle, dans un village de montagne en hiver :

Le veuf Fabret discute le bout de gras avec un marginal vaguement sorcier, "le Campanier". Arrive un marquignon et son cheval noir, désorientés par la tempête de neige. Le sorcier tue d'un coup de pierre le voyageur et le dépouille de son sac d'or. Il en donne la moitié au père Fabret, qui perd la boule et qui intéresse beaucoup l'assassin qui voudrait se marier avec sa fille.
La fille est amoureuse d'un certain Pierre, et réciproquement, mais celui-ci  intéresse aussi la fille de l'aubergiste à qui il est d'ailleurs promis.
Les gendarmes enquêtent sur le crime, finissant par suspecter le père Fabret.
Le cheval noir va et vient dans le village, annonçant de mauvais présages.
Lors d'une fête de village, les choses dégénèrent...









Ce drame romantique tourné à la fin de la guerre est un peu ennuyeux au début, voir un peu benêt, comme le personnage du Fabret joué par un excellent Fernand Ledoux. Puis le drame s'installe petit à petit au fur et à mesure que les personnages se dévoilent, dévêtissent, que le triangle amoureux s'impose et que les secrets se dévoilent tel un cadavre sous la neige au soleil.
Prévert est aux dialogues et c'est vrai que ce film a je ne sais quoi de Réalisme Poétique dans son côté social et sentimental.
Une fin bien dramatique clos ces 100 minutes fort bien ficelées qui tiennent finalement au ventre telle une bonne potée.














CANCRE LAS


"La jeunesse est un naufrage"
Philippe Muray 1989


Lors que je mire 
Le car vomir
Ses cancres las.
Au royaume du crétin roi
Où le devoir n'est plus que droit
Dansent, dansent ces cancres là.
Arbres sans racines,
Vergers sans fruits.
Là où la nation s'enfuit.
Ils éteignent les Lumières
Mais ont peur de la nuit.




mercredi 4 novembre 2026

DEUX HOMMES DANS LA VILLE DE JOSE GIOVANNI 1973

 





Synopsis :

Germain est un éducateur social profondément humain, qui croit à la réinsertion des délinquants. Il suit notamment le dossier de Gino, un braqueur de banque qui a fait une demande de libération conditionnelle. Les mots de Germain arrivent à convaincre, ainsi que le fait que Gino ait trouvé du travail comme imprimeur.
La sortie est rude mais l'amour de son épouse, une fleuriste italienne, lui fait passer le cap. Au retour d'un week-end à la campagne avec la famille de Germain, Gino a un accident de voiture. Il en réchappe mais l'épouse décède. Gino commence à glisser mais son éducateur devenu ami arrive à le sortir de ce mauvais moment.
L'ancien truand s'installe à Montpellier où Germain a été muté et trouve un boulot dans une imprimerie tenue par un homme compréhensif, il rencontre une employée de banque et remonte petit à petit la pente.
Gino doit quand-même pointer de temps en temps au commissariat et c'est là qu'il tombe sur l'inspecteur Goitreau, lui aussi muté et qui l'a déjà arrêté.
L'inspecteur, obsédé par Gino, croyant qu'il va replonger et qu'il prépare un coup (dans la banque de sa nouvelle compagne) commence un travail de harcèlement sur son patron et surtout sa compagne...








Ce film politique, le plus connu de Giovanni qui connaissait bien le sujet (qui est ici moins la réinsertion que celui de la peine capitale) , puisqu'il a été lui-même condamné à mort pour diverses saloperies qu'il a commises pendant la guerre, est un des rares films des deux interprètes principaux a être encore diffusé sur les chaînes grand public.
Produit par Delon et subliment porté par un trio d'acteurs alors au sommet, quoiqu'ici un peu moins en ce qui concerne le Dabe dont on va célébrer les cinquante ans de sa mort.
Delon y est ici étonnant, montrant une fragilité assez rare dans sa carrière, nous délivrant une de ses meilleures compositions.
Michel Bouquet incarne le genre de rôle qui a fait sa légende, celui du personnage trouble, légèrement déséquilibré, comme dans les films de Chabrol ou celui de François Mitterand, une sorte de continuation de celui du film "Un Condé" de Boisset où il jouait un flic à la limite de la psychopathie.
Je l'ai dit souvent mais pour qu'un thriller soit bon, il faut que le méchant soit bon et avec Michel Bouquet, on est sûr de toucher juste et d'avoir la moitié du film gagnée d'avance.
L'histoire, par contre, est assez invraissemblable par moment et n'est souvent là que pour servir, parfois mal, son travail politique de réquisitoire contre la peine de mort.
Giovanni était un écrivain, scénariste et cinéaste hors du commun, le genre d'homme dont le moule est cassé. On peu penser ce qu'on veut du bonhomme, du mal bien sûr et il en a fait lui-même beaucoup dans sa jeunesse, mais le cinéma français des années 60/70 lui doit beaucoup.
"Deux Hommes Dans La Ville" est un film de premier ordre, moins pour son histoire qui peut parfois irriter que pour le talent de ses comédiens et sa fin mémorable.
















lundi 2 novembre 2026

BOULEVARD DES ASSASSINS DE BORAMY TIOULONG 1982

 






Synopsis :

Un écrivain en panne d'inspiration et en instance de divorce, descend dans une grande ville des Alpes Maritimes, appelée ici Lourciez,  alors que tout le monde voit qu'il s'agit de Nice.
Il s'installe chez un autre écrivain alors absent, commence à recevoir des coups de téléphone d'une femme se faisant appeler Régine et surtout se faisant apprendre qu'une vieille femme s'est récemment fait tuer dans le même bâtiment.
Il va alors se mettre à la recherche de cette Régine, et de fil en aiguille, découvrir l'implication des notables de la ville dont le maire, dans certaines affaires pourries.
Bientôt les meurtres s'enchaîneront et la menace sur l'écrivain se fera de plus en plus oppressante...








Un petit thriller réalisé par un réalisateur tout aussi modeste, avec pourtant de beaux comédiens sur l'affiche : Trintignant, Lanoux, Marie-France Pisier et Stéphane Audran.
Le style est plat comme de l'eau du robinet, la photographie fait penser à un téléfilm. Le roman de Max Gallo, dont c'est l'adaptation, d'où le nom de la ville fictive, est sûrement très intéressant mais le produit proposé intéressera seulement celui qui n'y connait rien en polar noir à la française.
Et puis je n'ai jamais été un grand fan de Victor Lanoux, qui pour moi est un gars qui sait réciter un texte sans bafouiller mais ça s'arrête là.
Un produit de supermarché à voir une fois pour Jean-Louis, Marie-France et Stéphane qui font ici ce qu'ils peuvent.

















dimanche 1 novembre 2026

LEFT-HANDED GIRL DE SHIH-CHING TSOU 2025

 





Synopsis :

Une famille composée de Shu-Fen, une mère de quarante ans, de sa fille I-Ann d'une vingtaine d'année et de son autre fille I-Jing, qui a cinq ans et la fille gauchère du titre revient à Taipei.
Shu-Fen loue une place au marché de nuit pour ouvrir un stand de restauration tandis que I-Ann travaille dans une boutique de betel dans une tenue sexy dans le but d'appâter les clients.
Le grand-père d'I-Jing embête celle-ci car elle utilise sa main gauche qui est selon lui, la main du diable.
Bientôt les ennuis arrivent : Shu-Fen commence à avoir des retards dans le loyer du stand et doit payer les frais médicaux de son ancien mari en stade terminal dans un hôpital, I-Ann tombe enceinte de son patron marié et décide de quitter son emploi et enfin I-Jing, traumatisée par les mots de son grand-père et la mort de son suricate commence une carrière de voleuse dans les magasins du marché de nuit.
Lors de la fête d'aniversaire de la grand-mère, des révelations et divers drames vont changer la vie de nos personnages...









Un film à la production internationale (Américaine, Française, Britannique  et Taïwanaise) avec un trio d'actrices plutôt doué.
Le style est assez typique du cinéma de l'ancienne Formose avec la caméra qui suit les personnages de très près, avec l'usage immodéré de travelling...et ici filmé entièrement au téléphone.
L'histoire est sympatique, n'oubliant pas d'aborder certains problèmes sociaux comme les mères célibataires, la vie dans les grandes villes, le passage à l'âge adulte et le conflit des générations.
La fille qui joue le rôle de la gauchère en titre est à elle seule la raison de voir ce film, un enchantement qui met le sourire aux lèvres du spectateur, un sortilège même.
La scène dans le restaurant où se déroule la fête d'anniversaire vers la fin rappelle "Festen" de Vinterberg avec ses révélations familiales (dont un excellent coup de théâtre) et réglements de comptes.
Le cinéma taïwanais est très souvent d'excellente qualité, et ce film ne déroge pas à la règle tel ce delicatessen qu'il est.


















samedi 31 octobre 2026

O.A. JE N'EN AI FINI AVEC TOI

 

"Ceci est l'eau et ceci est le puit.
Bois entièrement et descend.
Le cheval est le blanc des yeux et noir à l'intérieur."

Twin Peaks, saison 3, épisode 8.


Omniscience approximative
Pour humains 
Qui ne le sont pas moins.
Chimère fardée d'obséquiosité
Servant à l'humain sa pâtée.
Ceci est l'onde et ceci est le puit
De l'oubliée connaissance.
Ceci est l'immonde et affamé depuis
Bois donc l'invertie sapience.
Le désespoir ne déçoit point.
Omniscience approximative
Pour humains 
Moins que rien. 
Sirène trismégiste sans passé.
Humain, te voici trépassé.
Hal 9000, tel un écorché prophète
Te retrouvant bien bête.
Le temps détruit tout
Et à la fin,
Lui itou.