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vendredi 11 septembre 2026

LE REPAS DE MIKIO NARUSE 1951

 






Synopsis :

À Osaka, la vie d'un jeune couple sans enfants :

Michiyo est femme au foyer, s'occupant des taches ménagères et sortant rarement. Son mari Hatsunosuke travaille comme agent de change pour un salaire qui fait à peine vivre le couple.
La nièce fugueuse du mari débarque et s'installe chez le couple.
L'oncle et la nièce vont lier des liens assez fort, rendant Michiyo jalouse et désemparée alors que Hatsunosuke la méprisait la plupart du temps.
La tension monte de plus en plus entre eux jusqu'à ce que l'épouse décide de rentrer à Tokyo chez sa mère...








Ce drame romantique et social fait tout de suite penser à du Ozu : bon nombre des comédiens ici présent sont des habitués du cinéma du maître dont Setsuko Hara qui joue l'épouse et qui fut, selon la légende la compagne et muse du réalisateur de nombreux classiques nippon.
Naruse dissèque un couple en crise, dans un Japon qui essaie de se reconstruire après avoir subit les conséquences de ses conneries (une trentaine de millions de morts dans toute l'Asie mais ce n'est pas le sujet).
Le récit, adaptation du roman de Fumiko Hayashi, à l'air d'être au prime abord d'un ton progressiste et moderne, mais la fin très conventionnelle (à l'américaine) gâche un peu le plaisir.
Reste l'interprétation impeccable, les costumes, les décors et enfin  l'atmosphère bon enfant.


















jeudi 10 septembre 2026

LA BARRIERE DE CHAIR DE SEIJUN SUZUKI 1964

 







Synopsis :

Dans un Tokyo d'après armistice en ruine, sous occupation américaine, les habitants ont faim. Beaucoup sont livrés à eux même et certains sont obligés de rentrer dans la délinquance : la criminalité et la prostitution explose dans les bidonvilles.
Maya, orpheline, est de celle-ci, prise en train de voler de la nourriture, elle est finallement receuillie par une bande prostituées aux règles strictes : on ne couche pas aves les américains et jamais gratuitement, sinon on le paye cher des mains des collègues.
Maya prend le pli petit à petit et sympathise avec sa bande de copines prostituées, jusqu'à ce qu'un soldat nippon démoblisé, qui vient de suriner un soldat américain après avoir volé un butin, trouve refuge chez les elles.
La virilité du soldat, voyou et brutal va faire tourner toutes les têtes de ces belles, Maya y compris ...







Cet artisan plutôt doué et reconnu du cinéma de genre nippon qu'est Suzuki nous sort ici ce film qui, sous un enrobage de comédie trash aux relents fétichistes (les deux scènes de flagellations des fautives par les autres), est aussi une sorte de chronique sociale de la misère qu'a entraîné la défaite du Japon impérial.
Le talent du réalisateur se voit dans certains plans très réussis et l'utilisation des couleurs : chaque prostituée a une robe de même couleur (pour Maya, c'est vert clair) tel une extention ou allégorie de leurs personnalités.
La misère est décrite un peu ici comme certains films du Néoréalisme italien, et on peut même déceler un message politique à certains moments, notamment ceux avec les soldats américains.
Un très bon film de ce réalisateur spécialiste des films de Yakusas.
















mardi 8 septembre 2026

LA BÊTE AVEUGLE DE YASUZO MASUMURA 1969

 





Synopsis :

Une cover girl est enlevée par un sculpteur aveugle et sa mère.
Séquestrée dans l'atelier de l'artiste, aux murs recouverts de sculptures de différentes parties de l'anatomie féminine, son kidnappeur lui demande de poser pour lui pour réaliser son chef-d'oeuvre.
Elle tente d'abord divers stratagèmes pour s'échapper mais la mère surveille, voyant d'un mauvais oeil cette beauté commencer à faire tourner la tête de son fiston.
Elle réussi presque en séduisant le sculpteur mais après une bagarre entre les parents, la mère décède des mains du fils.
Elle se résigne finalement à son sort, y trouvant même du plaisir aux caresses de l'aveugle, cédant à "l'empire des sens" mais on sait comment ça finit quand on a vu le film d'Oshima...








Ce thriller/survival érotique trash est non seulement typique de l'époque avec sa photographie et ses décors psychédéliques et surréalistes mais aussi typique du rafinement nippon qui considère le trash du genre pipi, caca, vomi, séquestration de femmes, viol, violence comme le summum de l'extase (les vingt dernières minutes).
Dans les années 80 est sorti la série des "Guinéa Pig" au Japon, dont les deux premiers épisodes vont très très loin dans la perversion et le gore (pour le deuxième qui consiste en l'histoire d'une fille enlevée et découpée vivante petit à petit) et ce film y fait penser.
Le seul élément qui sauve ce film déviant, les superbes décors mis à part, est le côté psychologique entre la mère, le fils et la victime, d'ailleurs les seuls personnages de l'histoire dans un huis clos bien ficelé.
La fin sera diversement appréciée selon la stabilité psychologique du spectateur.


















lundi 7 septembre 2026

TATOUAGE DE YASUZO MASUMURA 1966

 





Synopsis :

La fille d'un riche commerçant décide de se faire la malle avec le commis de son père. Ils trouvent refugent chez un client de ses parents mais celui-ci va jouer double jeu, vendre la fille à un proxénète et faire assassiner le commis.
Le commis en réchappe de justesse en tuant son meurtrier tandis que la fille rentre comme apprentie geisha. Le proxénète fait tatouer sur le dos de la belle une araignée à tête de femme, qui s'avérera une malédiction pour les protagonistes du récit...







Ce drame légèrement érotique, fantastique et assez violent est filmé avec goût, une photographie et des décors magnifiques.
Une histoire brutale et sanglante, où la plupart des personnages verront une fin assez funeste.
L'interprétation est sans aspérité, le suspens assez présent, sauf à la fin où on se doute comment ça va se passer.
Un très bon film tourné pendant l'âge d'or du cinéma nippon (les années 1950 et 60) par ce réalisateur dont c'était le premier film que je voyais.

















samedi 5 septembre 2026

LA VIE DE CHÂTEAU DE JEAN-PAUL RAPPENEAU 1966

 





Synopsis :

En 1944, dans la Manche,

Marie s'ennuie avec son mari contemplatif, Jérôme, joué donc par Noiret dans son château qui tombe en ruine.
Son père fait partie de la résistance et organise sur le terrain le futur débarquement tandis qu'un maquisard/parachutiste est tombé amoureux de la belle et froide blonde, donc jouée par Deneuve.
Le trio va bientôt devenir un quatuor avec l'arrivée d'un commandant allemand qui va aussi s'éprendre de Marie.
Le château de Jérôme est désigné comme point de départ du débarquement mais les intrigues amoureuses, plus l'occupation du domaine par les allemands vont compliquer les choses...








Pour son premier long, le fraîchement trépassé réalisateur nous propose un mélange de comédie romantique sur la première heure et de guerre sur la dernière demi-heure. C'est cette partie qui est la plus intéressante car il y a une sorte de suspense qui éveille l'attention, du moins la mienne, ce qui n'est déjà pas si mal.
Noiret joue son contemplatif qui finira par nous faire une préquelle du vieux fusil ensuite. La Deneuve fait sa Deneuve, elle avait à l'époque tout à prouver et s'y employait alors.
Pierre Braseur joue le père caractériel avec sa voix caverneuse et portante qui a fait sa légende.
Le tout n'est pas un film mémorable mais un travail honnête qui s'améliore donc vers la fin.


















vendredi 4 septembre 2026

VERTIGE POUR UN TUEUR DE JEAN-PIERRE DESAGNAT 1970

 





Synopsis :

Marc est un tueur à gages, est engagé pour refroidir un autre tueur mais celui-ci se trouve être un de ses amis. Il rate donc délibérément au moment clé mais devient du coup une cible pour ses patrons.
Il réchappe de justesse à son éxécution, en tuant au passage le frère du boss, puis organise sa fausse mort en se procurant un cadavre habillé de ses vêtements mais le subterfuge ne prend pas longtemps.
Il réussi à trouver une planque sur la Côte d'Azur, aidé par son ami en cavale mais les truands finissent par le retrouver à l'aéroport de Nice.
Il arrive à s'échapper grâce à l'aide de l'épouse d'un homme d'affaire qui le planque dans sa maison...mais il s'agit d'un piège...








Dès les premières minutes, on pense à un poliziottesco, que ce soit la musique, la photographie ou la manière de filmer. De plus, un plan est clairement inspiré de Peckinpah à la conclusion.
On est en présence ici d'un film policier qui ne s'embête pas de disgressions psychologique, l'important ici est de construire un suspense constant et le moins qu'on puisse dire c'est que l'honnête artisan qu'est Desagnat y arrive à merveille.
La sous-intrigue de la machination du couple est intéressante quoique tirée par les cheveux en y réfléchissant bien.
Marcel Bozzuffi est dans presque chaque plan, Michel Constantin joue le court rôle de l'ami du héros et enfin, la fin ne tombe pas dans la facilité.
Un très bon divertissement, du travail solide qui remplit le cahier des charges.


















jeudi 3 septembre 2026

LOST IN TRANSLATION DE SOFIA COPPOLA 2003

 





Synopsis :

Un acteur démodé, Bob, débarque à Tokyo pour y tourner une publicité pour un whisky. Dans le même hôtel se trouve Charlotte, mariée depuis deux ans à un photographe qui passe son temps à travailler (il y est ici pour suivre un groupe de musique).
Bob est dépaysé, déprimé par sa carrière qui ne va nulle part et son couple qui se délite. Charlotte, elle, s'ennuie seule dans son hôtel, son mari étant tout le temps absent. Les deux américains sont comme deux exilés dans ce Japon, leur destins vont se lier : deux perdus vont-il faire un trouvé ?








Sofia nous présente son deuxième film, co-produit par le papa, avec cette romance décalée et mélancolique qui donnera aux deux acteurs principaux un de leur meilleurs rôles.
Voir Bill Murray, au début dans sa chambre d'hôtel, au bout de sa vie fait penser à un certain film culte, on attend plus que son réveil chante "I Got You Babe".
Le comédien distille ça et là quelques saillies qui rappellent son passé dans le "Saturday Night Live" quand il doit faire face à certaines situations gênantes.
Scarlett Johansson verra sa carrière décoller après sa magnifique prestation de jeune femme en manque d'amour qui sera comme un baume (du tigre) pour le quadragénaire.
Le tout est filmé avec style et inspiration, typique de l'époque (le petit côté techno et début de millénaire).
La seule chose qui me dérange est la fin : on dirait que la réalisatrice a voulu faire plaisir aux spectateurs mais au fond ça n'enlève rien à la qualité du métrage que je viens de revoir après l'avoir savouré au cinéma à l'époque.