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mardi 8 septembre 2026

LA BÊTE AVEUGLE DE YASUZO MASUMURA 1969

 





Synopsis :

Une cover girl est enlevée par un sculpteur aveugle et sa mère.
Séquestrée dans l'atelier de l'artiste, aux murs recouverts de sculptures de différentes parties de l'anatomie féminine, son kidnappeur lui demande de poser pour lui pour réaliser son chef-d'oeuvre.
Elle tente d'abord divers stratagèmes pour s'échapper mais la mère surveille, voyant d'un mauvais oeil cette beauté commencer à faire tourner la tête de son fiston.
Elle réussi presque en séduisant le sculpteur mais après une bagarre entre les parents, la mère décède des mains du fils.
Elle se résigne finalement à son sort, y trouvant même du plaisir aux caresses de l'aveugle, cédant à "l'empire des sens" mais on sait comment ça finit quand on a vu le film d'Oshima...








Ce thriller/survival érotique trash est non seulement typique de l'époque avec sa photographie et ses décors psychédéliques et surréalistes mais aussi typique du rafinement nippon qui considère le trash du genre pipi, caca, vomi, séquestration de femmes, viol, violence comme le summum de l'extase (les vingt dernières minutes).
Dans les années 80 est sorti la série des "Guinéa Pig" au Japon, dont les deux premiers épisodes vont très très loin dans la perversion et le gore (pour le deuxième qui consiste en l'histoire d'une fille enlevée et découpée vivante petit à petit) et ce film y fait penser.
Le seul élément qui sauve ce film déviant, les superbes décors mis à part, est le côté psychologique entre la mère, le fils et la victime, d'ailleurs les seuls personnages de l'histoire dans un huis clos bien ficelé.
La fin sera diversement appréciée selon la stabilité psychologique du spectateur.


















lundi 7 septembre 2026

TATOUAGE DE YASUZO MASUMURA 1966

 





Synopsis :

La fille d'un riche commerçant décide de se faire la malle avec le commis de son père. Ils trouvent refugent chez un client de ses parents mais celui-ci va jouer double jeu, vendre la fille à un proxénète et faire assassiner le commis.
Le commis en réchappe de justesse en tuant son meurtrier tandis que la fille rentre comme apprentie geisha. Le proxénète fait tatouer sur le dos de la belle une araignée à tête de femme, qui s'avérera une malédiction pour les protagonistes du récit...







Ce drame légèrement érotique, fantastique et assez violent est filmé avec goût, une photographie et des décors magnifiques.
Une histoire brutale et sanglante, où la plupart des personnages verront une fin assez funeste.
L'interprétation est sans aspérité, le suspens assez présent, sauf à la fin où on se doute comment ça va se passer.
Un très bon film tourné pendant l'âge d'or du cinéma nippon (les années 1950 et 60) par ce réalisateur dont c'était le premier film que je voyais.

















samedi 5 septembre 2026

LA VIE DE CHÂTEAU DE JEAN-PAUL RAPPENEAU 1966

 





Synopsis :

En 1944, dans la Manche,

Marie s'ennuie avec son mari contemplatif, Jérôme, joué donc par Noiret dans son château qui tombe en ruine.
Son père fait partie de la résistance et organise sur le terrain le futur débarquement tandis qu'un maquisard/parachutiste est tombé amoureux de la belle et froide blonde, donc jouée par Deneuve.
Le trio va bientôt devenir un quatuor avec l'arrivée d'un commandant allemand qui va aussi s'éprendre de Marie.
Le château de Jérôme est désigné comme point de départ du débarquement mais les intrigues amoureuses, plus l'occupation du domaine par les allemands vont compliquer les choses...








Pour son premier long, le fraîchement trépassé réalisateur nous propose un mélange de comédie romantique sur la première heure et de guerre sur la dernière demi-heure. C'est cette partie qui est la plus intéressante car il y a une sorte de suspense qui éveille l'attention, du moins la mienne, ce qui n'est déjà pas si mal.
Noiret joue son contemplatif qui finira par nous faire une préquelle du vieux fusil ensuite. La Deneuve fait sa Deneuve, elle avait à l'époque tout à prouver et s'y employait alors.
Pierre Braseur joue le père caractériel avec sa voix caverneuse et portante qui a fait sa légende.
Le tout n'est pas un film mémorable mais un travail honnête qui s'améliore donc vers la fin.


















vendredi 4 septembre 2026

VERTIGE POUR UN TUEUR DE JEAN-PIERRE DESAGNAT 1970

 





Synopsis :

Marc est un tueur à gages, est engagé pour refroidir un autre tueur mais celui-ci se trouve être un de ses amis. Il rate donc délibérément au moment clé mais devient du coup une cible pour ses patrons.
Il réchappe de justesse à son éxécution, en tuant au passage le frère du boss, puis organise sa fausse mort en se procurant un cadavre habillé de ses vêtements mais le subterfuge ne prend pas longtemps.
Il réussi à trouver une planque sur la Côte d'Azur, aidé par son ami en cavale mais les truands finissent par le retrouver à l'aéroport de Nice.
Il arrive à s'échapper grâce à l'aide de l'épouse d'un homme d'affaire qui le planque dans sa maison...mais il s'agit d'un piège...








Dès les premières minutes, on pense à un poliziottesco, que ce soit la musique, la photographie ou la manière de filmer. De plus, un plan est clairement inspiré de Peckinpah à la conclusion.
On est en présence ici d'un film policier qui ne s'embête pas de disgressions psychologique, l'important ici est de construire un suspense constant et le moins qu'on puisse dire c'est que l'honnête artisan qu'est Desagnat y arrive à merveille.
La sous-intrigue de la machination du couple est intéressante quoique tirée par les cheveux en y réfléchissant bien.
Marcel Bozzuffi est dans presque chaque plan, Michel Constantin joue le court rôle de l'ami du héros et enfin, la fin ne tombe pas dans la facilité.
Un très bon divertissement, du travail solide qui remplit le cahier des charges.


















jeudi 3 septembre 2026

LOST IN TRANSLATION DE SOFIA COPPOLA 2003

 





Synopsis :

Un acteur démodé, Bob, débarque à Tokyo pour y tourner une publicité pour un whisky. Dans le même hôtel se trouve Charlotte, mariée depuis deux ans à un photographe qui passe son temps à travailler (il y est ici pour suivre un groupe de musique).
Bob est dépaysé, déprimé par sa carrière qui ne va nulle part et son couple qui se délite. Charlotte, elle, s'ennuie seule dans son hôtel, son mari étant tout le temps absent. Les deux américains sont comme deux exilés dans ce Japon, leur destins vont se lier : deux perdus vont-il faire un trouvé ?








Sofia nous présente son deuxième film, co-produit par le papa, avec cette romance décalée et mélancolique qui donnera aux deux acteurs principaux un de leur meilleurs rôles.
Voir Bill Murray, au début dans sa chambre d'hôtel, au bout de sa vie fait penser à un certain film culte, on attend plus que son réveil chante "I Got You Babe".
Le comédien distille ça et là quelques saillies qui rappellent son passé dans le "Saturday Night Live" quand il doit faire face à certaines situations gênantes.
Scarlett Johansson verra sa carrière décoller après sa magnifique prestation de jeune femme en manque d'amour qui sera comme un baume (du tigre) pour le quadragénaire.
Le tout est filmé avec style et inspiration, typique de l'époque (le petit côté techno et début de millénaire).
La seule chose qui me dérange est la fin : on dirait que la réalisatrice a voulu faire plaisir aux spectateurs mais au fond ça n'enlève rien à la qualité du métrage que je viens de revoir après l'avoir savouré au cinéma à l'époque.






 











mercredi 2 septembre 2026

LES CULOTTES ROUGES DE ALEX JOFFE 1962

 





Synopsis :

Dans un camp de prisonniers en Allemagne, une section est spécialement dédiée aux soldats qui ont essayé de s'évader, les culottes rouges, du nom du pantalon qu'on leur fait porter.
Rossi en est à sa énième tentative, tout juste repris, il ne pense qu'à recommencer. Il décide de se cacher dans le batiment qui fait office  d'église/salle des fêtes, sous la scène, où vit un certain Fendard, un soldat conciliant, pas compliqué qui a un sacré garde-manger.
Rossi va passer son temps à humilier le pauvre bougre, le harceler jusqu'à le soumettre. 
Quand une bonne occasion se présente, Rossi se fait passer pour aveugle et oblige Fendard à l'accompagner dans un convoi...








Joffé retrouve son Bourvil préféré pour ce film qui rappelle un peu son "Fortunat" de 1960 mais en moins bien.
Laurent Terzieff joue un "héros" plutôt antipathique, méprisant le pleutre joué par le normand, qui paradoxalement apporte une sorte d'humanité, de bonté dans ce drame que je qualifierai de psychologique (le film est pourtant classé dans le genre comédie).
Cette tension entre les deux personnages est de loin la chose la plus intéressante dans l'histoire.
Je préfère le Bourvil qui s'éloigne de son rôle de normand couillon et bébête et ici, il en fait une variation intéressante, ce qui fait que ça reste passionnant.
Un assez bon film, même si loin de "Fortunat" donc,  avec un Bourvil encore meilleur dans le Joffé de 1960.  

À noter, une figuration de deux seconds couteaux de notre cinéma : Balutin et Lax/Starsky et Hutch.


















dimanche 30 août 2026

LETTRES SICILIENNES DE FABIO GRASSADONIA ET ANTONIO PIAZZA 2024

 





Synopsis :

En Sicile, au début des années 2000,

Catello vient d'être libéré de prison, il fut maire, proviseur, entrepreneur immobilier mais c'était il y a six ans. Rentré chez lui, il découvre que sa femme le méprise, que sa fille attend un enfant avec l'idiot du village, que son hôtel en construction tombe en ruine, menacé d'être démoli et enfin que le nouveau maire passe son temps à le diffamer.
Des individus le kidnappent en pleine rue et l'amènent dans un bureau rempli d'ordinateurs.
Ce sont en fait les services secrets qui ont décidé de le faire chanter ; il lui est demandé de prendre contact avec son neveu, puissant chef de la mafia, en cavale, au travers de la rédaction de pizzini (sorte de billets secrets distribués en sous-main) pour l'amener à se découvrir et ainsi l'arrêter ou alors un très gros dossier concernant diverses affaires de corruption dans lesquelles Catello est mouillé partira chez le juge...








Le troisième long du duo est une comédie noire qui permet de brosser des personnages souvent caricaturaux, au premier abord : les mafiosi psychopathes, les femmes sicilennes ténébreuses qu'il vaut mieux éviter d'embêter, des idiots qui servent de gibier. L'autorité est ici aussi pourrie, voir plus que la pègre, plongeant à la conclusion différents personnages dans une fin tragique. D'un autre côté, la plupart des personnages naviguent dans une zone grise intéressante, porté par l'humour parfois grotesque de certaines situations.
Toni Servillo n'est jamais décevant et ici il incarne ce Catello pris entre le marteau et l'enclume, une sorte de personnage presque pathétique.
Elio Germano incarne le chef vivant "comme un rat" mais charismatique, presque comme le Keyser Soze de "Usual Suspects".
Du très bon travail, typique du cinéma italien contemporain.