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dimanche 29 mars 2026

CENDRES ET DIAMANT DE ANDRZEJ WAJDA 1958

 





Synopsis :

En mai 1945, à l'époque où la Pologne s'apprêtait à changer de dictature, les patriotes et communistes s'entretuent comme s'était le cas en Europe à l'époque de l'armistice.
Trois patriotes abattent deux hommes innocents qu'ils ont pris pour des cocos.
Les patriotes et les cibles en question, donc toujours vivantes, se retrouvent dans le même hôtel où un banquet est organisé en l'honneur de la fin de la guerre.
Un des patriotes, l'étudiant rebelle Maciek, commence à se poser des questions sur le bien fondé de son devoir de polonais, noie ses doutes dans les bras d'une serveuse, pendant que les autres ripaillent.
On lui somme de finir le travail en tuant un secrétaire du parti communiste logeant au dessus de sa chambre...








Wajda adapte un roman de 1948 en essayant de rester le plus neutre possible en développant les deux camps de manière intelligente.
Le rôle de Maciek est joué par une sorte de Mastroianni à lunettes de soleil qui deviendra un des plus grands acteurs polonais mais mourra à 39 ans de manière assez absurde, comme James Dean à qui il sera comparé : Zbigniew Cybulski.
Chronique d'une jeunesse déchirée et sacrifiée, filmée en une sorte de film néoréaliste mâtiné de Noir et Nouvelle Vague française, le spectateur est assez vite frappé par la beauté esthétique et les fulgurances de certains plans qui font de cette œuvre quelque chose d'exceptionnel.
D'ailleurs, "Cendres Et Diamant" est considéré comme un des meilleurs films polonais, voir le meilleur par beaucoup, dont Scorsese et Coppola. 
















samedi 28 mars 2026

L ' HOMME DE FER DE ANDRZEJ WAJDA 1981

 





Synopsis :

Un journaliste plutôt servile et porté sur la vodka est mandaté par le gouvernement pour couvrir les émeutes de Gdansk et décrédibiliser le leader de la grève, Maciek Tomczyk, qui est le fils de "L'homme de Marbre" du précédent film de Wajda.
Il va petit à petit retourner sa veste quand il rencontrera certaines figures du mouvement Solidarnosc, le Tomczyk en question qui est en fait une évocation de Lech Walesa qui joue d'ailleurs son propre rôle et la femme de celui-ci qui est l'étudiante de "L'homme De Marbre"...








Ce film est beaucoup plus politique que son prédécesseur, en passant de la fiction à la réalité (et alors actualité) avec une certaine harmonie.
Les deux fondateurs de Solidarnosc jouent leur propre rôle, racontant les émeutes de 1968, décembre 1970 (qui se sont terminés dans un bain de sang) et la grève de 1980 dans une Pologne qui commençait doucement à sentir le vent de la dictature socialiste tourner.
Etant plus documentaire, cet "Homme De Fer" est moins bon que celui "De Marbre", avec beaucoup plus de longueurs en général même si il a remporté la Palme d'Or en mai 1981, on comprendra pourquoi (merci tonton).

Wajda nous offrira "L'homme Du Peuple" en 2013 sur Walesa qui fut président de la Pologne de 1990 à 1995

















vendredi 27 mars 2026

L ' HOMME DE MARBRE DE ANDRZEJ WAJDA 1977

 





Synopsis :

Une étudiante en cinéma, pour son film de fin d'études, a choisi de raconter la vie du maçon stakhanoviste Mateusz Birkut, érigé en héros au début des années 50 dans la Pologne encore stalinienne, qui a pourtant bien vite disparu des radars.
Elle va affronter bien des difficultés et en premier lieu, l'hypocrisie et la censure des autorités socialistes...





 

J'aime le rappeler : le communisme est la pire saloperies/escroqueries inventée par l'homme avec les trois religions monothéistes et le concept de "dieu"...

Wajda, qui pour un polonais a un nom facile à orthographier, nous sert ce film de docufiction historique saupoudré d'humour en impressionnant d'entrée avec un style enlevé et moderne qui fait penser parfois au cinéma soviétique des années 1920.
Le réalisateur sentait déjà le vent tourner dans son pays qui verra quelques changements dans la décennie suivante, Solidarnosc et Walesa, un mouvement qui d'ailleurs a commencé en 1980 là où le film se termine.
On suit les déboires d'une réalisatrice très motivée et culotée pour démêler les nombreux nœuds de l'histoire de ce héros de fiction qui a disparu aussi vite qu'il a été érigé en modèle (toujours fictif), ainsi que sa statue de marbre donnant son titre au métrage.
Une très bonne interprétation des deux comédiens principaux qui faisaient partie de la "troupe" du réalisateur et une musique disco qui tranche avec les images d'archives d'époque.
On a l'impression d'assister à une sorte de nouvelle vague polonaise en regardant ce film de 160 minutes assez bien foutu, qui sera considéré avec sa suite "L'homme De Fer", qui raconte la vie du fils du héros, comme des classiques du cinéma mondial.
















mardi 24 mars 2026

PSYCHOSE DE ALFRED HITCHCOCK 1960

 





Synopsis :

Marion Crane est secrétaire dans une agence immobilière à Phoenix, elle a une relation avec Sam, divorcé et endetté.
Son patron lui confie 40000 $ en liquide qu'un client a apporté pour régler une transaction, qu'elle doit déposer à la banque. Marion y  voyant une occasion de rembourser les dettes de son amant et de refaire sa vie avec son homme, s'enfuit avec les sous.
Elle se fait suivre par un policier qui trouve son comportement suspect, change de voiture et s'arrête finalement dans un motel pour souffler et réfléchir.
Ce motel est le Bates motel tenu par le truculent Norman et sa sympathique mère, un endroit dont on ne repart pas...









Adaptation du roman "Psycho" de Robert Bloch qui est vaguement inspiré par l'histoire d'Ed Gein et rare incursion du Hitch dans le genre l'horrifique que ce film va révolutionner.
"Psychose", c'est une photographie inspirée utilisant un clair obscur bienvenu qui relève la sauce de l'angoisse.
"Psychose", c'est la musique d'Herrmann, une des plus célèbres du septième art, et outil indispensable dans la mécanique de l'horreur.
"Psychose", c'est Janet Leigh", une victime parfaite, qui de part son interprétation a rénové le statut de "scream queen".
Et enfin un bon thriller, c'est un bon méchant et "Psychose" c'est Anthony Perkins qui naturalise/taxidermise le personnage de Norman Bates, psychopathe schizophrène qui gravera son visage sur le spectateur dans la dernière image.
Autant "Les Oiseaux" sera un navet indigne et indigeste, autant "Psychose" est une délicatesse à consommer sans modération.

Au Bates motel, c'est ouvert toute l'année, ainsi que le bide des clients.

















samedi 21 mars 2026

UNE FEMME COREENNE DE IM-SANG SOO 2003

 





Synopsis :

On suit ici un couple marié avec un garçon adopté : le mari avocat penché sur l'alcool, qui entretient une relation extraconjugale et l'épouse, danseuse, délaissée et légèrement frustrée qui est l'obsession de son jeune voisin qui la suit et l'épie.
On suit également les parents du mari dont le père est malade d'une cirrhose qui est en train de le tuer et la mère également frustrée qui entretient aussi une relation avec un homme de son âge.
Ce film est aussi le récit de la chute des protagonistes masculins et la rédemption des femmes qui arriveront à se libérer de leur hommes...








Sorti en pleine gloire du cinéma coréen, ce film fait penser au "Visitor Q" de Takashi Miike mais en moins violent et radical. On est ici aussi dans quelque chose de typique du cinéma asiatique : le sexe n'est pas montré mais le sang et la violence sont très présents.
Cette "Femme Coréenne" est aussi un film féministe, disséquant la femme sud-coréenne en ce début de 21ème siècle qui commençait à mettre un coup d'arrêt à certaines coutumes ancestrales.
La guerre de Corée avec son voisin communiste brutal est aussi évoquée au début.
On peut faire un parallèle entre le destin du mari et de son père (infidèle, alcoolique, égoïste) et celui des femmes (l'épouse, la belle-mère, la maitresse) qui sera sous le signe de la libération, de l'émancipation.

Le cinéma sud-coréen semblait alors en état de grâce, nous proposant des œuvres remarquables, et marquantes, comme ce film présenté ici. 













dimanche 15 mars 2026

LE RECIDIVISTE DE ULU GROSBARD 1978

 





Synopsis :

Max Dembo est libéré en conditionnelle après avoir passé 6 ans en prison. Il compte bien se ranger et trouver un boulot mais son tuteur n'a aucune confiance en lui, attendant qu'il replonge.
Max trouve un boulot et commence à fréquenter la jeune agente du bureau de chômage bref, il semble remonter la pente.
Lors d'une visite impromptue dans sa chambre miteuse, le tuteur trouve un paquet d'allumettes dont c'est servi un copain camé de Max pour se piquer et c'est le retour illico en prison.
Au bout de quelques temps, le tuteur obtient sa libération devant le manque de preuves mais Max en a assez et l'agresse.
Notre héros a décidé de reprendre du service dans la petite criminalité, en une sorte de long suicide...





 


Max Dembo fait suite à une longue série d'antihéros, de marginaux qui ont fait la gloire du Nouvel Hollywood auquel ce film appartient : "Serpico", "Un Après Midi De Chien", "La Ballade Sauvage", "L'épouvantail", "Point Limite Zéro", "Easy Rider", "Taxi driver" ou "Macadam Cowboy" dans lequel joue Dustin Hoffman.
Cette adaptation d'un roman d'Edward Bunker, qui hérite d'un petit rôle, est un drame policier assez prenant porté par Harry Dean Stanton dans le rôle de l'ami et complice, une jeune Kathy Bates, Gary Busey dans le rôle du copain camé, Emmet Walsh dans le rôle du tuteur peau de vache et Theresa Russell, excellente, dans celui de l'agente et compagne du voyou.
Hoffman délivre une fois de plus en sublimant l'histoire, appâtant le spectateur, ceci dit il est moyennement crédible quand il rosse le personnage joué par Gary Busey qui fait 20 cm et 20 kg de plus que lui (dans le même gabarit, Al Pacino s'en sort mieux).
Theresa Russell a ici le rôle typique de la compagne/compagnon du héros qui est en fait son pendant, complément en apportant une fragilité bienvenue.
Ce "Récidiviste" est un des derniers chefs-d'œuvre du Nouvel Hollywood, genre qui a recrédibilisé le cinéma américain pourri par l'industrie des studios dans les années 50/60 (les comédies musicales, les westerns foireux, les comédies sirupeuses) merci McQueen, Redford, Newman, Pacino, De Niro, Nicholson, Hackman, et bien d'autres et donc Hoffman.















SEDUITE ET ABANDONNEE DE PIETRO GERMI 1964

 






Synopsis :

La Sicile,
Un lieu réputé pour ses cannoli, son volcan, sa cosa nostra et surtout pour son progressisme, son modernisme et pour être toujours à la pointe du féminisme...bref un pays méditerranéen.

Ascalone est un rupin respecté dont une des filles est promise à Peppino. Mais celui-ci séduit et viole la soeur cadette de sa fiancée : la belle Agnese qui tombe enceinte.
Cela finit par se savoir, Peppino refuse d'épouser Agnese car elle n'est plus pure, ou intacte après vérification de son intimité.
Le patriarche Ascalone demande à son fils de tuer Peppino pour l'honneur et surtout retrouver une certaine respectabilité dans le village mais de nombreux problèmes vont s'accumuler pour le plaisir du spectateur...





 


Deuxième volet d'une trilogie sur les mœurs siciliennes moyenâgeuses après "Divorce  À L'italienne" et avant "Ces Messieurs Dames" (qui se passe à Venise), cette comédie est peut-être encore plus aboutie que son prédécesseur.
La distribution, dont une grande partie est sicilienne, et donc l'interprétation est parfaite : Saro Urzi et ses faux airs de Raimu sera récompensé pour son rôle du patriarche qui osera tout pour garder le respect de ses pairs, Leopoldo Trieste joue l'idiot habituel, Aldo Puglisi hérite du rôle clé du séducteur par qui le scandale arrive, le grand Lando Buzzanca, aux faux airs d'Aldo Maccione, joue le frère idiot et Stefania Sandrelli incarne la victime de la connerie locale.

En Italie, quand on veut faire rire sans risque, on prend des gars du sud (de Rome) encore dans leur jus et le résultat est très souvent là comme ce classique de la comédie à l'italienne présenté ici.