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dimanche 16 août 2026

INLAND EMPIRE DE DAVID LYNCH 2006

 





Synopsis :

Voyons, soyons sérieux...c'est au spectateur d'écrire le scénario, on parle ici d'une oeuvre de Lynch...





 


On ne le savait pas à l'époque mais ce film de cinéma est le dernier de son auteur, le dernier artiste du cinéma, qui nous quittera (physiquement) en début d'année dernière.
Cet "Inland Empire" ressemble à la somme de toute ses oeuvres précédentes (surtout "Mulholand Drive" et "Lost Highway", avec un peu de "Eraser Head" et "Twin Peaks") : le rideau rouge est toujours là, les visiteurs mystérieux qui ont bien souvent la clé de l'énigme (ici Grace Zabriskie et une presque méconnaisssable Mary Steenburgen), le scénario fichu en l'air au bout d'un certain temps de métrage pour nous retourner l'esprit, un style surréaliste, onirique, expérimental qu'il a élevé au rang de monument et le retour de ses lapins huanoïdes de sa sitcom de 2002, "Rabbits".
Co-produit par la fidèle Laura Dern, qui a le(s) rôle(s) principal(aux)  de l'actrice engagée pour faire un remake d'un film maudit, et on s'arrêtera là pour l'histoire, et tourné en partie en Pologne avec des acteurs du coin et parfois en polonais et le tout en vidéo, et c'est bien le seul défaut de cet OFNI.
La caméra vidéo numérique était très à la mode en ce début de cette abomination qu'est le vingt-et-unième et ça m'a légèrement gâté le plaisir : le cinéma, c'est la pellicule.
Au bout d'une heure, donc, Lynch décide d'improviser son film au jour le jour, comme Picasso le faisait avec ses toiles : l'auteur ne savait pas lui-même ce qu'allait être/devenir cette oeuvre, ce qui met le spectateur à égalité avec le créateur qui attend que les mirettes qui ont joui de ce "mind fuck" lui raconte ce qu'il a crée.
Je l'ai souvent dit dans mes critiques précédentes des Lynch, l'auteur ne se raconte pas mais se vit/voit. Lynch est le seul capable de filmer nos rêves et souvent nos cauchemar comme parfois ici.
Le dernier des géants d'une race depuis éteinte...il nous offrira la magnifique troisième saison de son "Twin Peaks" la décennie suivante et nous laissera nous démerder ensuite avec le présent.

PS : "Inland Empire" est américain mais aussi et surtout français car sans Canal +, beaucoup de ces oeuvres n'auraient pas vu le jour. Et comme avec Lynch, ce film est réservé a un public averti et connaisseur.





  










 



samedi 15 août 2026

MAX ET JEREMIE DE CLAIRE DEVERS 1992

 






Synopsis :

Jérémie est un jeune tueur à gage qui, après un dernier coup réussi, demande à monter en grade et être payé en conséquence.
On lui demande d'éliminer un vieux monsieur, Max, qui s'avérera être un tueur à la retraite. Les deux collègues vont finir par sympathiser et Max va même proposer à Jérémie de faire un coup ensemble.
Mais les commanditaires de Jérémie ne vont pas l'entendre de cette oreille. Les deux tueurs vont avoir la pègre sur le dos et égallement Almeida, un vieux flic autant opiniâtre que bougon...








Cette adaptation d'un polar américain de Teri White est d'abord l'occasion de se régaler avec quelques scènes communes avec deux grands ducs, Noiret et Marielle, puis de découvrir le Noiret dans un rare rôle sérieux de tueur méthodique qui va prendre sous son aile un voyou pouilleux payé pour le refroidir.
Un histoire de relation père/fils et de deux hommes (et acteurs) que tout sépare, d'ailleurs pour une fois Christophe Lambert (pour lequel  j'ai un certain mépris) joue pas trop mal ici (peut-être que c'est Marielle et Noiret qui l'a inspiré !)
Un thriller pas mal fichu, deux personnages très bien écrits joués par les deux épées précitées et une belle histoire d'amitié.
Ce film est à peu près le seul signifiant de la modeste carrière de la réalisatrice et qui plaira autant aux cinéphiles qu'au tout-venant des spectateurs.






C'est pas "Coup De Torchon"




Mais "Almeida et Max"








vendredi 14 août 2026

LE CAPORAL EPINGLE DE JEAN RENOIR 1962

 





Synopsis :

Après la déroute de 1940, l'histoire de quelques prisonniers de guerre de conditions différentes dont celui de Caporal qui essaiera maintes fois de s'échapper, de Ballochet qui est un contrôleur du gaz pragmatique et prudent, de Papa qui est joué par le fils d'un grand acteur, de Penche-à-gauche qui est serveur de profession, de Guillaume qui est agriculteur et de Caruso, chanteur amateur.
Les schleus étant des gens compréhensifs mais obsédés par la discipline, certaines situations vont vite tourner au vinaigre...





 


L'avant-dernier film de Renoir renvoie évidement à sa "Grande Illusion" qui parlait des prisonniers de la Grande Guerre. On pense aussi à "La Grande Evasion" de John Sturges qui sortira l'année suivante.
Autant le dire tout de suite, on est loin du chef-d'oeuvre de 1937 que nous avait offert Renoir mais ce film, adaptation du roman de Jacques Perret, est plutôt bon dû entre autres aux acteurs dévoués que sont Jean-Pierre Cassel, Claude Rich, Jacques Jouanneau et Carmet dans son rôle de bêta habituel et aussi un certain sens du rythme du maître aux manettes. On se prend de sympathie pour la plupart des personnages qui évoluent dans cette comédie dramatique, surtout pour les personnage de Bellochet et Caporal joué par Cassel qui renvoie à son futur rôle dans 'L'armée Des Ombres" de Melville.
Une seule petite critique serait peut-être l'invraisemblance de situations comme celle de Caporal, après avoir été repris après plusieurs évasions, n'est pas puni plus séverement (en vrai, il aurait été probablement fusillé).

Une sortie digne d'une de nos épées, comme dirait Audiard père, et une certaine surprise pour moi qui n'en attendait pas grand chose au départ.

















jeudi 13 août 2026

LE MÔME DE ALAIN CORNEAU 1986

 





Synopsis :

Willie est flic et personne ne l'aime. Il est petit mais nerveux comme Sarkozy, il a une jolie mise en plis qui le fait ressembler à Stallone, ce qui aura d'ailleurs son importance à la fin.
Il réussi à arrêter des traffiquants de drogue marseillais et rencontre une jolie pépée qui était là à titre récréatif : Jo.
Willie va vite être obsédé par la jolie black, en la suivant, il va tomber sur un gros traffic d'armes entre des libanais et un ruppin...








Richard Anconina, tout auréolé de son rôle dans "Tchao Pantin", voyait les producteur miser sur sa pomme comme Lanvin et Giraudeau à l'époque (Delon et Bébel vieillissait et il fallait trouver la relève).
Corneau sortait du tournage dantesque de "Fort Saganne" et voulait peut-être moins se prendre la tête.
Ce "Môme" ressemble à un film de la Cannon, le genre de trucs d'actions qui sortait directement en vidéo (à l'époque VHS) avec une affiche montrant le héros tout biscotos huilés avec une arme aussi grande que lui : un scénario décousu, un montage privilégiant les longues scènes érotiques entre le héros et sa belle ainsi que les poursuites de bagnoles dans Paris. Les dialogues sont signés Christian Clavier et il aurait mieux fait de s'abstenir (n'est pas Michel Blanc qui veut).
Le pire, c'est la fin où on peut voir Anconina dégommer ses ennemis à coup de bazooka, comme un certain Rambo mais sans le bandeau dans les cheveux.
La seule chose à sauver de ce nanar, c'est l'actrice nommé Ambre, à la carrière très courte et c'est dommage, qui apporte ici une sensibilité couplée à sa sensualité.
Alain Corneau, c'était "Police Python 357", "Série Noire" et "Le Choix Des Armes" soit des classiques du polar, c'est aussi le magnifique "Tous Les Matins Du Monde" en 1991 mais aussi cette daube pour jackys en manque de Kro.














lundi 10 août 2026

PIEDS NUS DANS LE PARC DE GENE SAKS 1967

 





Synopsis :

Paul et Corie viennent juste de se marier, ils sont jeunes et beaux et Paul est en passe de devenir avocat. Le mari est plutôt sérieux, pendant à l'avenir financier du couple tandis que Corie est plus exubérante, sensuelle et très amoureuse.
Après une semaine de lune de miel torride dans un hôtel new-yorkais, ils emménagent dans un frugal appartement au cinquième étage sans ascenseur (ce que les divers visiteurs du couple vont vite regretter) avec un joli trou dans la verrière qui leur sert de plafond...en plein hiver.
Ils rencontrent leur étrange voisin avec lequel ils sympathisent et décide d'organiser un diner à quatre avec la mère célibataire de Corie.
C'est après cette soirée, qui sera dantesque que le couple va se disputer jusqu'à la rupture...






 

Cette comédie romantique, style dont les américains sont très friands, est l'adaptation d'une pièce de Neil Simon qui s'en charge d'ailleurs personnellement. Robert Redford et Mildred Natwick (qu'on a pu voir dans le "Harry" de Hitchcock) reprennent leur rôle respectif de la pièce d'origine tandis que Jane Fonda hérite du rôle de Corie et Charles Boyer celui du voisin foufou.
On est rarement déçu avec les adaptations de pièces de théâtre (les dialogues étant écrits et réécrits jusqu'à la perfection) et ici, que ce soit la qualité des quatre comédiens ou certaines situations comme les visiteurs arrivant agonisant de fatigue par exemple. 
L'action se passe majoritairement dans un appartement du Village à Manhattan, sinon une scène clé dans le Wahington Park vers la fin et la scène du restaurant dans Staten Island.
Dans la mesure où les comédies romantiques m'ennuient la plupart du temps, j'ai beaucoup apprécié ce film tourné à l'époque du Nouvel Hollywood est objectivement excellent.

















dimanche 9 août 2026

LADY PANAME DE HENRI JEANSON 1950

 





Synopsis :

Le destin de la truculente Caprice, chanteuse de son état, dans le Paris des années folles : son amour/haine pour le compositeur Jeff qu'elle connait depuis petite, son amitié avec un photographe anarchiste et certaines chansons offensant les bien-pensants.
Caprice, bientôt "Lady Paname" est une fille qui a du t'ça...








Pour son seul film en tant que réalisateur, le célèbre dialoguiste engage ses amis pour ce qui semble être une ode à la gloire de Suzy Delair qui n'était pas seulement une fille d'une beauté à couper le souffle (qui est morte en 2020 à l'âge de 102 ans) mais aussi une actrice, que dis-je un caractère, un personnage, et une chanteuse assez talentueuse.
Une comédie en chanson dans le paname d'antant avec Jouvet en anarchiste, des numéros de music-hall et le savoir-faire à la française.

Suzy Delair est, avec Arletty avec qui elle a beaucoup de points en commun (la beauté, la gouaille, le libertinage et une modernité en général), une de mes actrices préférées. Avec des personnages comme elles, on est sûr de passer un agréable moment, tout en rigolant car le façon dont elles chantent les mots, leur réparties, leur esprit, faisaient toujours mouche.













Elle a du t'ça et elle le prouve :





samedi 8 août 2026

COPIE CONFORME DE JEAN DREVILLE 1947

 





Synopsis :

Un escroc/cambrioleur et ses complices réussissent coups sur coups sans être inquiétés plus que ça. Les soupçons finissent par se porter sur un médiocre représentant de commerce, Dupon, qui finit quand-même par être disculpé de justesse.
L'escroc décide d'engager Dupon, qui est son sosie physique parfait, pour se procurer un alibi idéal pour ses futurs méfaits.
Les choses vont se compliquer quand Dupon rencontre la jolie Coraline, poule de l'escroc. Coraline va tomber amoureuse du sensible sosie et la mécanique va se dérégler...







Henri Jeanson signe les dialogues de cette comédie policière assez astucieuse qui offre à Jouvet un double rôle qui le fait apparaître dans presque chaque scène du film. La poule est jouée par la succulente Suzie Delair et un des complices du truand est incarné par un jeune Jean Carmet.
Du cinéma de qualité et deux grands comédiens pour ces 90 minutes de divertissement  pour petits et grands.