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dimanche 8 février 2026

UN CHIEN QUI RAPPORTE DE JEAN CHOUX 1932

 





Synopsis :

Un toiletteur, SDF et pratiquant sous un pont, a réussi à dresser un chien d'une manière très intéressée : abandonnée par sa maîtresse il saute dans une voiture appartenant à un célibataire qui porte beau et surtout qui a de quoi, le micheton qui s'ignore s'en va rapporter le clébard à son propriétaire femelle et ensuite c'est à celle-ci de jouer de ses atours.
Le toiletteur/filou jette son dévolu sur un appartement composé uniquement de femmes seules, puis finalement sur la truculente et bien nommée Josyane Plaisir à qui il propose de lui louer le chien et de se faire payer par retour sur investissement.
Le chien ramène un beau jeune homme qui n'a pas de quoi, la grue est déçue mais finalement ça veut bien coller.
Le toiletteur lors courroucé veut reprendre son bien à poil...






 

C'est le deuxième film d'Arletty et son premier où elle a un rôle important, elle avait alors 33 ans et était connue comme mannequin et mondaine.
La grande gouailleuse crève déjà l'écran et l'une de ses premières apparitions dans le métrage est assez osée pour l'époque, je n'en dit pas plus...
Le vert René Lefèvre, alors un des jeunes premiers de l'époque, incarne l'amoureux d'Arletty avec une certaine alchimie.
Cette comédie est film de nanas, bourré de chansons comme il était de coutume dans les années 1930, et assez bien foutu malgré l'état approximatif de la pellicule lors de certaines scènes. On remarquera certains moments qui font penser au Muet alors encore assez récent.

Mignon comme le chien.









 







samedi 7 février 2026

RAK DE CHARLES BELMONT 1972

 





Synopsis :

La mère russe d'un violoniste se fait diagnostiquer un cancer du foie (un des plus mortels). Les médecins ont l'air de s'en laver les mains :  elle a 60 ans et la traiter reviendrait trop cher.
Hospitalisée à domicile et bourrée d'analgésiques, son fils David ne lui dit pas tout de suite de quoi elle est atteinte.
Au bout d'un certain temps, il trouve quand même le courage de lui dire et l'encourager à se battre...







Ce film de ce réalisateur à la carrière modeste, est un mélange de comédie, social, film expérimental (on est en 1972), documentaire et surtout une dénonciation d'une certaine médecine qui trie les patients en fonction de leur utilité sociale.
Le sujet m'est particulièrement cher car ma mère est morte de ce même cancer : sortie d'un cancer du colon où on lui a dit qu'elle était guérie et qu'il n'y avait pas besoin de check-up, elle s'est retrouvée deux ans après avec un cancer à un stade avancée qui l'a emportée en 2018.
La mère est jouée par une actrice russe lumineuse, Lila Kedrova, et le fils est joué par le ténébreux Sami Frey qui joue encore un David, la même année que "César Et Rosalie" de Sautet.
Philippe Léotard joue l'ami musicien du fiston, il jouera le fils d'une mère cancéreuse et agonisante dans "La Gueule Ouverte" de Pialat en 1974. Maurice Garel joue un médecin généraliste qui fut en proie aux patrons lorsque qu'il travaillait auparavant dans une mine dans le Nord et que les cas de silicoses se multipliaient.
Une œuvre politique et sociale, mais qui reste chaleureuse néanmoins, la relation mère/fils et la solidarité y étant très importante ici. 
À découvrir.







lundi 2 février 2026

EXECUTIONS DE ROMOLO GUERRIERI 1969

 





Synopsis :

Un flic solitaire et à la limite de la légalité, travaillant au service de l'immigration, est engagé par un avocat pour expulser la petite amie de son fils. L'assassinat d'un producteur de disques se produit en même temps. 
Le flic va découvrir le lien entre le fils de l'avocat, sa petite amie, le producteur, un photographe, une chanteuse, l'héroïne, et la belle et sombre épouse de l'avocat...








Guerrieri venait de réaliser ce qui est devenu un classique du Giallo avec "L'adorable Corps De Deborah" et le moins que l'on puisse dire sur ce Poliziottesco est qu'il flirte de temps en tems avec le Giallo.
Franco "Django" Nero incarne ce flic naviguant constamment dans la zone grise (il n'hésite pas a faire chanter ces propres employeurs ou a menacer de mort les témoins), bref un personnage typique de ceux présentés à l'époque dans le cinéma du Nouvel Hollywood.
Le mannequin brésilien Florinda Bolkan, qui deviendra une figure du cinéma de genre italien, dit cinéma bis italien, y tient son premier rôle (clé) d'envergure où elle y donne beaucoup d'elle et qui fera beaucoup pour sa carrière.
Les filles sont jolies, parfois dévêtues et l'une d'entre elles est jouée par une Laura Antonelli encore verte.
Ce qui fait de ce poliziottesco une œuvre remarquable est aussi sa fin nihiliste qui rappelle aussi le Nouvel Hollywood (tout le monde se souvient de la fin de "Dirty Harry"), une fin choquante est toujours un gage d'éternité.









 







dimanche 1 février 2026

JEUNESSE PERDUE DE PIETRO GERMI 1948

 





Synopsis :

Une série de braquages, dont certains se terminant mal, donne du fil à retordre à la police. Bientôt un suspect est identifié comme un fils de bonne famille, étudiant à l'université.
Un jeune flic se fait passer pour un étudiant, rencontre la jolie soeur du suspect dont il va tomber amoureux.
Le policier est partagé par son amour pour la jeune femme et l'enquête sur l'inquiétant frangin...





 

Le deuxième film de Germi, tourné dans une Italie alors encore exsangue (voir les films de Rossellini et De Sica pour comprendre) est co-écrit avec le réalisateur, Mario Monicelli, Antonio Pietrangeli et l'excellent acteur Leopoldo Trieste, autant dire que ça partait plutôt bien au départ.
Ce poliziottesco qui n'en est pas un, pas plus qu'un film néoréaliste, est un modèle de film noir, influencé par les américains (la chanteuse du cabaret a un petit air de Lauren Bacall) mais aussi par les français.
Massimo Girotti, alors un des plus populaires acteur italien, incarne le flic essayant de coincer un jeune psychopathe incarné par le français Jacques Sernas qui est ici très impressionnant en vampirisant presque le film de sa présence, même si bien sûr il y est ici doublé.
L'œuvre a un fond légèrement politique en faisant le lien entre criminalité et bourgeoisie, ce qui est à peu près la seule chose qu'on pourrait reprocher à ce Noir italien qui n'est donc pour cette raison pas un film néoréaliste et aussi parce que les acteurs sont professionnels.
Un excellent polar de 77 minutes que je viens de voir pour la première fois, réalisé 20 années avant le Poliziottesco qui sera plus dans un genre commercial/action/cinéma bis de qualité.





 










samedi 31 janvier 2026

LES JEUNES MARIS DE MAURO BOLOGNINI 1958

 





Synopsis :

Une bande de jeunes bourgeois mènent la belle vie dans une ville de Toscane, draguant des filles de leur rang ou allant s'encanailler avec des prostituées, passant leur temps à boire ou faire les 400 coups.
L'un d'entre eux décide de se marier/suicider, ce qui résultera un éloignement (temporaire) de ses amis.
Ils se retrouveront, d'autres franchiront aussi le pas. La jeunesse ne dure qu'un temps, le temps de l'existence...







Un film typique de l'époque (la vie des babyboomers alors dans leur vingtaine), d'ailleurs il y a Gérard Blain qui jouera dans de nombreux films de ce genre ("Le Beau Serge", "Les Cousins" de Chabrol).
On pense au "Vitelloni" de Fellini au début et à la fin de l'histoire, quand les personnages sèment la terreur dans les rues désertes et endormies. 
Le scénario est dû en partie à Pasolini qui n'épargne pas la bourgeoisie dans laquelle évolue l'histoire, même si on est globalement dans la comédie romantique.
Le tout est plaisant même si on n'est pas en présence d'un chef-d'œuvre non plus, les personnages sont suffisamment attachants pour susciter l'intérêt du spectateur.

















vendredi 30 janvier 2026

COEUR DE LILAS DE ANATOLE LITVAK 1932

 





Synopsis :

Un repassé est découvert par des mômes. Un gars est rapidement coffré et inculpé.
Un jeune poulet ne s'en laisse pas conter et décide d'infiltrer le milieu des marloux et des poules, croyant une certaine Lilas (dite la femme "caoutchouc" pour sa souplesse légendaire dans le quartier), dont le gant a été retrouvé à côté du cadavre, coupable...








Un film d'un réalisateur ukrainien à la carrière modeste avec le Dabe en tête d'affiche alors qu'il n'a même pas le premier rôle.
Le style est typique du réalisme poétique alors naissant, des poules, des poulets, des maquereaux et je ne parle pas seulement du ventre de Paris qu'on voit à un moment du récit ; on est ici en présence d'un film qui sent la pisse et l'absinthe, les dialogues ressemblent à du Audiard sauf qu'il avait 10 ans à l'époque du tournage : "on crâne", "on se débine" avant de "clamser", genre patibulaire mais presque.
Le film est parsemé de moments musicaux comme il était de coutume à l'époque, Fréhel, Gabin et Fernandel y vont de leur chansons réalistes ou paillardes et globalement, l'histoire se concentre plus sur le milieu dans lequel elle évolue, ainsi que l'histoire d'amour, que sur l'enquête en elle-même.
La fameuse "Lilas" est jouée par l'actrice débutante Marcelle Romée qui se suicidera après le tournage et Fernandel cachetonnait dans des rôles de demi-sel car Pagnol n'avait pas encore taillé le diamant qu'il fut par la suite.
Un très bon film, de très bonnes idées comme la scène de la fuite de "Lilas" vers la fin, qui mériterait quand même une restauration si on veux émettre une critique.

















dimanche 25 janvier 2026

EDOUARD ET CAROLINE DE JACQUES BECKER 1951

 





Synopsis :

Edouard est un brillant pianiste de condition modeste. Il est marié à Caroline, d'origine bourgeoise, jolie et qui a de quoi.
Le couple se prépare pour une soirée importante pour la carrière du pianiste et ça commence mal : Edouard ne retrouve plus son gilet, il en sera quitte pour aller en emprunter un au cousin de sa femme, qu'il déteste et réciproquement, et qui en plus a des vues sur sa belle épouse. Caroline, elle, décidera de couper sa robe de bal pour la mettre au gout du jour sauf de son mari.
Une dispute s'en suivra et une baffe partira sur la splendide joue de Caroline qui demandera alors le divorce.
Caroline refusera d'aller au bal, le cousin décidera de jouer ses pions pour la séduire et Edouard n'aura guère plus le cœur à jouer...










Le très bon Becker père nous propose cette comédie sentimentale qu'on dirait adaptée d'une pièce de théâtre tant elle est bien écrite et l'action se déroulant dans deux pièces principalement.
Jacques François, alors chevelu, avait des rôles consistants, ici, il joue le rôle du méchant cousin qui porte beau.
Daniel Gélin était alors au début de sa prestigieuse carrière, il y est parfait dans le rôle du pianiste confronté à un monde bien différent du sien.
Anne Vernon, 102 ans au moment où j'écris ces lignes, qui aura une carrière ramassée, incarne la belle Caroline avec un talent à la mesure de son partenaire.
Cette bluette musicale est pour moi une agréable surprise, je n'en attendais rien au départ mais l'excellent travail de groupe duquel a résulté ce film fait que le résultat est plutôt rassembleur (familles et cinéphiles).