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samedi 10 octobre 2026

ALBERTO EXPRESS DE ARTHUR JOFFE 1990

 





Synopsis :

Alberto, un romain, est en train de dormir avec sa femme enceinte qui doit accoucher le lendemain.
Il se rend soudain compte de la promesse qu'il a faite à son père il y a quinze ans : il doit rembourser tout ce qu'il lui a coûté (dans son cas deux millions deux cent cinquante mille lires) avant la naissance de son premier enfant sans quoi il lui arrivera un malheur.
Au chômage et sans le sou, il commence à paniquer.
Il prend un train de nuit Paris/Rome sans payer pour aller voir ses parents.
Dans ce train, il va lui arriver toutes sortes d'aventures surréalistes comme rencontrer un copain qui est contrôleur , son ancienne petite amie, un américain avec un diamant incrusté dans une dent, et bien d'autres bizarreries...








Cette comédie burlesque, féérique et surréaliste proposé par ce réalisateur à la carrière modeste fait penser à du Terry Gilliam (et plus généralement à Monty Python), du Jean-Pierre Jeunet et parfois du Fellini pour la scène avec les ancêtres.
Le trilingue et talentueux Sergio Castellitto joue le fameux Alberto qui monte dans une sorte de train fantôme où il va vivre des aventures à la "Alice Au Pays Des Merveilles".
Nino Manfredi joue le père un peu marlou et près de ses sous, Marie Trintignant fait son entrée telle une apparition dans le rôle de l'ancienne amoureuse, Dominique Pinon joue le conducteur du train et Jeanne Moreau joue une baronne mourante et presque momifiée.
Une comédie à la production française, canadienne et italienne en trois langues qui donne le sourire, comme certaines comédies à l'italienne des années 60/70, originale et inoubliable, familiale et enivrante.

















vendredi 9 octobre 2026

PÂQUES SANGLANTES DE GIUSEPPE DE SANTIS 1950

 





Synopsis :

Le berger Francesco revient dans son village après avoir fait la guerre. Il y retrouve ses pauvres parents et sa soeur Maria Grazia.
Les moutons de sa famille, leur seule richesse, ont étés volés par le vil Bonfiglio pendant que Francesco était à l'armée et comme si ça ne suffisait pas son amoureuse, Lucia, s'apprête à épouser le gredin.
Francesco arrive a reprendre ses moutons par la force, et ceux de son ennemi. Bonfiglio poursuit le berger mais tombe sur Maria Grazia et la viole. Le berger se fait arrêter et au procès, la seule qui aurait pu le sauver témoigne contre lui, ce qui le condamne à quatre ans de prison.
Lucia épouse, contrainte par les dettes contractées par ses parents, Bonfiglio mais après que Maria Grazia lui ait dit pour le viol, se rebelle et le quitte.
Francesco s'évade alors quand il apprend pour la profanation de sa soeur, comptant bien régler son compte à Bonfiglio...








Tourné après le classique "Riz Amer", avec le même Raf Vallone, Giuseppe De Santis nous sert croisement entre Néoréalisme, film policier, drame social et sentimental.
On pense en fait à un croisement entre Rossellini et De Sica, et de plus à sa "Ciociara"car l'action se passe au même endroit et un viol est commis.
Le reproche majeur à ce film qui aurait pu être très bon est l'interprétation un peu grandiloquente : le jeu qui consiste à ne pas regarder son partenaire dans les yeux mais dans le vide est un peu ridicule et surtout pénible à la longue. Les pourtant excellents Vallone et Luia Bosè ne font que cela pendant 100 minutes et ça a tendance à saborder une histoire pourtant très bonne quoique assez banale.
Le message politique assez insistant (Bonfiglio représentant le patronat et les bergers les prolétaires) finit par devenir de la moraline socialiste, voire un sermon.
Finalement c'est dommage, De Santis est passé près de réaliser un classique mais on est en face d'un tableau un peu trop barbouillé, du grand potentiel saboté.
Voyez ou revoyez "Riz Amer", ça vaudra mieux...





 












mercredi 7 octobre 2026

LE COEUR FOU DE JEAN-GABRIEL ALBICOCCO 1970

 





Synopsis :

En Sologne,

Un paparazzo profite d'un reportage sur l'internement d'une célébritée pour visiter son ancienne épouse, actrice sur le retour. Il y rencontre Clo, une jolie pyromane plutôt syphonnée. Après que celle-ci ait mis le feu à l'hôpital, les deux s'enfuient.
D'incendies en larcins, les deux finiront sur une île. Mais la police est à leur trousse...








Ce film typique de son époque, fin des années 60/début des années 70, est connu surtout pour sa forme très recherchée, originale...bref l'oeuvre d'un artiste.
Des images surexposées, des plans en longue focale, des panoramiques et des filtres optiques en veux tu en voilà : c'est ce qui attend le spectateur maintenant averti, sans parler de la musique expérimentale.
L'histoire est assez quelconque, une sorte de "Balade Sauvage" à la française mais cette forme remporte ici le tout.
L'interprétation des comédiens des deux sexes est remarquable, notamment celle de l'actrice italienne Ewa Swann dans le rôle de la timbrée qui est simplement envoutante.
La critique s'est déchaînée sur cette oeuvre, telle un clébard sur une proie innocente alors que le vrai esthète sera peut-être un peu plus mesuré.
Original, ... et marquant comme une brûlure.



















samedi 3 octobre 2026

ADORABLE MENTEUSE DE MICHEL DEVILLE 1962

 





Synopsis :

Deux soeurs, autant proches que différentes,

La brune Sophie est franche, terre à terre et a tendance à se mettre dans l'embarras. Son petit-ami est très amoureux d'elle et assez collant mais son honnêteté fait qu'elle n'ose lui dire de la laisser respirer.
La blonde Juliette, la menteuse du titre, ne dit jamais la vérité, invente ses jours pour égayer ses nuits, se jouant de tous et toutes, même sa propre soeur.
Elle décide de séduire son voisin du dessus, plus vieux et sage, mais celui-ci ne s'en laisse pas compter.
Cette homme ose résister à la belle et ne gobe pas ses mensonges, ce qui va ébranler ses certitudes...








Ce troisième film de Deville est une comédie romantique, burlesque dans sa première partie, un peu plus sérieuse par la suite.
Un métrage dans le style des films de l'époque, par la Nouvelle Vague, de la jeunesse d'alors qu'on nommera ensuite "Baby Boomers".
La première partie est parfois ennuyeuse car il ne s'y passe pas grand chose à part un enchaînement de quiproquos dus aux mensonges de l'une et à l'honnêteté de l'autre soeur.
La deuxième partie où l'affabulatrice doit faire face à un os récalcitrant est de mon point de vue plus intéressante, plus grise, plus grave, beaucoup plus adulte.
Macha Méril qui joue la gaffeuse et Marina Vlady (deux slaves) qui joue le rôle titre sont toutes les deux formidables, inspirées des dialogues de Nina Companeez.
La fin est aussi sympathique, avec une sorte de renversement d'attitude entre les soeurs, certe prévisible mais on se demande quand même si la menteuse va tenir jusqu'au bout.
Un film familial, donc, maîtrisé par un Deville qui avait déjà tout d'un grand.



















jeudi 1 octobre 2026

LA SENTENCE DE JEAN VALERE 1959

 





Synopsis :

En 1944, alors que le débarquement a commencé, dans un village de Normandie au bord de la Manche :

Un attentat est commis contre des officiers allemands, une grenade ayant été lancée par Antoine, avec l'aide de Georges et dans une moindre mesure un pêcheur, la mère Boissard et Catherine.
Les terroristes, du point de vue de l'occupant, sont tous prestement arrêtés, jugés immédiatement et condamnés à mort.
L'exécution aura lieu une heure après.
Enfermés dans une cave donnant sur la plage, alors que les combats font rage entre les deux axes, ce film nous convie en temps réel aux derniers instants des résistants...








Ce presque huis clos est assez bien fichu, filmé de manière plutôt naturaliste et minimaliste. L'accent est mis ici sur les émotions de cinq condamnés à mort sans procès (un peu comme chez les soviétiques qui recompenseront l'oeuvre, il est toujours important de le rappeler) qui sont plus ou moins impliqués dans l'attentat.
Valère sait de quoi il parlait, ayant été résistant lui-même.
Roger Hanin y est ici plutôt sobre, cachant son accent pied-noir avec efficacité. Robert Hossein a peut-être le rôle le plus intéressant avec ce jeune résistant en proie au doutes. La fraîchement trépassée Marina Vlady n'a ici pas grand chose à faire,  comme Béatrice Betty.
L'autre rôle intéressant incombe à Lucien Raimbourg qui joue le rôle du pêcheur qui aide presque involontairement les autres, jouant alors une sorte de sacrifié.
Le cinéphile pensera au "Condamné À Mort S'est Echappé" de Bresson ou alors certaines séquences de "L'armée Des Ombres" de Melville.
Le seul point faible est pour ma part la fin mélodramatique à souhait que je décrirai comme légèrement putassière mais le spectateur se fera son avis.
Une rareté assez réussie à mettre dans la longue liste des films sur la résistance.







Attention spoiler :





samedi 26 septembre 2026

LA PORTE DE L'ENFER DE TEINOSUKE KINUGASA 1953

 





Synopsis :

Au XIième siècle, une rebellion essaye de renverser le clan de Taira.
Assiègé, le clan demande, pour faire diversion, à une dame de compagnie de se faire passer pour la princesse, qui sera escorté par le guerrier Morito. 
Kesa en réchappe de justesse et finallement la rebellion est anéantie.
Le clan Taira décide d'accorder des récompenses aux combattants et  Morito, tombé amoureux de Kesa, demande de pouvoir l'épouser : le problème est que la belle est déjà mariée à un garde.
Motito ne va pas s'en laisser compter et harcèle Kesa et sa famille, se faisant de plus en plus menaçant...








Ce drame romantique et historique est remarquable par sa couleur, à l'époque encore rare, qui distille un festival pour les mirettes, que ce soit les costumes ou le paysage.
L'histoire par contre, n'est pas très intéressante, le genre triangle amoureux (et encore la belle restera fidèle à son mari jusqu'à en payer le prix cher) qu'on a vu à foison.
L'interprétation des grands acteurs dont Machiko Kyo, et sa bouille particulière, est irréprochable et tous sont maquillés comme des poules prêtes pour le turbin.
En fait, on a l'impression que ce film pourrait être un muet en couleur où la forme prévaut sur le fond ici malingre.
Ce film aura la plus grande récompense à Cannes et c'est vrai que ça peut se discuter mais d'un autre côté cette "Porte De L'enfer" est largement supèrieure à toutes les Palmes d'Or de ces 25 dernières années : preuve que le cinéma a bien régressé.


















mardi 22 septembre 2026

UN AMI VIENDRA CE SOIR DE RAYMOND BERNARD 1946

 





Synopsis :

Un hôpital psychiatrique dans les Alpes,

Pendant que les hommes du village voisin prennent le maquis alors que les boches arrivent, à la recherche d'un certain commandant Gérard qui serait le chef de la résistance locale :

Le fameux refuge de santé est soupçonné d'abriter des simulateurs qui seraient en fait des résistants, et même d'être le quartier général de ceux-ci.
Parmi les pensionnaires se trouvent un pacifiste comtemplatif, une femme persuadée qu'elle promène son bébé, un gars qui aime se ballader torse nu, un pianiste qui communique en jouant ou alors un commissaire antipathique.
Dans cette sorte de Cluedo dans lequel il faut découvrir qui est qui, va s'immiscer un curieux médecin suisse qui va tomber amoureux d'une jolie blonde...








Tourné dans le jus, au milieu du véritable théâtre encore chaud de la guerre (ça fait des économies de décor), ce film patriotique à la gloire des maquisards conçu vraissembablement pour remonter le moral de la population est assez réussi : que ce soit le scénario, les dialogues poétiques voire métaphysiques ou l'interprétation de l'ensemble des comédiens, qu'ils soient professionnels (Michel Simon, Saturnin Fabre, Daniel Gélin) ou pas.
Le récit s'attarde également sur la relation entre la blonde et le médecin, qui prendra tout son sens à la fin quand les masques tomberont.
Une petite rareté que je n'avais pas encore eu l'occasion de voir, par le réalisateur de "Tartarin De Tarascon".
La qualité à la française disparue depuis bien longtemps.