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vendredi 23 octobre 2026

CADAVRES EXQUIS DE FRANCESCO ROSI 1976

 





Synopsis :

À Palerme, un juge est tué à la sortie de catacombes. Bientôt un autre se fait repasser puis un troisième. L'inspecteur Rogas, venu de Rome, commence son enquête et finit par se fixer sur un suspect, un pharmacien condamné injustement par ces mêmes juges.
Rogas va ensuite découvrir un complot entre les juges, l'armée, les politiques et même ses propres chefs...








Ce classique film de Rosi, spécialiste mondial du film de complot politique comme le fut aussi à l'époque Alan J Pakula, a l'occasion de dérouler un parterre d'acteurs internationaux :
Notre Lino joue dans sa langue natale le flic qui découvrera un peu trop de choses, Alain Cuny incarne un juge qui se fera tuer, Tina Aumont joue une cocotte, Marcel Bozzuffi est ici un suspect et Charles Vanel incarne le premier juge qui se fera abattre.
Max Von Sydow incarne un quatrième juge assez ambiguë dans une scène exceptionnelle avec Lino, Fernando Rey joue un ministre qui l'est tout autant, Luigi Pistilli joue un journaliste communiste et Renato Salvatori est un collègue du héros.
Le style précis et documentaire du réalisateur est efficace une fois de plus, servant le roman de Leonardo Sciascia ancré dans la réalité politique de l'époque, les années de plomb et ses assassinats à foison.
Je n'ai jamais été un grand fan des films de Rosi, et des films politiques en général mais on est en présence d'un travail maîtrisé de bout en bout, avec un fort suspens.
...et voir Lino jouer en italien est un mets rare...





 









mercredi 21 octobre 2026

OMNISCIENCE APPROXIMATIVE

 


Exilé dans un temps
Qui m'est étranger.
Pris dans un temps
Qui est dérangé :
Le pire est avenir.
En l'ère de la réflexion hâtive
De l'omniscience approximative,
Regardez le bon sens
Vomir ces générations
Témoignez l'innocence
Dérailler sa narration.
Le pire est à venir.
Omniscience approximative,
L' OA
Est ton nouveau roi,
Succube du Moi.
Demain il fera pire.
Enchaînés consentants
Quémandant d'autant.
Lors que nous sabordons 
Nos fragiles idéaux.
En sourires nous abordons
L'ère des idiots.
Lors que nous effleurons
Le stade terminal,
Nous vociférons
Le cri primal.

dimanche 11 octobre 2026

FANFARE D'AMOUR DE RICHARD POTTIER 1935

 






Synopsis :

Deux musiciens ont l'habitude de se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas : se faire passer pour des tziganes pour intégrer un orchestre, ou aussi des cubains.
Cette fois-ci ils décident de se travestir pour se faire engager dans un orchestre de femmes devant jouer dans un cabaret à Toulon.
La supercherie fonctionne, jusqu'à ce que les deux compères tombent sous le charme de la même consoeur de la troupe...










Une comédie en musique, basé sur le système, la mécanique du quiproquo (les deux artistes devant changer d'apparence assez souvent pour tromper leur monde et conquérir deux musiciennes).
Des passages assez réussis et drôles, d'autres un peu concons et une mention au toujours excellent Julien Carette et Madeleine Guitty qui joue la taulière de la troupe, au physique ingrat mais très drôle.
Gabby "Gabin" Basset incarne une des deux mignonnes et le bordelais Pierre Larquais, un frêre près de ses sous.


















samedi 10 octobre 2026

ALBERTO EXPRESS DE ARTHUR JOFFE 1990

 





Synopsis :

Alberto, un romain, est en train de dormir avec sa femme enceinte qui doit accoucher le lendemain.
Il se rend soudain compte de la promesse qu'il a faite à son père il y a quinze ans : il doit rembourser tout ce qu'il lui a coûté (dans son cas deux millions deux cent cinquante mille lires) avant la naissance de son premier enfant sans quoi il lui arrivera un malheur.
Au chômage et sans le sou, il commence à paniquer.
Il prend un train de nuit Paris/Rome sans payer pour aller voir ses parents.
Dans ce train, il va lui arriver toutes sortes d'aventures surréalistes comme rencontrer un copain qui est contrôleur , son ancienne petite amie, un américain avec un diamant incrusté dans une dent, et bien d'autres bizarreries...








Cette comédie burlesque, féérique et surréaliste proposé par ce réalisateur à la carrière modeste fait penser à du Terry Gilliam (et plus généralement à Monty Python), du Jean-Pierre Jeunet et parfois du Fellini pour la scène avec les ancêtres.
Le trilingue et talentueux Sergio Castellitto joue le fameux Alberto qui monte dans une sorte de train fantôme où il va vivre des aventures à la "Alice Au Pays Des Merveilles".
Nino Manfredi joue le père un peu marlou et près de ses sous, Marie Trintignant fait son entrée telle une apparition dans le rôle de l'ancienne amoureuse, Dominique Pinon joue le conducteur du train et Jeanne Moreau joue une baronne mourante et presque momifiée.
Une comédie à la production française, canadienne et italienne en trois langues qui donne le sourire, comme certaines comédies à l'italienne des années 60/70, originale et inoubliable, familiale et enivrante.

















vendredi 9 octobre 2026

PÂQUES SANGLANTES DE GIUSEPPE DE SANTIS 1950

 





Synopsis :

Le berger Francesco revient dans son village après avoir fait la guerre. Il y retrouve ses pauvres parents et sa soeur Maria Grazia.
Les moutons de sa famille, leur seule richesse, ont étés volés par le vil Bonfiglio pendant que Francesco était à l'armée et comme si ça ne suffisait pas son amoureuse, Lucia, s'apprête à épouser le gredin.
Francesco arrive a reprendre ses moutons par la force, et ceux de son ennemi. Bonfiglio poursuit le berger mais tombe sur Maria Grazia et la viole. Le berger se fait arrêter et au procès, la seule qui aurait pu le sauver témoigne contre lui, ce qui le condamne à quatre ans de prison.
Lucia épouse, contrainte par les dettes contractées par ses parents, Bonfiglio mais après que Maria Grazia lui ait dit pour le viol, se rebelle et le quitte.
Francesco s'évade alors quand il apprend pour la profanation de sa soeur, comptant bien régler son compte à Bonfiglio...








Tourné après le classique "Riz Amer", avec le même Raf Vallone, Giuseppe De Santis nous sert croisement entre Néoréalisme, film policier, drame social et sentimental.
On pense en fait à un croisement entre Rossellini et De Sica, et de plus à sa "Ciociara"car l'action se passe au même endroit et un viol est commis.
Le reproche majeur à ce film qui aurait pu être très bon est l'interprétation un peu grandiloquente : le jeu qui consiste à ne pas regarder son partenaire dans les yeux mais dans le vide est un peu ridicule et surtout pénible à la longue. Les pourtant excellents Vallone et Luia Bosè ne font que cela pendant 100 minutes et ça a tendance à saborder une histoire pourtant très bonne quoique assez banale.
Le message politique assez insistant (Bonfiglio représentant le patronat et les bergers les prolétaires) finit par devenir de la moraline socialiste, voire un sermon.
Finalement c'est dommage, De Santis est passé près de réaliser un classique mais on est en face d'un tableau un peu trop barbouillé, du grand potentiel saboté.
Voyez ou revoyez "Riz Amer", ça vaudra mieux...





 












mercredi 7 octobre 2026

LE COEUR FOU DE JEAN-GABRIEL ALBICOCCO 1970

 





Synopsis :

En Sologne,

Un paparazzo profite d'un reportage sur l'internement d'une célébritée pour visiter son ancienne épouse, actrice sur le retour. Il y rencontre Clo, une jolie pyromane plutôt syphonnée. Après que celle-ci ait mis le feu à l'hôpital, les deux s'enfuient.
D'incendies en larcins, les deux finiront sur une île. Mais la police est à leur trousse...








Ce film typique de son époque, fin des années 60/début des années 70, est connu surtout pour sa forme très recherchée, originale...bref l'oeuvre d'un artiste.
Des images surexposées, des plans en longue focale, des panoramiques et des filtres optiques en veux tu en voilà : c'est ce qui attend le spectateur maintenant averti, sans parler de la musique expérimentale.
L'histoire est assez quelconque, une sorte de "Balade Sauvage" à la française mais cette forme remporte ici le tout.
L'interprétation des comédiens des deux sexes est remarquable, notamment celle de l'actrice italienne Ewa Swann dans le rôle de la timbrée qui est simplement envoutante.
La critique s'est déchaînée sur cette oeuvre, telle un clébard sur une proie innocente alors que le vrai esthète sera peut-être un peu plus mesuré.
Original, ... et marquant comme une brûlure.



















samedi 3 octobre 2026

ADORABLE MENTEUSE DE MICHEL DEVILLE 1962

 





Synopsis :

Deux soeurs, autant proches que différentes,

La brune Sophie est franche, terre à terre et a tendance à se mettre dans l'embarras. Son petit-ami est très amoureux d'elle et assez collant mais son honnêteté fait qu'elle n'ose lui dire de la laisser respirer.
La blonde Juliette, la menteuse du titre, ne dit jamais la vérité, invente ses jours pour égayer ses nuits, se jouant de tous et toutes, même sa propre soeur.
Elle décide de séduire son voisin du dessus, plus vieux et sage, mais celui-ci ne s'en laisse pas compter.
Cette homme ose résister à la belle et ne gobe pas ses mensonges, ce qui va ébranler ses certitudes...








Ce troisième film de Deville est une comédie romantique, burlesque dans sa première partie, un peu plus sérieuse par la suite.
Un métrage dans le style des films de l'époque, par la Nouvelle Vague, de la jeunesse d'alors qu'on nommera ensuite "Baby Boomers".
La première partie est parfois ennuyeuse car il ne s'y passe pas grand chose à part un enchaînement de quiproquos dus aux mensonges de l'une et à l'honnêteté de l'autre soeur.
La deuxième partie où l'affabulatrice doit faire face à un os récalcitrant est de mon point de vue plus intéressante, plus grise, plus grave, beaucoup plus adulte.
Macha Méril qui joue la gaffeuse et Marina Vlady (deux slaves) qui joue le rôle titre sont toutes les deux formidables, inspirées des dialogues de Nina Companeez.
La fin est aussi sympathique, avec une sorte de renversement d'attitude entre les soeurs, certe prévisible mais on se demande quand même si la menteuse va tenir jusqu'au bout.
Un film familial, donc, maîtrisé par un Deville qui avait déjà tout d'un grand.