Translate

Affichage des articles dont le libellé est Film. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Film. Afficher tous les articles

vendredi 31 juillet 2026

ARMAGUEDON DE ALAIN JESSUA 1977

 





Synopsis :

Louis Carrier, célibataire, vient de recevoir une forte somme d'argent de l'assurance vie de son frère fraîchement décédé. Avec son ami simple d'esprit qu'il nomme "Einstein" et après avoir quitté son emploi médiocre il a décidé de devenir célèbre.
Dorénavant il se fera appeler "Armaguedon", se prendra en photo avec les grands de ce monde, déguisé avec une fausse barbe et une perruque et finira par faire chanter quelques nations.
Un flic fait appel au psychologue Ambroise pour tenter de démasquer le déséquilibré...




 

Ce thriller réalisé par l'artisan du cinéma de genre français nommé Jessua est produit par Delon.
Le précédent film de Jossua (avec Girardot, Duchaussoy et Delon égallement) était un navet d'un rare cynisme. Ici, l'histoire est à peu près autant invraissemblable et on retrouve un Delon aussi peu concerné. Le message du film rassemble à peu près tout ce qu'on trouvait à l'époque en matière d'anarchisme un peu naïf.
Les éléments positifs se trouvent dans l'interprétation de Jean Yanne et surtout de Renato Girardot Salvatori dans le rôle de l'innocent ami du dernier (d"ailleurs la denière scène est peut-être la meilleure/bonne du métrage).
À voir une fois à la rigueur si on a rien d'autre à faire : ça dure 90 minutes et s'oublie en beaucoup moins de temps.


















samedi 25 juillet 2026

BREAKFAST CLUB DE JOHN HUGUES 1985

 





Synopsis :

5 élèves d'un lycée sont collés (ça existait à l'époque) tout un samedi dans une salle de retenue, surveillés par le pas très sympa professeur Vernon qui leur interdit de bouger de leur chaises et de parler.
Trois garçons et deux filles, issus de millieux différents ayant fait une bêtise plus ou moins grave.
La cohabitation se passe au début assez mal, une sorte de rebelle provoque les autres, une fille assez bizarre ne pipe mot, un bon élève roux devient un peu le souffre douleur ainsi qu'une fille de bonne famille.
Petit à petit, ils vont apprendre à se connaître et même se confier, révéler leur failles...








Ce film est sorti en 1985 alors que j'étais au collège et que le "Don't You" des Simple Minds (que le groupe déteste mais est obligé de jouer  en concert) triomphait sur les radios du monde entier.
41 ans après, je me suis décidé enfin à le regarder, devenu un film culte de ma génération, la bien dénommée X comme le sera ensuite un film comme "Singles".
"Breakfast Club" est un film américain et le cinéphile averti le voit assez vite : rempli de bon sentiments, personnages stéréotypés dont la plupart sonnent faux, une fin toute gentillette et remplie de bon sentiments. On est ici au monde de Disney sauf qu'ici les filles ont des cheveux laqués et des vétements flashys (et encore on l'était plus à l'époque).
Les points positifs sont l'interprétation des jeunes comédiens (enfin Judd Nelson qui joue le voyou avait alors déjà 26 ans) lors de quelques moments de tension ou de confession, la musique Rock/New Wave et puis...c'est à peu près tout.
"Breakfast Club" est le genre typique de film adolescent que les adolescents de l'époque ont surement adorés mais je défie les  adolescents d'aujoud'hui d'aimer ce truc sucré comme de la barbe à papa mais sans papa.

Un message à ma génération : regardez plutôt "Singles" de Cameron Crowe, de l'époque où on était grunge, c'est quand même d'un autre niveau et surtout d'une vrai relevance, rébellion et profondeur.












dimanche 19 juillet 2026

LA FIANCEE DU PIRATE DE NELLY KAPLAN 1969

 





Synopsis :

Marie est une belle romanichelle employée aux basses oeuvres dans une ferme. À peu près tous les hommes du village lui passent dessus, y compris sa patronne.
Sa mère est retrouvée morte écrasée par un chauffard, probablement un gars du village, mais le maire décide de déclarer cette mort comme accidentelle. Peu après le bouc adoré de Marie se prend un coup de fusil du facteur/garde champêtre frustré des refus de la bohémienne de se donner à lui.
D'ailleurs Marie ne se donnera dorénavant plus mais fera payer le prix fort de son sensuel corps.
Elle va doucement entraîner le village dans sa déchéance, tissant ainsi sa vengeance...








Pour son premier long, la réalisatrice (encore assez rare à l'époque) nous sert une sorte de satire féministe et surréaliste qui brocarde la petitesse des bouseux (certaines scènes faisant penser aux "Deschiens" comme celle avec le scout puceau) et un certain conformisme.
Pour incarner la sorcière tentatrice, Bernadette Lafont et son corps incroyable est l'actrice idéale, nous montrant ici une grande palette de nuances dans son jeu. On peut d'ailleurs penser au futur "L'été En Pente Douce" avec sa fille Pauline.
Ce film est une des nombreuses oeuvres qui suivront, dans le Nouvel Hollywood surtout, narrant la lente libération de la femme.
Le film fera scandale, sera censuré (comme "La Maman Et La Putain" d'Eustache avec la même Bernadette) en étant classé comme immoral mais reste une iconoclaste oeuvre typique de cette époque bénie.















samedi 18 juillet 2026

LA FÊTE À HENRIETTE DE JULIEN DUVIVIER 1952

 






Synopsis :

Deux scénaristes très différents imaginent leur nouveau film :

Henriette est née un 14 juillet, qui est aussi le jour de sa fête et c'est justement le jour de la fête nationale. Elle a rendez-vous avec son amoureux, un reporter photographe nommé Robert.
Mais Robert a reçu une lettre d'une jolie écuyère et échafaude un plan pour honorer ce rendez-vous. Un voleur s'éprend de son côté de notre Henriette qui va vivre quelques aventures de son côté...au gré des facéties de nos deux scénaristes qui changeront souvent d'avis.





 


Duvivier et Janson s'amusent avec cette mise en abyme qu'est cette comédie romantique bourée de citations, brisant même le quatrième mur à la toute fin.
Des habitués du réalisateur passent devant la caméra (Michel Roux, Julien Carette) ainsi que Michel Auclair, la parigote Odette Laure qui joue sa grue habituelle et Louis Seigner en scénariste qui ne sent laisse pas écrire.
On suit l'histoire en sachant qu'à tout moment celle-ci peut prendre un chemin différent à coup de gomme de scribouillard.
À noter que pour du Duvivier, l'histoire est plutôt joyeuse pour une fois.
Un film festif et familial.










vendredi 17 juillet 2026

LAC AUX DAMES DE MARC ALLEGRET 1934

 





Synopsis :

En autriche, où on se rend compte que les gens parlent un français parfait, 
Un jeune homme débarque dans une station balnéaire du lac de Constance pour y travailler comme maître-nageur. Il est pauvre mais beau comme dirait Dino Risi. Les femmes sont toutes folles de lui et surtout Danny, la fille d'un bourgeois un peu anar joué par un acteur genevois tout aussi anar.
Il est aussi un peu con alors il décide de traverser le lac à la nage, de nuit, tout ça pour se retrouver épuisé, près de se noyer. Une barque ne passait pas par là manoeuvrée par l'ingénue Puck, tout juste sortie de l'enfance.
Les deux deviennent amis, Puck voudrait même un peu plus mais le maître-nageur n'a d'yeux que pour sa riche blonde.
Il demande la main de son amoureuse à son père mais se fait humilier par celui-ci. Il tombe ensuite malade et se dispute avec Puck.
Les choses semblent donc aller de mal en pis...







Cette adaptation d'un roman autrichien est signée d'entre autre Colette et a pour vedette le jeune premier Jean-Pierre Aumont et la débutante Simone Simon (qui m'avait exaspéré dans "La Bête Humaine" de Renoir, au contraire d'ici, comme quoi). Un autre Simon a le court rôle du père de la blonde.
Le film commence comme une comédie romantique pour trouver un ton plus grave vers la fin, quelques chansons parsèment le métrage comme il était de coutume dans ses années-là.
Un bon divertissement, des excellents Simon et Simon, un cadre tyrolien préservé du climat politique de l'époque et de jolies pépées tournant autour de l'apollon Aumont.

















dimanche 12 juillet 2026

VERA DRAKE DE MIKE LEIGH 2004

 





Synopsis :

Londres, en 1950,

Vera Drake est une femme de ménage chez des particuliers. Elle a la cinquantaine, heureusement mariée à un mécanicien et a deux enfants : un fils qui est tailleur et une (vieille)fille timide qui travaille en usine. La famille ne roule pas sur l'or mais vit convenablament grâce aux quatre salaires qui rentrent. Elle tente de caser sa fille avec un voisin célibataire.
On voit une Vera dévouée pour son prochain (sa mère malade, un voisin souffrant), toujours prête à rendre service et ne demandant rien en échange. C'est ainsi qu'on la voit pratiquer des avortements clandestins à l'aide de poire de lavement, savon et désinfectant, toujours avec la douceur qui la caractérise. Une amie d'enfance de Véra lui organise ces rendez-vous qu'elle facture une certaine somme d'argent aux femmes enceintes, sans que notre héroïne soit au courant.
Un avortement se passe mal et la femme manque de mourir. À  l'hôpital, on met la pression sur la mère de l'avortée (qui connaissait Vera) pour dénoncer la responsable.
Un jour de fête de famille, la police débarque chez Vera...








Le cinéphile sait qu'avec Mike Leigh, il va assister à des moments de virtuosité en matière d'interprétations toujours aussi intenses. Après Brenda Blethyn, Timothy Spall, c'est ici Imelda Staunton qui, dans la deuxième moitié du film, donne beaucoup d'elle-même en pleurant la plupart du temps.
Le style de Mike Leigh, qui a écrit le scénario, est un croisement entre de grande séances d'improvisation en pré-production puis en filmant le tout en un ton naturaliste typique d'un certain cinéma britannique (Ken Loach pour ne pas le citer).
Pour développer son sujet social, l'auteur nous tisse une héroïne parfaite, épouse idéale, mère aimante, amie dévouée, (le coeur d'or cher à Lars Von Trier) si bien qu'à la fin on ne peut qu'avoir une empathie extrême pour l'héroïne qui finit en suppliciée.
Quoi qu'il en soit Mike Leigh réussit encore son coup avec ce désormais standard du cinéma social britannique qui sera largement récompensé.

















samedi 11 juillet 2026

LE SORELLE MACALUSO DE EMMA DANTE 2020

 





Synopsis :

La vie des orphelines Macaluso, vivant dans un appartement à Palerme, au dessus duquel vivent des pigeons qu'elles louent pour subvenir à leurs besoins.
Pendant une journée à la plage, la plus jeune d'entre elles disparaît.
On retrouve les soeurs survivantes une vingtaine d'années après. Les relations se sont tendues, l'une d'entre elles s'est mariée et a un gosse, la plus âgée est à moitié folle, une autre passe son temps au  lit avec son mec et une autre, dont on a précédemment appris qu'elle était lesbienne (elle était avec sa copine pendant le drame de la cadette), a un cancer.
On retrouve enfin les soeurs (enfin les survivantes) à la fin de leur vies, elles ne sont plus que deux et assistent à l'enterrement de la folle. L'appartement est vidé et vendu, ne restent que les souvenirs...








D'abord une pièce, son autrice se charge de l'adaptation de ce drame féminin sur la période d'une vie (les années 60 jusqu'à aujourd'hui) dans un Palerme fantasmé.
La caméra est souvent à hauteur d'épaule, filmant le corps, les rides et les larmes des soeurs interprétées par plusieurs comédiennes au fil des différents âges (sauf la cadette qui revient tel un fantôme ensuite).
Un récit sur le deuil et les conséquences souvent dommageables qui en résultent, certaines scènes sont réussies, certaines assez crues comme la dissection d'un animal ou la scène des pâtisseries (dont des cannoli, Sicile oblige). Emma Dante apporte sa sensible patte à son propre récit et certaines comédiennes sont excellentes, Serena Barone qui joue la folle m'a marqué particulièrement.
À voir en parallèle avec certains Almodovar...
















vendredi 10 juillet 2026

UNDER THE SKIN DE JONATHAN GLAZER 2013

 





Synopsis :

Après une introduction à la Lynch, 

En Ecosse, un motard s'arrête au bord d'une route, on le voit transporter le cadavre d'une jeune femme dans une camionnette garée à côté. Dans celle-ci se trouve une jeune femme nue qui se vêt de la tenue de la morte.
On retrouve la jeune femme dont on apprendra qu'elle s'appelle Laura, conduire la camionnette et passant son temps à racoler et rabattre des jeunes hommes qu'elle amène "chez elle" où ils rentrent dans une pièce noire et s'enfoncent dans une sorte de liquide de la même couleur sans qu'ils s'en rendent compte. Ils se vident petit à petit jusqu'à ce qu'il ne reste que la peau.
Laura est insensible au sort de ces victimes et semble ne pas être humaine mais quand elle épargne un jeune homme atteint de neurofibromatose (comme son interprète), elle va devenir elle-même une proie poursuivie par ses "anges gardiens" à moto...








Ce film mélangeant fantastique, science-fiction et horreur, rappelant un croisement entre du Cronenberg et du Lynch, à une sorte de "Trainspotting" mélangé à "Suspiria" est devenu au fil du temps assez mythique jusqu'à être considéré comme un des meilleurs de ce siècle.
L'introduction est du pur Lynch comme je l'ai dit (qui rappele le futur épisode 8 de la troisième saison de "Twin Peaks") puis on plonge dans le "body horror" à la Cronenberg, accompagné par une musique d'ambiance sombre, mettant mal à l'aise.
Scarlett Johansson incarne, au propre comme au figuré, cette créature qui va finir par se fissurer, au propre comme au figuré, en tentant de trouver son humanité. Elle porte le récit sur ses épaules en étant de presque tous les plans et le spectateur essaie à travers elle de percer les nombreux mystères parsemés pendant 100 minutes.

Un film qui marque son spectateur et témoin est une oeuvre réussie, et il n'y en a finallement pas tant que ça dans l'histoire du Septième.

Pour public averti et non sensible.

















dimanche 5 juillet 2026

PARTHENOPE DE PAOLO SORRENTINO 2024

 





Synopsis :

1950, une famille aisée de Naples acceuille une fille qu'elle nomme comme une fameuse sirène.
1968, Parthenope est devenue une femme d'une beauté tellement indescriptible qu'elle est une raison suffisante pour voir ce film.
Elle est libre, intelligente, cultivée, suit des cours d'anthropologie avec son professeur misanthrope et peau de vache qui pourtant va cultiver une admiration pour elle. Le fils des domestiques de la famille est fou d'elle, comme chaque homme qu'elle rencontre et même son frère ainé est accroc, ce qui va causer sa perte.

Cette fable napolitaine, entre la capitale du sud et Capri, de l'autre côté de la baie, en passant par le bleu de la Méditerranée, la camorra, le foot et le cinéma nous est présenté par un des maîtres contemporains du cinéma vert, blanc et rouge.





 

On est en présence d'un résumé de l'art de Sorrentino qui nous offre une lettre d'amour à sa ville au pied du Vésuve. Le fantôme de Fellini est constamment présent, rappelant "La Grande Bellezza" et l'univers onirique dans lequel évolue l'héroïne rappele une sorte de "Dolce Vita" napolitaine (surtout la première heure) et parfois "Huit Et Demi" pour ses personnages iconoclastes.
Parthenope traverse la vie, l'écran tel le vent caresse un feuillage, d'une manière fugitive.
Celeste Dalla Porta, musicienne et mannequin, est la révélation du film en incarnant la beauté mélée à l'intelligence, nappée avec goût par le suffisant de mélancolie qui sied à un grand personnage.
Stefania Sandrelli incarne le personnage en 2003 qui partira de sa ville lors de la célébration du titre du Napoli.
Gary Oldman joue un écrivain alcoolique et Silvio Orlando (sorte de croisement entre Droopy et Keith Moon) joue le professeur sévère qui servira de modèle à Parthenope.
Ce film est un délice pour les yeux (et pas seulement à cause de l'actrice), une véritable définition de ce qu'est le cinéma italien, le genre d'oeuvre qui aurait reçu une Palme d'Or dans les années 60 mais malheureusement nous sommes aujourd'hui.

Merci Sorrentino pour maintenir le cinéma que nous aimons à flots.














samedi 4 juillet 2026

LE FANTÔME DE L'OPERA DE RUPERT JULIAN 1925

 





Synopsis :

Deuxième adaptation du roman de Gaston Ledoux : 

Sous L'opéra Garnier vit un homme défiguré, et plutôt instable,  amoureux de la chanteuse lyrique au nom de Christine. Le fantôme fait tout pour que sa belle puisse devenir la diva titulaire et finit par y parvenir à coups de menaces et divers coups de magie.
Christine, d'abord fascinée par son ange gardien va vite déchanter lors de leur rencontre. Erik, c'est son nom, lui somme de quitter son fiancé de Vicomte sous peine de représailles terribles.
La belle préfère son vicomte et prévoit de s'échapper après une représentation de Faust mais le fantôme finit par le savoir...







J'ai vu le film de 1943 réalisé par Arthur Lubin, et avant celui de Dario Argento de 1998 et il faut dire qu'à chaque fois je m'y était plutôt ennuyé (pour être poli) mais cette fois-ci ce n'est plus la même histoire.
D'abord c'est un film muet et j'adore cette époque (1895/1930) du cinéma. Le film présenté ici est en séquences monochromatiques (la première en rouge, puis dans le désordre du bleu, du violet, du noir et blanc, du sépia et même une séquence en couleur (celle du bal masqué), de nombreuses scènes jouent avec les ombres (dont encore la première) pour un résultat splendide et enfin le maquillage sur le visage de Lon Chaney est très réussi et fait son petit effet horrifique.
On est ici en présence d'un chef-d'oeuvre esthétique, avec ses décors de l'opéra Garnier, la façade de Notre-Dame et le final apocalyptique sur les bord de la Seine (enfin L'yonne) reconstitué dans des studios à Hollywood avec un certain goût et il faut le dire, raffinement.
Comme avec beaucoup de muets, le film est librement regardable en ligne et se trouve proposé par Arte actuellement.













La version monochromatique de Arte : 






dimanche 28 juin 2026

PORTIER DE NUIT DE LILIANA CAVANI 1974

 





Synopsis :

Vienne 1957,
Max est un ancien socialiste nationaliste ayant sévi dans des camps. Il travaille comme portier de nuit dans un hôtel de luxe et attend son procès dans l'espoir d'une réhabilitation de ses crimes lors du troisième reich.
Une femme arrive à l'hôtel avec son mari chef d'orchestre, que Max reconnait immédiatement et inversement : elle fut une prisonnière d'un camp dans lequel Max officiait en tant que médecin où les deux deviendront amant dans une relation sadomasochiste.
Un moment de trouble passé, ils vont se retrouver comme avant mais les amis de Max, nazis également, ne vont pas l'entendre de la même oreille...







Ce premier film de ce qu'on appelera la nazisploitation, sous genre du bis italien mélangeant nazi et sexe (une sorte de perversion/déviance  à rapprocher de la fascination qu'ont certaines femmes pour les tueurs et violeurs en série), fait penser à un croisement entre "Les Damnés" de Visconti (Bogarde et Rampling), certains films de Paul Morrissey, Fassbinder et les pires Pasolini ("Porcherie" et "Salò").
Sauf qu'ici on est en présence d'un film adulte, intellectuel et maîtrisé, avec toujours un certain raffinement : Dirk Bogarde et Charlotte Rampling (au sommet de son charme hypnotique), ainsi que Gabriele Ferzetti et Philippe Leroy portent le récit vers le haut, le tout filmé avec goût et une certaine noirceur.
Charlotte Rampling fait penser à la Dietrich dans la fameuse scène où elle chante.
On est ici en présence d'une oeuvre plutôt fascinante, et il faut le dire, de premier ordre, jamais vulgaire et encore moins trash comme on aurait pu s'y attendre.
Je viens de revoir ce film que j'avais découvert naguère en une autre ère et la seule chose qui m'a dérangée a été la version anglaise (une version allemande aurait été plus appropriée) puisque le film présente des personnages allemands/autrichiens évoluant à Vienne.
À part celà, ce "Portier" est une délicatesse à consommer sans arrière pensée.
















samedi 27 juin 2026

NUIT D'OR DE SERGE MOATI 1976

 





Synopsis :

Michel Fournier est censé être mort et incinéré mais est toujours fringuant. Il revient se venger de ceux qui lui ont fait du tort, leur envoyant d'abord d'inquiétantes poupées à leur effigie puis en enlevant la fille de son frère (en fait sa propre fille).
Fournier en fantôme, une secte de cinglés (pléonasme), une atmosphère surréaliste et glauque...







Une curiosité que ce premier film de Moati, sorte de thriller fantastique porté par des personnages tous plus ou moins tarés et ambigus et surtout un certain sens de la distribution : 

Klaus Kinski incarne Michel Fournier, sorte de personnage central qu'on fait passer pour un psychopathe pervers (ce qu'était Kinski) jusqu'à ce que...regardez jusqu'à la fin. Kinski est lui-même, il joue à peine et est toujours fascinant.
Blier joue un flic qui a trop navigué en zone grise, corrompu à l'excès et donc corvéable.
Jean-Luc Bideau joue le frère de Michel Fournier et s'avérera un personnage clé de l'histoire. Marie Dubois est excellente ainsi qu'Annie Duperey dans un rôle assez marquant de tarée inquiétante.
L'alors jeune Valérie Pascal(e), avant d'être élue miss France 1986, hérite du rôle très compliqué de la petite qui sera enlevée et séquestrée (un des sujets les plus rares et tabous dans le cinéma). Elle y est prodigieuse et c'est dommage qu'elle n'ait pas continué dans le métier.
Maurice Ronet, la raison originale pour laquelle j'ai regardé ce film hérite du rôle de "Nuit D'or", petit rôle de patron de salle de jeu clandestine qui sera une sorte de motivation pour certains personnages.


Un thriller remarquable, dans le sens marquant, que je rapprocherais du futur travail d'un David Lynch pour l'atmosphère, les personnages troubles, flous et un récit alambiqué.
















vendredi 26 juin 2026

STUPEUR ET TREMBLEMENTS DE ALAIN CORNEAU 2003

 





Synopsis :

L'histoire d'Amélie, une jeune femme belge, embauchée pendant un an dans une grande entreprise tokyoïte comme traductrice, ayant passée les cinq premières années au Japon.
Amélie est étrangère et on va vite lui faire comprendre, à coup d'humiliations de plus en plus prononcées : de traductrice, onnlui confiera des postes de plus en plus dégradants jusqu'aux toilettes...






Corneau est aux manettes pour cette adaptation de l'autobiographie romancée d'Amélie Nothomb sur son retour en terre nippone.
C'est la lyonnaise Sylvie Testud qui interprète la double de la romancière en abattant un boulot phénoménal en s'exprimant principalement en japonais.
Le film est surtout l'occasion de mettre le focus sur les relations sociales entre les japonais et la très haute opinion qu'ils ont d'eux-mêmes.
Les japonais se pensent les maîtres du monde et traitent les étrangers (sauf ceux de passages, touristes, clients et représentants divers) comme une sous-espèce.
Le cinéphile est ravi de la référence à "Furyo" de Oshima et en général, les amateurs de cinéma japonais seront en terre connue.
On est quand-même loin des fulgurances des premiers Corneau ou même de "Tous Les Matins Du Monde" et en 2003, le cinéma français n'avait déjà plus grand chose de relevant (c'est encore pire aujourd'hui) mais pour la Testud et l'esprit décalé de la Nothomb, ce film est assez plaisant.