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dimanche 8 septembre 2024

LA SORCIERE DE MICHEL ANDRE 1956

 





Synopsis :

Bruno est un ingénieur embauché dans une exploitation en Suède.
Il y fait connaissance avec sa patronne, l'austère kristina, à moitié française, et les habitants du coin, enfermés dans des croyances ancestrales.
Lors d'une ballade en forêt, il tombe dans des sables mouvants et ne doit sa survie que par l'intervention d'une vieille femme.
Celle-ci habite dans une cabane isolée dans la forêt avec sa fille et se révèle être une sorcière détestée par les locaux.
Bruno va tomber amoureux de la jeune fille, sorcière également, se mettant à dos sa patronne et les habitants du village...








Michel André n'est pas un réalisateur très connu, il adapte ici une nouvelle russe et filme les extérieurs dans la cambrousse suédoise.
"La Sorcière" est un des premiers premiers rôles de Maurice Ronet, même pas 30 ans alors, et bénéficie de la slave Marina Vlady, grand atout du film, et de Nicole Courcel dans le rôle de la patronne.
L'histoire est un drame romantique mâtiné de fantastique, se passant en milieu champêtre, on pense à Bergman pour le cadre et l'atmosphère, au futur "Breaking The Waves" pour la dénonciation de croyances imbéciles menant à l'obscurantisme et l'intégrisme.
Une belle surprise que ce film que je viens de découvrir après avoir vu une émission sur Maurice Ronet, qui recevra l'Ours d'Argent mais qui est resté assez confidentiel.















Le film en entier sur YouTube, avec sous-titres anglais bien pratiques lors des dialogues suédois :





samedi 26 septembre 2020

AU HASARD BALTHAZAR DE ROBERT BRESSON 1966

 





Synopsis :

On suit les aventures de l'âne Balthazar au hasard de ses maîtres et rencontres, des caresses de l'enfance aux brutalités de la vie d'adulte, le tout dans un dessein de parabole philosophique...






Dans un style presque surréaliste qui peut faire penser à du Buñuel, certains évènements s'enchaînent où nous sont présentés de manière anarchique, ce récit qui est une parabole de la vie dont le support est l'âne qui rencontrera des personnages plus ou moins fréquentables qui évolueront autour de lui.
Des personnages intéressants comme celui de Marie ou celui d'Arnold, sorte de fou clochard mystique qui est l'atout principal du film selon moi.
L'œuvre est considérée par certains comme la plus réussie du cinéaste, ce n'est pas mon avis mais je considère néanmoins qu'elle se situe dans la partie haute des films de Bresson.












lundi 15 juin 2020

THE HOUSE THAT JACK BUILT DE LARS VON TRIER 2018







Synopsis :

Etat de Washington dans les années 70 et 80,
On suit le parcours d'un tueur en série au travers de son récit de cinq "incidents" et de son dialogue avec un certain Verge...





Après "Nymphomaniac" qui mélangeait digressions intellectuelles artistiques et sexe, voici le dernier Von Trier qui ose le lien entre meurtres violents et gores avec des liens possibles entre ces actes et l'art (ici la musique de Glenn Gould entre autre).
Je crois remarquer aussi que de puis l'incident à Cannes en 2011, le maître Danois fait tout pour provoquer aux maximums les biens-pensants, ce qui me réjouit au plus haut point.
Une oeuvre parfois drôle (surtout lors les deux premiers incidents)réservé à un public très averti, comme le précédent.










vendredi 12 juin 2020

MELANCHOLIA DE LARS VON TRIER 2011







Synopsis :

Une planète s'approche irrémédiablement de la Terre.

Partie 1 : Justine
On suit le mariage de Justine qui se finira en eau de boudin dans un règlement de compte à la "Festen", la mariée tombe en profonde dépression.

Partie 2 : Claire
Claire essaie d'aider sa soeur Justine à remonter la pente, celle-ci semble de plus en plus transfigurée par la planète et le destin fatal qui semble l'accompagner. Claire quand à elle se fissure petit à petit, sa solidité et sa force se disloquant au fur et à mesure que Melancholia s'approche...




Après le thriller horrifique "Antichrist" de toute beauté, Von Trier continue ses recherches esthétiques dans ce film qui mélange le Catastrophe au genre Drame Intimiste de deux sœurs diamétralement opposées, le tout avec un enrobage photographique poétique.
On reconnait aussi le style du réalisateur par ses mouvements de caméra à l'épaule  et le point de vue au plus près des personnages.
Kirsten Dunst est très impressionnante dans un rôle difficile de dépressive et tient le film à bout de bras, Charlotte Gainsbourg joue ici sa soeur Némésis avec la retenue qu'on lui connait.
Encore un très bon film du maître Danois.










mercredi 29 avril 2020

LE DIREKTOR DE LARS VON TRIER 2006







Synopsis :

Ravn a une entreprise d'informatique qu'il a monté avec l'argent de ses employés. Il a décidé de vendre sa boîte aux Islandais qui vont virer tout le monde sauf lui. Etant adoré par ses collègues et ne voulant pas assumer ses décisions, il décide d'embaucher un acteur pour jouer au faux patrons qui leur informera de toutes les mauvaises nouvelles.
Mais l'acteur va prendre son rôle un peu trop à cœur...




Une comédie acide et très scandinave (au sens protestant du terme) de Von Trier, le genre de film où le spectateur a un temps d'avance sur les personnages, sauf lors du coup de théâtre final.
Les interprètes, la plupart des familiers du réalisateurs, sont très impliqués notamment Jens Albinus qui est fantastique.
Un film drôle et réussi comme souvent avec les comédies basées sur l'absurde et le non-sens et peut-être le film le plus accessible du réalisateur.









mardi 28 avril 2020

DOGVILLE DE LARS VON TRIER 2003







Synopsis :

Etats-Unis dans les années 30 :

Durant le prologue, les habitants de Dogville, un petit village pauvre, nous sont présentés.
Par la suite Grace, une jeune citadine en fuite, débarque dans le village en pleine nuit. Elle est recueillie par Tom, un jeune homme  éduqué qui finira par tomber amoureux d'elle.
Grace est recherchée par la police et des gangsters et va essayer de se faire accepter par les villageois en travaillant pour chacun d'eux.
Mais la gentillesse et l'hospitalité de ceux-ci va rapidement disparaître...




Von Trier attaque sa trilogie des USA avec "Dogville", filmé entièrement dans un même décor, une scène de théâtre avec quelques accessoires et des marquages sur le sol.
L’ascétisme et la longueur du métrage peut rebuter au premier abord mais le talent des interprètes (Kidman, Ben Gazarra, Skarsgard, Harriet Andersson, Patricia Clarkson, James Caan...) est un atout considérable. 
"Dogville " est une critique sociale très acide avec beaucoup de sous-entendus politiques qui mérite définitivement une chance









lundi 27 avril 2020

DANCER IN THE DARK DE LARS VON TRIER 2000









Synopsis :

Etats-Unis, dans les années 60 :

Selma est est une immigrée tchèque et mère célibataire.
Atteinte d'une maladie héréditaire des yeux qui la laissera bientôt aveugle, elle travaille dur dans une usine pour économiser l'argent pour l'opération qui permettra à son fils de ne pas subir le même sort qu'elle.
Elle loue une caravane à Bill, un sheriff et sa femme très dépensière. Bill est criblé de dettes et ne voit comme solution que de voler les économies de Selma en profitant du fait qu'elle ne voit plus grand chose.
Selma s'en rend finalement compte et décide de récupérer son argent...les drames vont alors s'enchaîner...





Von Trier nous propose ici un mélodrame musical, genre plutôt rare, avec des parties musicales composées par Björk qui donne de sa personne pour une interprétation mémorable et saluée par de nombreuses récompenses.
David Morse et Peter Stormare ont des rôles à contre-emploi dans ce métrage crée dans un style proche du Dogme 95.
Un très bon chapitre qui clot la trilogie du "Cœur d'Or".










samedi 25 avril 2020

LES IDIOTS DE LARS VON TRIER 1998







Synopsis :

Karen, une femme un peu paumée, rencontre dans un restaurant huppé un groupe d'handicapés mentaux avec leur accompagnateurs.
Elle découvre ensuite qu'en fait il s'agit d'une bande d'amis qui jouent aux idiots en des happenings anti-bourgeois et anarchistes.
Leur credo : trouver son idiot intérieur et mettre le chaos dans une société conformiste.




Réalisé selon les principes du Dogme 95, que Von Trier a contribué à créer, a quelques exceptions près dont la scène de la partouze.
Un film iconoclaste, sorte de comédie trash, qui raconte l'histoire d'une bande de bobos qui en fait se révoltent contre leur propre statut social, d'où un cynisme qui fait tout l'intérêt du métrage. 
Karen est pratiquement le seul personnage vrai du film et se "sacrifiera" dans une scène finale remarquable.
On peut rapprocher cette histoire au chef d'oeuvre du Dogme, "Festen" de Vinterberg en un peu moins bien quand même.









vendredi 24 avril 2020

BREAKING THE WAVES DE LARS VON TRIER 1996







Synopsis :

En Ecosse du Nord, début des années 70,

Bess vit dans un village très religieux et n'appréciant que modérément les étrangers. Elle se marie avec Jan, qui travaille sur une plateforme pétrolière sur la Mer Du Nord, malgrés les réticences des religieux du village et vivent une véritable passion durant les quelques jours de la lune de miel. 
Mais Jan doit repartir en mer.
Quelques semaines après il a un accident qui le laisse pratiquement tétraplégique.
Au fil des semaines les deux amants retrouvés sont désespérés, surtout Jan qui ne se peut plus faire l'amour à Bess.
Il lui demande de prendre des amants et le film nous propose ensuite de découvrir ce qu'est le sacrifice ultime...




Premier volet de la trilogie du "Cœur d'Or" sur le thème du sacrifice dans l'amour selon un point de vue féminin.
Ce film, devenu un classique des années 90, est également une charge contre les extrémistes religieux et a fait définitivement rentrer Von Trier dans la cour des grands.
Filmé de manière ascétique, proche du Dogme 95, "Breaking The Waves" est un film clivant comme la plupart des oeuvres du cinéaste mais une expérience marquante dans une vie de spectateur.









jeudi 23 avril 2020

EUROPA DE LARS VON TRIER 1991







Synopsis :

1945,
Leopold Kessler est un américain d'origine Allemande qui décide d'aller en Allemagne pour aider à reconstruire le pays en ruine.
Il trouve un boulot de contrôleur de train dans la compagnie (imaginaire)Zentropa et devient un régulier de la famille des patrons de celle-ci ainsi que de leur fille Katharina.
Mais Leopold va devoir faire face a l'emprise colonisatrice de son pays d'origine et aux mouvements de résistance Néo-Nazi appelés Loups-Garous auquel appartient Katherina qu'il a épousé...





Dernier film "Européen" de Von Trier où le génie Danois fait preuve d'une virtuosité débridée (alternance de noir et blanc/couleur sur le même plan par exemple, tout ce qu'il se refusera ensuite lors de sa période Dogme 95).
Une histoire plutôt cynique d'un Amércain idéaliste pris entre deux feux, à rapprocher d'"Allemagne Année Zéro" de Rossellini que je trouve supérieur.
Pas mon Von Trier préféré de sa première trilogie mais un ouvrage techniquement et esthétiquement maîtrisé.









samedi 24 novembre 2018

SONATE D'AUTOMNE DE INGMAR BERGMAN 1978






Synopsis :

Eva invite sa mère Charlotte, une pianiste célèbre, après sept ans d'éloignement.
Celle-ci plutôt froide et égocentrée, qui rechigne d'abord à voir son autre fille handicapée vivant avec Eva, va vite faire éclater cette entente familiale de façade.
Les sourires de façade vont vite faire place à l'accouchements des rancœurs trop longtemps enfouies en une nuit de la vérité qui laisse les spectateurs bouche bée...







Film tourné en Norvège pour cause d'exil fiscal du réalisateur, premier et seul film avec la célèbre actrice homonyme (il y aura des tensions entre les deux génies) qui fera sa dernière apparition sur l'écran .
C'est un huis clos familial oppressant, d'une rare tension psychologique porté par un duo d'actrices transfigurées (Liv Ullmann surtout qui aurait mérité un prix) et dont le sujet même permet une identification facile (à l'instar de "Festen" 20 ans après).
Ingrid y est ici fidèle à la légende qu'elle fut mais que dire de Liv Ullmann dans la fameuse séquence où son personnage dit ses quatre vérités à sa mère est d'une intensité rare, peut-être la plus grande interprétation d'un acteur (quelque soit le genre ici) de l'histoire de l'Art de la comédie : bouche bée, oui, ainsi que devant un virtuose jouant un solo comme si sa vie en dépendait.
A noter un rare rôle masculin majoritairement positif (Bergman est un réalisateur féministe, ainsi que Liv Ullmann) et l'interprétation de Lena Nyman dans le rôle de la sœur handicapée qui est mémorable.
Cette "Sonate" est la dernière œuvre de cinéma de Bergman Ingmar et aussi celle de Bergman Ingrid, chant du signe, et peut-être un des plus beaux films jamais crées.
Une justification à l'existence du cinéma...
















vendredi 23 novembre 2018

SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE DE INGMAR BERGMAN 1973







Synopsis :

Dix ans de la vie d'un couple trentenaire en six scènes, six journées, de l'amour à la séparation, du divorce jusqu'aux retrouvailles.





Biopsie d'un couple de classe moyenne :

Série télé en six épisodes de 50 minutes à la base, ce film en est l'adaptation raccourcie de cette histoire à huis clos d'un couple qui pense leur relation plus qu'il ne le vit, ce qui va entraîner toute ces péripéties qui forment une sorte de cercle imparfait.
Les gros plans sur le visage de Liv Ullmann, qui sera récompensée pour son travail, dans les scènes de dialogues quand son personnage écoute son partenaire sont remarquables. 
Une interprétation très théâtrale due au huis clos, d'une qualité très équilibrée entre les deux protagonistes. La scène de dispute entre les amis du couple, joués par Bibi Andersson et Jan Malmsjö, lors du premier épisode est très impressionnante de crudité, de naturalisme et finalement de cruauté.








jeudi 22 novembre 2018

CRIS ET CHUCHOTEMENTS DE INGMAR BERGMAN 1972







Synopsis :

Au XIXème siècle, pendant la Belle Epoque, Agnès est mourante.
Veillée par ses deux sœurs, très différentes l'une de l'autre et plutôt indifférentes, et par sa servante Anna, la dévotion même.
L'agonie est longue et la mort servira de révélateur aux deux sœurs restantes...






Chronique familiale et sociale avec une incursion dans le fantastique, portraits de femmes très différentes par un recours au flashback pour chaque protagonistes (même si Agnès la mourante est le personnage le moins développé).
Ce film est l'austérité Bergmanienne typique qui sera parfois moquée par la suite mais ses qualités (photographiques notamment, presque monochromatique) l'emportent largement. Dans cette œuvre bouleversante, le silence, les regards et les gestes sont plus importants que les mots qui ne sont ici que mensonges la plupart du temps.
Une interprétation admirable des quatre actrices et en particulier d'Harriet Andersson qui joue l'agonie d'une femme en phase terminale du cancer avec un réalisme rare et qu'il m'a été très pénible de regarder pour raisons personnelles.
Les quatre actrices auraient mérité un prix d'interprétation collectif, chacune jouant un pendant émotionnel de la Femme : la haine et la froideur du personnage de Karin, l'insouciance et la transparence de celui de Maria, la lumière et le besoin d'amour qu'incarne le personnage d'Agnès et enfin l'amour maternel et absolu de la servante Anna.