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vendredi 31 juillet 2026

ARMAGUEDON DE ALAIN JESSUA 1977

 





Synopsis :

Louis Carrier, célibataire, vient de recevoir une forte somme d'argent de l'assurance vie de son frère fraîchement décédé. Avec son ami simple d'esprit qu'il nomme "Einstein" et après avoir quitté son emploi médiocre il a décidé de devenir célèbre.
Dorénavant il se fera appeler "Armaguedon", se prendra en photo avec les grands de ce monde, déguisé avec une fausse barbe et une perruque et finira par faire chanter quelques nations.
Un flic fait appel au psychologue Ambroise pour tenter de démasquer le déséquilibré...




 

Ce thriller réalisé par l'artisan du cinéma de genre français nommé Jessua est produit par Delon.
Le précédent film de Jossua (avec Girardot, Duchaussoy et Delon égallement) était un navet d'un rare cynisme. Ici, l'histoire est à peu près autant invraissemblable et on retrouve un Delon aussi peu concerné. Le message du film rassemble à peu près tout ce qu'on trouvait à l'époque en matière d'anarchisme un peu naïf.
Les éléments positifs se trouvent dans l'interprétation de Jean Yanne et surtout de Renato Girardot Salvatori dans le rôle de l'innocent ami du dernier (d"ailleurs la denière scène est peut-être la meilleure/bonne du métrage).
À voir une fois à la rigueur si on a rien d'autre à faire : ça dure 90 minutes et s'oublie en beaucoup moins de temps.


















dimanche 19 juillet 2026

LA FIANCEE DU PIRATE DE NELLY KAPLAN 1969

 





Synopsis :

Marie est une belle romanichelle employée aux basses oeuvres dans une ferme. À peu près tous les hommes du village lui passent dessus, y compris sa patronne.
Sa mère est retrouvée morte écrasée par un chauffard, probablement un gars du village, mais le maire décide de déclarer cette mort comme accidentelle. Peu après le bouc adoré de Marie se prend un coup de fusil du facteur/garde champêtre frustré des refus de la bohémienne de se donner à lui.
D'ailleurs Marie ne se donnera dorénavant plus mais fera payer le prix fort de son sensuel corps.
Elle va doucement entraîner le village dans sa déchéance, tissant ainsi sa vengeance...








Pour son premier long, la réalisatrice (encore assez rare à l'époque) nous sert une sorte de satire féministe et surréaliste qui brocarde la petitesse des bouseux (certaines scènes faisant penser aux "Deschiens" comme celle avec le scout puceau) et un certain conformisme.
Pour incarner la sorcière tentatrice, Bernadette Lafont et son corps incroyable est l'actrice idéale, nous montrant ici une grande palette de nuances dans son jeu. On peut d'ailleurs penser au futur "L'été En Pente Douce" avec sa fille Pauline.
Ce film est une des nombreuses oeuvres qui suivront, dans le Nouvel Hollywood surtout, narrant la lente libération de la femme.
Le film fera scandale, sera censuré (comme "La Maman Et La Putain" d'Eustache avec la même Bernadette) en étant classé comme immoral mais reste une iconoclaste oeuvre typique de cette époque bénie.















samedi 18 juillet 2026

LA FÊTE À HENRIETTE DE JULIEN DUVIVIER 1952

 






Synopsis :

Deux scénaristes très différents imaginent leur nouveau film :

Henriette est née un 14 juillet, qui est aussi le jour de sa fête et c'est justement le jour de la fête nationale. Elle a rendez-vous avec son amoureux, un reporter photographe nommé Robert.
Mais Robert a reçu une lettre d'une jolie écuyère et échafaude un plan pour honorer ce rendez-vous. Un voleur s'éprend de son côté de notre Henriette qui va vivre quelques aventures de son côté...au gré des facéties de nos deux scénaristes qui changeront souvent d'avis.





 


Duvivier et Janson s'amusent avec cette mise en abyme qu'est cette comédie romantique bourée de citations, brisant même le quatrième mur à la toute fin.
Des habitués du réalisateur passent devant la caméra (Michel Roux, Julien Carette) ainsi que Michel Auclair, la parigote Odette Laure qui joue sa grue habituelle et Louis Seigner en scénariste qui ne sent laisse pas écrire.
On suit l'histoire en sachant qu'à tout moment celle-ci peut prendre un chemin différent à coup de gomme de scribouillard.
À noter que pour du Duvivier, l'histoire est plutôt joyeuse pour une fois.
Un film festif et familial.










vendredi 17 juillet 2026

LAC AUX DAMES DE MARC ALLEGRET 1934

 





Synopsis :

En autriche, où on se rend compte que les gens parlent un français parfait, 
Un jeune homme débarque dans une station balnéaire du lac de Constance pour y travailler comme maître-nageur. Il est pauvre mais beau comme dirait Dino Risi. Les femmes sont toutes folles de lui et surtout Danny, la fille d'un bourgeois un peu anar joué par un acteur genevois tout aussi anar.
Il est aussi un peu con alors il décide de traverser le lac à la nage, de nuit, tout ça pour se retrouver épuisé, près de se noyer. Une barque ne passait pas par là manoeuvrée par l'ingénue Puck, tout juste sortie de l'enfance.
Les deux deviennent amis, Puck voudrait même un peu plus mais le maître-nageur n'a d'yeux que pour sa riche blonde.
Il demande la main de son amoureuse à son père mais se fait humilier par celui-ci. Il tombe ensuite malade et se dispute avec Puck.
Les choses semblent donc aller de mal en pis...







Cette adaptation d'un roman autrichien est signée d'entre autre Colette et a pour vedette le jeune premier Jean-Pierre Aumont et la débutante Simone Simon (qui m'avait exaspéré dans "La Bête Humaine" de Renoir, au contraire d'ici, comme quoi). Un autre Simon a le court rôle du père de la blonde.
Le film commence comme une comédie romantique pour trouver un ton plus grave vers la fin, quelques chansons parsèment le métrage comme il était de coutume dans ses années-là.
Un bon divertissement, des excellents Simon et Simon, un cadre tyrolien préservé du climat politique de l'époque et de jolies pépées tournant autour de l'apollon Aumont.

















samedi 27 juin 2026

NUIT D'OR DE SERGE MOATI 1976

 





Synopsis :

Michel Fournier est censé être mort et incinéré mais est toujours fringuant. Il revient se venger de ceux qui lui ont fait du tort, leur envoyant d'abord d'inquiétantes poupées à leur effigie puis en enlevant la fille de son frère (en fait sa propre fille).
Fournier en fantôme, une secte de cinglés (pléonasme), une atmosphère surréaliste et glauque...







Une curiosité que ce premier film de Moati, sorte de thriller fantastique porté par des personnages tous plus ou moins tarés et ambigus et surtout un certain sens de la distribution : 

Klaus Kinski incarne Michel Fournier, sorte de personnage central qu'on fait passer pour un psychopathe pervers (ce qu'était Kinski) jusqu'à ce que...regardez jusqu'à la fin. Kinski est lui-même, il joue à peine et est toujours fascinant.
Blier joue un flic qui a trop navigué en zone grise, corrompu à l'excès et donc corvéable.
Jean-Luc Bideau joue le frère de Michel Fournier et s'avérera un personnage clé de l'histoire. Marie Dubois est excellente ainsi qu'Annie Duperey dans un rôle assez marquant de tarée inquiétante.
L'alors jeune Valérie Pascal(e), avant d'être élue miss France 1986, hérite du rôle très compliqué de la petite qui sera enlevée et séquestrée (un des sujets les plus rares et tabous dans le cinéma). Elle y est prodigieuse et c'est dommage qu'elle n'ait pas continué dans le métier.
Maurice Ronet, la raison originale pour laquelle j'ai regardé ce film hérite du rôle de "Nuit D'or", petit rôle de patron de salle de jeu clandestine qui sera une sorte de motivation pour certains personnages.


Un thriller remarquable, dans le sens marquant, que je rapprocherais du futur travail d'un David Lynch pour l'atmosphère, les personnages troubles, flous et un récit alambiqué.
















vendredi 26 juin 2026

STUPEUR ET TREMBLEMENTS DE ALAIN CORNEAU 2003

 





Synopsis :

L'histoire d'Amélie, une jeune femme belge, embauchée pendant un an dans une grande entreprise tokyoïte comme traductrice, ayant passée les cinq premières années au Japon.
Amélie est étrangère et on va vite lui faire comprendre, à coup d'humiliations de plus en plus prononcées : de traductrice, onnlui confiera des postes de plus en plus dégradants jusqu'aux toilettes...






Corneau est aux manettes pour cette adaptation de l'autobiographie romancée d'Amélie Nothomb sur son retour en terre nippone.
C'est la lyonnaise Sylvie Testud qui interprète la double de la romancière en abattant un boulot phénoménal en s'exprimant principalement en japonais.
Le film est surtout l'occasion de mettre le focus sur les relations sociales entre les japonais et la très haute opinion qu'ils ont d'eux-mêmes.
Les japonais se pensent les maîtres du monde et traitent les étrangers (sauf ceux de passages, touristes, clients et représentants divers) comme une sous-espèce.
Le cinéphile est ravi de la référence à "Furyo" de Oshima et en général, les amateurs de cinéma japonais seront en terre connue.
On est quand-même loin des fulgurances des premiers Corneau ou même de "Tous Les Matins Du Monde" et en 2003, le cinéma français n'avait déjà plus grand chose de relevant (c'est encore pire aujourd'hui) mais pour la Testud et l'esprit décalé de la Nothomb, ce film est assez plaisant.
















vendredi 22 mai 2026

À COEUR JOIE DE SERGE BOUGUIGNON 1967

 





Synopsis :

Cécile est mariée à Philippe, ils s'aiment mais s'ennuient. Lors d'un bal du 14 juillet, elle rencontre brièvement Vincent.
Cécile décide de partir 2 semaines à Londres pour poser pour des photos et comme le monde est petit, elle y rencontre Vincent qui passait par là.
Elle le repousse d'abord, voulant être fidèle à son Philippe, mais après de nombreux efforts du jeune homme oisif et rebelle, commence à avoir des sentiments pour lui.
Elle s'enfuit avec lui en Ecosse, deviennent amant et tombent amoureux mais l'heure est venue pour la belle de choisir...







Cette production binationale a une histoire, se passant en grande partie en Grande Bretagne, assez rudimentaire mais le principal n'est pas dans le récit mais plus dans la narration, autrement dit la forme.
La bébé met du sien pour incarner l'objet des désirs de deux hommes dont l'un, le mari qui finira cocu, est joué par un Rochefort glabre qui apparait seulement dans les dix premières minutes du film.
Terzieff joue son rebelle qu'il connaissait bien à l'époque, un nonconformiste qui finira par dévoiler ses félures.
Notre Brigitte regrettée est celle qui m'a le plus impressionné : elle avait 15 ans de métier à l'époque, beaucoup moins encore devant elle et commençait à avoir depuis sacrément la main. Je l'ai rarement vu montrer autant de nuances dans son jeu. 
Bardot est la raison principale pour laquelle ce film vaut son coup de mirettes, puis le swinging London et enfin la musique.
















jeudi 14 mai 2026

MORT UN DIMANCHE DE PLUIE DE JOEL SANTONI 1986

 





Synopsis :

David, Elaine et leur petite fille "Cric" vivent dans un coin perdu de Haute Savoie, sur les hauteurs du Léman, dans une maison ultramoderne dessinée par David dont c'est le métier.
Il y pleut tout les jours et on s'y ennuie ferme, surtout Elaine, de plus le couple doit faire face à des problèmes d'argent.
Un jour (de pluie), un couple étrange débarque dans une caravane : le mari est manchot, sa femme instable comme on le verra assez vite, et leur petite fille semble muette.
Le mari force presque David à l'embaucher comme jardinier, quand Elaine se voit proposer par un ancien amant producteur de diriger un studio d'enregistrement à Lausanne, ils embauchent la femme du manchot comme baby-sitter.

La famille du manchot a en fait un but bien précis : celui de faire payer à David la perte du bras du gars, et c'est toute sa famille qui va prendre cher...








Ce réalisateur à la carrière modeste nous propose ce thriller tendant parfois vers l'horreur qui vaut surtout pour son casting à contre-emploi.
Embaucher Dominique Lavanant dans le rôle de l'épouse cintrée de son mari qui ne l'est à peine moins, Jean-Pierre Milo dans un rôle de gentil (ça fait bizarre quand on a vu d'autres films avec lui), Jean-Pierre Bacri dans un rôle de victime (pas blanc blanc mais quand-même, c'était surtout l'époque où il jouait autre chose que le râleur qui a fait ensuite sa légende).
La photographie et le style est typique de l'époque, celle de la nouvelle nouvelle vague des années 80 : Besson, Beinex, Annaud, Carax.
Le décor froid et inhumain de la maison est bien vu, installant la tension qui doit seoir à ce genre du thriller.

Quelques ratés néanmoins : les trucs archivus dans les films d'horreur dont le méchant qui ne veut pas mourir, les scènes de couloirs interminables et certaines choses téléphonées comme les balles à blanc. La prestation de Nicole Garcia, aussi est très moyenne, c'est peut-être la seule erreur de casting (on ne sent pas l'angoisse que doit avoir son personnage).

Ce thriller vaut le coup d'être vu rien que par la performance hallucinante de Dominique Lavanant (le vrai méchant du film) qui rappelle un peu celle de Anthony Perkins dans "Psychose", le rôle de la gamine "muette" et celui de la fille des victimes, "Cric".
Une curiosité, à voir avec "L'homme Qui Voulait Savoir" de 1988...

















samedi 9 mai 2026

EN TOUTE INNOCENCE DE ALAIN JESSUA 1988

 





Synopsis :

En Gironde, région viticole où il fait bon déguster une bonne bouteille de bourgogne, Paul est un chef d'entreprise qui a réussi. Il vit dans un domaine avec son fils Thomas et sa bru Catherine, ainsi que sa fidèle servante Clémence.
Un jour, Thomas doit partir en voyage d'affaire en Suisse et Paul doit partir le rejoindre quelques heures après. Sur la route Paul se rend compte qu'il a oublié son billet d'avion et revient chez lui. Il surprend Catherine couchée sur le dos, les jambes écartées avec un collègue de Thomas au dessus d'elle. Il reprend la route à vive allure et sa voiture s'encastre dans un camion.
Il se réveille les jambes brisées, voyant Catherine dans sa chambre d'hôpital, il décide de prétendre avoir perdu la parole. Il décide ensuite de ne rien dire de l'adultère à son fils.
Va ensuite commencer une guerre psychologique entre le patriarche et sa bru pas farouche de la croupe...







Avec le père Jessua, il faut s'attendre au pire , le nanar "Traitement de Choc" avec pourtant Girardot et Delon, comme au mieux, "Paradis Pour Tous", dit le dernier Dewaere.
Le réalisateur nous sert un thriller girondin, en grande partie à huis clos tournant autour de la confrontation d'abord psychologique puis physique entre Michel Serrault dans un fauteuil roulant et Nathalie Baye, bye dans un rôle étonnant qui constitue la raison principale pour laquelle il faut regarder ce film.
Le suspense n'est pourtant guère présent puisque la personne qui tente d'assassiner Serrault est bien celle à qui on pensait depuis le début (il y avait plus subtil, un coup de théâtre est toujours plus remarquable).
La qualité du film tient en l'interprétation de notre regrettée Nathalie qui hérite ici d'un rôle trouble, gris, presque de méchante : elle joue ici dans des tons qui ne lui sont pas habituels et c'est un ravissement pour le cinéphile qui se respecte.
Mention spéciale pour Suzanne Flon qui joue la servante/confidente (et apparemment ancienne amante) de Serrault, elle boit, elle fume, roule en mobylette et ne cause même pas.

Au final, un des meilleurs Jessua, ce n'est pas difficile en même temps, des citations à tout va ("Psychose" et "Fenêtre Sur Cour" du Hitch principalement) et Nathalie dans un rôle de chaudasse vindicative.





 











vendredi 8 mai 2026

RIVE DROITE, RIVE GAUCHE DE PHILIPPE LABRO 1984

 





Synopsis :

Paul est l'avocat du puissant et corrompu Pervillard, qui a le bras long. Il est soupçonné d'avoir détourné un cargo de nourriture mais grâce à Paul, gagne tous ses procès en diffamation.
Une taupe fournit à Paul la preuve comme quoi Pervillard a bien détourné le cargo, ce qui va le faire basculer et enlever ses scrupules.
De l'autre côté de la Seine, enfin de l'Yonne, vit Sacha, une attachée de presse divorcée avec un enfant, qui peine à joindre les deux bouts à cause de son honnêteté et son refus de coucher pour réussir.
Paul et Sacha vont se rencontrer, l'avocat va tomber amoureux d'elle mais se heurter au refus de la belle.
Lors d'une émission télé avec Pervillard et Paul, l'avocat fait des insinuations devant le financier, déclenchant la colère vindicative de celui-ci, mais aussi de l'associé de Paul et de sa femme qui découvrira la relation entre lui et Sacha.
Les deux finissent par s'aimer mais devront faire face à des menaces de plus en plus violentes...








Le dernier film de Labro montre une science du casting bien huilée, les deux interprètes féminines surtout sont remarquables : Carole Bouquet dans un rôle d'épouse blessée qui finira par devenir une menace pour celui de Sacha interprétée par Nathalie Baye, bye qui trouve ici un de ses meilleurs rôles (la scène de l'agression chez elle et toutes en général dans ce thriller).
Depardieu joue un personnage qu'il a beaucoup pratiqué dans ces années 80 là, le colosse au cœur fragile, parfois bouleversant.
Bernard Fresson joue ce qu'il était dans la vie : un connard.
Labro et sa femme tissent un scénario aux petits oignons pour ce thriller politique et financier sous fond de corruption, la fin de cette histoire prouve la passion qu'avait le Philippe pour les USA (d'ailleurs ce que j'ai le moins aimé...les fins heureuses...)

C'est dommage que Labro n'ait pas persévéré dans la réalisation (c'est un de ses meilleurs crus), c'est aussi dommage de voir Paris au milieu des années 80 et de voir ce qu'il est devenu aujourd'hui.







 







jeudi 7 mai 2026

UNE ETRANGE AFFAIRE DE PIERRE GRANIER-DEFERRE 1981

 





Synopsis :

Louis, marié à Nina, travaille depuis deux ans au service publicité d'un grand magasin. En fait il passe sa journée à glander au bureau et jouer aux cartes avec ses copains le soir.
Un jour, on annonce l'arrivée d'un certain Malair, le nouveau patron,  chargé de redresser la barre et de procéder aux licenciements qui découle de toutes reprise.
Bizarrement, Louis n'est pas de la charrette et est même promu chef.
On lui demande surtout d'être disponible 24/24, 7 jours sur 7, ce qui finit par arriver assez vite.
Louis va tout donner à son patron ; son temps, sa famille, sa vie de couple jusqu'à se perdre et s'effacer...








Cette adaptation d'un roman de Jean-Marc Roberts "Affaires Etrangères" est assez remarquable dans l'analyse d'une sorte de vampirisme qu'est le harcèlement, ici toujours latent et bienveillant, consistant à vider un homme de son essence, de prendre le contrôle de sa vie tel une sorte de virus.
Michel Picolli (qui en tant que communiste, a dû beaucoup apprécier  le rôle) joue ce vampire, sorte de figure paternelle pour sa proie, un pauvre type joué par le gars Lanvin, Gérard de son prénom.
Nathalie Baye, bye joue la victime collatérale de ce désastre social et Jean-Pierre Kalfon joue l'homme à tout faire et peut-être plus, du patron aux mœurs étranges.
Une œuvre remarquable, emplie de cynisme et de noirceur, une sorte de thriller de classes en somme.
Avec en prime Philippe Sarde à la partition.
















samedi 14 mars 2026

LES MARIES DE L ' AN II DE JEAN-PAUL RAPPENEAU 1971

 





Synopsis :

Pendant la révolution, 

Nicolas Philibert est exilé aux jeunes Etats-Unis après avoir tué un baron qui tournait autour de sa femme, Charlotte. Il y a depuis fait fortune et s'apprête à épouser la fille de son patron mais un jaloux s'oppose au mariage en dénonçant la situation matrimoniale de notre héros, toujours marié à Charlotte.
La seule solution pour épouser sa belle américaine est de retourner en France, dans sa Nantes natale, pour retrouver Charlotte et lui demander de divorcer.
Mais après avoir traversé l'Atlantique, c'est une France déchirée entre les Chouans, les menaces étrangères et la terreur qu'il retrouve. 
D'ailleurs, même pas mis les pieds sur le sol natal qu'il est déjà arrêté...





On comprend que Bébel ait quitté sa suissesse pour la belle italienne !


Comédie de cape et d'épée à la distribution alléchante, Bébel et le mariole de sa bande comme narrateur, Charles Denner dans un rôle court mais bon, la Jobert et la future Bébel (Laura Antonelli), Pierre Brasseur dans un de ses derniers rôles, Julien Guiomar dans une sorte de Mélenchon de l'époque et un vert Dewaere la fin.
L'histoire est de Rappeneau, Sautet et Maurice Clavel.
On rigole bien et il y a de l'action, il y a beaucoup de second degré (on était au vingtième siècle, à l'époque où c'était autorisé) et de gros moyens ont été déployé pour que le spectacle soit total.





Denner est à lui seul une raison pour regarder un film












LE DESERTEUR OU JE T ' ATTENDRAI DE LEONIDE MOGUY 1939

 





Synopsis :

En 1918, un convoi transportant des poilus est bombardé par un avion allemand, détruisant la voie en amont.
Des soldats sont réquisitionnés pour chercher de quoi réparer, l'un  d'entre eux, Paul, se porte volontaire.
En fait, il compte bien s'échapper une heure ou deux car le train s'est arrêté à côté de son village et il compte bien revoir ses parents et surtout comprendre pourquoi il ne reçoit plus de lettres de sa bien-aimée...







Ce film sur la soit-disante der des der, tourné avant la deuxième, a une histoire assez simple même si il y a un vague fond politique (le personnage du méchant cabaretier dénonçant les déserteurs, et pendant la Grande Guerre, ça ne rigolait pas trop pour eux) antimilitariste qui essaie de surnager ci ou là.
La forme par contre est assez remarquable, une très belle photographie rappelant le Muet, une poésie diffuse et une interprétation sans faille; de la part de Jean-Pierre Aumont, de Berthe Bovy qui joue la mère du soldat et de la belle et talentueuse Corinne Luchaire qui joue l'amoureuse. Des têtes connues de l'époque comme Raymond Aimos et Robert Legris complètent la distribution.
Une curiosité que ce film pas très connu mais qui mérite l'attention.