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samedi 16 mai 2026

LE PLUS SAUVAGE D'ENTRE TOUS DE MARTIN RITT 1963

 





Synopsis :

Une vache morte est trouvée sur la terre de l'éleveur Homer Bannon, les vétérinaires prélèvent un peu de sang sur la bête pour savoir si ce n'est pas la fièvre aphteuse.
Homer vit avec son petit-fils, enfant du sien décédé dans un accident de voiture, le rêveur et posé Lon, 17 ans. Il vit aussi avec sa bonne, une femme entre deux âges qui trouble les hommes de la familles.
Il y a aussi Ted, le sauvage de l'histoire, fils d'Homer, alcoolique, couchant avec les femmes mariées de la ville, violent et rebelle.
Homer et Ted se haïssent, peut-être parce que le dernier est responsable de la mort de son frère et père de Lon, peut-être aussi que deux générations s'affrontent ici, deux époques...







Ce "western" comme ils disent, est d'abord l'occasion de voir évoluer Paul Newman dans un rôle ambigu de rebelle à la James Dean ou Marlon Brando : on ne sait pas trop au départ si le personnage est juste un connard ou bien.
On est en présence d'un film du Nouvel Hollywood présentant des personnages gris, des antihéros interprétés par un jeu moderne, "la méthode" principalement, servant une histoire passionnante sur un west crépusculaire.
Patricia Neal joue la bonne qui sera l'intérêt des deux jeunes hommes, histoire qui culminera dans une scène de presque viol, elle y est excellente et recevra un Oscar pour sa prestation.
Ce film m'a fait penser à "La Denière Séance" de Bogdanovich, c'est un peu sa soeur ainée à qui on a affaire ici. L'histoire partage certains thèmes avec ceux des films de Peckinpah comme la fin d'une ère par exemple.
Un très bon film américain, car non hollywoodien, donc recommandable.
















vendredi 15 mai 2026

UNE CERTAINE RENCONTRE DE ROBERT MULLIGAN 1963

 





Synopsis :

New York, 
Rocky est un musicien délétaire, un peu irresponsable, vivotant à droite à gauche. Il est un jour abordé par une jeune et très jolie femme qu'il ne reconnait pas tout de suite. Elle lui dit qu'elle est enceinte de lui et lui demande l'adresse d'un médecin pour avorter.
D'abord embarrassé, il décide de l'aider et même de partager les frais.
Angela, de son nom, est d'une famille italo-américaine comme Rocky, elle rêve du prince charmant et ses frères veulent la marier à un rondouillard maladroit, chef de cuisine.
Rocky et Angela vont vivre bien des aventures : échapper à la famille de la belle, refusant l'avortement clandestin à l'hygiène douteuse. Le musicien finit par la demander en mariage mais Angela refuse, ne voulant pas être épousée par pitié.
Mais Rocky est vraiment devenu dingue d'Angela...








Cette comédie dramatique et romantique, sous fond social, ici l'avortement, et les traditions vieillotes en ces années 60 donne l'effet d'une oeuvre de transition. Le côté comédie romantique fait plutôt penser au cinéma de studio un peu (beaucoup) concon, typique du cinéma américain que j'exècre et l'autre pan plus social, urbain, filmé dans le jus italo-américain avec le king of cool qui montre une facette différente de ses talents fait penser plus au Nouvel Hollywood alors  naissant.
McQueen est surprenant dans des scènes comiques, donc, et Nathalie Wood est hypnotique dans un rôle de mignone qui veut prendre son destin en main, bref une femme moderne.
Un film attachant, très bien fichu qui plaira aux cinéphiles comme au tout-venant des spectateurs.


















jeudi 14 mai 2026

MORT UN DIMANCHE DE PLUIE DE JOEL SANTONI 1986

 





Synopsis :

David, Elaine et leur petite fille "Cric" vivent dans un coin perdu de Haute Savoie, sur les hauteurs du Léman, dans une maison ultramoderne dessinée par David dont c'est le métier.
Il y pleut tout les jours et on s'y ennuie ferme, surtout Elaine, de plus le couple doit faire face à des problèmes d'argent.
Un jour (de pluie), un couple étrange débarque dans une caravane : le mari est manchot, sa femme instable comme on le verra assez vite, et leur petite fille semble muette.
Le mari force presque David à l'embaucher comme jardinier, quand Elaine se voit proposer par un ancien amant producteur de diriger un studio d'enregistrement à Lausanne, ils embauchent la femme du manchot comme baby-sitter.

La famille du manchot a en fait un but bien précis : celui de faire payer à David la perte du bras du gars, et c'est toute sa famille qui va prendre cher...








Ce réalisateur à la carrière modeste nous propose ce thriller tendant parfois vers l'horreur qui vaut surtout pour son casting à contre-emploi.
Embaucher Dominique Lavanant dans le rôle de l'épouse cintrée de son mari qui ne l'est à peine moins, Jean-Pierre Milo dans un rôle de gentil (ça fait bizarre quand on a vu d'autres films avec lui), Jean-Pierre Bacri dans un rôle de victime (pas blanc blanc mais quand-même, c'était surtout l'époque où il jouait autre chose que le râleur qui a fait ensuite sa légende).
La photographie et le style est typique de l'époque, celle de la nouvelle nouvelle vague des années 80 : Besson, Beinex, Annaud, Carax.
Le décor froid et inhumain de la maison est bien vu, installant la tension qui doit seoir à ce genre du thriller.

Quelques ratés néanmoins : les trucs archivus dans les films d'horreur dont le méchant qui ne veut pas mourir, les scènes de couloirs interminables et certaines choses téléphonées comme les balles à blanc. La prestation de Nicole Garcia, aussi est très moyenne, c'est peut-être la seule erreur de casting (on ne sent pas l'angoisse que doit avoir son personnage).

Ce thriller vaut le coup d'être vu rien que par la performance hallucinante de Dominique Lavanant (le vrai méchant du film) qui rappelle un peu celle de Anthony Perkins dans "Psychose", le rôle de la gamine "muette" et celui de la fille des victimes, "Cric".
Une curiosité, à voir avec "L'homme Qui Voulait Savoir" de 1988...

















samedi 9 mai 2026

EN TOUTE INNOCENCE DE ALAIN JESSUA 1988

 





Synopsis :

En Gironde, région viticole où il fait bon déguster une bonne bouteille de bourgogne, Paul est un chef d'entreprise qui a réussi. Il vit dans un domaine avec son fils Thomas et sa bru Catherine, ainsi que sa fidèle servante Clémence.
Un jour, Thomas doit partir en voyage d'affaire en Suisse et Paul doit partir le rejoindre quelques heures après. Sur la route Paul se rend compte qu'il a oublié son billet d'avion et revient chez lui. Il surprend Catherine couchée sur le dos, les jambes écartées avec un collègue de Thomas au dessus d'elle. Il reprend la route à vive allure et sa voiture s'encastre dans un camion.
Il se réveille les jambes brisées, voyant Catherine dans sa chambre d'hôpital, il décide de prétendre avoir perdu la parole. Il décide ensuite de ne rien dire de l'adultère à son fils.
Va ensuite commencer une guerre psychologique entre le patriarche et sa bru pas farouche de la croupe...







Avec le père Jessua, il faut s'attendre au pire , le nanar "Traitement de Choc" avec pourtant Girardot et Delon, comme au mieux, "Paradis Pour Tous", dit le dernier Dewaere.
Le réalisateur nous sert un thriller girondin, en grande partie à huis clos tournant autour de la confrontation d'abord psychologique puis physique entre Michel Serrault dans un fauteuil roulant et Nathalie Baye, bye dans un rôle étonnant qui constitue la raison principale pour laquelle il faut regarder ce film.
Le suspense n'est pourtant guère présent puisque la personne qui tente d'assassiner Serrault est bien celle à qui on pensait depuis le début (il y avait plus subtil, un coup de théâtre est toujours plus remarquable).
La qualité du film tient en l'interprétation de notre regrettée Nathalie qui hérite ici d'un rôle trouble, gris, presque de méchante : elle joue ici dans des tons qui ne lui sont pas habituels et c'est un ravissement pour le cinéphile qui se respecte.
Mention spéciale pour Suzanne Flon qui joue la servante/confidente (et apparemment ancienne amante) de Serrault, elle boit, elle fume, roule en mobylette et ne cause même pas.

Au final, un des meilleurs Jessua, ce n'est pas difficile en même temps, des citations à tout va ("Psychose" et "Fenêtre Sur Cour" du Hitch principalement) et Nathalie dans un rôle de chaudasse vindicative.





 











vendredi 8 mai 2026

RIVE DROITE, RIVE GAUCHE DE PHILIPPE LABRO 1984

 





Synopsis :

Paul est l'avocat du puissant et corrompu Pervillard, qui a le bras long. Il est soupçonné d'avoir détourné un cargo de nourriture mais grâce à Paul, gagne tous ses procès en diffamation.
Une taupe fournit à Paul la preuve comme quoi Pervillard a bien détourné le cargo, ce qui va le faire basculer et enlever ses scrupules.
De l'autre côté de la Seine, enfin de l'Yonne, vit Sacha, une attachée de presse divorcée avec un enfant, qui peine à joindre les deux bouts à cause de son honnêteté et son refus de coucher pour réussir.
Paul et Sacha vont se rencontrer, l'avocat va tomber amoureux d'elle mais se heurter au refus de la belle.
Lors d'une émission télé avec Pervillard et Paul, l'avocat fait des insinuations devant le financier, déclenchant la colère vindicative de celui-ci, mais aussi de l'associé de Paul et de sa femme qui découvrira la relation entre lui et Sacha.
Les deux finissent par s'aimer mais devront faire face à des menaces de plus en plus violentes...








Le dernier film de Labro montre une science du casting bien huilée, les deux interprètes féminines surtout sont remarquables : Carole Bouquet dans un rôle d'épouse blessée qui finira par devenir une menace pour celui de Sacha interprétée par Nathalie Baye, bye qui trouve ici un de ses meilleurs rôles (la scène de l'agression chez elle et toutes en général dans ce thriller).
Depardieu joue un personnage qu'il a beaucoup pratiqué dans ces années 80 là, le colosse au cœur fragile, parfois bouleversant.
Bernard Fresson joue ce qu'il était dans la vie : un connard.
Labro et sa femme tissent un scénario aux petits oignons pour ce thriller politique et financier sous fond de corruption, la fin de cette histoire prouve la passion qu'avait le Philippe pour les USA (d'ailleurs ce que j'ai le moins aimé...les fins heureuses...)

C'est dommage que Labro n'ait pas persévéré dans la réalisation (c'est un de ses meilleurs crus), c'est aussi dommage de voir Paris au milieu des années 80 et de voir ce qu'il est devenu aujourd'hui.







 







jeudi 7 mai 2026

UNE ETRANGE AFFAIRE DE PIERRE GRANIER-DEFERRE 1981

 





Synopsis :

Louis, marié à Nina, travaille depuis deux ans au service publicité d'un grand magasin. En fait il passe sa journée à glander au bureau et jouer aux cartes avec ses copains le soir.
Un jour, on annonce l'arrivée d'un certain Malair, le nouveau patron,  chargé de redresser la barre et de procéder aux licenciements qui découle de toutes reprise.
Bizarrement, Louis n'est pas de la charrette et est même promu chef.
On lui demande surtout d'être disponible 24/24, 7 jours sur 7, ce qui finit par arriver assez vite.
Louis va tout donner à son patron ; son temps, sa famille, sa vie de couple jusqu'à se perdre et s'effacer...








Cette adaptation d'un roman de Jean-Marc Roberts "Affaires Etrangères" est assez remarquable dans l'analyse d'une sorte de vampirisme qu'est le harcèlement, ici toujours latent et bienveillant, consistant à vider un homme de son essence, de prendre le contrôle de sa vie tel une sorte de virus.
Michel Picolli (qui en tant que communiste, a dû beaucoup apprécier  le rôle) joue ce vampire, sorte de figure paternelle pour sa proie, un pauvre type joué par le gars Lanvin, Gérard de son prénom.
Nathalie Baye, bye joue la victime collatérale de ce désastre social et Jean-Pierre Kalfon joue l'homme à tout faire et peut-être plus, du patron aux mœurs étranges.
Une œuvre remarquable, emplie de cynisme et de noirceur, une sorte de thriller de classes en somme.
Avec en prime Philippe Sarde à la partition.
















lundi 4 mai 2026

ROY AYERS VIRGIN UBIQUITY : BRAND NEW FEELING 2018

 


Petit bijou de presque 10 minutes tiré de la compilation d'inédits du groupe Ubiquity de Roy Ayers qui est une véritable boite au trésors.
Une diva, un solo de sax et beaucoup de soul pour ce titre qui est un régal pour les esgourdes.






vendredi 17 avril 2026

PATRICE RUSHEN : SHOUT IT OUT 1977

 


Ce troisième album de la Professeur/pianiste/chanteuse/auteur compositeur de Jazz, Soul et Funk américaine dont tout le monde connaît son "Forget Me Nots" de 1982 est tout simplement impressionnant.
Après un premier "Prelusion" seulement Jazz sauf un titre, puis "Before The Dawn" plus Fusion et Funk, elle nous sort ici un de ses meilleurs disques.

Une reprise de "Stepping Stones" :





Une ballade magnifique qui préfigure son "Didn't You Know" de son disque suivant, le dénommé "Patrice":





Un titre Funk avec un clavinet (sorte d'orgue) en furie, joué par la Patrice, qui rappelle Stevie Wonder :







Cet album, le suivant "Patrice" de 1978 et "Pizzazz" de 1979 résument la quintessence de l'art de cette pianiste toute mimi qui est plus que l'artiste d'un titre.

Il n'y a plus qu'à savourer...


dimanche 12 avril 2026

FRENZY DE ALFRED HITCHCOCK 1972

 






Synopsis :

Londres, un maniaque commet des meurtres sur des femmes en les étranglant avec une cravate (à l'époque les voyous avaient le sens de la mode).
Blaney se fait renvoyer de son boulot de barman car il se sert autant qu'il sert les clients. Il passe voir son ami Rusk qui propose de le dépanner mais refuse. Il passe voir ensuite Brenda, son ex femme, qui tient une agence matrimoniale et la rencontre se passe mal, sous les yeux de la secrétaire. Ils se réconcilient néanmoins et passent même la nuit ensemble.
Le lendemain Rusk, client de l'agence passe voir Brenda, il lui fait des avances que la patronne refuse et finit par la tuer car il est le maniaque recherché.
Blaney est vite soupçonné et recherché par la police, grâce à son ami/amante et ex collègue Babs et ensuite d'un autre ami marié à un sosie de David Bowie (la nurse de "La Malédiction"), il va chercher à se disculper...







Hitchcock retourne en Angleterre pour y tourner son dernier film là-bas, en pleine gloire du Giallo italien et certaines scènes font penser à ce genre du cinéma bis italien d'ailleurs influencé par le Hitch en personne.
Epoque oblige, le meurtre principal, celui de l'ex épouse du héros, est plutôt graphique pour du Hitchcock, de plus le sujet est traité à la manière de "Harry", humour noir ressemblant vaguement à du Monty Python, je pense au rôle de la femme du policier, amatrice de cuisine continentale, c'est-à-dire française.
Il y a de belles séquences ci ou là : notamment celle du meurtre de "Babs" où la caméra recule de la porte d'entrée du tueur pour finir dans la rue, on dirait du Dario Argento.
Ceci dit, comme avec les derniers Hitchcock après "Marnie", on est loin des classiques et de la maestria des années 50.
Un bon film sans plus selon moi.
















samedi 11 avril 2026

MADEMOISELLE OGIN DE KINUYO TANAKA 1962

 




Synopsis :

Au XVIème siècle au Japon, les chrétiens sont persécutés.
C'est le cas de la famille de Rikyu, maître dans la manière de faire le thé et de sa fille Ogin, amoureuse d'un samouraï marié et chrétien.
Pour éviter à la famille des ennuis, elle est forcée d'épouser un marchand au courant des sentiments d'Ogin pour quelqu'un d'autre, partagés par le samouraï.
Le mari et son seigneur vont tout faire pour les prendre en flagrant délit d'adultère...







Ce sixième et dernier film de la réalisatrice, en couleur, est surtout un mélodrame sentimental sous fond de persécution religieuse.
Ce qu'on remarque en premier lieu est la beauté de la photographie, une des plus belles que j'ai vu dans le cinéma japonais, de celle qui caresse les yeux. Ensuite, comme souvent avec les films de Tanaka, on est pris par l'interprétation des comédiens et encore ici des comédiennes, celle qui joue Ogin et celle qui joue sa servante. 
On sent vite que la fin va être dramatique, elle est une sorte mise en perspective de la passion du christ, ou de celle de la suppliciée crucifiée au début de l'histoire.
Avec cette réussite, Kinuyo Tanaka nous laisse une œuvre à part, apportant cette touche féminine assez rare dans l'industrie cinématographique nippon dominé par les trois maîtres de l'époque.
 
Une belle découverte pour ma part.












Le film intégral :





mercredi 8 avril 2026

LA NUIT DES FEMMES DE KINUYO TANAKA 1961

 






Synopsis :

À la fin des années 50, l'état japonais décide de fermer les maisons closes, ce qui est bizarre en soit, sont-elles fermées à double tour ?
Les prostituées finissent soit en prison, pour celles qui continuent leur métier dans la rue ou alors en maison de réhabilitation comme notre héroïne Kuniko.
Elle est décidée à s'en sortir et on lui trouve du travail dans une épicerie où elle est payée une misère et méprisée par la patronne quand celle-ci apprend l'ancien métier de Kuniko. Pour se venger, elle enivre et séduit son mari pour ensuite démissionner après que l'adultère ait été découvert.
De retour au centre, on lui trouve du boulot dans une usine employant des femmes mais elle finit par se faire violement agresser et "marquer" par certaines d'entre elles.
Elle se retrouve finalement employée dans une pépinière tenue par un couple gentil, elle apprend le métier d'un jeune homme qui finit par tomber amoureux d'elle et la proposer en mariage. Le bonheur enfin ? 
Mais cette fameuse nuit à l'air d'être sans fin...








Tanaka adapte un roman de Masako Yana pour cette chronique sociale qui parfois ressemble à un thriller.
Comme souvent avec les films de la réalisatrice, qui fut aussi actrice naguère, l'interprétation est assez soignée, de plus certaines scènes sont admirables (le clair-obscur de la scène de la torture).
Le sujet est très bien traité malgré sa sensibilité, on se prend de passion pour cette héroïne dont l'ancien métier est tatouée, au propre comme au figuré, sur le corps.
Depuis "Maternité Eternelle", Kinuyo Tanaka fait un sans fautes, un exploit à l'époque des trois maîtres du cinéma nippon (Kurosawa, Ozu, Mizoguchi).












Le film intégral :





mardi 7 avril 2026

LA PRINCESSE ERRANTE DE KINUYO TANAKA 1960

 





Synopsis :

D'après les mémoires de la princesse Hiro Saga, de 1937 à la fin des années 50 : le destin d'une jeune femme japonaise de bonne famille qui se destinait à être peintre mais dont la famille prévoit son mariage avec le frère de l'empereur du Mandchoukouo (province chinoise alors occupée par le Japon). l'homme plait finalement à la femme, se marient et vivent chez le cadet. Une fille nait de cette union plutôt heureuse et aimante.
Après Pearl Harbor, les choses se compliquent jusqu'à la capitulation du Japon en août 1945. L'URSS en profite ensuite pour envahir la Chine et l'empereur est destitué, sa famille dont le cadet et la princesse déportée et humiliée.
Après un long périple, la princesse et sa fille arrivent à rentrer au Japon mais les dégâts de cette vie vont être chers à payer...





 

Une biographie pour le quatrième film de Tanaka, en couleur pour la première fois, dans laquelle la plupart des images ressemblent à des tableaux (on ne lassera jamais des cerisiers en fleur).
Un récit de ce couple arrangé qui finit réellement en mariage heureux, écartelé par le tragique de l'histoire dans ces terribles années 40 également de la Chine envahie par le Japon dans les années 30 et ensuite par les russes après la guerre.
La prestation de la grande actrice Machiko Kyo est sans aspérité, entrainant le spectateur par la main et le cœur dans cette histoire poignante, de femme(s) et de fille, réalisée par une femme, Tanaka.
Un excellent spectacle.
















lundi 6 avril 2026

MATERNITE ETERNELLE DE KINUYO TANAKA 1955

 





Synopsis :

Fumiko est mariée à un homme qui la méprise à qui elle a fait deux enfants. Elle taquine du vers dans un club de poésie de son village.
Elle découvre un jour que son mari la trompe et finit par divorcer, récupérant sa fille et son garçon allant vivre chez son père.
Elle subit ensuite la perte d'un ami cher, dont elle était amoureuse malgré le fait qu'il soit marié, qui la soutenait dans son art.
Parce que les emmerdes arrivent toujours en escadron, on lui découvre un cancer du sein qui, malgré une double mastectomie, finira par se métastaser aux poumons.
Pendant ce temps, ses poèmes (des wakas) que son club a envoyés à un concours remportent un grand succès.
Un journaliste de Tokyo, apprenant qu'elle est mourante, décide d'aller lui rendre visite...








Inspiré de la courte vie de la poétesse Fumiko Nakajo, la réalisatrice nous offre un mélodrame total pour son troisième film.
Une œuvre féministe, comme pour les six films de Kinuyo Tanaka, mais intelligemment amenée, interrogeant la place des femmes dans le Japon des années 50.
Plus le récit avance, plus le pathos s'installe, la dernière demi-heure est d'une noirceur totale jusqu'à la scène finale où la porte de la morgue se referme sur les deux jeunes enfants de la suppliciée.
"Maternité Eternelle" (titre français pas terrible, préférer le titre japonais : que les seins soient éternels) est typiquement le genre d'œuvre destiné à me ravir : poésie et mort vont si bien ensemble même si l'agonie et Passion du personnage principal peut être assez pénible pour les âmes sensibles.
Le sens du dernier waka de la poétesse, destiné à ses enfants, est bouleversant : ma mort est le plus grand legs que je puisse vous offrir...à méditer.

Un bijou.







 



Le film intégral sur Arte :





dimanche 5 avril 2026

LA LUNE S ' EST LEVEE DE KINUYO TANAKA 1955

 





Synopsis :

Un ingénieur vient dormir quelques jours chez un ami d'enfance, Yasui, à Nara. Une amie de celui-ci verrait bien l'ingénieur se marier avec sa grande soeur et vieille fille, Ayako, d'autant plus que l'ingénieur, qui l'a déjà rencontré, parle souvent d'elle.
Yasui et la soeur cadette vont avoir bien du mal à faire que les deux se rencontrent...







Comme on peut le deviner, c'est une comédie sentimentale que nous propose la réalisatrice Tanaka pour son deuxième film.
Quelques têtes connues du cinéma japonais d'alors, Chishu Ryu qui joue le patriarche des filles et Mie Kitahara qui joue la cadette entremetteuse et une histoire réduite à sa plus simple expression, genre oblige.
D'ailleurs, les comédies sentimentales ne sont pas ma tasse de thé, mais ce film est globalement plaisant, inférieur au premier métrage de Tanaka néanmoins.















samedi 4 avril 2026

LETTRE D'AMOUR DE KINUYO TANAKA 1953

 





Synopsis : 

En 1950, le Japon impérial se remettait des erreurs commises pendant 50 ans et des dizaines de millions de mort dans toute l'Asie.
Les femmes trouvant difficilement du travail en sont rendues à se prostituer à des militaires américains, ce que certains japonais acceptent difficilement.
Reikichi, 30 ans et ancien soldat vit chez son jeune frère débrouillard, il vivote en faisant quelques traductions jusqu'à ce qu'un ami perdu de vue lui propose une place de scripte chez lui, la demande des femmes pour rédiger des lettres enflammées à leur amants américain étant rémunératrice.
Reikichi est amoureux de son amie d'enfance, Michiko, mais celle-ci s'est mariée avec un autre qui depuis est décédé. Il la cherche partout sans succès, désespéré.
Il va finir par la retrouver et découvrir qu'elle entretient une relation avec un américain et finir par la traiter de fille de rien.
Le frère de Reikichi va essayer de recoller les morceaux entre eux...








C'est la première fois que je vois un film de Tanaka, le premier de cette réalisatrice, une rareté à l'époque, qui fut aussi une star en tant que comédienne.
Un mélodrame romantique et social, avec de légers passages comiques, qui rappellent dans l'ensemble un peu le cinéma d'Ozu, et certains passages très réussi emportés par une photographie soignée.
On pourrait aussi classer ce film comme un croisement entre le Néoréalisme italien et le Noir français, en tout cas un excellent métrage comme souvent avec le cinéma nippon, alors en pleine gloire.