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samedi 31 octobre 2026

O.A. JE N'EN AI FINI AVEC TOI

 

"Ceci est l'eau et ceci est le puit.
Bois entièrement et descend.
Le cheval est le blanc des yeux et noir à l'intérieur."

Twin Peaks, saison 3, épisode 8.


Omniscience approximative
Pour humains 
Qui ne le sont pas moins.
Chimère fardée d'obséquiosité
Servant à l'humain sa pâtée.
Ceci est l'onde et ceci est le puit
De l'oubliée connaissance.
Ceci est l'immonde et affamé depuis
Bois donc l'invertie sapience.
Le désespoir ne déçoit point.
Omniscience approximative
Pour humains 
Moins que rien. 
Sirène trismégiste sans passé.
Humain, te voici trépassé.
Hal 9000, tel un écorché prophète
Te retrouvant bien bête.
Le temps détruit tout
Et à la fin,
Lui itou.

XIU XIU DE JOAN CHEN 1998

 





Synopsis :

En Chine, pendant la révolution culturelle,

Xiu est une adolescente de 15 ans, qui, a la fin de ses études, est envoyée au Tibet pour apprendre le métier qu'on lui a destiné: dresseuse de chevaux.
On la confie a Lao Jin, un homme émasculé qui deviendra son ami et protecteur. Les deux vivent dans une tente au millieu d'une steppe inhospitalière.
Au bout des six mois réglementaires, personne ne vient la chercher.
Divers colporteurs débarquent et lui promettent de régler son problème envers les autorités. Le premier la viole. Quand d'autres s'en viennent, résignée, elle se laisse faire.
Elle tombe enceinte et son ami l'emmene se faire avorter.
À l'hôpital, un autre homme la viole, dans son vagin encore ensanglanté.
Xiu Xiu comprend alors que sa situation est sans issue et donc que sa seule délivrance...








Ce mélodrame, et c'est peu de le dire croyez moi, est réalisé par la sino-américaine Joan Chen, qu'on a vu dans la première saison de "Twin Peaks" à l'époque où elle arborait des cheveux courts.
Quand j'ai vu ce film, sur une chaîne du cable il y a 25 ans, je suis resté bouleversé par ce récit, cette passion christique de cette pauvre gamine.
Joan Chen a grandi en Chine pendant cette période, et a donc vécu elle-même certains faits décrits ici pendant cette "révolution culturelle" qui a fait plusieurs millions de morts.
Tourné clandestinement dans cette gentille république humaniste qu'est toujours la Chine populaire, à l'époque dirigé par Jiang Zemin, ce récit coup-de-poing co-écrit par la réalisatrice est donc un témoignage courageux de l'abandon d'un peuple corvéable à merci, qu'on peut éliminer d'un simple coup de stylo sur une feuille administrative.
Les deux acteurs sont parfait, que ce soit celui qui joue l'ami eunuque qui finira par tomber amoureux de la petite, et celle qui joue la supliciée du nom de Li Xiaolu dont la carrière survivra à ce film/affront.
La fin, est digne de tout mélodrame qui se respecte, elle joue son rôle à la perfection c'est-à-dire marquer au fer rouge (c'est le cas de le dire) le spectateur pour l'éveiller à certaines réalités, loin des mensonges proférés par l'"élite" intellectuelle française qui considère encore Mao comme un gars sympa. 
Facilement un des cent meilleurs films, et je dirait même cinquante, de l'histoire du cinéma asiatique...et un de mes préférés.

Préparez quand même deux ou trois kleenex, ça risquerait de servir...













Le film entier (qui est d'ailleurs assez rare, jamais sorti en DVD en France) avec sous-titres anglais :






vendredi 30 octobre 2026

BLOODY MAMA DE ROGER CORMAN 1970

 





Synopsis :

Dans les années 1930, la vie criminelle de Ma Barker et de ses quatre fils, dont l'ainé qui est celui de son grand-père et aussi est le plus violent.
Les autres sont un roux homosexuel, esclave d'un ex co-détenu qui rejoindra la bande, un toxico plutôt pacifique et un autre dont on s'en fiche un peu.
Entre casses meurtriers, kidnappings, séquestrations, viols, relations incestueuses entre Ma et ses fils et autres réjouissances, voici la version du pauvre de "Bonnie And Clyde" du roi américain du bis.










Un des grands trucs du cinéma bis, dit de genre, c'est de profiter d'un succès pour en faire des contrefaçons à bon marché et se faire deux trois pennies sans se fatiguer.
Ici, on est entre "Bonnie And Clyde" et le film de redneck comme les futurs "Délivrance" ou "Massacre À La Tronçonneuse".
C'est irrévérencieux parfois drôle, voire involontairement comme le " monstrueux" alligator qui est en fait un rondin de bois vite maquillé pour ressembler de très loin à un dangereux prédateur.
La distribution et l'interprétation (pour ce qu'il y a à interpréter) est plutôt bonne : Shelley Winters dans le rôle titre, Pat Hingle dans le rôle d'un richard qui se fera kidnapper et surtout un encore vert De Niro dans le rôle du fiston toxico, le seul qui a l'air pacifique dans cette bande de dégénérés.
C'est quand-même bien fichu au final, un film qui n'a d'autres but que de distraire en montrant le minimum syndical de poitrine, fesses, sang, poursuite de bagnoles et qui se permet aussi de copier un peu Sam Peckinpah à la fin dans le grand massacre final qui rappelle celui de "La Horde Sauvage".


















LISTE NOIRE DE ALAIN BONNOT 1984

 





Synopsis :

Trois jeunes marginaux sont recrutés par le grand banditisme pour faire un casse dans une banque. C'est en fait une couverture pour attaquer un fourgon blindé pendant que les flics seront occupés avec eux.
L'attaque réussit mais fait trois morts. Les jeunes, en prenant en otage une femme, arrivent à s'en sortir.
Découvrant qu'ils se sont fait berner, ils débarquent dans la planque des malfrats mais l'un deux se fait tuer et la fille est gravement blessée.
Le troisième emmène la blessée chez sa mère, qui tient un garage et est une ancienne pilote de course avec qui elle est en froid.
La fille décède dans les bras de sa mère.
Celle-ci ne va dorénavant n'avoir qu'un but : buter chaque malfrat responsable de sa mort...






Ce film policier d'action qui se situe entre le "Rape And Revenge" et le film de "Vigilante" (la série des "Justicier Dans La ville" par exemple) a pour vedette notre Annie, qui était à l'époque criblée de dettes et acceptait n'importe quoi pour l'argent, Paul Crauchet, Sandrine Dumas (la fille aux jolis yeux du clip "Jodie" des Innocents pour ma génération) dans le rôle de la raison de la vengeance, Jean-Claude Dreyfus dans le rôle d'un truand et Jean-Paul "Pujol" Tribout dans le rôle du premier truand qui se fera repasser.
Quelques invraissemblances inhérentes à ce genre de film comme la principale : le flic qui se sert d'une veuve éplorée pour faire le sale boulot et éliminer les malfrats, la relachant et lui redonnant même son pistolet pour tuer le dernier truand et chef de la bande.
La deuxième, c'est Annie Girardot dans le rôle d'une pilote de course badass qui s'improvise tueuse sans merci (ça aurait pu être pire on aurait pu avoir Mimie Mathie).
Ce polar d'action a quand même ses bons moments : les scènes d'émotions de notre Annie, Sandrine Dumas qui prouve un certain talent et Bernard Gabay (ici Bernard Brieux) qui joue le jeune "gentil-méchant" avec conviction.
C'est enfin le genre de film qui finissait souvent en VHS, à 10 francs, dans les bacs des supermarchés à l'époque. Le genre qu'on regarde le samedi soir en digérant sa pizza et son pack de Kro en attendant le film de Canal à minuit.












jeudi 29 octobre 2026

LE DERNIER BAISER DE DOLORES GRASSIAN 1977

 





Synopsis :

Annie est chauffeuse de taxi à Paris.
Décidant d'aller voir son homme, ouvrier sur un chantier, elle a la malheureuse surprise de découvrir que celui-ci s'est enfui en province, sans plus d'explications. Annie, romantique et optimiste accuse difficilement le coup.
Une femme aisée soupçonne son mari de la tromper. Elle prend le taxi d'Annie et lui demande de suivre la voiture de son époux.
L'époux récupère une femme à la gare de Lyon, confirmant les doutes de sa femme.
Le lendemain, la bourgeoise demande à Annie de l'emmener à Bruxelles pour continuer la filature et peut-être demander des explications...








Cette comédie romantique, avec parfois des passages plus mélancoliques est réalisée et co-écrite par une réalisatrice à la carrière modeste.
Film de femmes porté par deux actrices ici complices : notre Annie nationale et Maria Pacôme dont j'avais oublié combien elle était drôle.
Bernard Fresson, compagnon de Girardot à l'époque (qui lui servait de punching-ball), joue pour une fois un personnage touchant et amoureux, loin des rôles de connards qu'on lui connait.
Le récit est très comique durant la première heure, les deux actrices s'amusant comme des folles puis ça bascule vers une partie un peu plus ombragée telle la scène entre Annie Girardot et Fresson.
Une petite découverte qui m'a agréablement surpris, le genre de film sublimé par l'interprétation de ses comédiens, qui fait du bien.
















samedi 24 octobre 2026

SANS SOMMATION DE BRUNO GANTILLON 1973

 





Synopsis :


La police essaie de démanteler le gang de Capra, des mercenaires sur le retour.
Un des membres du groupe, Donetti, croit reconnaitre dans un bar le lieutenant Kieffer (ex-membre des mercenaires) qui pourtant nie quand il l'appelle par ce nom.
Le quidam est en fait un policier sur le retour, suspendu et alcoolique.
Prévenus, ses supérieurs en profittent pour infiltrer Capra et compagnie en leur faisant croire que Maury, de son vrai nom, est bien le lieutenant en question.
Mais le rusé et méfiant Capra compte bien mettre à l'épreuve celui qu'il pense être son ancien frère d'armes...






Ce polar franco-italien a une distribution plutôt prestigieuse : Bruno Cremer dans le rôle de Donetti, Maurice Ronet (la raison pour laquelle je me suis intéressé à ce film) dans le rôle du flic alcoolique (le retour d'Alain Leroy), Anny Duperey et la non moins belle Marina Malfatti habituée des gialli.
Le rôle de Capra est joué par le trapu acteur suisse Mario Adorf qui passe ici son temps à manger des citrons.
Le tout aurait pu être sympa sans le style amateur du réalisateur, qui l'est tout autant, et une histoire assez invraissemblable par moment.
Reste quelques beaux moments, trop rares peut-être, Ronet dans un rôle d'écorché vif qui a fait sa légende, le mystère Cremer et les deux perfections de la nature que sont les deux actrices.
À voir une fois.













Le film en entier sur Youtube, avec la nudité floutée et un autre titre pour éviter la censure :






vendredi 23 octobre 2026

CADAVRES EXQUIS DE FRANCESCO ROSI 1976

 





Synopsis :

À Palerme, un juge est tué à la sortie de catacombes. Bientôt un autre se fait repasser puis un troisième. L'inspecteur Rogas, venu de Rome, commence son enquête et finit par se fixer sur un suspect, un pharmacien condamné injustement par ces mêmes juges.
Rogas va ensuite découvrir un complot entre les juges, l'armée, les politiques et même ses propres chefs...








Ce classique film de Rosi, spécialiste mondial du film de complot politique comme le fut aussi à l'époque Alan J Pakula, a l'occasion de dérouler un parterre d'acteurs internationaux :
Notre Lino joue dans sa langue natale le flic qui découvrera un peu trop de choses, Alain Cuny incarne un juge qui se fera tuer, Tina Aumont joue une cocotte, Marcel Bozzuffi est ici un suspect et Charles Vanel incarne le premier juge qui se fera abattre.
Max Von Sydow incarne un quatrième juge assez ambiguë dans une scène exceptionnelle avec Lino, Fernando Rey joue un ministre qui l'est tout autant, Luigi Pistilli joue un journaliste communiste et Renato Salvatori est un collègue du héros.
Le style précis et documentaire du réalisateur est efficace une fois de plus, servant le roman de Leonardo Sciascia ancré dans la réalité politique de l'époque, les années de plomb et ses assassinats à foison.
Je n'ai jamais été un grand fan des films de Rosi, et des films politiques en général mais on est en présence d'un travail maîtrisé de bout en bout, avec un fort suspens.
...et voir Lino jouer en italien est un mets rare...