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jeudi 2 avril 2026

L ' ETAU DE ALFRED HITCHCOCK 1969

 





Synopsis :

En 1962, à Copenhague,
Un haut placé russe décide de passer à l'Ouest avec son épouse et sa fille, des agents américains dont Mike Nordstrom, se chargent de l'exfiltrer non sans mal
Arrivé à Washington, il est questionné sur les affaires des Russes et met les américains sur la piste des missiles cubains.
Nordstrom demande à son ami et agent français, Devereaux, d'infiltrer les cubains dont certains proches de Castro se trouvent en ce moment à New York, notamment Uribe qui déteste les américains.
Devereaux finit par aller à Cuba après qu'Uribe se soit fait tuer après sa trahison, logeant chez son contact et maîtresse Juanita, qui est aussi la maîtresse de celui qui a tué Uribe, Rico Parra.
Les cubains finissent par découvrir la traitrise du français qui se voit alors pris dans l'étau de la guerre froide...







Le genre espionnage voulant ça, on voyage beaucoup dans cet Hitchcock d'arrière saison : le Danemark, puis Washington, puis New York, puis la Havane et enfin Paris.
John Forsythe revient pour jouer l'agent américain et un des rares rôles positif, dans le sens patriote.
La scène de l'exfiltration au début, celle du meurtre de "Juanita" (dont je soupçonne Dario Argento de s'en être inspiré pour ses films futurs) et de l'hôtel des cubains à New-York (avec le personnage du martiniquais) sont les points forts du film.
La dernière partie se passe à Paris, entre personnages français joués entre autre par Claude Jade, Michel Subor, Michel Piccoli et Philippe Noiret, qui parlent en anglais (heureusement en VO), ce qui est assez ridicule en soit : à Washington à la rigueur mais à Paris...dans "La Main Au Collet" les dialogues entre français étaient au moins dans notre langue.
Globalement, on est en présence d'un film correct mais loin des classiques des années 50 : le Hitch était au bout du rouleau de pellicule.
















mercredi 1 avril 2026

LE RIDEAU DECHIRE DE ALFRED HITCHCOCK 1966

 





Synopsis :

Le scientifique Armstrong, un américain, est à Copenhague avec sa fiancée pour participer à une conférence.
En fait il est un espion de l'organisation Pi, devant se rendre à Berlin-Est, de l'autre côté du mur, pour infiltrer l'intelligence et récupérer des informations précieuses sur un système antiatomique auprès d'un scientifique.
Il est obligé de mentir à sa belle et de dire qu'il doit s'envoler pour Stockholm mais elle découvre vite la supercherie et décide de le suivre.
"Chaperonnés" par la gentille république démocratique d'Allemagne, la RDA et sa Stasi que Poutine a bien connue, connue pour être pétrie d'humanité, il va devoir récupérer d'abord des informations de la part de l'organisation mais devra être obligé de se débarrasser de son "protecteur", non sans mal, resserrant l'étau sur lui et sa compagne...






 

Ce thriller d'espionnage a été tourné en pleine gloire du Nouvel Hollywood et c'est d'ailleurs l'une de ses plus grandes figures qui joue le fameux scientifique : Paul Newman.
Cette précision n'a l'air de rien mais elle est importante ici car ce film fait terriblement vieillot à l'aulne des critères de l'époque même : les scènes d'extérieurs tournées en studio avec un écran projeté derrière, ou également avec un décor peint, ça allait dans les années 40/50 mais à l'heure de "Bonnie And Clyde" et du "Lauréat", sans parler de la Nouvelle Vague, le Hitch paraissait alors aussi dépassé que Chaplin.
Une autre tache est la longue scène du meurtre du chaperon de la Stasi : voir une femme de 50 kg trainer par terre deux hommes qui se battent (au moins 150 kg) pour mettre la tête du méchant dans le four, ce n'est pas du tout crédible dans un film d'espionnage dit sérieux.
Les points positifs sont la science du suspense du maître dan la scène du bus et celle du spectacle de ballet, le rôle de la comtesse polonaise jouée par une actrice qu'on connait bien en France, Lila Kedovra, et Paul Newman.
J'ai un certain mépris pour les derniers films du Hitch, après "Marnie" le déluge, le naufrage, et ce n'est pas après avoir revu ce "Rideau" tiède que je vais changer d'avis.
















dimanche 29 mars 2026

CENDRES ET DIAMANT DE ANDRZEJ WAJDA 1958

 





Synopsis :

En mai 1945, à l'époque où la Pologne s'apprêtait à changer de dictature, les patriotes et communistes s'entretuent comme s'était le cas en Europe à l'époque de l'armistice.
Trois patriotes abattent deux hommes innocents qu'ils ont pris pour des cocos.
Les patriotes et les cibles en question, donc toujours vivantes, se retrouvent dans le même hôtel où un banquet est organisé en l'honneur de la fin de la guerre.
Un des patriotes, l'étudiant rebelle Maciek, commence à se poser des questions sur le bien fondé de son devoir de polonais, noie ses doutes dans les bras d'une serveuse, pendant que les autres ripaillent.
On lui somme de finir le travail en tuant un secrétaire du parti communiste logeant au dessus de sa chambre...








Wajda adapte un roman de 1948 en essayant de rester le plus neutre possible en développant les deux camps de manière intelligente.
Le rôle de Maciek est joué par une sorte de Mastroianni à lunettes de soleil qui deviendra un des plus grands acteurs polonais mais mourra à 39 ans de manière assez absurde, comme James Dean à qui il sera comparé : Zbigniew Cybulski.
Chronique d'une jeunesse déchirée et sacrifiée, filmée en une sorte de film néoréaliste mâtiné de Noir et Nouvelle Vague française, le spectateur est assez vite frappé par la beauté esthétique et les fulgurances de certains plans qui font de cette œuvre quelque chose d'exceptionnel.
D'ailleurs, "Cendres Et Diamant" est considéré comme un des meilleurs films polonais, voir le meilleur par beaucoup, dont Scorsese et Coppola. 
















samedi 28 mars 2026

L ' HOMME DE FER DE ANDRZEJ WAJDA 1981

 





Synopsis :

Un journaliste plutôt servile et porté sur la vodka est mandaté par le gouvernement pour couvrir les émeutes de Gdansk et décrédibiliser le leader de la grève, Maciek Tomczyk, qui est le fils de "L'homme de Marbre" du précédent film de Wajda.
Il va petit à petit retourner sa veste quand il rencontrera certaines figures du mouvement Solidarnosc, le Tomczyk en question qui est en fait une évocation de Lech Walesa qui joue d'ailleurs son propre rôle et la femme de celui-ci qui est l'étudiante de "L'homme De Marbre"...








Ce film est beaucoup plus politique que son prédécesseur, en passant de la fiction à la réalité (et alors actualité) avec une certaine harmonie.
Les deux fondateurs de Solidarnosc jouent leur propre rôle, racontant les émeutes de 1968, décembre 1970 (qui se sont terminés dans un bain de sang) et la grève de 1980 dans une Pologne qui commençait doucement à sentir le vent de la dictature socialiste tourner.
Etant plus documentaire, cet "Homme De Fer" est moins bon que celui "De Marbre", avec beaucoup plus de longueurs en général même si il a remporté la Palme d'Or en mai 1981, on comprendra pourquoi (merci tonton).

Wajda nous offrira "L'homme Du Peuple" en 2013 sur Walesa qui fut président de la Pologne de 1990 à 1995

















vendredi 27 mars 2026

L ' HOMME DE MARBRE DE ANDRZEJ WAJDA 1977

 





Synopsis :

Une étudiante en cinéma, pour son film de fin d'études, a choisi de raconter la vie du maçon stakhanoviste Mateusz Birkut, érigé en héros au début des années 50 dans la Pologne encore stalinienne, qui a pourtant bien vite disparu des radars.
Elle va affronter bien des difficultés et en premier lieu, l'hypocrisie et la censure des autorités socialistes...





 

J'aime le rappeler : le communisme est la pire saloperies/escroqueries inventée par l'homme avec les trois religions monothéistes et le concept de "dieu"...

Wajda, qui pour un polonais a un nom facile à orthographier, nous sert ce film de docufiction historique saupoudré d'humour en impressionnant d'entrée avec un style enlevé et moderne qui fait penser parfois au cinéma soviétique des années 1920.
Le réalisateur sentait déjà le vent tourner dans son pays qui verra quelques changements dans la décennie suivante, Solidarnosc et Walesa, un mouvement qui d'ailleurs a commencé en 1980 là où le film se termine.
On suit les déboires d'une réalisatrice très motivée et culotée pour démêler les nombreux nœuds de l'histoire de ce héros de fiction qui a disparu aussi vite qu'il a été érigé en modèle (toujours fictif), ainsi que sa statue de marbre donnant son titre au métrage.
Une très bonne interprétation des deux comédiens principaux qui faisaient partie de la "troupe" du réalisateur et une musique disco qui tranche avec les images d'archives d'époque.
On a l'impression d'assister à une sorte de nouvelle vague polonaise en regardant ce film de 160 minutes assez bien foutu, qui sera considéré avec sa suite "L'homme De Fer", qui raconte la vie du fils du héros, comme des classiques du cinéma mondial.
















mardi 24 mars 2026

PSYCHOSE DE ALFRED HITCHCOCK 1960

 





Synopsis :

Marion Crane est secrétaire dans une agence immobilière à Phoenix, elle a une relation avec Sam, divorcé et endetté.
Son patron lui confie 40000 $ en liquide qu'un client a apporté pour régler une transaction, qu'elle doit déposer à la banque. Marion y  voyant une occasion de rembourser les dettes de son amant et de refaire sa vie avec son homme, s'enfuit avec les sous.
Elle se fait suivre par un policier qui trouve son comportement suspect, change de voiture et s'arrête finalement dans un motel pour souffler et réfléchir.
Ce motel est le Bates motel tenu par le truculent Norman et sa sympathique mère, un endroit dont on ne repart pas...









Adaptation du roman "Psycho" de Robert Bloch qui est vaguement inspiré par l'histoire d'Ed Gein et rare incursion du Hitch dans le genre l'horrifique que ce film va révolutionner.
"Psychose", c'est une photographie inspirée utilisant un clair obscur bienvenu qui relève la sauce de l'angoisse.
"Psychose", c'est la musique d'Herrmann, une des plus célèbres du septième art, et outil indispensable dans la mécanique de l'horreur.
"Psychose", c'est Janet Leigh", une victime parfaite, qui de part son interprétation a rénové le statut de "scream queen".
Et enfin un bon thriller, c'est un bon méchant et "Psychose" c'est Anthony Perkins qui naturalise/taxidermise le personnage de Norman Bates, psychopathe schizophrène qui gravera son visage sur le spectateur dans la dernière image.
Autant "Les Oiseaux" sera un navet indigne et indigeste, autant "Psychose" est une délicatesse à consommer sans modération.

Au Bates motel, c'est ouvert toute l'année, ainsi que le bide des clients.

















samedi 21 mars 2026

UNE FEMME COREENNE DE IM-SANG SOO 2003

 





Synopsis :

On suit ici un couple marié avec un garçon adopté : le mari avocat penché sur l'alcool, qui entretient une relation extraconjugale et l'épouse, danseuse, délaissée et légèrement frustrée qui est l'obsession de son jeune voisin qui la suit et l'épie.
On suit également les parents du mari dont le père est malade d'une cirrhose qui est en train de le tuer et la mère également frustrée qui entretient aussi une relation avec un homme de son âge.
Ce film est aussi le récit de la chute des protagonistes masculins et la rédemption des femmes qui arriveront à se libérer de leur hommes...








Sorti en pleine gloire du cinéma coréen, ce film fait penser au "Visitor Q" de Takashi Miike mais en moins violent et radical. On est ici aussi dans quelque chose de typique du cinéma asiatique : le sexe n'est pas montré mais le sang et la violence sont très présents.
Cette "Femme Coréenne" est aussi un film féministe, disséquant la femme sud-coréenne en ce début de 21ème siècle qui commençait à mettre un coup d'arrêt à certaines coutumes ancestrales.
La guerre de Corée avec son voisin communiste brutal est aussi évoquée au début.
On peut faire un parallèle entre le destin du mari et de son père (infidèle, alcoolique, égoïste) et celui des femmes (l'épouse, la belle-mère, la maitresse) qui sera sous le signe de la libération, de l'émancipation.

Le cinéma sud-coréen semblait alors en état de grâce, nous proposant des œuvres remarquables, et marquantes, comme ce film présenté ici.