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samedi 10 janvier 2026

VIVRE EN PAIX DE LUIGI ZAMPA 1947

 





Synopsis :

En 1944, dans un village reculé d'Italie,

La famille recomposée de Tigna essaie de vivre tranquillement, entre un jeune homme déserteur, un collabo qui surveille les faits et gestes des habitants, si ils ne cachent pas des prisonniers par exemple, et un soldat allemand faisant office d'autorité d'occupation.
Dans la forêt alentours se cachent deux soldats américains dont un noir sérieusement blessé. La petite Sylvia les trouve un jour en cherchant un cochon qui s'était enfuit.
Les soldats finissent par être hébergés et soignés par Tigno qui fait en sorte que ça ne se sache pas car dans le village, on s'occupe de ses affaires et pas de politique.
Mais un soir, le soldat noir qui a récupéré, va devenir saoul et ameuter le soldat allemand...








Cette comédie dramatique, classée comme Néoréaliste même si techniquement ça n'en est pas (les acteurs sont presque tous professionnels) réussi à faire la bascule intelligente entre le début plutôt léger et la fin plus sombre : il y aura en effet deux morts.
Zampa, dans son scénario, essaie de rester plutôt neutre, le soldat allemand est plutôt sympathique (et boit du vin comme de la bière), comme les villageois et même le fasciste collaborationniste finit par avoir ses bons côtés, surtout quand les américains débarquent il faut bien le dire.
Cette histoire, attachante, est faite pour décrire au spectateur la vie d'un village à la fin de la guerre, à l'époque où on ne savait pas trop de quelle côté allait tomber la pièce et que la prudence était de mise.
Aldo Fabrizi incarne un oncle humain et tolérant face à sa compagne toujours énervée jouée par Ave Ninchi.
Le gars qui joue l'allemand est assez remarquable, réussissant à apporter une certaine nuance dans son personnage.
Un excellent film d'un réalisateur que je connait peu à mon grand regret, j'ai vu et apprécié "L'agent" avec l'Albertone mais c'est à peu près tout.
















lundi 5 janvier 2026

MADAME DE ... DE MAX OPHULS 1953

 





Synopsis :

Au début de la Belle Epoque (1870/1880),

Madame de (on ne saura pas), ou Louise pour les intimes, est l'épouse d'un général. Elle est frivole, superficielle, dépensière et n'a au fond que sa beauté (et elle est jouée par Danielle Darrieux, ce qui fait quand même un sacré capital de ce côté là) pour elle.
Pour régler une dette, elle vend une paire de boucles d'oreilles au bijoutier même qui les a vendue à son mari pour lui offrir en cadeau.
Lors d'une soirée à l'opéra, elle dit à son époux qu'elle a égaré le bijou. Le général cherche les boucles d'oreilles partout en dérangeant les spectateurs.
Le lendemain, le bijoutier avoue au mari la visite de sa femme et lui revend la parure. Le général décide d'offrir le bijou à sa maîtresse en guise de cadeau d'adieu. Elle vend le bijou à Constantinople pour régler une dette de jeu.
À Bale, un ambassadeur italien qui porte beau, voit le bijou en vente  en même temps que notre Louise et les achète sur un coup de tête pour les lui offrir si il arrive à la retrouver.
Deux semaines après, il se rencontrent. Elle fait d'abord sa sainte nitouche puis succombe au charme du bel italien.
Les fameuses boucles d'oreilles, qui reviendront encore dans les mains du bijoutier qui n'en reviendra pas, et l'amour vont causer la perte de Louise...





 
Cette comédie sentimentale qui tournera au drame vers la fin est jouée par un trio d'acteur d'exception, la Darrieux et ses beaux yeux, Charles Boyer dans le rôle du mari et Vittorio De Sica, malheureusement doublé, dans le rôle de l'amant.
Les deux-tiers du film ne m'ont pas trop emballé, étant insensible aux nombreuses scènes de bal et aux atermoiements du personnage principal. En revanche, une fois que "Madame De" tombe amoureuse et qu'elle finit par être prise à son propre jeu, que la mécanique du drame et de la jalousie se met en place, le métrage devient relevant, pertinent : à partir de la scène "Je ne t'aime pas" précisément.
La fin est remarquable par son ellipse, laissant deviner au spectateur ce qui s'est passé et faisant du film un moment dont on se souvient après tout et malgré le début laborieux.

















samedi 3 janvier 2026

LE REPOS DU GUERRIER DE ROGER VADIM 1962

 





Synopsis :

Geneviève est une riche jeune femme aux manières bourgeoises, fiancée à Pierre.
À Dijon, pour régler une succession, elle fait par hasard la connaissance de Renaud, quand celui-ci tente de se tuer.
Beau garçon, alcoolique, oisif, il est tout ce que déteste la belle et pourtant elle va non seulement tomber amoureuse de lui mais dépendante jusqu'à sombrer dans la déchéance...








Ce troisième BB/Vadim, et il y en aura d'autres, est l'adaptation du roman de Christiane Rochefort. Cette histoire d'amour masochiste est l'occasion de plonger dans les vices de la bohème parisienne comme il était de coutume à l'époque dans la Nouvelle Vague.
Robert Hossein joue son satyre qu'il connait par cœur face à la belle qui vient de nous quitter en nous tirant la langue.
BB est d'ailleurs convaincante dans les scènes de colère ou d'émotions qui parsèment le film.
La dernière partie à Florence et alentours est particulièrement réussie, ce qui sauve un peu le film qui a beaucoup de longueurs dans son deuxième tiers.


















mardi 30 décembre 2025

L ' AVEU DE COSTA-GAVRAS 1970

 





Synopsis :

En 1951 en  Tchécoslovaquie,

Gérard est un membre reconnu du parti communiste tchécoslovaque qui suspecte d'être suivi et surveillé depuis un certain temps.
On l'arrête un jour, avec quelques autres de ses camarades.
Les pontes du pays, dirigé alors de loin par Staline, l'accuse de trotskisme, sionisme, capitalisme et de titisme (de Tito, le dirigeant/dictateur communiste de la Yougoslavie à l'époque) et exige des aveux signés préremplis (comme les impôts en France).
Devant la réticence de Gérard, on le prive de sommeil, de nourriture et on l'oblige à marcher dans sa cellule et pendant les interrogatoires, pendant des mois jusqu'à ce qu'il se soumette...








Le communisme, je l'ai déjà dit, est une saloperie qui a le privilège de commettre ses méfaits sous les félicitations de l'humanisme mondialisé car ne l'oublions pas : c'est au nom du peuple qu'il tue, viole, spolie, torture et au moment même d'ailleurs où j'écris ces mots, au Viêt-Nam, au Cambodge, au Laos, en Chine, en Corée du Nord, à Cuba.
Le fait de seulement évoquer ne serait-ce que quelques crimes font de celui qui commet cette hérésie un fasciste, capitaliste, bourgeois sioniste, raciste et avant tout un révisionniste.

C'est pourquoi "L'aveu" est courageux, les films dénonçant le communisme, ici le stalinisme, se comptent sur les doigts de la main d'un manchot, d'autant plus de la part d'un homme de gauche comme Costa-Gavras.
Cette adaptation du livre d'Artur London, le Gérard de l'histoire, par Semprùn, fait office de réquisitoire politique et aussi de film de prison avec Montand qui s'immole ici pour raconter avec son corps ce qu'était le stalinisme.
La plus grosse partie du récit est celle où les geôliers et référents comme on les appelaient, s'occupaient plus de laver les cerveaux que les corps, outil d'une propagande huilée à souhait jusqu'à la retransmission publique du procès scénarisé pour endormir la masse du prolétariat.
Gabriele Ferzetti joue une ordure de premier ordre, le commandant haineux des référents est excellent lui aussi (on dirait Mélenchon), la Signoret joue la femme du héros telle "Mathilde" dans "L'armée Des Ombres" et Jean Bouise est Jean Bouise, l'humanité incarnée.

Autant dire qu'avec tout ça, le film a été traité de fasciste, tel Artur London à l'époque qui a eu le même traitement que Soljenitsyne  ensuite, c'est pourquoi cette œuvre, est d'utilité publique hors de ses qualités esthétiques.



















lundi 29 décembre 2025

Z DE COSTA-GAVRAS 1969

 





Synopsis :

Dans un pays méditerranéen (Costa-Gavras est grec et en 1967, la Grèce a basculé dans le régime des colonels, je vous laisse deviner), un député pacifiste nommé "Z" essaie tant bien que mal de donner une conférence malgré les menaces diverses sur les propriétaires de salles.
La police et la gendarmerie adopte une politique à la ponce-pilate en laissant les choses s'envenimer mais en n'intervenant pas.
Z est gravement blessé par un mystérieux triporteur transportant un homme avec une matraque. Il décèdera ensuite à l'hôpital. Un député de son camp est lui aussi molesté mais survit.
L'enquête se dirige vers un "accident" de la circulation provoqué par deux poivrots mais un juge d'instruction honnête décide d'instruire l'affaire hors de toutes pressions, ce qui ne va pas aller sans mal...





   
 

Adaptation du roman de Vassilis Vasssilikos sur l'assassinat d'un député grec en 1963 avec comme souvent avec Costa-Gavras une distribution impressionnante.
Un réquisitoire contre les régimes militaires, monarchistes et d'extrême droites en premier lieu, puis communiste mais beaucoup moins à cause du positionnement politique du réalisateur et de ses amis.
Montand joue le fameux Z qui va servir de victime expiatoire dans une apparition assez courte, une dizaine de minutes, mais remarquable. Jean-Louis Trintignant a un rôle intéressant du juge d'instruction intègre, en cela même qu'on doute au départ de sa droiture, semblant prendre parti au départ pour la voie et voix officielle de l'accident.
Le reproche que je ferai à ce film est qu'il dévoile son jeu presque tout de suite, le complot étant assez évident. On a finalement l'impression de regarder un Columbo : on sait qui a fait le coup et on attend de découvrir comment Trintignant va découvrir la vérité.
Il en reste néanmoins un bon spectacle, Costa-Gavras étant un brillant cinéaste, porté par une distribution de qualité (et c'est marrant de voir le mari, ici doublé, et le futur amant d'Annie Girardot dans le même film, ils n'ont pas de scènes ensemble), et notamment la présence de Charles Denner qui pousse toujours un film vers le haut.



















dimanche 28 décembre 2025

UN HOMME DE TROP DE COSTA-GAVRAS 1967

 





Synopsis :

En 1943, dans les Cévennes, 
Des maquisards attaquent une prison et réussissent à libérer des prisonniers résistants. Le problème est qu'au lieu de douze hommes, ils se retrouvent avec un homme en plus.
Ils identifient vite l'intrut mais hésitent à le tuer.
L'intrus, qui semble être un anarchiste, refuse de s'enfuir quand il en a la possibilité et aide même les maquisards si besoin.
Traqués et cachés dans un mas dans les Cévennes, ils arrivent à braquer une banque pour leur financement et à se faire livrer quelques armes lourdes.
Mais les allemands, la gestapo et la milice sont sur leur traces...








Costa-Gavras commence à s'intéresser à la politique avec ce film de guerre à la distribution impressionnante qui plonge le spectateur dans la résistance et les tensions qui y régnaient, deux ans avant "L'armée Des Ombres" de Melville.
Filmé dans les Cévennes, entre le Gard, la Lozère et le Cantal (le final bouleversant sur le viaduc de Gabarit), on peut voir les quasi débuts de Jacques Perrin, très bon, Michel Creton, Marc Porel dans un petit rôle et même Serge Sauvion difficilement reconnaissable.
Jean-Claude Brialy joue le chef des maquisards amateur de méthodes radicales en ce qui concerne le treizième homme tandis que Bruno Cremer, excellent ici joue, son pendant humaniste.
Piccoli joue le fameux homme, il y est bouleversant jusqu'à la dernière scène sur le viaduc. Rien que pour lui et pour Cremer, ce film mérite d'être vu mais aussi pour son suspense, sa dramaturgie et ces histoires d'hommes de peu qui risquaient leur vie pour la patrie.


















samedi 27 décembre 2025

MANEGES DE YVES ALLEGRET 1950

 





Synopsis :

Dora est hospitalisée dans un état grave. Son mari, Robert, propriétaire d'un manège à chevaux, vient à son chevet, fou d'amour pour elle et donc désespéré par l'état de sa belle.
La mère de Dora débarque en reprochant à Robert sa médiocrité.
Dans un moment de lucidité, Dora demande à sa mère de tout raconter au mari...combien les deux garces l'ont manipulé depuis le départ...








Ce mélodrame, qui ressemble à du réalisme poétique mais 10 ans après, est d'une noirceur impressionnante, à faire pâlir Julien Duvivier à vrai dire.
Un film pas vraiment féministe qui se finit quand même bien pour le cocu, porté par un trio d'acteur au sommet : Bernard Blier joue le trompé benêt qui sert de pompe à fric, Jane Marken interprète une mère et mère maquerelle ferrant les plus juteuses proies pour sa fille jouée par la Signoret qui était déjà la grande Simone qu'on connaitra ensuite.
Franck Villard, le con du "Cave Se Rebiffe", joue le  gigolo/amant/équivalent ou reflet masculin de Dora et le vétéran Jacques Baumer interprète l'adjoint/ami/témoin impuissant de la supercherie.
Le découpage et les nombreux flashbacks sont également assez remarquables.
Sorti en début d'année 1950, "Manèges" inaugure ce que sera cette décennie pour notre cinéma : une renaissance après les passables années 1940.










Le truand, la brute et le bon