Synopsis :
En Chine, pendant la révolution culturelle,
Xiu est une adolescente de 15 ans, qui, a la fin de ses études, est envoyée au Tibet pour apprendre le métier qu'on lui a destiné: dresseuse de chevaux.
On la confie a Lao Jin, un homme émasculé qui deviendra son ami et protecteur. Les deux vivent dans une tente au millieu d'une steppe inhospitalière.
Au bout des six mois réglementaires, personne ne vient la chercher.
Divers colporteurs débarquent et lui promettent de régler son problème envers les autorités. Le premier la viole. Quand d'autres s'en viennent, résignée, elle se laisse faire.
Elle tombe enceinte et son ami l'emmene se faire avorter.
À l'hôpital, un autre homme la viole, dans son vagin encore ensanglanté.
Xiu Xiu comprend alors que sa situation est sans issue et donc que sa seule délivrance...
Ce mélodrame, et c'est peu de le dire croyez moi, est réalisé par la sino-américaine Joan Chen, qu'on a vu dans la première saison de "Twin Peaks" à l'époque où elle arborait des cheveux courts.
Quand j'ai vu ce film, sur une chaîne du cable il y a 25 ans, je suis resté bouleversé par ce récit, cette passion christique de cette pauvre gamine.
Joan Chen a grandi en Chine pendant cette période, et a donc vécu elle-même certains faits décrits ici pendant cette "révolution culturelle" qui a fait plusieurs millions de morts.
Tourné clandestinement dans cette gentille république humaniste qu'est toujours la Chine populaire, à l'époque dirigé par Jiang Zemin, ce récit coup-de-poing co-écrit par la réalisatrice est donc un témoignage courageux de l'abandon d'un peuple corvéable à merci, qu'on peut éliminer d'un simple coup de stylo sur une feuille administrative.
Les deux acteurs sont parfait, que ce soit celui qui joue l'ami eunuque qui finira par tomber amoureux de la petite, et celle qui joue la supliciée du nom de Li Xiaolu dont la carrière survivra à ce film/affront.
La fin, est digne de tout mélodrame qui se respecte, elle joue son rôle à la perfection c'est-à-dire marquer au fer rouge (c'est le cas de le dire) le spectateur pour l'éveiller à certaines réalités, loin des mensonges proférés par l'"élite" intellectuelle française qui considère encore Mao comme un gars sympa.
Facilement un des cent meilleurs films, et je dirait même cinquante, de l'histoire du cinéma asiatique...et un de mes préférés.
Préparez quand même deux ou trois kleenex, ça risquerait de servir...
Le film entier (qui est d'ailleurs assez rare, jamais sorti en DVD en France) avec sous-titres anglais :