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dimanche 14 mai 2023

DEUX JOURS, UNE NUIT DE JEAN-PIERRE ET LUC DARDENNE 2014

 





Synopsis :

Sandra est en arrêt maladie pour dépression.
Trois jours avant son retour au boulot, une collègue et amie l'appelle pour lui prévenir qu'un vote a été effectué dans son entreprise pour choisir entre une prime de 1000 € ou son licenciement et que le résultat est en sa défaveur.
Avec son amie elle réussit de justesse à convaincre son patron de recommencer le vote lundi, jour de son retour.
Sandra a tout le week-end pour essayer de convaincre ses collègues un par un d'infléchir leur nouveau vote…











Marion Cotillard, souvent sous-estimée, porte presque à elle seule le film sur ses frêles épaules, jouant une femme fragile, dépressive, qui doit soudain se faire violence pour se battre pour son bifteck et imposer un choix difficile à ses collègues, certains aussi affamés qu'elle.
Un bon suspens pour cette œuvre assez équilibrée politiquement, qui veut faire passer une leçon d'humanisme sans certains moyens putassiers de la plupart des films de gauche.
Une réussite indéniable, à mettre au côté de "Rosetta" et "Lorna" dans le haut du paniers des Dardenne.






















samedi 13 mai 2023

LE GAMIN AU VELO DE JEAN-LUC ET PIERRE DARDENNE 2011

 





Synopsis :

Le gamin en question s'appelle Cyril, 12 ans, qui habite dans un foyer pour jeunes.
Cyril est obsédé par son père, qu'il cherche à retrouver à tout prix, ce qu'il réussit au bout d'une demi-heure, pour s'entendre dire par celui-ci qu'il veut qu'il lui fiche la paix.
Habitant ensuite chez Samantha, une coiffeuse avec qui il a sympathisé, désabusé par son sort et en manque de repère, il croise la route d'un voyou qui va l'entraîner vers le bas...









Après le très bon "Silence", les Dardenne nous resservent une histoire d'adolescence avec celle de Cyril, très bien joué par un acteur natif de Seraing, lieux d'action de la plupart des films des frangins qui ont une certaine science pour le casting de débutants.
La déjà vétérante Cécile De France incarne le personnage humain et protecteur qui cherche à sauver le personnage de sa chute programmée.
Le bémol principal de l'œuvre étant le personnage du voyou, caricatural à souhait car sorti des années 1980 (loubard en marcel, ray-ban style "Marche À l'Ombre" ou "Rue Barbare" pas vraiment réaliste) et certaines invraisemblances typiques des films des Dardenne.
Un bon film, surestimé comme souvent, mais du bon boulot néanmoins.





















LE SILENCE DE LORNA DE JEAN-PIERRE ET LUC DARDENNE 2008

 





Synopsis :

Lorna est une immigrée albanaise qui s'est marié à Claudie, héroïnomane, pour obtenir des papiers belges.
Il est convenu avec les malfrats qui ont organisé ce mariage blanc que Lorna devra ensuite se remarier avec un Russe pour que celui-ci obtienne à son tour la nationalité belge et pour ce faire, Claudie devra mourir…







 



Le héros principal de "Lorna" est une femme, comme Rosetta, et c'est là que l'œuvre est intéressante car certains personnages des frères Dardenne n'ont souvent pas ce qu'il faut pour susciter assez d'empathie chez le spectateur (le gamin du "Fils" ou le marginal de "L'Enfant" par exemple).
Le sujet traité est intéressant (les passeurs, le trafic de faux papiers), l'interprétation de Jérémie Renier en camé qui essaie de s'en sortir et surtout de l'actrice kosovare qui joue une Lorna qui perdra peu à peu pied, prise dans un terrible engrenage font de ce film une réussite comme l'était "Rosetta" 10 ans auparavant.






  














vendredi 12 mai 2023

L'ENFANT DE JEAN-PIERRE ET LUC DARDENNE 2005

 





Synopsis :

Bruno est un marginal vivant de rapines. Sa compagne Sonia, qui  n'est guerre mieux lotie, vient d'accoucher d'un petit Jimmy.
Devant les galères et alléché par l'argent facile, Bruno décide de vendre son gamin à un réseau clandestin d'adoption sans prévenir Sonia.
La transaction effectuée et ensuite mise au courant, la mère fait un malaise et est hospitalisée…










Les frangins s'écartent un tant soit peu techniquement de leur zone de confort en étant moins prolixe en gros plans et plans séquence, caméra à l'épaule.
Un bon suspense même si la fin est prévisible, une découverte en la débutante Déborah François, Jérémie Renier toujours excellent et un court rôle de Gourmet dans le rôle d'un flic.
Une œuvre honnête qui ne méritait pas la Palme d'Or néanmoins.






















dimanche 7 mai 2023

LE FILS DE LUC ET JEAN-PIERRE DARDENNE 2002

 





Synopsis : 

Olivier est éducateur/menuisier dans un centre de rééducation et d'insertion. Il reçoit un dossier pour une demande d'un jeune qui sort de prison et ce fait va le bouleverser.
Il refuse mais passe son temps à épier le gamin, qui a trouvé une place dans le même bâtiment en métallurgie, allant même jusqu'à s'introduire chez lui.
Il accepte finalement de le prendre comme apprenti…









Après "Rosetta" où les Dardenne filmaient Emilie Dequenne en très gros plan, c'est ici Olivier Gourmet qui est de chaque plan, livrant au spectateur le trouble et l'effroi de son personnage.
"Le fils" est l'histoire d'un secret (révélé peut-être un peu tôt, l'œuvre aurait eu plus de force si celui-là avait été révélé en même temps qu'au personnage du jeune) et surtout du pardon et de la rédemption.
Un film poignant, d'une force égale à celle de "Rosetta" qui vaudra à Gourmet des lauriers et des louanges.




















samedi 6 mai 2023

ROSETTA DE LUC ET JEAN-PIERRE DARDENNE 1999

 





Synopsis :

Rosetta a 18 ans, vit avec sa mère alcoolique dans une caravane et survit en enchaînant des petits boulots qu'elle n'arrive pas à garder...











Les Dardenne poussent encore plus loin le naturalisme, par rapport à "La Promesse" en filmant Emile Dequenne de manière chirurgicale à coup de plans séquences et très gros plans, sans fioriture ni vernis aucun.
Il est question de survie, de la lutte d'une jeune femme pour trouver sa place dans la société, avoir une vie normale et tout les moyens sont bon parfois pour tenter d'y arriver.
La débutante Emilie Dequenne s'immole ici pour livrer un portrait d'une rare force d'un être d'une détresse totale qui fait penser à certains personnage de Ken Loach ou de Bresson ("Mouchette").
"Rosetta" est bien plus maîtrisé que "La Promesse" aussi parce que moins putassier idéologiquement car plus pondéré.
Une excellente porte d'entrée à l'univers des Dardenne ainsi qu'un grand film social.





















LA PROMESSE DE JEAN-PIERRE ET LUC DARDENNE 1996

 









Synopsis :

Igor, 15 ans, fait un stage dans un garage, bricole des karts avec ses copains et aide son père Roger qui emploie et exploite des immigrés d'une manière assez décomplexée.
Un de ces immigrés fait une chute mortelle et fait promettre à Igor de s'occuper de sa femme et son nourrisson fraichement débarqué d'Afrique.
Pour le garçon commence un choix cornélien : honorer sa promesse ou trahir son père…



 





L'œuvre de la consécration pour les Dardenne qui utilisent toutes les ficelles du naturalisme (caméra à l'épaule, montage dynamique, ascétisme proche du Dogme 95 alors en vogue) pour cette fiction/tract qui enfile tout les poncifs de la propagande socialiste (les patrons exploiteurs, les occidentaux racistes, la solidarité entre immigrés).
Olivier Gourmet trouve la consécration dans le rôle plutôt ingrat du pourri (néanmoins parfois nuancé)/patron exploiteur ainsi que Jérémie Renier dans le personnage central du film.
Un très bon travail, on ne s'ennuie notamment jamais grâce au suspense constant et une certaine maestria dans la dramatisation.
À partir de cette œuvre, les Dardenne vont collectionner les récompenses, souvent pour des raisons politiques.