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dimanche 30 août 2026

LETTRES SICILIENNES DE FABIO GRASSADONIA ET ANTONIO PIAZZA 2024

 





Synopsis :

En Sicile, au début des années 2000,

Catello vient d'être libéré de prison, il fut maire, proviseur, entrepreneur immobilier mais c'était il y a six ans. Rentré chez lui, il découvre que sa femme le méprise, que sa fille attend un enfant avec l'idiot du village, que son hôtel en construction tombe en ruine, menacé d'être démoli et enfin que le nouveau maire passe son temps à le diffamer.
Des individus le kidnappent en pleine rue et l'amènent dans un bureau rempli d'ordinateurs.
Ce sont en fait les services secrets qui ont décidé de le faire chanter ; il lui est demandé de prendre contact avec son neveu, puissant chef de la mafia, en cavale, au travers de la rédaction de pizzini (sorte de billets secrets distribués en sous-main) pour l'amener à se découvrir et ainsi l'arrêter ou alors un très gros dossier concernant diverses affaires de corruption dans lesquelles Catello est mouillé partira chez le juge...








Le troisième long du duo est une comédie noire qui permet de brosser des personnages souvent caricaturaux, au premier abord : les mafiosi psychopathes, les femmes sicilennes ténébreuses qu'il vaut mieux éviter d'embêter, des idiots qui servent de gibier. L'autorité est ici aussi pourrie, voir plus que la pègre, plongeant à la conclusion différents personnages dans une fin tragique. D'un autre côté, la plupart des personnages naviguent dans une zone grise intéressante, porté par l'humour parfois grotesque de certaines situations.
Toni Servillo n'est jamais décevant et ici il incarne ce Catello pris entre le marteau et l'enclume, une sorte de personnage presque pathétique.
Elio Germano incarne le chef vivant "comme un rat" mais charismatique, presque comme le Keyser Soze de "Usual Suspects".
Du très bon travail, typique du cinéma italien contemporain.


















samedi 29 août 2026

LA NUIT EST MON ROYAUME DE GEORGES LACOMBE 1951

 






Synopsis :

Pinsard est conducteur de train à vapeur qui, suite à un accident de travail, est devenu aveugle. Le docteur qui le suit lui dit qu'une opération est possible d'ici un an mais en fait sa condition est incurable. Seule sa mère est au courant.
D'abord abattu et pressé d'en finir avec ce faux espoir qu'on lui a fait miroiter, il vivote chez lui en écoutant la radio qu'il démontait et réparait auparavant.
Un centre de rééducation pour non-voyants est solicité par sa mère qui souhaite que son fiston apprenne un métier mais devant la fin de non-recevoir du mécanicien, elle décide d'employer la ruse : elle détraque sa radio et fait appeler un réparateur qui vient en fait du centre.
Pinsard est étonné qu'un aveugle réussisse à réparer sa radio et lui demande de lui apprendre à en faire de même à l'institut.
Il finit par s'y plaire et va ainsi rencontrer une professeuse non-voyante.
Les deux vont se plaire mais le directeur du centre, fiancé à la belle, va ne pas l'entendre de cette oreille...





 

Ce film a valu au Dabe (Gabin pour les non-initiés) un prix d'interprétation à Venise et c'est tout mérité : il n'a pas été aussi bon et émouvant depuis les années 30. C'est d'ailleurs à partir de cette décénnie que la carrière de Gabin va connaitre un second souffle.
Un récit assez proche du réalisme poétique, assez sombre dans l'ensemble, qui aurait bien convenu à un Duvivier mais Lacombe s'ent sort très bien.
Le rôle de Gabin fait penser à celui, Lantier, qu'il tenait dans "La Bête Humaine" de Renoir mais ce film est en tout point plus maîtrisé. 
Le titre, magnifique, fait penser à du Baudelaire et d'ailleurs le personnage chéri par le héros lira, en braille, un poème du parnassien.
Je n'avais jamais dégusté ce Gabin, et je les ai presque tous vu, ça aurait été dommage de claquer avant car on a affaire ici à du lourd, du sérieux, de l'authentique qualité à la française.
À voir avant de n'y plus voir...


















mardi 25 août 2026

CROSBY, STILLS AND NASH : DARK STAR ET CATHEDRAL 1977

 


Sorti en 1977, l'album "CSN" du talentueux trio de musiciens auteurs/compositeurs est leur deuxième après celui de 1969.
"Cathedral" est un titre de Graham Nash, ballade délicate qui comporte une partie plus rythmée en son milieu.




 

"Dark Star" est un titre plus classique du style du trio, du Folk/Rock très radiophonique (ce qu'on appelle aussi du Yacht Rock), composé par Steven Stills dont le mariage avec Véronique Sanson partait en sucette :







Je préfère largement la musique du trio à celle du quatuor avec Neil Young. En 1977 sont sortis "Rumours " de Fleetwood Mac, "Aja" de Steely Dan et cet album qui deviendront tous des classiques du Folk/Rock américain radiophonique et qui se vendront par millions.


lundi 24 août 2026

L.627 DE BERTRAND TAVERNIER 1992

 





Synopsis :

Lulu est flic dans la brigade des stups mais après une rebellion envers son supérieur alcoolique, il est un temps mis au placard derrière un bureau. Sa punition effectuée, il est muté dans une nouvelle brigade des stups, travaillant dans des algecos dans des conditions plutôt précaires.
"L.627" nous propose de suivre Lulu et son équipe composée de personnages divers, de sa relation avec la mère de sa fille qu'il n'a pas le temps de voir et de celle qu'il entretient avec une prostituée toxicomane et séropositive...








Ce polar ne ressemble pas aux polars français qu'on a l'habitude de voir : filmé dans un style documentaire proche du naturalisme, montrant certaines situations de manière crues. En vérité, ce polar sent la clope, la pisse, le vomi, la seringue de toxico et surtout la misère.
L'équipe du personnage principal est assez varié : des flics immatures ou alcoolique (le personnage joué par Jean-Roger Milo, assez touchant) et une femme flic jouée par la lyonnaise (comme le réalisateur) Charlotte Kady, une excellente actrice par ailleurs mais peut-être un peu trop mimi pour ce genre de film et le rôle qu'elle incarne.
Le propos du métrage se veut assez social et revendicatif, dénonçant les conditions misérables dans lesquelles travaille la police, la paperasse qui n'en finit pas, l'administration stupide et déconnectée, le rôle essentiel des "cousins" et la vie personnelle souvent difficile et inexistante des flics.
Quelques répliques assez drôles comme celle où on cite Fabius ou le personnage joué par Torreton.
Un très bon polar, faisant la transition entre la période Corneau et celle de Olivier Marchal qui suivra.


















samedi 22 août 2026

MISERICORDIA DE EMMA DANTE 2023

 





Synopsis :

Quelque part en Sicile, des femmes, des enfants et quelques hommes vivent dans une sorte de bidonville au bord de la mer. La plupart des femmes vivent de la prostitution sous la protection d'un maquereau borgne et violent nommé Polifemo.
Arturo est un jeune homme handicapé mental qui a été élevé par deux femmes : une prostituée obèse et une lesbienne qui considèrent toutes les deux le jeune innocent comme leur propre fils. Arturo est en fait le fils d'une prostituée et de Polifemo qui a battu la mère enceinte jusqu'à la mort.
Les deux femmes sont rejointes par Anna, une prostituée de 32 ans qui va se lier d'amitié avec Arturo.
Polifemo déteste son rejeton et va même jusqu'à le menacer de mort.
Les trois femmes vont tout faire pour sauver l'innocent du destin misérable qui lui est promis...








Ce conte dramatique qui est filmé tel une fable est comme le film précédent de la réalisatrice, "Le Sorelle Macaluso" une adaptation de sa propre pièce de théâtre. L'atmosphère et le sujet font penser à des films comme "Affreux, Sales Et Méchants" de Ettore Scola, "Dodes' Kaden" de Kurosawa, "Adresse Inconnue" de Kim Ki-duk, "Oasis" de Lee Chang-dong pour le sujet du handicap et de la performance de l'interprétation, un peu de Kitano (période "Sonatine" et "Hana-bi") dans un plan où Arturo est sur une plage et enfin des personnages à la Pasolini pour revenir en Italie.
La photographie est recherchée, filmant souvent les décors naturels à la lumière de l'heure dorée, pour ce film au propos féministe mais toujours intelligent où l'humanité des personnages féminins vient tempérer la quotidienne violence de leurs existences. 
La performance du danseur/comédien Simone Zambelli dans le rôle difficile de l'innocent est remarquable : dans un rôle quasi-muet il délivre toute une palette de sentiments à travers son corps émacié qui lui sert d'outil.
Une agréable et recommandable découverte...et une réalisatrice à suivre.

Disponible en ce moment sur Arte.





 












vendredi 21 août 2026

DELICATESSEN DE JEAN-PIERRE JEUNET ET MARC CARO 1991

 





Synopsis :

Dans un monde dystopique où les animaux sont devenus rares, où le soleil n'apparaît jamais, l'argent est remplacé par des graines et les gens sont livrés à eux-même.

Le boucher Clapet, qui est aussi le propriétaire de l'immeuble où se trouve son échoppe, se livre en viande de façon curieuse : il passe une annonce pour un travail d'homme à tout faire et le malheureux qui se présente finit au bout d'une semaine sur l'étal du viandard. C'est ainsi que se présente Louison, un clown abandonné par son collègue (un chimpanzé qui a en fait fini comme denrée). Dans l'immeuble habite des locataires tous plus ou moins félés dont une femme qui entend des voix et qui passe son temps à essayer de se suicider, un chômeur et sa famille dont une vieille belle-mère qui finirait bien chez le boucher, deux fabricants de boite à meuh, un vieux qui vit en autarcie en élevant des escargots et des grenouilles, une chaudasse qui paye son loyer et sa nourriture en nature et Julie, fille de Clapet et violoncelliste.
Louison et la dernière vont se rencontrer et s'aimer, ce qui ne va pas plaire à son père boucher...





 


Ce premier film de la paire, qui se réduira vite au seul Jeunet, ressemble à une sorte de Lynch français pour l'esthétique très recherchée, la photographie, le style onirique, ici cauchemardesque la plupart du temps mais pas que, et une sorte d'humour mélé de fantastique.
Le casting est composé principalement de "gueules" dont Dominique Pinon, Rufus, Jean-Claude "Marie" Dreyfus, Howard Vernon et Ticky Holgado. Le rôle de la demoiselle est joué par la lyonnaise Marie-Laure Dougnac aux jolis yeux et Karin Viard joue le rôle de la chaudasse.
Une première oeuvre remarquable que cette comédie noire horrifique et fantastique, le deuxième film ("La Cité Des Enfants Perdus") sera  assez réussi puis le Jeunet décidera finalement de céder aux sirènes du pognon et de faire de la soupe.
On peut d'ailleurs mettre en parallèle ce "Delicatessen" avec "Subway" de Luc Besson, puisque on a affaire ici à cette nouvelle Nouvelle Vague apparue dans années 80, un film intéressant puis ça part vite en sucette.


















mercredi 19 août 2026

LA CIOCIARA DE VITTORIO DE SICA 1960

 





Synopsis :

En 1944, l'Italie est bombardée par les alliés et Rome n'est pas épargnée. Une épicière, Cesira, et sa fille Rosetta, n'ont d'autres choix que de quitter la capitale et d'aller dans le village natal de la veuve.
Le train qui les emmènent à destination doit s'arrêter quelques heures suite à un bombardement sur la voie. Elles décident de continuer le chemin à pied avec leur bagages. Arrivées à destination, elles retrouvent leur proches, vivant de manière modeste suite aux privations de la guerre et de l'inflation qui en résulte. Elles rencontrent le jeune Michele, intellectuel de gauche et idéaliste, qui voulu un temps se faire prètre. Michele va tomber amoureux de la jolie veuve mais celle-ci résiste, ayant vue sur son voisin romain avec qui elle a eu une aventure avant de partir.
Des allemands débarquent en pleine déroute, menacent les habitants et finissent par repartir avec Michele pour qu'il lui indiquent le chemin.
Les habitants craignant pour leur vie décident de fuir leur village, les deux femmes les suivent mais finissent par faire route à part suite à un nouveau bombardement.
Elles se retrouvent à dormir dans une église en ruine mais se font repèrer par un détachement de soldats marocains allié des alliés.
Et qu'est-ce qu'il se passe quand deux femmes, dont une fille vierge de 12 ans, se retrouvent face à une dizaine de musulmans ?





 


Vittorio De Sica, réalisateur de chefs-d'oeuvre mondiaux du cinéma, adapte le roman d'Alberto Moravia, basé sur des faits historiques je tiens à le préciser, en offrant à Sophia Loren un alors rare rôle dramatique. L'ancien footballeur et journaliste, Raf Vallone joue le rôle du beau voisin entreprenant et un jeune Jean-Paul Beaumonde, dont on ne sait s'il a fait carrière par la suite, hérite du rôle du communiste. Le rôle de Rosetta est tenu par l'inexpérimentée mais très douée Eléonora Brown, 12 ans alors mais faisant plus.
Le style est néoréaliste, à l'époque où ce style tombait en désuétude, avec une première heure dans un ton de comédie dramatique pour finir dans le mélodrame absolu après la scène du viol de la mère et de la fille. 
Que ce soit la Sophia, qui marchait ici dans les pas de la Magnani dans le drame (elle est bouleversante et y gagnera un Oscar et une Palme d'Or) ou la jeune Brown qui deviendra interprète y est autant convaincante. Belmondo fait le boulot (doublé en italien) mais on ne le sent pas concerné plus que ça.

"La Ciociara" est un chef d'oeuvre de plus du maestro qu'est De Sica : "Les Enfants Nous Regardent", "Sciuscià", "Le Voleur De Bicyclette", "Miracle à Milan", "Umberto D", 'L'or De Naples", celui-ci puis "Hier, Aujourd'hui, Demain", "Il Boom", "Mariage À L'italienne", "Le Jardin Des Finzi-Contini" et "Les Fleurs Du Soleil"...le CV du gars fait autorité, peu de réalisateurs dans l'histoire peuvent se prévaloir d'un tel parcours.

Merci Vittorio et vive la Loren, toujours vivante, la dernière de l'âge d'or du cinéma que j'adore.


PS : le film se trouve sur Youtube en maintes versions : anglaise, italienne, française (quelle horreur !), colorisée (quelle horreur itou !)
Un bluray proposant la version italienne sous-titrée français est sorti il y a un certain temps mais se vend à un prix exorbitant : plus de 200 € si vous avez de la chance). Sinon des DVD de la version française sont disponibles à prix humains.


















dimanche 16 août 2026

INLAND EMPIRE DE DAVID LYNCH 2006

 





Synopsis :

Voyons, soyons sérieux...c'est au spectateur d'écrire le scénario, on parle ici d'une oeuvre de Lynch...





 


On ne le savait pas à l'époque mais ce film de cinéma est le dernier de son auteur, le dernier artiste du cinéma, qui nous quittera (physiquement) en début d'année dernière.
Cet "Inland Empire" ressemble à la somme de toute ses oeuvres précédentes (surtout "Mulholand Drive" et "Lost Highway", avec un peu de "Eraser Head" et "Twin Peaks") : le rideau rouge est toujours là, les visiteurs mystérieux qui ont bien souvent la clé de l'énigme (ici Grace Zabriskie et une presque méconnaisssable Mary Steenburgen), le scénario fichu en l'air au bout d'un certain temps de métrage pour nous retourner l'esprit, un style surréaliste, onirique, expérimental qu'il a élevé au rang de monument et le retour de ses lapins huanoïdes de sa sitcom de 2002, "Rabbits".
Co-produit par la fidèle Laura Dern, qui a le(s) rôle(s) principal(aux)  de l'actrice engagée pour faire un remake d'un film maudit, et on s'arrêtera là pour l'histoire, et tourné en partie en Pologne avec des acteurs du coin et parfois en polonais et le tout en vidéo, et c'est bien le seul défaut de cet OFNI.
La caméra vidéo numérique était très à la mode en ce début de cette abomination qu'est le vingt-et-unième et ça m'a légèrement gâté le plaisir : le cinéma, c'est la pellicule.
Au bout d'une heure, donc, Lynch décide d'improviser son film au jour le jour, comme Picasso le faisait avec ses toiles : l'auteur ne savait pas lui-même ce qu'allait être/devenir cette oeuvre, ce qui met le spectateur à égalité avec le créateur qui attend que les mirettes qui ont joui de ce "mind fuck" lui raconte ce qu'il a crée.
Je l'ai souvent dit dans mes critiques précédentes des Lynch, l'auteur ne se raconte pas mais se vit/voit. Lynch est le seul capable de filmer nos rêves et souvent nos cauchemar comme parfois ici.
Le dernier des géants d'une race depuis éteinte...il nous offrira la magnifique troisième saison de son "Twin Peaks" la décennie suivante et nous laissera nous démerder ensuite avec le présent.

PS : "Inland Empire" est américain mais aussi et surtout français car sans Canal +, beaucoup de ces oeuvres n'auraient pas vu le jour. Et comme avec Lynch, ce film est réservé a un public averti et connaisseur.





  










 



samedi 15 août 2026

MAX ET JEREMIE DE CLAIRE DEVERS 1992

 






Synopsis :

Jérémie est un jeune tueur à gage qui, après un dernier coup réussi, demande à monter en grade et être payé en conséquence.
On lui demande d'éliminer un vieux monsieur, Max, qui s'avérera être un tueur à la retraite. Les deux collègues vont finir par sympathiser et Max va même proposer à Jérémie de faire un coup ensemble.
Mais les commanditaires de Jérémie ne vont pas l'entendre de cette oreille. Les deux tueurs vont avoir la pègre sur le dos et égallement Almeida, un vieux flic autant opiniâtre que bougon...








Cette adaptation d'un polar américain de Teri White est d'abord l'occasion de se régaler avec quelques scènes communes avec deux grands ducs, Noiret et Marielle, puis de découvrir le Noiret dans un rare rôle sérieux de tueur méthodique qui va prendre sous son aile un voyou pouilleux payé pour le refroidir.
Un histoire de relation père/fils et de deux hommes (et acteurs) que tout sépare, d'ailleurs pour une fois Christophe Lambert (pour lequel  j'ai un certain mépris) joue pas trop mal ici (peut-être que c'est Marielle et Noiret qui l'a inspiré !)
Un thriller pas mal fichu, deux personnages très bien écrits joués par les deux épées précitées et une belle histoire d'amitié.
Ce film est à peu près le seul signifiant de la modeste carrière de la réalisatrice et qui plaira autant aux cinéphiles qu'au tout-venant des spectateurs.






C'est pas "Coup De Torchon"




Mais "Almeida et Max"








vendredi 14 août 2026

LE CAPORAL EPINGLE DE JEAN RENOIR 1962

 





Synopsis :

Après la déroute de 1940, l'histoire de quelques prisonniers de guerre de conditions différentes dont celui de Caporal qui essaiera maintes fois de s'échapper, de Ballochet qui est un contrôleur du gaz pragmatique et prudent, de Papa qui est joué par le fils d'un grand acteur, de Penche-à-gauche qui est serveur de profession, de Guillaume qui est agriculteur et de Caruso, chanteur amateur.
Les schleus étant des gens compréhensifs mais obsédés par la discipline, certaines situations vont vite tourner au vinaigre...





 


L'avant-dernier film de Renoir renvoie évidement à sa "Grande Illusion" qui parlait des prisonniers de la Grande Guerre. On pense aussi à "La Grande Evasion" de John Sturges qui sortira l'année suivante.
Autant le dire tout de suite, on est loin du chef-d'oeuvre de 1937 que nous avait offert Renoir mais ce film, adaptation du roman de Jacques Perret, est plutôt bon dû entre autres aux acteurs dévoués que sont Jean-Pierre Cassel, Claude Rich, Jacques Jouanneau et Carmet dans son rôle de bêta habituel et aussi un certain sens du rythme du maître aux manettes. On se prend de sympathie pour la plupart des personnages qui évoluent dans cette comédie dramatique, surtout pour les personnage de Bellochet et Caporal joué par Cassel qui renvoie à son futur rôle dans 'L'armée Des Ombres" de Melville.
Une seule petite critique serait peut-être l'invraisemblance de situations comme celle de Caporal, après avoir été repris après plusieurs évasions, n'est pas puni plus séverement (en vrai, il aurait été probablement fusillé).

Une sortie digne d'une de nos épées, comme dirait Audiard père, et une certaine surprise pour moi qui n'en attendait pas grand chose au départ.

















jeudi 13 août 2026

LE MÔME DE ALAIN CORNEAU 1986

 





Synopsis :

Willie est flic et personne ne l'aime. Il est petit mais nerveux comme Sarkozy, il a une jolie mise en plis qui le fait ressembler à Stallone, ce qui aura d'ailleurs son importance à la fin.
Il réussi à arrêter des traffiquants de drogue marseillais et rencontre une jolie pépée qui était là à titre récréatif : Jo.
Willie va vite être obsédé par la jolie black, en la suivant, il va tomber sur un gros traffic d'armes entre des libanais et un ruppin...








Richard Anconina, tout auréolé de son rôle dans "Tchao Pantin", voyait les producteur miser sur sa pomme comme Lanvin et Giraudeau à l'époque (Delon et Bébel vieillissait et il fallait trouver la relève).
Corneau sortait du tournage dantesque de "Fort Saganne" et voulait peut-être moins se prendre la tête.
Ce "Môme" ressemble à un film de la Cannon, le genre de trucs d'actions qui sortait directement en vidéo (à l'époque VHS) avec une affiche montrant le héros tout biscotos huilés avec une arme aussi grande que lui : un scénario décousu, un montage privilégiant les longues scènes érotiques entre le héros et sa belle ainsi que les poursuites de bagnoles dans Paris. Les dialogues sont signés Christian Clavier et il aurait mieux fait de s'abstenir (n'est pas Michel Blanc qui veut).
Le pire, c'est la fin où on peut voir Anconina dégommer ses ennemis à coup de bazooka, comme un certain Rambo mais sans le bandeau dans les cheveux.
La seule chose à sauver de ce nanar, c'est l'actrice nommé Ambre, à la carrière très courte et c'est dommage, qui apporte ici une sensibilité couplée à sa sensualité.
Alain Corneau, c'était "Police Python 357", "Série Noire" et "Le Choix Des Armes" soit des classiques du polar, c'est aussi le magnifique "Tous Les Matins Du Monde" en 1991 mais aussi cette daube pour jackys en manque de Kro.














lundi 10 août 2026

PIEDS NUS DANS LE PARC DE GENE SAKS 1967

 





Synopsis :

Paul et Corie viennent juste de se marier, ils sont jeunes et beaux et Paul est en passe de devenir avocat. Le mari est plutôt sérieux, pendant à l'avenir financier du couple tandis que Corie est plus exubérante, sensuelle et très amoureuse.
Après une semaine de lune de miel torride dans un hôtel new-yorkais, ils emménagent dans un frugal appartement au cinquième étage sans ascenseur (ce que les divers visiteurs du couple vont vite regretter) avec un joli trou dans la verrière qui leur sert de plafond...en plein hiver.
Ils rencontrent leur étrange voisin avec lequel ils sympathisent et décide d'organiser un diner à quatre avec la mère célibataire de Corie.
C'est après cette soirée, qui sera dantesque que le couple va se disputer jusqu'à la rupture...






 

Cette comédie romantique, style dont les américains sont très friands, est l'adaptation d'une pièce de Neil Simon qui s'en charge d'ailleurs personnellement. Robert Redford et Mildred Natwick (qu'on a pu voir dans le "Harry" de Hitchcock) reprennent leur rôle respectif de la pièce d'origine tandis que Jane Fonda hérite du rôle de Corie et Charles Boyer celui du voisin foufou.
On est rarement déçu avec les adaptations de pièces de théâtre (les dialogues étant écrits et réécrits jusqu'à la perfection) et ici, que ce soit la qualité des quatre comédiens ou certaines situations comme les visiteurs arrivant agonisant de fatigue par exemple. 
L'action se passe majoritairement dans un appartement du Village à Manhattan, sinon une scène clé dans le Wahington Park vers la fin et la scène du restaurant dans Staten Island.
Dans la mesure où les comédies romantiques m'ennuient la plupart du temps, j'ai beaucoup apprécié ce film tourné à l'époque du Nouvel Hollywood est objectivement excellent.

















dimanche 9 août 2026

LADY PANAME DE HENRI JEANSON 1950

 





Synopsis :

Le destin de la truculente Caprice, chanteuse de son état, dans le Paris des années folles : son amour/haine pour le compositeur Jeff qu'elle connait depuis petite, son amitié avec un photographe anarchiste et certaines chansons offensant les bien-pensants.
Caprice, bientôt "Lady Paname" est une fille qui a du t'ça...








Pour son seul film en tant que réalisateur, le célèbre dialoguiste engage ses amis pour ce qui semble être une ode à la gloire de Suzy Delair qui n'était pas seulement une fille d'une beauté à couper le souffle (qui est morte en 2020 à l'âge de 102 ans) mais aussi une actrice, que dis-je un caractère, un personnage, et une chanteuse assez talentueuse.
Une comédie en chanson dans le paname d'antant avec Jouvet en anarchiste, des numéros de music-hall et le savoir-faire à la française.

Suzy Delair est, avec Arletty avec qui elle a beaucoup de points en commun (la beauté, la gouaille, le libertinage et une modernité en général), une de mes actrices préférées. Avec des personnages comme elles, on est sûr de passer un agréable moment, tout en rigolant car le façon dont elles chantent les mots, leur réparties, leur esprit, faisaient toujours mouche.













Elle a du t'ça et elle le prouve :





samedi 8 août 2026

COPIE CONFORME DE JEAN DREVILLE 1947

 





Synopsis :

Un escroc/cambrioleur et ses complices réussissent coups sur coups sans être inquiétés plus que ça. Les soupçons finissent par se porter sur un médiocre représentant de commerce, Dupon, qui finit quand-même par être disculpé de justesse.
L'escroc décide d'engager Dupon, qui est son sosie physique parfait, pour se procurer un alibi idéal pour ses futurs méfaits.
Les choses vont se compliquer quand Dupon rencontre la jolie Coraline, poule de l'escroc. Coraline va tomber amoureuse du sensible sosie et la mécanique va se dérégler...







Henri Jeanson signe les dialogues de cette comédie policière assez astucieuse qui offre à Jouvet un double rôle qui le fait apparaître dans presque chaque scène du film. La poule est jouée par la succulente Suzie Delair et un des complices du truand est incarné par un jeune Jean Carmet.
Du cinéma de qualité et deux grands comédiens pour ces 90 minutes de divertissement  pour petits et grands.