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mercredi 19 août 2026

LA CIOCIARA DE VITTORIO DE SICA 1960

 





Synopsis :

En 1944, l'Italie est bombardée par les alliés et Rome n'est pas épargnée. Une épicière, Cesira, et sa fille Rosetta, n'ont d'autres choix que de quitter la capitale et d'aller dans le village natal de la veuve.
Le train qui les emmènent à destination doit s'arrêter quelques heures suite à un bombardement sur la voie. Elles décident de continuer le chemin à pied avec leur bagages. Arrivées à destination, elles retrouvent leur proches, vivant de manière modeste suite aux privations de la guerre et de l'inflation qui en résulte. Elles rencontrent le jeune Michele, intellectuel de gauche et idéaliste, qui voulu un temps se faire prètre. Michele va tomber amoureux de la jolie veuve mais celle-ci résiste, ayant vue sur son voisin romain avec qui elle a eu une aventure avant de partir.
Des allemands débarquent en pleine déroute, menacent les habitants et finissent par repartir avec Michele pour qu'il lui indiquent le chemin.
Les habitants craignant pour leur vie décident de fuir leur village, les deux femmes les suivent mais finissent par faire route à part suite à un nouveau bombardement.
Elles se retrouvent à dormir dans une église en ruine mais se font repèrer par un détachement de soldats marocains allié des alliés.
Et qu'est-ce qu'il se passe quand deux femmes, dont une fille vierge de 12 ans, se retrouvent face à une dizaine de musulmans ?





 


Vittorio De Sica, réalisateur de chefs-d'oeuvre mondiaux du cinéma, adapte le roman d'Alberto Moravia, basé sur des faits historiques je tiens à le préciser, en offrant à Sophia Loren un alors rare rôle dramatique. L'ancien footballeur et journaliste, Raf Vallone joue le rôle du beau voisin entreprenant et un jeune Jean-Paul Beaumonde, dont on ne sait s'il a fait carrière par la suite, hérite du rôle du communiste. Le rôle de Rosetta est tenu par l'inexpérimentée mais très douée Eléonora Brown, 12 ans alors mais faisant plus.
Le style est néoréaliste, à l'époque où ce style tombait en désuétude, avec une première heure dans un ton de comédie dramatique pour finir dans le mélodrame absolu après la scène du viol de la mère et de la fille. 
Que ce soit la Sophia, qui marchait ici dans les pas de la Magnani dans le drame (elle est bouleversante et y gagnera un Oscar et une Palme d'Or) ou la jeune Brown qui deviendra interprète y est autant convaincante. Belmondo fait le boulot (doublé en italien) mais on ne le sent pas concerné plus que ça.

"La Ciociara" est un chef d'oeuvre de plus du maestro qu'est De Sica : "Les Enfants Nous Regardent", "Sciuscià", "Le Voleur De Bicyclette", "Miracle à Milan", "Umberto D", 'L'or De Naples", celui-ci puis "Hier, Aujourd'hui, Demain", "Il Boom", "Mariage À L'italienne", "Le Jardin Des Finzi-Contini" et "Les Fleurs Du Soleil"...le CV du gars fait autorité, peu de réalisateurs dans l'histoire peuvent se prévaloir d'un tel parcours.

Merci Vittorio et vive la Loren, toujours vivante, la dernière de l'âge d'or du cinéma que j'adore.


PS : le film se trouve sur Youtube en maintes versions : anglaise, italienne, française (quelle horreur !), colorisée (quelle horreur itou !)
Un bluray proposant la version italienne sous-titrée français est sorti il y a un certain temps mais se vend à un prix exorbitant : plus de 200 € si vous avez de la chance). Sinon des DVD de la version française sont disponibles à prix humains.


















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