Synopsis :
Voyons, soyons sérieux...c'est au spectateur d'écrire le scénario, on parle ici d'une oeuvre de Lynch...
On ne le savait pas à l'époque mais ce film de cinéma est le dernier de son auteur, le dernier artiste du cinéma, qui nous quittera (physiquement) en début d'année dernière.
Cet "Inland Empire" ressemble à la somme de toute ses oeuvres précédentes (surtout "Mulholand Drive" et "Lost Highway", avec un peu de "Eraser Head" et "Twin Peaks") : le rideau rouge est toujours là, les visiteurs mystérieux qui ont bien souvent la clé de l'énigme (ici Grace Zabriskie et une presque méconnaisssable Mary Steenburgen), le scénario fichu en l'air au bout d'un certain temps de métrage pour nous retourner l'esprit, un style surréaliste, onirique, expérimental qu'il a élevé au rang de monument et le retour de ses lapins huanoïdes de sa sitcom de 2002, "Rabbits".
Co-produit par la fidèle Laura Dern, qui a le(s) rôle(s) principal(aux) de l'actrice engagée pour faire un remake d'un film maudit, et on s'arrêtera là pour l'histoire, et tourné en partie en Pologne avec des acteurs du coin et parfois en polonais et le tout en vidéo, et c'est bien le seul défaut de cet OFNI.
La caméra vidéo numérique était très à la mode en ce début de cette abomination qu'est le vingt-et-unième et ça m'a légèrement gâté le plaisir : le cinéma, c'est la pellicule.
Au bout d'une heure, donc, Lynch décide d'improviser son film au jour le jour, comme Picasso le faisait avec ses toiles : l'auteur ne savait pas lui-même ce qu'allait être/devenir cette oeuvre, ce qui met le spectateur à égalité avec le créateur qui attend que les mirettes qui ont joui de ce "mind fuck" lui raconte ce qu'il a crée.
Je l'ai souvent dit dans mes critiques précédentes des Lynch, l'auteur ne se raconte pas mais se vit/voit. Lynch est le seul capable de filmer nos rêves et souvent nos cauchemar comme parfois ici.
Le dernier des géants d'une race depuis éteinte...il nous offrira la magnifique troisième saison de son "Twin Peaks" la décennie suivante et nous laissera nous démerder ensuite avec le présent.
PS : "Inland Empire" est américain mais aussi et surtout français car sans Canal +, beaucoup de ces oeuvres n'auraient pas vu le jour. Et comme avec Lynch, ce film est réservé a un public averti et connaisseur.




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