Synopsis :
Pinsard est conducteur de train à vapeur qui, suite à un accident de travail, est devenu aveugle. Le docteur qui le suit lui dit qu'une opération est possible d'ici un an mais en fait sa condition est incurable. Seule sa mère est au courant.
D'abord abattu et pressé d'en finir avec ce faux espoir qu'on lui a fait miroiter, il vivote chez lui en écoutant la radio qu'il démontait et réparait auparavant.
Un centre de rééducation pour non-voyants est solicité par sa mère qui souhaite que son fiston apprenne un métier mais devant la fin de non-recevoir du mécanicien, elle décide d'employer la ruse : elle détraque sa radio et fait appeler un réparateur qui vient en fait du centre.
Pinsard est étonné qu'un aveugle réussisse à réparer sa radio et lui demande de lui apprendre à en faire de même à l'institut.
Il finit par s'y plaire et va ainsi rencontrer une professeuse non-voyante.
Les deux vont se plaire mais le directeur du centre, fiancé à la belle, va ne pas l'entendre de cette oreille...
Ce film a valu au Dabe (Gabin pour les non-initiés) un prix d'interprétation à Venise et c'est tout mérité : il n'a pas été aussi bon et émouvant depuis les années 30. C'est d'ailleurs à partir de cette décénnie que la carrière de Gabin va connaitre un second souffle.
Un récit assez proche du réalisme poétique, assez sombre dans l'ensemble, qui aurait bien convenu à un Duvivier mais Lacombe s'ent sort très bien.
Le rôle de Gabin fait penser à celui, Lantier, qu'il tenait dans "La Bête Humaine" de Renoir mais ce film est en tout point plus maîtrisé.
Le titre, magnifique, fait penser à du Baudelaire et d'ailleurs le personnage chéri par le héros lira, en braille, un poème du parnassien.
Je n'avais jamais dégusté ce Gabin, et je les ai presque tous vu, ça aurait été dommage de claquer avant car on a affaire ici à du lourd, du sérieux, de l'authentique qualité à la française.
À voir avant de n'y plus voir...




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