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vendredi 31 mai 2024

JOFROI DE MARCEL PAGNOL 1934

 







Synopsis :

Le vieux Jofroi vend son verger à Fonse pour se faire une rente pour ses vieux jours.
Le nouveau propriétaire décide d'arracher les vieux arbres devenus stériles, pour semer du blé, mais Jofroi ne l'entend pas de cette oreille, menaçant d'abord Fonse avec une carabine puis ensuite menacer de se suicider...








Ce moyen métrage est le deuxième film réalisé par Pagnol et on est tout de suite plongé dans l'univers caractéristique de celui-ci : les cigales, les années 1920, l'"assent" et les décors naturels dans la garigue provençale.
"Jofroi" est l'adaptation d'une nouvelle de Giono, qui était aussi du sud, traité ici de la manière de fiction naturaliste qui fait la palette, la touche Pagnol également.
Dans le rôle titre, on découvre le chanteur et compositeur Vincent Scotto ('"La Petite Tonkinoise", "Prosper", "Marinella") et Henri Poupon, sorte de faux-frère de Raimu (ils étaient amis dans la vie) dans le rôle de "Fonse".
De bons passages, des dialogues parfois mémorables et l'interprétation dynamique et mélodique, l'"assent" toujours, font de ce divertissement une promesse de félicités futures.











dimanche 19 mai 2024

LA TÊTE CONTRE LES MURS DE GEORGES FRANJU 1959

 






Synopsis :

François est un jeune rebelle, sans emploi et criblé de dettes.
Un soir, il tente de voler son père, magistrat célèbre mais se fait pincer par celui-ci qui décide de l'interner en représailles.
Notre héros va alors faire face à des méthodes d'un autre monde, adoubées par le docteur Varmont, dur et cynique.
Il fait la connaissance de Heurtevent, qu'on découvrira épileptique et n'aura alors qu'un seul but : s'évader.








Une adaptation du roman de Hervé Bazin que ce premier film de Franju, qui deviendra un réalisateur culte et fera le classique "Les Yeux Sans Visage" qui m'avait terrorisé quand j'étais jeune.
Un style qui rappelle un peu Bresson en moins austère et Melville également, deux jeunes acteurs, Mocky et un Aznavour déjà excellent, et deux vedettes plus rodées que sont Pierre Brasseur dans le rôle du méchant docteur et Paul Meurisse dans le rôle du progressiste.
Anouk Aimée y est le personnage féminin, sorte d'ange, ou de coucou, qui va voler sur la tête du héros.
Un film assez réussi, même si ce n'est pas un chef-d'œuvre non plus, qui a le mérite de traiter d'un sujet encore tabou aujourd'hui qui est l'hôpital psychiatrique.
























samedi 18 mai 2024

LE MORT EN FUITE DE ANDRE BERTHOMIEU 1936

 





Synopsis :

Achille et Hector sont des second rôles aux "Folies Printanières" mais le mépris est vraiment le mieux qu'ils puissent espérer tant ils sont médiocres.
Hector a un jour une idée pour lancer enfin leur carrières, un bon coup de pub : il va faire semblant d'être assassiné par Achille qui sera arrêté puis jugé puis condamné avant d'être sauvé par son retour à grand renfort de presse et d'interviews.
Mais bien sûr, rien ne va se passer comme prévu...










Cette comédie réalisée par un Berthomieu dont je n'avais jamais entendu parler avant, joue tout sur les deux stars que sont Berry et Simon qui sont effectivement les deux atouts de cette œuvre solide, au scénario original qui ne lésine pas sur les surprises vers la fin.
Il faut voir les deux monstres en rajouter quand il s'agit d'interpréter des mauvais acteurs et c'est en toute logique que les meilleurs moments de la comédie sont les scènes qu'ils ont en commun.
Les autres interprètes dont le troisième personnage, l'actrice et actrice Mary Glory sont à la hauteur de ce que leur demande.
La partie dans un pays étranger où le rôle joué par Berry se fait enlever est la plus faible due en partie à l'interprétation en langue étrangère (ou inventée) en grande partie.
Un film à voir en complément de "La Fin Du Jour" de Duvivier ou "Entrée Des Artistes" d'Allégret par exemple.



















jeudi 16 mai 2024

KOOL&THE GANG : NORTH, EAST, SOUTH, WEST 1972

 


Titre jazz de leur troisième album "Good Times".
Le Kool & The Gang des années 1970, c'est quand même quelque chose qu'il faut expérimenter, une musique qui nourrit l'âme et fait bouger le corps.





 

dimanche 12 mai 2024

NOS MEILLEURES ANNEES DE MARCO TULLIO GIORDANA 2003

 





Synopsis :

L'histoire d'une famille et de deux frères en particuliers, de 1966 à 2003 au travers de différents évènements qu'à connu l'Italie : les inondations de Florence, les années de plomb, les brigades rouges, les repentis de la cosa nostra et l'attentat contre le juge Falcone.
Certaines pratiques de la médecine psychiatrique sont également évoquées.
Matteo est un étudiant brillant en littérature, son frère Nicola a choisi médecine. Matteo est un peu torturé, avec des accès de violences tandis que Nicola est comme on dit une bonne pate, arrangeant, optimiste.
Matteo fait la connaissance de Giorgia, une jeune femme dérangée et un peu autiste.
Celle-ci sera un personnage clé de cette saga de presque 6 heures, en transformant la vie des deux frères : Matteo deviendra militaire, puis policier tandis que Nicola se fera psychiatre dans des hôpitaux spécialisés...







Le genre d'histoires se déroulant sur plusieurs générations fait souvent de très belles œuvres, on se souvient du "Premier Jour Du Reste De Ta Vie" de Rémi Bezançon ou "Mon Frère Est Fils Unique" de Daniele Luchetti qui sortira trois ans après et qui ressemble beaucoup au film qui nous intéresse ici.
Il y a deux personnages bouleversants dans cette saga : l'écorché vif Matteo qui va hanter le reste de sa famille et le personnage de Giorgia, qui va donc infléchir le destin des deux frères.
Le personnage de Matteo me fait penser à celui que jouait Viggo Mortensen dans "The Indian Runner" de Sean Penn ou alors celui de Alain Leroy dans "Le feu Follet" de Louis Malle : écorché inadapté, sauvage, au destin tragique, le genre qui laisse une trace indélébile sur ses proches ainsi qu'un tatouage.
Le film se divise en deux époques principales : 1966-1983 et 1984-2003 et la première est sensiblement meilleure d'autant plus qu'à la fin de celle-ci, un personnage clé disparait.
L'interprétation, avec l'écriture des personnages et de la trame est l'atout principal de cette histoire qui fut d'abord une mini-série télévisée sur la RAI qui durait encore plus longtemps (une demi-heure de plus).
C'est aussi une carte postale de l'Italie : la plupart de l'histoire se déroule à Turin mais aussi Rome, Florence, Palerme, Stromboli et la région de Naples et enfin et aussi la Norvège.
"Nos Meilleures Années" fait partie des films qui relanceront le cinéma italien, après les désastreuses années 1985-1995, grâce à Moretti, Bellocchio, Luchetti, Garrone, Sorrentino, en une sorte de renouveau, de retour à une place qui lui est toute destinée.
Le film sera un triomphe critique mais sa longueur a fait office de repoussoir et c'est dommage car ces "Meilleures Années" sont un bonheur dramatique et un des sommets cinématographiques de cette décennie 2000.


















  





samedi 11 mai 2024

MILES DAVIS : NEFERTITI 1968

 


Morceau éponyme de l'album sorti en 1968, avec son groupe dont faisaient partie Herbie Hancock et Wayne Shorter, excusez du peu...
Un titre original où les cuivres (Davis et Shorter) jouent le même air tandis que la rythmique improvise, en une sorte de jazz retourné, inversé.
C'était l'époque où on essayait d'innover, de défricher, de conquérir de nouveaux territoires sonores.
De nos jours, on en est rendu à se faire violer les esgourdes par des voies autotunées (Autotune : logiciel qui modifie la voie, à l'origine conçu pour corriger les erreurs quand "l'artiste" chantait faux, de manière métallique dans les aigus).
Même ceux qui savent chanter nous infligent aujourd'hui cette torture depuis une quinzaine d'années (Julien Clerc, Pascal Obispo).








dimanche 5 mai 2024

AU BONHEUR DES DAMES DE JULIEN DUVIVIER 1930

 






Synopsis :

Denise, une provençale, arrive à Paris pour travailler chez son oncle, un drapier.
La boutique de celui-ci a le malheur de se trouver juste en face du "Bonheur Des Dames", sorte de grand magasin où on trouve de tout et bon marché, parfois des articles vendus à perte.
L'oncle, croulant sous les hypothèques, ne peut embaucher sa nièce et celle-ci n'a guerre de choix que de postuler en face, chez le grand Satan de la finance globale.
Le patron du "Bonheur Des Dames", Octave Mouret, va tomber amoureux de Denise, sans savoir qui elle est réellement (et d'ailleurs inversement)...









Duvivier, pour son dernier muet, nous offre cette très libre adaptation du roman de Zola : l'action passe du Second Empire à l'époque où est tournée le film, beaucoup de personnages disparaissent dont les deux frères de Denise, le pétage de plomb du personnage de Baudu, Denise qui entre comme mannequin au lieu de vendeuse comme dans le roman entres autres choses.
On est impressionné par certains plans ambitieux comme dans le délire du personnage de l'oncle, certains plans avec des miroirs ou une utilisation brillante du travelling.
Un des atouts de ce Duvivier est Dita Parlo, que j'aime beaucoup et qui jouera dans "L' Atalante" de Vigo et "La Grande Illusion" de Renoir.
Cette excellente actrice allemande qui me fait penser à Romy, et pas seulement parce qu'elle ont le même sourire joue ici avec les codes du muet c'est-à-dire un expressionisme exacerbé dans les expressions.
L'autre protagoniste principal est celui de "Octave Mouret", le héros de "Pot Bouille" joué ici par un Pierre De Guingand que je connais peu (tout ça pour dire que je ne le connaissais pas en fait).
Le film, et c'est secondaire, est aussi l'occasion de se rincer l'œil parfois, ce qui n'était pas si fréquent à l'époque des Années Folles.

"Au Bonheur Des Dames " est tout simplement splendide, sans fautes, une promesse des monuments parlant à venir de ce maître qu'était Duvivier, un des meilleurs qui furent dans l'histoire de notre cinéma.

À l'heure où j'écris cette chronique, le film se trouve sur Youtube, en entier et gratuit :



















mercredi 1 mai 2024

MULHOLLAND DRIVE DE DAVID LYNCH 2001

 






Synopsis :

Une femme brune est emmenée par deux hommes dans une voiture roulant sur Mulholland Drive sur les collines d'Hollywood, ils s'arrêtent pour la tuer mais le véhicule se fait percuter par des jeunes, les tuants.
La femme s'en sort indemne mais blessée à la tête.
Elle erre dans la nuit pour s'écrouler devant une pension pour acteurs comme il y en a à Hollywood.
Une actrice débutante, blonde, débarque à la citée des anges pour emménager dans le même appartement où s'est réfugiée la femme brune blessée.
Celle-ci est amnésique suite à l'accident, l'actrice va alors se prendre de compassion pour la brune et l'aider à recomposer son passé, tout en essayant de percer au cinéma...

Comme dans presque tous les films de Lynch, ce synopsis n'engage que celui qui le lit.




Il a pas encore finit de nous embrouiller celui-là !
   







Après la pause de "Une Histoire Vraie", étonnamment traditionnel et en même temps poignant, Lynch retrouve ses vieilles habitudes avec ce qui est considéré comme l'Apex de son Art, la somme des différents éléments que constituent ses œuvres hors normes.
Dans "Mulholland Drive", on retrouve les marottes du réalisateur : le plan sur une ligne routière la nuit, les années 1950 distillées dans l'époque contemporaine, les personnages étranges tout droit sorti d'un cauchemar et les fameux rideaux rouges.
Quelques "indices" parsèment le métrage, sensés servir à la compréhension de l'histoire qui à un moment donné va laisser le spectateur au milieu d'un labyrinthe ce que les fans de Lynch auxquels je fait partie raffolent.
La première fois que j'ai vu ce film, c'était au cinéma en 2001, puis un an après à l'achat du DVD, puis il y a une heure pour faire cette chronique.
À l'époque, je n'ai pas bien saisi un moindre sens à cette œuvre quoique charmé par la beauté photographique de l'ensemble, la maestria du maestro qui fait de chaque image une peinture envoutante et certaines scènes Tarantinesques (une nouveauté ici) comme la fameuse scène de l'assassinat qui tourne mal telle une scène de "Pulp Fiction".
Aujourd'hui, le film me parait assez clair quand à sa cohésion, pas très compliqué à comprendre à la fin même si le but d'un métrage de Lynch n'est pas d'avaler du tout préparé mais de se faire sa propre œuvre comme je l'ai dit dans mes précédentes chroniques de ses films précédents.
Laura Harring, inconnue des cinéphiles à l'époque, ancienne miss crève l'écran comme Naomi Watts qui tournera après "21 Grammes" d'Inàrritu.
Justin Theroux est excellent dans le rôle d'un réalisateur qui va être une clé de l'énigme.
"Mullholand Drive" est parfois connu pour ses deux scènes d'amour entre les deux héroïnes, très sensuelles et réussies sur le plan photographique.
On est en présence d'un film hors normes, un authentique classique, et il n'y en a pas tant que ça depuis presque 25 ans qu'à commencé ce siècle de merde qui verra heureusement notre mort.
L'année d'avant, le cinéma américain nous avait offert un autre monument, "Requiem For A Dream" de Aronofsky, qu'il faut voir absolument.
Lynch fera un autre film, "Inland Empire", que je n'ai toujours pas vu à l'heure où j'écris ces lignes, il a depuis arrêté les longs métrages pour se lancer dans la musique et réaliser la troisième saison de "Twin Peaks" entre autres choses.