Synopsis :
Le film s'ouvre par un Inuit revenant de la pèche, tombant dans un trou dans l'eau glacée et en réchappant de justesse. Il est sauvé par un loup qui le ramène chez lui sur son traineau. Sauvé et guéri par sa femme, ils cuisinent le poisson (un halibut) et font l'amour pendant que leur fils lance un balon fait à partie de l'estomac du poisson. Le ballon vole de l'Alaska jusqu'à New York et vient éclater sur la tête de d'Axel qui revait justement de cette histoire.
Axel a un métier particulier, trier et étiqueter des poissons, il vit dans sa camionette et passe son temps à rêver.
Son cousin, un pseudo acteur mais vrai cinéphile, vient le chercher depuis l'Arizona car l'oncle d'Axel va se marier et il veut que son neveu soit témoin. Axel d'abord refuse puis agrée car Leo Sweetie (le tonton) est le héros de son enfance.
Arrivé dans l'Arizona dans laquelle il a grandi, des choses de plus en plus incroyables vont lui arriver, rencontrant notamment une veuve fracassée passionnée d'avions et de sa belle fille frustrée, suicidaire et tout aussi cinglée.
Le reste est irracontable...
Je viens de revoir ces deux heures de temps suspendu que je n'avaient pas vu depuis une trentaine d'année, à l'époque où Arte avait fait une spéciale Kusturica en passant ces films depuis "Papa Est En Voyage d'Affaire" jusqu'à "Chat Noir, Chat Blanc".
Un classique des années 90, à l'époque où le cinéma américain recommençait à faire de la qualité (ça ne durera pas) et engageait même un cinéaste yougoslave, à l'époque, pour nous concocter cette fable comique, poétique et surréaliste qui fait du bien aux mirettes.
On pense à un croisement entre Lynch et Tarantino, avec de nombreuses citations pour cajoler les cinéphiles : "Raging Bull", "Voyage Au Bout De L'enfer", "Le Parrain", "La Mort Aux Trousses". Johnny Depp est cité devant son personnage pour un peu de nonsense.
Faye Dunaway y trouve un rôle étonnant (à un moment donné, quand elle met en joue Depp et Gallo, j'aurais pensé à un dialogue du genre "Eh, tu te prends pour Bonnie Parker ou quoi ?"). Vincent Gallo, qu'on voyait souvent dans les années 90 (un peu comme Joaquin Phoenix aujourd'hui), jusqu'à ce qu'il dise qu'il est républicain et pratiquement disparaître (bonjour à James Woods si vous le voyez). Gallo était la gueule de l'époque comme Steve Buscemi.
Johnny Depp est excellent dans un rôle un peu plus intérieur, plus exigeant techniquement.
L'histoire n'a ni queue ni tête comme tout oeuvre surréaliste qui se respecte et son humour peut faire penser à une certaine idée de l'époque du Muet pour ceux qui aiment ça comme moi.
J'ai eu beaucoup de bonheur à revoir ce classique américano-français-européen, sans message politique...l'Art à l'état pur...deux heures et quart d'une amérique onirique et puis la musique de Kusturica et l'Iguane qui chante "In The Death Car", nous replongeant dans ces années-là.




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