Synopsis : En 1943 à Lyon, le lieutenant Fontaine, résistant, est arrêté et emmené à Montluc. Il essaie de s'échapper mais est repris et battu. Enfermé à l'isolement il ne se fait pas d'illusions sur le sort qui l'attend. Une seule solution s'impose pour lui : recommencer et l'erreur ne sera plus permise...
Adaptation du récit d'un résistant, cette histoire d'évasion est remarquablement emmené de manière clinique presque comme un tutorial. Bresson nous montre un homme dans un isolement et un dénuement total qui n'a plus que sa volonté pour compagnon. On nous montre comment fabriquer une corde, un crochet, démonter les panneaux de la porte de la cellule avec un suspens prenant. Un Bresson relativement accessible que l'on peut rapprocher du "Trou" de Becker.
Synopsis : Themroc vit avec sa mère et sa soeur, il est peintre en bâtiment dans une grande entreprise et tout les jours c'est métro boulot dodo dans une société où tout est organisé pour ne point penser. Il voit un jour son patron draguer une secrétaire, se fait prendre et est convoqué pour une remontrance et des explications. Themroc pète soudainement un cable et commence à pousser des grognements et se comporter de manière sauvage. À partir de là Themroc va retourner à l'état primitif (manger et baiser en gros) casser le mur extérieur de sa chambre, grogner, chasser et manger du flic entre autres réjouissances. D'abord éberlués devant tant de non-conformisme, les voisins de Themroc commencent à se rallier à sa cause...
Oeuvre expérimentale, iconoclaste et politique, que l'on peut rapprocher d'un film comme "What A Flash !" de Jean-Michel Barjol sorti l'année d'avant. Joué par la troupe du Café De La Gare (Coluche, Dewaere, Miou Miou, Romain Bouteille, Henri Guybet) et Picolli (acteur communiste) dans le rôle titre. Les acteurs de la troupe jouent plusieurs rôles (des flics, des patrons, des ouvriers, des voisins) comme la parabole d'une société où les gens sont interchangeables. Aucun dialogue, les personnages s'exprimant avec des onomatopées, des grognements ou des hurlements et l'évocations de tabous dans le but de choquer le bourgeois (l'inceste et le cannibalisme). Pour ma part je pense que cette oeuvre est beaucoup plus choquante pour les générations d'aujourd'hui, la société décrite dans l'histoire ressemblant trait pour trait à celle de 2020. Un film qui marque qu'elle que soit l'opinion que l'on a à la fin du visionnage.
Synopsis : La cité a peur car un tueur d'enfant rôde et la police n'a que peu de pistes. Des descentes de police se multiplient dans les bordels et tripots, dérangeant la pègre qui décide alors de participer aux recherches. La psychose monte de plus en plus, tout le monde devient coupable mais les efforts finissent par payer et le coupable est repéré et cerné par la pègre qui est adepte des méthodes expéditives...
On a beaucoup disserté sur le sens de ce classique, critique de la psychose de masse, du conformisme, parabole sur le futur imminent de l'Allemagne de 1931, message anti peine de mort...peu importe, chacun y verra ce qu'il voudra. Peter Lorre révèle son talent au monde entier (une bonne partie du film repose sur ses épaules) et le moment du "procès" est une réussite. Une fin ouverte qui tend à l'universalité pour cette oeuvre que je trouve légèrement surcotée mais qui reste un bon travail néanmoins.
Synopsis : En Bretagne, Marina et Claude se disputent. Lors d'une virée en auto, le véhicule plonge d'une falaise, Marina en réchappe mais on ne retrouve pas le corps de Claude. Le frère de Claude, Serge, arrive sur les lieux de l'accident, raccompagne Marina choquée et lui propose de l’héberger quelques temps. Serge veut comprendre ce qui c'est passé en même temps, les deux êtres se rapprochent...
Keigel, un réalisateur relativement méconnu, réunit Schneider et Ronet un an après "La Piscine". Une co-production Franco-Italienne (comme la plupart des films de l'époque) qui tend vers le Gialo en introduisant un élément fantastique et une touche d'érotisme. Avec deux acteurs pareils, on peut s'attendre à de l'interprétation de haute volée et c'est le cas ici. Un solide thriller, qui si il ne se hisse pas dans le haut du panier des Giali est un remarquable exercice de style.
Synopsis : Nelly est une jeune femme mariée à un homme riche mais jaloux. Dans une boite de nuit, lors d'une énième dispute avec son époux, elle rencontre Loulou, un loubard chômeur et voleur et s'enfuie avec lui. S'engage alors une relation très physique et mouvementée mais deux mondes antagoniques peuvent-ils vraiment trouver des compromis ?
Le style cru et sans compromis de Pialat pour une histoire qu'aurait pu tourner Chabrol (la présence d'Isabelle Huppert y fait tout de suite penser). Une romance sociale qui a trouvé son public même si ce n'est pas le Pialat que je préfère. Un des meilleurs rôles de Guy Marchand dans celui du mari.
Synopsis : Thomas est un déserteur de la Légion, qui a combattu pendant la guerre d'Algérie. Son ancien supérieur, déserteur lui aussi, lui propose une mission dont la rémunération lui permettra de rentrer chez lui au Luxembourg : enlever une avocate qui doit défendre deux terroristes. La mission est effectuée sans peine mais Thomas, chargé de garder l'avocate devient petit à petit sensible à la détresse de celle-ci et décide de la libérer, se mettant à dos ses employeurs...
Film politique co-produit par Delon et la MGM (il tournera plusieurs films avec la compagnie au milieu des années 60).
L'utilisation du rare Georges Géret, Robert Castel assez digne malgré ses capacités limitées (on l'imagine mal jouer du Molière ou du Feydeau), Léa Massari, dont c'était un des premiers films français et qui a un rôle clé ici complètent la distribution.
La musique, excellente et dramatique de Delerue, souligne la progression dramatique du récit. Un Delon blessé durant la plupart de l'histoire, la dernière heure, souffrant et vulnérable, ne devant son salut qu'à son ancienne victime.
Le destin du héros ressemble à une Passion, Delon y finit presque de manière christique à la fin de ce qui devient un road movie. Un bon suspense que ce film relativement méconnu et qui permet de montrer une facette différente de la star française qui a peu joué ce genre de rôle dans lequel un Maurice Ronet aurait brillé également.
L'image finale est mondialement connue depuis qu'elle a été utilisée pour la pochette du classique album "The Queen Is Dead" des Smiths en 1986.
Synopsis : À la fin du Dix-huitième, en Italie, deux hussards plus gentils que braves sont envoyés en reconnaissance pour repérer des francs-tireurs. Ils se font surprendre par un couple qui s’ébattait et perdent leur montures, ce qui est sévèrement puni chez les hussards. Décidés à retrouver leur chevaux, ils pénètrent dans un village et terrorisent la population. Tout est alors permis pour ne pas perdre la face et les mensonges et quiproquos vont alors s'enchaîner...
Production Franco-Italienne que cette comédie bilingue réunissant Blier et Bourvil. Du comique troupier de bonne tenue (même si on est pas au niveau de De Sica ou Risi) et bien écrite, étant l'adaptation d'une pièce de théâtre.