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dimanche 7 janvier 2024

LE SOURIRE DE MA MERE DE MARCO BELLOCCHIO 2002

 






Synopsis :

Ernesto est un peintre séparé de la mère de son fils.
Un beau jour débarque un ecclésiastique du Vatican lui informant du projet de canoniser sa mère.
Sa famille, ses tantes et ses frères surtout, lui mettent la pression pour ramener l'artiste sur des voies plus divines…









Les œuvres de Bellocchio sont souvent bizarres, éthérées, comportant de nombreuses éllipses et passages abstraits ou surréalistes mais ici la forme prend un peu trop le dessus sur le propos.
La vision de ce film me fait penser à l'expression "une journée de plus au bureau", c'est un travail d'ouvrier, propre mais sans âme.
Marco bel œil est capable de tellement mieux et ce n'est pas le grand Sergio Castellitto qui peut sauver les meubles ici.
Un film de jésuite.













samedi 6 janvier 2024

GOMORRA DE MATTEO GARRONE 2008

 





Synopsis :

Naples : 

Son Vésuve, sa baie, ses quartiers défavorisés remplis de HLM et...la camorra.

Dans ce film choral filmé caméra à l'épaule, dans un style documentaire et dans l'esprit du néoréalisme, la vie (et parfois la mort) de 
Tottò, gamin de 12 ans travaillant comme livreur dans l'épicerie de sa mère.
Don Ciro, qui collecte et distribue de l'argent à des familles de la camorra.
Roberto, un jeune qui veut travailler dans le recyclage de déchets toxiques.
Pasquale, un couturier qui donne des leçons au noir à des ouvriers clandestins chinois.
Marco et Pisello, fascinés par "Scarface" (celui de De Palma), qui décident de travailler à leur compte mais qui n'ont pas les épaules pour.








On est loin de De Palma, Scorsese ou Coppola, "Gomorra" ne romantise ni ne glamourise aucunement cette saloperie qu'est la mafia locale napolitaine appelée camorra (avec un c minuscule).
Sous fond de drogue, prostituées, règlements de compte quotidiens, rien n'est laissé au hasard, rien n'est caché dans ce manifeste tiré du roman de Roberto Saviano qui donnera une série du même nom.
On est effectivement dans une sorte de néoréalisme 2.0 avec ces deux heures de crasse filmées dans son jus avec certains des vrais habitants de ces taudis que sont les quartiers de Scampia et Secondigliano.
Cette œuvre fait partie de celles qui ont contribué au renouveau du cinéma italien dans les années 2000, pas pour toute la famille certes  mais pour ceux qui aiment les films de Ken Loach ou la crudité d'un Michael Haneke, c'est parfait.



















vendredi 5 janvier 2024

LIZA DE MARCO FERRERI 1972

 





Synopsis :


Giorgio est un dessinateur qui vit en ermite sur un îlot désert au sud de la Corse, un chien pour seul compagnie.
Arrive Liza, une bourgeoise qui cherche à s'encanailler en fuguant du bateau sur lequel elle était.
Les relations sont assez distantes au début, mais au fil du temps, la blonde commence à s'éprendre de Giorgio jusqu'à tuer son chien et à prendre la place de celui-ci, soumise à tout les caprices et désirs de l'ermite…








Un genre de film comme celui-ci, c'est soit du Bertrand Blier, soit du Buñuel ou alors du Ferreri et c'est ici le dernier qui s'y colle.
Encore une œuvre qui serait taboue aujourd'hui, censurée et effacée.
On peut penser ce qu'on veut de Deneuve mais il faut reconnaître certains de ses choix artistiques risqués comme dans "Répulsion" de Polanski, "Belle De Jour" de Buñuel ou ce "Liza" qui traite de l'amour fou, fusionnel sous fond de soumission et de sadomasochisme, tout ça mérite un certain respect.
Le sujet et le cadre fait penser à l'excellent film de Lina Wertmüller de 1974 filmé un peu plus au sud, en Sardaigne.
Le couple et couple Deneuve/Mastroianni se voit offrir les rôles principaux, rejoint par Piccoli pour les scènes à Paris.
Un film inégal, avec quelques longueurs, mais le sujet, la symbiose du couple, le cadre et l'époque donnent quand même un certain change et charme à la fin.






 










PATRICE RUSHEN : WATCH OUT, BREAKIN' ALL THE RULES ET TENDER LOVIN' 1987

 


Trois extraits de l'album "Watch Out" de la pianiste/chanteuse/auteure/compositrice de jazz Patrice Rushen.
Un album que j'ai découvert aujourd'hui et je suis agréablement surpris, car aussi bon que ses précédents disques "Pizzazz" et "Posh".
"Straight From The Heart" (l'album de "Forget Me Nots") et "Now" m'avaient un peu déçu.
















lundi 1 janvier 2024

FANTÔMES D'AMOUR DE DINO RISI 1981

 




Synopsis :

À Pavie, Nino rencontre dans le bus une femme qui ressemble à un ancien amour mais plus vieille et décrépie.
Celle-ci la rappelle chez lui et se présente effectivement comme Anna, son grand amour.
Nino va chercher à la revoir mais des faits de plus en plus étranges se produisent à son passage.
Nino est-il sûr de la réalité de ce qu'il vit ?










Tout d'abord j'ai vu ce film en version française, heureusement doublé par Romy et Marcello pour leur rôle respectifs mais c'est toujours une barrière pour moi en général.
Risi nous présente ce film fantastique, genre qu'il avait déjà abordé avec "Âmes Perdues" en 1977 avec certains codes du cinéma bis italien qui vont avec comme l'usage immodéré du zoom et les effets d'épouvante et de maquillage un peu faciles.
L'aspect littéraire de cette adaptation du roman de Mino Milani est représentée par la voix off de Mastroianni puis de Romy, d'ailleurs le plus réussi du film.
On devine assez vite de quoi il en retourne en ce qui concerne le personnage d'Anna (au bout de 10 minutes pour moi) mais il faut reconnaitre à cette œuvre une qualité poétique drainée par une certaine mélancolie et la brume très présente dans la photographie.
Le duo principal, le taulier Marcello et Romy dont c'est une de ses dernières apparitions, est un grand atout pour ce film étrange mais dont le discours sous-jacent est touchant et surtout ceux qui ont perdus un être cher.




















dimanche 31 décembre 2023

LA BELLE ENDORMIE DE MARCO BELLOCCHIO 2012

 






Synopsis :

Dans ce film choral, trois destins de femmes et de leur proches, sous fond d'affaire Eluana Englaro, jeune fille plongée dans un coma profond depuis 1992 et qui décèdera après que son père ait décidé de l'arrêt de l'alimentation par tube.

Un sénateur de droite s'apprête à voter contre le projet de loi sur la fin de vie qui tendrait à prolonger les patients en soin palliatifs et désobéir à son propre parti.
Sa femme est elle-même en soin palliatif et lui a demandé de mourir.
Sa fille Maria, catholique, y est opposée.

Une actrice française se faisant appeler "Divina Madre" a une fille en état végétatif à domicile, elle est croyante et refuse de laisser partir sa fille.
Elle délaisse son fils et son mari, ne vivant plus que pour sa fille.

Une toxicomane se tranche les veines devant un infirmier.
Celui-ci va tout faire pour la sauver, contre son gré, et lui redonner le goût de vivre.










C'est une œuvre au début assez compliquée, un peu déroutante au début où tout nous est présenté sans explications.
Le récit se pose ensuite pour développer plus en détail chaque histoire et installer la dramaturgie seyant au sujet difficile que j'ai moi-même connu.
Alba Rohrwacher, (excellente) actrice très populaire en Italie interprète le rôle de la fille du sénateur, le plus lumineux d'un film assez sombre.
Isabelle Huppert est fidèle à elle même, interprétant une sorte de sainte bigote jusqu'au-boutiste qu'on dirait écrit pour elle.
Bellocchio décide de ne pas prendre parti même si on devine le sien en tant qu'artiste de gauche (pléonasme).
Le film mérite qu'on s'y accroche car il se bonifie au fil du temps et fini même sur une touche d'espoir.


















samedi 30 décembre 2023

L'HOMME AUX CENT VISAGES DE DINO RISI 1960

 





Synopsis :

Un couple de caves dine tranquillement quand tout à coup vient sonner un VRP.
Casse bonbon comme tout les VRP, celui-ci essaie d'arnaquer le couple composé de Gerardo et d'Annalisa.
Gerardo est en fait un escroc de compétition, une sommité, une épée comme dirait Audiard et le VRP en a vite pour ses frais.
Gerardo lui narre son CV impressionnant et Risi filme tout cela…








Age, Scarpelli et Ettore Scolla signent entre autre le scénario de cette comédie au service du grand et grand Gassman qui nous déploie tout ses articles et trésors d'interprétation sur l'étal monté par Risi.
De bonnes idées, la partition est bonne et le maestro est en forme, néanmoins le choix de la fadasse Dorian Gray est regrettable pour donner le change au maestro Gassman.
Anna Maria Ferrero est excellente dans l'épouse qui montera la plus célèbre et usitée arnaque au monde : le mariage.
Le scénario contient également son lot "d'arnaques" comme le rebondissement de fin, on apprend pas au vieux singe à faire la grimace.
Le récit est aussi une parabole du métier de comédien.
Du caviar en cette fin d'année.