Translate

jeudi 17 août 2023

LE MAÎTRE ET MARGUERITE DE ALEKSANDAR PETROVIC 1972

 





Synopsis :

Moscou, 1925 :

L'auteur Maksudov fait répéter sa pièce sur Ponce Pilate où il dénonce le totalitarisme et évoque l'existence de dieu.
Dans la société bolchévique stalinienne, ça ne plait pas vraiment et le comité de censure décide de s'en mêler, d'abord conciliant en essayant de corrompre l'auteur, il décide ensuite de saborder la pièce en publiant des critiques négatives.
Le diable intervient sous la forme du magicien Woland et commence sa vengeance en exécutant un à un les membres du comité grâve à ses pouvoirs occultes.
L'auteur se retrouve enfermé dans un hôpital psychiatrique et la première de la pièce, sous la pression et les manipulations de Woland se déroule quand-même...









En voila une œuvre bien singulière…
Cette adaptation italo-yougoslave très libre d'un roman de Mikhaïl Boulgakov paru en 1966 mélange le film historique, le fantastique et le symbolisme.
Le roman avait été censuré du vivant de l'auteur et ne fut publié en URSS qu'en 1973, 33 ans après sa mort et 20 ans après la mort de Staline.
On retrouve Ugo Tognazzi dans un rôle sérieux, notre Alain Cuny (excellent acteur ayant beaucoup tourné en Italie) et Mimsy Farmer qu'on a beaucoup vu dans des gialli.
Il maestro Morricone s'occupe de la délicate partition de la musique.
Le récit qui commence comme une dénonciation du stalinisme ,tout frais à l'époque de l'histoire, prend petit à petit une tournure étrange, surréaliste et fantastique avec Cuny dans le rôle de Satan qui cabotine à tout va.
On est en présence d'une sorte d'OVNI qui fait un peu penser à certains films de Bergman dans le symbolisme, l'allégorie et l'ellipse.
Une œuvre assez méconnue, probablement à cause du fait de sa dénonciation du totalitarisme soviétique qui n'a pas plu aux critiques de gauche majoritaires dans la profession mais assez plaisante dans l'ensemble (et Tognazzi y est excellent).









 











mercredi 16 août 2023

D'AMOUR ET DE SANG DE LINA WERTMÜLLER 1978

 





Synopsis :

Années 1920, 
Le mari de Titina se fait tuer par la mafia, un jour comme les autres en Sicile.
Au "procès" aucun habitant du village n'a voulu témoigner et la veuve ne cherche qu'à se venger et tuer le parrain local, également un jour comme les autres.
Des années plus tard, le militant socialiste Spallone tombe sur elle et tombe amoureux fou mais la jolie veuve reste fidèle à la mémoire de son mari.
Titina rencontre enfin le parrain et lui tire dessus sans succès, celui-ci la désarme et tente de la violer mais Spallone intervient et se fait molester.
Les deux héros deviennent amants pour un soir mais sans lendemain.
Sanmichele, un neveu de la veuve revient d'Amérique où il a réussit dans la pègre pendant la prohibition. 
Il tombe aussi amoureux de sa tante et en profite pour titiller le parrain qui s'est allié aux fascistes…









On retrouve le duo Mastroianni/ Giannini de "Drame De La Jalousie" de Scola et également Mastroianni/Loren pour au moins le dixième film ensemble.
Un scénario assez simple que ce triangle amoureux sur fond de fascisme et de mafia.
Sofia Loren incarne une veuve un peu anar qui devient objet d'une rivalité entre le bourgeois socialiste (pléonasme) et le gangster arrogant, l'actrice a même le droit à une scène finale à la Anna Magnani.
Un film un peu en dessous des précédents de Lina Wertmüller mais le talent du trio d'interprètes assure le boulot.














lundi 14 août 2023

ÂMES PERDUES DE DINO RISI 1977

 





Synopsis :

Tino débarque (littéralement) à Venise pour faire une école des beaux-arts. Il est logé par son oncle Fabio et sa femme Sofia.
Fabio est un homme assez dur, élitiste et autoritaire tandis que Sofia est une femme fragile et timide voire soumise.
Tino entend régulièrement des bruits venant d'en haut de sa chambre, ainsi qu'une mélodie jouée au piano et va chercher à en connaître les raisons.
La femme de ménage lui apprend que le frère de son oncle y vit reclus et en proie à la folie, seul Fabio ayant le droit de le voir et de s'occuper de lui.
Mais est-ce le seul secret que cache le vieux palais décrépit ?









Les années 1970 ont montrées que Risi pouvait proposer autre choses que des classiques de la comédie, à l'instar de "Parfum De Femme".
C'est d'ailleurs une autre adaptation (après le film précité) d'un roman de Giovanni Arpino à laquelle nous avons droit ici.
"Âmes Perdues" distille une atmosphère de mystère, voire de fantastique, voire de Giallo et Vittorio Gassman y est pour beaucoup.
La photographie et les décors sont superbes, nous livrant une Venise pas vraiment de carte postale, mais sale, désertique et inquiétante ; un fantôme de son passé glorieux et si lointain.
Gassman est un monument, peut-être le seul à donner le change à Mastroianni, ce gars peut tout jouer avec une facilité déconcertante.
Risi réussi encore un coup de maître avec ce thriller psychologique à découvrir.





















dimanche 13 août 2023

DETENU EN ATTENTE DE JUGEMENT DE NANNI LOY 1971

 






Synopsis :

Giuseppe est géomètre en Suède, marié et père de deux enfants.
Après avoir signé un juteux contrat, il part 3 semaines en vacances dans son Italie natale pour la faire découvrir à sa famille (comme le synopsis de "Mafioso").
Arrivé à Courmayeur, on lui demande son passeport, se fait arrêter et est envoyé en préventive dans l'attente de rencontrer un juge.
Après plusieurs demandes, on lui dit enfin pourquoi il est incarcéré : il est suspecté de meurtre au deuxième degré d'un allemand qu'il n'a jamais rencontré à l'époque où il était déjà en Suède...











Les films du genre carcéral sont souvent excellents et celui-ci que nous offre le réalisateur du "Pigeon" ne déroge pas à la règle.
Le récit prend assez vite une forme Kafkaïenne pour finir dans une sorte de "Midnight Express" italien.
Le plus surprenant peut-être, c'est que le rôle principal est joué par Alberto Sordi qui trouve là son "Tchao Pantin" : son visage d'italien un peu niais se délitant petit à petit par l'incrédulité, puis la peur, puis le désespoir puis la folie ; il sera d'ailleurs récompensé à Berlin.
Cette dénonciation de la bureaucratie, du monde carcéral et de la corruption dans l'Italie des années de plomb nous laisse parfois dans l'incrédulité (comme le personnage) mais la tension croissante et la violence psychologique distillée intelligemment font de ce métrage une œuvre de tout premier ordre, pourtant assez méconnue. 






















samedi 12 août 2023

L'AGENT DE LUIGI ZAMPA 1960

 





Synopsis :

Dans la banlieue de Rome, Otello refuse de prendre un boulot indigne de l'image qu'il se fait de lui.
Un jour, son fils qui est travailleur et débrouillard, tout le contraire de lui, sauve de la noyade celui d'un adjoint du maire.
Celui-ci finit par donner au père l'emploi dont il rêve depuis toujours : agent municipal à moto.
Otello tout fier enchaine bévues sur gaffes et va même à être très coulant avec l'actrice Sylva Koscina qui n'avait pas son permis ni les papiers de sa voiture.
Le maire, furieux d'un tel laxisme va recadrer sévèrement notre héros.
Dès lors, Otello va faire preuve d'un zèle tel que le maire lui-même (qui aime rouler vite dans sa jolie voiture pour rejoindre sa maîtresse) va en subir les conséquences…










Les deux premiers tiers du film sont excellent, Sordi composant un tartuffe de compétition, donneur de leçon, pleutre, sans colonne vertébrale qui devient néanmoins sympathique au milieu du récit quand il s'affronte avec le méchant maire joué par De Sica.
Le dernier tiers tourne un peu en rond, le personnage de Sordi faisant un cercle complet et retrouvant celui du début en se vendant, je n'en dit pas plus.
Une très bonne comédie dans l'ensemble, un classique du genre plutôt.
À noter que le rôle du père du héros est joué par Carlo Pisacane, le petit vieux ("E buono") du "Pigeon".























vendredi 11 août 2023

MAFIOSO DE ALBERTO LATTUADA 1962

 





Synopsis :

Nino est chef dans une grande boite de Milan, il a une belle femme et deux enfants, une jolie voiture et un appartement confortable.
Il décide de partir 12 jours dans sa Sicile natale, voir sa famille et lui présenter la sienne.
Les siciliens purs jus sont d'abord méfiants de la blonde Marta mais les jours passent et l'atmosphère se détend petit à petit.
Nino a un cadeau pour Don Vincenzo, le parrain local, de la part de son patron et le lui offre.
La mafia a en fait des projets bien arrêtés en ce qui concerne Nino qui se verra demander un service qu'il ne pourra pas refuser…












Le film commence comme une comédie classique avec Sordi qui s'amuse en roue libre (on pense à "Divorce À l'Italienne" de 1961 pour la description des mœurs locaux), puis petit à petit, l'œuvre devient plus sombre, la tension augmente au fur et à mesure que la sueur de l'acteur apparait sur son front ridé.
Alberto Lattuada fait ici un sang faute dans cette œuvre sans temps morts et rempli de bonnes idées des scénaristes Marco Ferreri ainsi que le célèbre duo Age et Scarpelli.
"Mafioso" est probablement un des meilleurs Sordi et quand on connait la qualité générale des films dans lesquels il figure, ça veut dire quelque chose.





















jeudi 10 août 2023

AU NOM DU PAPE ROI DE LUIGI MAGNI 1977

 





Synopsis :

Rome, 1867 :

Les troupes de Garibaldi menacent d'envahir la ville et les attentats se multiplient. C'est l'un d'eux qui tue 23 zouaves de l'armée papale.
Trois suspects sont vite arrêtés.
La mère de l'un d'eux sollicite le Cardinal Colombo, qui fait aussi office de juge au tribunal du Vatican, pour sauver son bambin en lui apprenant qu'il est aussi le sien.
Le cardinal est un homme désabusé, il s'apprêtait d'ailleurs à démissionner pour redevenir simple prêtre, mais il intervient quand même pour sauver le partisan qui est aussi son fils.
Il commence néanmoins à culpabiliser sur le fait de n'avoir rien fait pour les deux autres…











Cette reconstitution historique, basée sur un ouvrage relatant les faits relatés dans le film et adaptée par le réalisateur, est traité sur un mode partiellement comique avec les rôles du cardinal Colombo et de son assistant qui ne cessent de se chamailler comme un vieux couple.
Manfredi incarne bien ce rôle d'un homme partagé entre sa conscience et sa foi et comme la plupart du temps dans les films italiens, la religion et surtout ici, le pouvoir pontifical en prend pour son compte.
L'œuvre a eut un certain succès et est considérée comme la meilleure de son réalisateur.