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dimanche 10 septembre 2023

LES PROIES DE DON SIEGEL 1970

 





Synopsis :

Le caporal Mc Burney est un soldat nordiste qui se retrouve gravement blessé et brûlé aux mains.
Il est trouvé par une jeune fille du sud, effrayée d'abord, mais qui finit par l'emmener dans son pensionnat de jeunes filles.
Les pensionnaires et leur servante noire sont d'abord également effrayés mais décident quand même de soigner le blessé pour ensuite le remettre aux sudistes comme prisonnier.
Mc Burney se rend compte qu'il ne laisse pas indifférent certaines pensionnaires et décide d'en jouer à son avantage.
Mais quand on joue sur plusieurs tableaux…












Don Siegel a produit des films admirables et sa rencontre avec Eastwood dans son  "Le Shérif À New York" et "Sierra Torride" va permettre aux deux de booster leur carrières respectives.
Ces "Proies" est en fait de western, un huis-clos éprouvant, thriller psychologique flirtant parfois même avec l'horreur.
Eastwood étonne en jouant un rôle qu'on lui verra guère incarner ensuite, je n'en dis pas plus.
Du scénario à la réalisation ou à l'interprétation, ce métrage est tout à fait dans la qualité de ce que nous a habitué le Nouvel Hollywood, un thriller d'exception avec un vilain très bien écrit, qui a ce qu'il faut de perversité et de dualité.
Le seul bémol peut-être est que le vrai visage du héros est un peu trop vite dévoilé (le flashback quand celui-ci raconte comment il s'est blessé).







 














vendredi 8 septembre 2023

TROIS CHAMBRES À MANHATTAN 1965

 





Synopsis :

À Paris, François est un  petit acteur qui travaille surtout grâce à sa femme Yolande, riche et connaissant le beau monde. Celle-ci décide de le quitter pour un autre acteur plus jeune.
New York, six mois après, on retrouve François, mal rasé, désabusé après avoir tenté sa chance à Hollywood.
Il rencontre Kay, dans un bar, une française aussi cabossée que lui et bien sur il vont essayer de noyer leur solitude de verre en verre, de cigarette en cigarette, de bar en bar…











Carné adapte Simenon pour son dernier grand film et en employant deux valeurs sures : la Girardot et Maurice Ronet qui joue une sorte d'Alain Leroy qui aurait plus de cartes à jouer.
Roland Lesaffre, qui aurait pu être le frère cadet de Ronet, a son rôle habituel de fidèle compagnon de Carné.
De très bon moments, une atmosphère qui rappelle Melville ci ou là et quelques dialogues savoureux font ce savoureux met d'arrière saison sans aspérités si ce n'est sa conclusion un peu trop facile.







 














mercredi 6 septembre 2023

STANLEY CLARKE : EAST RIVER DRIVE 1993

 


Petite douceur extraite de l'album éponyme du bassiste américain.
Un instrumental très "Smooth" comme c'était la mode dans ces années-là.






DU MOURON POUR LES PETITS OISEAUX DE MARCEL CARNE 1963

 






Synopsis :

Un immeuble de la contrescarpe, 
Un poète-tailleur qui n'a pas la lumière à tout les étages, un satyre qui s'envoie des pneumatiques pour se taper le facteur, une entraîneuse entichée d'un rital vénal, un couple de boucher dont le mari est entiché de l'entraineuse et dont l'épouse est entichée du commis yéyé, une vieille "handicapée" accrocs aux sucreries et le proprio amateur de piafs qui aime lever des pépées et conclure dans des clandés.
Un collègue du proprio est relâché de prison et cherche à le revoir parce qu'il lui doit de l'artiche.
Un beau jour, la vieille est retrouvée refroidie…










Un film choral (assez rare à l'époque) qui bénéficie d'excellents dialogues adaptés d'un roman de Simonin et d'une distribution intelligente mêlant des épées et des demi-sels.
Dans ce genre d'œuvre, mieux vaut avoir des personnages bien écrits et c'est le cas ici.
Dany Saval fait une gourde convaincante, Suzy Delair est un cadeau divin comme d'habitude, Accattone est de la partie, Meurisse à l'ambigüité du cynique qu'on lui connait, Dalban en policier à qui on ne l'a fait pas et Roland Lesaffre est en roue libre dans le rôle du gars qui a plusieurs araignées dans le plafond.
Une histoire de caves réjouissante emballé par le maître Carné alors toujours en forme.





















lundi 4 septembre 2023

TIMELINE : NEXT STEP 4WARD 2014

 


Extrait de l'EP "The Conscious Dream" sorti sur Underground Resistance.
Timeline est la version live du collectif Underground Resistance.
De la techno de Detroit, old school à souhait.








dimanche 3 septembre 2023

JENNY DE MARCEL CARNE 1936

 






Synopsis :

Jenny tient un cabaret où on peut jouer et rencontrer des pépées, réservé au beau monde principalement.
Sa seule fille débarque un jour de Londres, sans savoir ce que fait sa mère qui fait tout pour le lui cacher, allant même jusqu'à déménager pour brouiller les pistes.
Jenny entretient un gigolo et se retrouve plus ou moins sur la paille, ce qui énerve Benoît et sa clique, des truands qui l'ont aidé à s'installer.
La fille finit par se douter de quelque chose et arrive un soir dans la boîte de sa mère où elle rencontre le gigolo qui la défend face à un client entreprenant.
Le gigolo et la fille finissent par tomber amoureux et c'est le début des emmerdes…










Le premier long de Carné et première collaboration avec Prévert a déjà de grandes qualités, Françoise Rosay, Charles Vanel, Jean-Louis Barrault (dans le rôle du truand "Dromadaire") et Albert Préjean font tourner la maison comme il se doit.
L'actrice qui joue la fille (Lisette Lanvin) est plutôt mauvaise par contre, elle n'a pas beaucoup tourné et ce n'est pas étonnant.
Tout ce qui fait le réalisme poétique est déjà présent : le désespoir, la misère, l'argot parisien, les mots de Prévert, les voyous, les pépées…
Carné enchainera avec 7 chefs-d'œuvre et classiques consécutifs, ce que peu ont achevés dans leur carrière (peut-être le seul d'ailleurs ?)












samedi 2 septembre 2023

AMOUR DE MICHAEL HANEKE 2012

 





Synopsis :

Paris, Georges et Anne forment un couplent d'octogénaires, cultivés (Anne était professeur de musique), ils aiment assister à des concerts de musique classique.
Le lendemain de l'un d'eux, Anne a une absence pendant quelques minute où elle reste paralysée, puis elle reprend sa vie comme s'il ne s'était rien passé.
Georges, très inquiet l'emmène consulter et il s'agit bien d'un AVC.
Hospitalisée pour ce faire opérer, l'intervention se passe mal et Anne finit hémiplégique du côté droit.
Georges va dorénavant devoir s'occuper d'elle, d'autant plus que sa bien-aimée lui a fait promettre de ne jamais l'envoyer une fois de plus à l'hôpital…










"Amour" prend son temps.
À coup de très judicieux plans-séquences, on pénètre dans l'intimité d'un couple fusionnel à l'épreuve du lent sombrage d'Anne.
Haneke vise juste dans sa description, qui rappelle du Bresson, de cette vie nue qui n'en est plus une, véritable publicité pour l'euthanasie ou du moins la thérapie d'accompagnement comme la sédation profonde.
Emmanuelle Riva nous laisse bouche-bée devant sa prestation hors norme et très ardue d'une handicapée dans l'antichambre de la mort et Jean-Louis Trintignant lui donne admirablement le change.
La fin, tout en ellipse, est admirable.
Une œuvre à rapprocher de "Cris Et Chuchotements" ou de "La Gueule Ouverte".
"Amour", c'est la vie quand elle ne l'est plus déjà, "Amour" c'est nous sinon.