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jeudi 5 novembre 2026

SORTILEGES DE CHRISTIAN-JAQUE 1945

 





Synopsis :

En Auvergne, au XIXième siècle, dans un village de montagne en hiver :

Le veuf Fabret discute le bout de gras avec un marginal vaguement sorcier, "le Campanier". Arrive un marquignon et son cheval noir, désorientés par la tempête de neige. Le sorcier tue d'un coup de pierre le voyageur et le dépouille de son sac d'or. Il en donne la moitié au père Fabret, qui perd la boule et qui intéresse beaucoup l'assassin qui voudrait se marier avec sa fille.
La fille est amoureuse d'un certain Pierre, et réciproquement, mais celui-ci  intéresse aussi la fille de l'aubergiste à qui il est d'ailleurs promis.
Les gendarmes enquêtent sur le crime, finissant par suspecter le père Fabret.
Le cheval noir va et vient dans le village, annonçant de mauvais présages.
Lors d'une fête de village, les choses dégénèrent...









Ce drame romantique tourné à la fin de la guerre est un peu ennuyeux au début, voir un peu benêt, comme le personnage du Favret joué par un excellent Fernand Ledoux. Puis le drame s'installe petit à petit au fur et à mesure que les personnages se dévoilent, dévêtissent, que le triangle amoureux s'impose et que les secrets se dévoilent tel un cadavre sous la neige au soleil.
Prévert est aux dialogues et c'est vrai que ce film a je ne sais quoi de Réalisme Poétique dans son côté social et sentimental.
Une fin bien dramatique clos ces 100 minutes fort bien ficelées qui tiennent finalement au ventre telle une bonne potée.














CANCRE LAS


"La jeunesse est un naufrage"
Philippe Muray 1989


Lors que je mire 
Le car vomir
Ses cancres las.
Au royaume du crétin roi
Où le devoir n'est plus que droit
Dansent, dansent ces cancres là.
Arbres sans racines,
Vergers sans fruits.
Là où la nation s'enfuit.
Ils éteignent les Lumières
Mais ont peur de la nuit.




mercredi 4 novembre 2026

DEUX HOMMES DANS LA VILLE DE JOSE GIOVANNI 1973

 





Synopsis :

Germain est un éducateur social profondément humain, qui croit à la réinsertion des délinquants. Il suit notamment le dossier de Gino, un braqueur de banque qui a fait une demande de libération conditionnelle. Les mots de Germain arrivent à convaincre, ainsi que le fait que Gino ait trouvé du travail comme imprimeur.
La sortie est rude mais l'amour de son épouse, une fleuriste italienne, lui fait passer le cap. Au retour d'un week-end à la campagne avec la famille de Germain, Gino a un accident de voiture. Il en réchappe mais l'épouse décède. Gino commence à glisser mais son éducateur devenu ami arrive à le sortir de ce mauvais moment.
L'ancien truand s'installe à Montpellier où Germain a été muté et trouve un boulot dans une imprimerie tenue par un homme compréhensif, il rencontre une employée de banque et remonte petit à petit la pente.
Gino doit quand-même pointer de temps en temps au commissariat et c'est là qu'il tombe sur l'inspecteur Goitreau, lui aussi muté et qui l'a déjà arrêté.
L'inspecteur, obsédé par Gino, croyant qu'il va replonger et qu'il prépare un coup (dans la banque de sa nouvelle compagne) commence un travail de harcèlement sur son patron et surtout sa compagne...








Ce film politique, le plus connu de Giovanni qui connaissait bien le sujet (qui est ici moins la réinsertion que celui de la peine capitale) , puisqu'il a été lui-même condamné à mort pour diverses saloperies qu'il a commises pendant la guerre, est un des rares films des deux interprètes principaux a être encore diffusé sur les chaînes grand public.
Produit par Delon et subliment porté par un trio d'acteurs alors au sommet, quoiqu'ici un peu moins en ce qui concerne le Dabe dont on va célébrer les cinquante ans de sa mort.
Delon y est ici étonnant, montrant une fragilité assez rare dans sa carrière, nous délivrant une de ses meilleures compositions.
Michel Bouquet incarne le genre de rôle qui a fait sa légende, celui du personnage trouble, légèrement déséquilibré, comme dans les films de Chabrol ou celui de François Mitterand, une sorte de continuation de celui du film "Un Condé" de Boisset où il jouait un flic à la limite de la psychopathie.
Je l'ai dit souvent mais pour qu'un thriller soit bon, il faut que le méchant soit bon et avec Michel Bouquet, on est sûr de toucher juste et d'avoir la moitié du film gagnée d'avance.
L'histoire, par contre, est assez invraissemblable par moment et n'est souvent là que pour servir, parfois mal, son travail politique de réquisitoire contre la peine de mort.
Giovanni était un écrivain, scénariste et cinéaste hors du commun, le genre d'homme dont le moule est cassé. On peu penser ce qu'on veut du bonhomme, du mal bien sûr et il en a fait lui-même beaucoup dans sa jeunesse, mais le cinéma français des années 60/70 lui doit beaucoup.
"Deux Hommes Dans La Ville" est un film de premier ordre, moins pour son histoire qui peut parfois irriter que pour le talent de ses comédiens et sa fin mémorable.
















lundi 2 novembre 2026

BOULEVARD DES ASSASSINS DE BORAMY TIOULONG 1982

 






Synopsis :

Un écrivain en panne d'inspiration et en instance de divorce, descend dans une grande ville des Alpes Maritimes, appelée ici Lourciez,  alors que tout le monde voit qu'il s'agit de Nice.
Il s'installe chez un autre écrivain alors absent, commence à recevoir des coups de téléphone d'une femme se faisant appeler Régine et surtout se faisant apprendre qu'une vieille femme s'est récemment fait tuer dans le même bâtiment.
Il va alors se mettre à la recherche de cette Régine, et de fil en aiguille, découvrir l'implication des notables de la ville dont le maire, dans certaines affaires pourries.
Bientôt les meurtres s'enchaîneront et la menace sur l'écrivain se fera de plus en plus oppressante...








Un petit thriller réalisé par un réalisateur tout aussi modeste, avec pourtant de beaux comédiens sur l'affiche : Trintignant, Lanoux, Marie-France Pisier et Stéphane Audran.
Le style est plat comme de l'eau du robinet, la photographie fait penser à un téléfilm. Le roman de Max Gallo, dont c'est l'adaptation, d'où le nom de la ville fictive, est sûrement très intéressant mais le produit proposé intéressera seulement celui qui n'y connait rien en polar noir à la française.
Et puis je n'ai jamais été un grand fan de Victor Lanoux, qui pour moi est un gars qui sait réciter un texte sans bafouiller mais ça s'arrête là.
Un produit de supermarché à voir une fois pour Jean-Louis, Marie-France et Stéphane qui font ici ce qu'ils peuvent.

















dimanche 1 novembre 2026

LEFT-HANDED GIRL DE SHIH-CHING TSOU 2025

 





Synopsis :

Une famille composée de Shu-Fen, une mère de quarante ans, de sa fille I-Ann d'une vingtaine d'année et de son autre fille I-Jing, qui a cinq ans et la fille gauchère du titre revient à Taipei.
Shu-Fen loue une place au marché de nuit pour ouvrir un stand de restauration tandis que I-Ann travaille dans une boutique de betel dans une tenue sexy dans le but d'appâter les clients.
Le grand-père d'I-Jing embête celle-ci car elle utilise sa main gauche qui est selon lui, la main du diable.
Bientôt les ennuis arrivent : Shu-Fen commence à avoir des retards dans le loyer du stand et doit payer les frais médicaux de son ancien mari en stade terminal dans un hôpital, I-Ann tombe enceinte de son patron marié et décide de quitter son emploi et enfin I-Jing, traumatisée par les mots de son grand-père et la mort de son suricate commence une carrière de voleuse dans les magasins du marché de nuit.
Lors de la fête d'aniversaire de la grand-mère, des révelations et divers drames vont changer la vie de nos personnages...









Un film à la production internationale (Américaine, Française, Britannique  et Taïwanaise) avec un trio d'actrices plutôt doué.
Le style est assez typique du cinéma de l'ancienne Formose avec la caméra qui suit les personnages de très près, avec l'usage immodéré de travelling...et ici filmé entièrement au téléphone.
L'histoire est sympatique, n'oubliant pas d'aborder certains problèmes sociaux comme les mères célibataires, la vie dans les grandes villes, le passage à l'âge adulte et le conflit des générations.
La fille qui joue le rôle de la gauchère en titre est à elle seule la raison de voir ce film, un enchantement qui met le sourire aux lèvres du spectateur, un sortilège même.
La scène dans le restaurant où se déroule la fête d'anniversaire vers la fin rappelle "Festen" de Vinterberg avec ses révélations familiales (dont un excellent coup de théâtre) et réglements de comptes.
Le cinéma taïwanais est très souvent d'excellente qualité, et ce film ne déroge pas à la règle tel ce delicatessen qu'il est.


















samedi 31 octobre 2026

O.A. JE N'EN AI FINI AVEC TOI

 

"Ceci est l'eau et ceci est le puit.
Bois entièrement et descend.
Le cheval est le blanc des yeux et noir à l'intérieur."

Twin Peaks, saison 3, épisode 8.


Omniscience approximative
Pour humains 
Qui ne le sont pas moins.
Chimère fardée d'obséquiosité
Servant à l'humain sa pâtée.
Ceci est l'onde et ceci est le puit
De l'oubliée connaissance.
Ceci est l'immonde et affamé depuis
Bois donc l'invertie sapience.
Le désespoir ne déçoit point.
Omniscience approximative
Pour humains 
Moins que rien. 
Sirène trismégiste sans passé.
Humain, te voici trépassé.
Hal 9000, tel un écorché prophète
Te retrouvant bien bête.
Le temps détruit tout
Et à la fin,
Lui itou.

XIU XIU DE JOAN CHEN 1998

 





Synopsis :

En Chine, pendant la révolution culturelle,

Xiu est une adolescente de 15 ans, qui, a la fin de ses études, est envoyée au Tibet pour apprendre le métier qu'on lui a destiné: dresseuse de chevaux.
On la confie a Lao Jin, un homme émasculé qui deviendra son ami et protecteur. Les deux vivent dans une tente au millieu d'une steppe inhospitalière.
Au bout des six mois réglementaires, personne ne vient la chercher.
Divers colporteurs débarquent et lui promettent de régler son problème envers les autorités. Le premier la viole. Quand d'autres s'en viennent, résignée, elle se laisse faire.
Elle tombe enceinte et son ami l'emmene se faire avorter.
À l'hôpital, un autre homme la viole, dans son vagin encore ensanglanté.
Xiu Xiu comprend alors que sa situation est sans issue et donc que sa seule délivrance...








Ce mélodrame, et c'est peu de le dire croyez moi, est réalisé par la sino-américaine Joan Chen, qu'on a vu dans la première saison de "Twin Peaks" à l'époque où elle arborait des cheveux courts.
Quand j'ai vu ce film, sur une chaîne du cable il y a 25 ans, je suis resté bouleversé par ce récit, cette passion christique de cette pauvre gamine.
Joan Chen a grandi en Chine pendant cette période, et a donc vécu elle-même certains faits décrits ici pendant cette "révolution culturelle" qui a fait plusieurs millions de morts.
Tourné clandestinement dans cette gentille république humaniste qu'est toujours la Chine populaire, à l'époque dirigé par Jiang Zemin, ce récit coup-de-poing co-écrit par la réalisatrice est donc un témoignage courageux de l'abandon d'un peuple corvéable à merci, qu'on peut éliminer d'un simple coup de stylo sur une feuille administrative.
Les deux acteurs sont parfait, que ce soit celui qui joue l'ami eunuque qui finira par tomber amoureux de la petite, et celle qui joue la supliciée du nom de Li Xiaolu dont la carrière survivra à ce film/affront.
La fin, est digne de tout mélodrame qui se respecte, elle joue son rôle à la perfection c'est-à-dire marquer au fer rouge (c'est le cas de le dire) le spectateur pour l'éveiller à certaines réalités, loin des mensonges proférés par l'"élite" intellectuelle française qui considère encore Mao comme un gars sympa. 
Facilement un des cent meilleurs films, et je dirait même cinquante, de l'histoire du cinéma asiatique...et un de mes préférés.

Préparez quand même deux ou trois kleenex, ça risquerait de servir...













Le film entier (qui est d'ailleurs assez rare, jamais sorti en DVD en France) avec sous-titres anglais :






vendredi 30 octobre 2026

BLOODY MAMA DE ROGER CORMAN 1970

 





Synopsis :

Dans les années 1930, la vie criminelle de Ma Barker et de ses quatre fils, dont l'ainé qui est celui de son grand-père et aussi est le plus violent.
Les autres sont un roux homosexuel, esclave d'un ex co-détenu qui rejoindra la bande, un toxico plutôt pacifique et un autre dont on s'en fiche un peu.
Entre casses meurtriers, kidnappings, séquestrations, viols, relations incestueuses entre Ma et ses fils et autres réjouissances, voici la version du pauvre de "Bonnie And Clyde" du roi américain du bis.










Un des grands trucs du cinéma bis, dit de genre, c'est de profiter d'un succès pour en faire des contrefaçons à bon marché et se faire deux trois pennies sans se fatiguer.
Ici, on est entre "Bonnie And Clyde" et le film de redneck comme les futurs "Délivrance" ou "Massacre À La Tronçonneuse".
C'est irrévérencieux parfois drôle, voire involontairement comme le " monstrueux" alligator qui est en fait un rondin de bois vite maquillé pour ressembler de très loin à un dangereux prédateur.
La distribution et l'interprétation (pour ce qu'il y a à interpréter) est plutôt bonne : Shelley Winters dans le rôle titre, Pat Hingle dans le rôle d'un richard qui se fera kidnapper et surtout un encore vert De Niro dans le rôle du fiston toxico, le seul qui a l'air pacifique dans cette bande de dégénérés.
C'est quand-même bien fichu au final, un film qui n'a d'autres but que de distraire en montrant le minimum syndical de poitrine, fesses, sang, poursuite de bagnoles et qui se permet aussi de copier un peu Sam Peckinpah à la fin dans le grand massacre final qui rappelle celui de "La Horde Sauvage".


















LISTE NOIRE DE ALAIN BONNOT 1984

 





Synopsis :

Trois jeunes marginaux sont recrutés par le grand banditisme pour faire un casse dans une banque. C'est en fait une couverture pour attaquer un fourgon blindé pendant que les flics seront occupés avec eux.
L'attaque réussit mais fait trois morts. Les jeunes, en prenant en otage une femme, arrivent à s'en sortir.
Découvrant qu'ils se sont fait berner, ils débarquent dans la planque des malfrats mais l'un deux se fait tuer et la fille est gravement blessée.
Le troisième emmène la blessée chez sa mère, qui tient un garage et est une ancienne pilote de course avec qui elle est en froid.
La fille décède dans les bras de sa mère.
Celle-ci ne va dorénavant n'avoir qu'un but : buter chaque malfrat responsable de sa mort...






Ce film policier d'action qui se situe entre le "Rape And Revenge" et le film de "Vigilante" (la série des "Justicier Dans La ville" par exemple) a pour vedette notre Annie, qui était à l'époque criblée de dettes et acceptait n'importe quoi pour l'argent, Paul Crauchet, Sandrine Dumas (la fille aux jolis yeux du clip "Jodie" des Innocents pour ma génération) dans le rôle de la raison de la vengeance, Jean-Claude Dreyfus dans le rôle d'un truand et Jean-Paul "Pujol" Tribout dans le rôle du premier truand qui se fera repasser.
Quelques invraissemblances inhérentes à ce genre de film comme la principale : le flic qui se sert d'une veuve éplorée pour faire le sale boulot et éliminer les malfrats, la relachant et lui redonnant même son pistolet pour tuer le dernier truand et chef de la bande.
La deuxième, c'est Annie Girardot dans le rôle d'une pilote de course badass qui s'improvise tueuse sans merci (ça aurait pu être pire on aurait pu avoir Mimie Mathie).
Ce polar d'action a quand même ses bons moments : les scènes d'émotions de notre Annie, Sandrine Dumas qui prouve un certain talent et Bernard Gabay (ici Bernard Brieux) qui joue le jeune "gentil-méchant" avec conviction.
C'est enfin le genre de film qui finissait souvent en VHS, à 10 francs, dans les bacs des supermarchés à l'époque. Le genre qu'on regarde le samedi soir en digérant sa pizza et son pack de Kro en attendant le film de Canal à minuit.












jeudi 29 octobre 2026

LE DERNIER BAISER DE DOLORES GRASSIAN 1977

 





Synopsis :

Annie est chauffeuse de taxi à Paris.
Décidant d'aller voir son homme, ouvrier sur un chantier, elle a la malheureuse surprise de découvrir que celui-ci s'est enfui en province, sans plus d'explications. Annie, romantique et optimiste accuse difficilement le coup.
Une femme aisée soupçonne son mari de la tromper. Elle prend le taxi d'Annie et lui demande de suivre la voiture de son époux.
L'époux récupère une femme à la gare de Lyon, confirmant les doutes de sa femme.
Le lendemain, la bourgeoise demande à Annie de l'emmener à Bruxelles pour continuer la filature et peut-être demander des explications...








Cette comédie romantique, avec parfois des passages plus mélancoliques est réalisée et co-écrite par une réalisatrice à la carrière modeste.
Film de femmes porté par deux actrices ici complices : notre Annie nationale et Maria Pacôme dont j'avais oublié combien elle était drôle.
Bernard Fresson, compagnon de Girardot à l'époque (qui lui servait de punching-ball), joue pour une fois un personnage touchant et amoureux, loin des rôles de connards qu'on lui connait.
Le récit est très comique durant la première heure, les deux actrices s'amusant comme des folles puis ça bascule vers une partie un peu plus ombragée telle la scène entre Annie Girardot et Fresson.
Une petite découverte qui m'a agréablement surpris, le genre de film sublimé par l'interprétation de ses comédiens, qui fait du bien.
















samedi 24 octobre 2026

SANS SOMMATION DE BRUNO GANTILLON 1973

 





Synopsis :


La police essaie de démanteler le gang de Capra, des mercenaires sur le retour.
Un des membres du groupe, Donetti, croit reconnaitre dans un bar le lieutenant Kieffer (ex-membre des mercenaires) qui pourtant nie quand il l'appelle par ce nom.
Le quidam est en fait un policier sur le retour, suspendu et alcoolique.
Prévenus, ses supérieurs en profittent pour infiltrer Capra et compagnie en leur faisant croire que Maury, de son vrai nom, est bien le lieutenant en question.
Mais le rusé et méfiant Capra compte bien mettre à l'épreuve celui qu'il pense être son ancien frère d'armes...






Ce polar franco-italien a une distribution plutôt prestigieuse : Bruno Cremer dans le rôle de Donetti, Maurice Ronet (la raison pour laquelle je me suis intéressé à ce film) dans le rôle du flic alcoolique (le retour d'Alain Leroy), Anny Duperey et la non moins belle Marina Malfatti habituée des gialli.
Le rôle de Capra est joué par le trapu acteur suisse Mario Adorf qui passe ici son temps à manger des citrons.
Le tout aurait pu être sympa sans le style amateur du réalisateur, qui l'est tout autant, et une histoire assez invraissemblable par moment.
Reste quelques beaux moments, trop rares peut-être, Ronet dans un rôle d'écorché vif qui a fait sa légende, le mystère Cremer et les deux perfections de la nature que sont les deux actrices.
À voir une fois.













Le film en entier sur Youtube, avec la nudité floutée et un autre titre pour éviter la censure :






vendredi 23 octobre 2026

CADAVRES EXQUIS DE FRANCESCO ROSI 1976

 





Synopsis :

À Palerme, un juge est tué à la sortie de catacombes. Bientôt un autre se fait repasser puis un troisième. L'inspecteur Rogas, venu de Rome, commence son enquête et finit par se fixer sur un suspect, un pharmacien condamné injustement par ces mêmes juges.
Rogas va ensuite découvrir un complot entre les juges, l'armée, les politiques et même ses propres chefs...








Ce classique film de Rosi, spécialiste mondial du film de complot politique comme le fut aussi à l'époque Alan J Pakula, a l'occasion de dérouler un parterre d'acteurs internationaux :
Notre Lino joue dans sa langue natale le flic qui découvrera un peu trop de choses, Alain Cuny incarne un juge qui se fera tuer, Tina Aumont joue une cocotte, Marcel Bozzuffi est ici un suspect et Charles Vanel incarne le premier juge qui se fera abattre.
Max Von Sydow incarne un quatrième juge assez ambiguë dans une scène exceptionnelle avec Lino, Fernando Rey joue un ministre qui l'est tout autant, Luigi Pistilli joue un journaliste communiste et Renato Salvatori est un collègue du héros.
Le style précis et documentaire du réalisateur est efficace une fois de plus, servant le roman de Leonardo Sciascia ancré dans la réalité politique de l'époque, les années de plomb et ses assassinats à foison.
Je n'ai jamais été un grand fan des films de Rosi, et des films politiques en général mais on est en présence d'un travail maîtrisé de bout en bout, avec un fort suspens.
...et voir Lino jouer en italien est un mets rare...





 









mercredi 21 octobre 2026

OMNISCIENCE APPROXIMATIVE

 


Exilé dans un temps
Qui m'est étranger.
Pris dans un temps
Qui est dérangé :
Le pire est avenir.
En l'ère de la réflexion hâtive
De l'omniscience approximative,
Regardez le bon sens
Vomir ces générations
Témoignez l'innocence
Dérailler sa narration.
Le pire est à venir.
Omniscience approximative,
L' OA
Est ton nouveau roi,
Succube du Moi.
Demain il fera pire.
Enchaînés consentants
Quémandant d'autant.
Lors que nous sabordons 
Nos fragiles idéaux.
En sourires nous abordons
L'ère des idiots.
Lors que nous effleurons
Le stade terminal,
Nous vociférons
Le cri primal.

dimanche 11 octobre 2026

FANFARE D'AMOUR DE RICHARD POTTIER 1935

 






Synopsis :

Deux musiciens ont l'habitude de se faire passer pour ce qu'ils ne sont pas : se faire passer pour des tziganes pour intégrer un orchestre, ou aussi des cubains.
Cette fois-ci ils décident de se travestir pour se faire engager dans un orchestre de femmes devant jouer dans un cabaret à Toulon.
La supercherie fonctionne, jusqu'à ce que les deux compères tombent sous le charme de la même consoeur de la troupe...










Une comédie en musique, basé sur le système, la mécanique du quiproquo (les deux artistes devant changer d'apparence assez souvent pour tromper leur monde et conquérir deux musiciennes).
Des passages assez réussis et drôles, d'autres un peu concons et une mention au toujours excellent Julien Carette et Madeleine Guitty qui joue la taulière de la troupe, au physique ingrat mais très drôle.
Gabby "Gabin" Basset incarne une des deux mignonnes et le bordelais Pierre Larquais, un frêre près de ses sous.


















samedi 10 octobre 2026

ALBERTO EXPRESS DE ARTHUR JOFFE 1990

 





Synopsis :

Alberto, un romain, est en train de dormir avec sa femme enceinte qui doit accoucher le lendemain.
Il se rend soudain compte de la promesse qu'il a faite à son père il y a quinze ans : il doit rembourser tout ce qu'il lui a coûté (dans son cas deux millions deux cent cinquante mille lires) avant la naissance de son premier enfant sans quoi il lui arrivera un malheur.
Au chômage et sans le sou, il commence à paniquer.
Il prend un train de nuit Paris/Rome sans payer pour aller voir ses parents.
Dans ce train, il va lui arriver toutes sortes d'aventures surréalistes comme rencontrer un copain qui est contrôleur , son ancienne petite amie, un américain avec un diamant incrusté dans une dent, et bien d'autres bizarreries...








Cette comédie burlesque, féérique et surréaliste proposé par ce réalisateur à la carrière modeste fait penser à du Terry Gilliam (et plus généralement à Monty Python), du Jean-Pierre Jeunet et parfois du Fellini pour la scène avec les ancêtres.
Le trilingue et talentueux Sergio Castellitto joue le fameux Alberto qui monte dans une sorte de train fantôme où il va vivre des aventures à la "Alice Au Pays Des Merveilles".
Nino Manfredi joue le père un peu marlou et près de ses sous, Marie Trintignant fait son entrée telle une apparition dans le rôle de l'ancienne amoureuse, Dominique Pinon joue le conducteur du train et Jeanne Moreau joue une baronne mourante et presque momifiée.
Une comédie à la production française, canadienne et italienne en trois langues qui donne le sourire, comme certaines comédies à l'italienne des années 60/70, originale et inoubliable, familiale et enivrante.