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vendredi 18 septembre 2026

THE MACHINIST DE BRAD ANDERSON 2004

 





Synopsis :

Trevor est un ouvrier plutôt solitaire, ses seules relations sont une prostituée et une serveuse de nuit au bar de l'aéroport.
Il souffre d'insomnie et dit qu'il n'a pas dormi depuis un an, d'où sa maigreur cadavérique.
Lors d'un dépannage de machine, il provoque involontairement l'accident d'un collègue qui y perdra son bras. Les autres ouvriers se détournent ensuite de lui. Trevor rejette la faute sur un certain Ivan, soudeur à l'arc qu'il vient de rencontrer il y a quelques jours, mais personne dans l'usine ne le connait.
Il découvre ensuite un post-it sur la porte de son frigo, représentant un jeu de pendu avec un mot de six lettres à trouver.
Petit à petit, Trevor va perdre pied, s'enfonçant dans une paranoïa de plus en plus violente, ses cauchemars éveillés et visions morbides altérant de plus en plus ses jours sans repos...








Ce thriller à la production internationale est d'abord connu pour la transformation à la De Niro de l'acteur Christian Bale qui dont le poid descendra à 54 kg pour un mètre 82. Ensuite nous avons affaire ici à un récit assez sombre tendant vers l'horreur, jouant avec les chausse-trappes et rebondissements qui font parfois penser à du Lynch.
Le méchant/spectre/représentation de culpabilité du héros est joué par non pas le colonel Kurtz de "Apocalypse Now" mais un acteur qui est le sosie du Brando d'alors, ce qui ajoute à l'étrangeté de la somme.
Le spectateur éveillé comprend assez vite que ce que voit l'ouvrier est la résultante de son manque de sommeil mais le début, où on voit le héros se débarrasser d'un corps pose une énigme qui tisse l'intérêt principal de l'oeuvre.
Un thriller sanglant de haut vol, que je n'avais pas eu l'occasion de visionner avant, qui mérite son coup de mirettes.






"The horror..."












mercredi 16 septembre 2026

LE DRAME DE SHANGHAÏ DE GEORG WILHELM PABST 1938

 





Synopsis !

À Shanghaï, un certain Tcheng, sorte de jeune Mao, embrasse les foules avec ses idées révolutionnaires d'émancipation.
Une organisation criminelle, le Serpent Noir, ne voit pas cela d'un très bon oeil.
Dans un cabaret, la chanteuse Kay Murphy, qui est en fait une russe exilée qui travaillait pour le Serpent Noir, attend sa fille qui sort d'un pensionnat de Hong-Kong, et qu'elle n'a pas vu depuis presque dix ans.
Le Serpent Noir va faire pression sur Kay pour amener Tcheng dans un guet-apens mais tout ceci va mal tourner...





 

Ce film d'aventure tourné par le réalisateur de "Loulou" est plutôt exotique : tourné en studio en France pour les intérieurs, avec une distribution internationale dont pas mal de comédiens asiatiques (ce qui était une rareté à l'époque), des chansons comme il était coutume à l'époque, un message politique socialiste (l'époque itou) et des dialogues très poétique du taulier Henri Jeanson.
Louis Jouvet, la vedette du film, joue une sorte de revenant, russe blanc et ex-amant de l'héroïne (et probablement père de sa fille)  travaillant pour le compte de la noire organisation.
Le chanteur Dorville joue ici le rôle très antipathique du tenancier/maquereau/voyou du cabaret qui sert de repère pour l'organisation.
Le seul truc qui dérange le puriste que je suis, c'est les chinois, russes, britanniques et américains qui parlent tous un français parfait mais bon, le récit est assez captivant avec son petit message d'espoir à la fin qui sera contredit par l'histoire.
Une agréable rareté d'un des maîtres réalisateur de l'époque.





 










samedi 12 septembre 2026

RIVIERE DE NUIT DE KOSABURO YOSHIMURA 1956

 





Synopsis :

Une styliste de 30 ans, fille de teinturier, connait un succès dans ses créations. Il ne lui reste plus qu'un mari pour faire la fiérté de sa famille mais elle ne semble pas pressée malgré de nombreuses sollicitations.
À Nara elle fait la rencontre d'un professeur marié qui porte une cravate de sa création et de fil en aiguille, si j'ose dire, les deux vont se rapprocher.
La relation est finallement consommée mais la styliste apprend par la fille de son amant que sa mère est gravement malade.
Après la mort de l'épouse, le professeur se déclare mais...





 


Ce drame romantique est assez conventionnel de prime abord, les magnifiques costumes et les couleurs chatoyantes mises à part, en fait on dirait un film américain pendant la première heure.
Puis le récit plonge dans quelque chose de plus adulte et crépusculaire, en gros après la scène d'amour, jusqu'à la fin assez étonnante qui fait que ce film est marquant.
Ce festin pour les yeux est aussi une autre manifestation des changements que subissait le Japon à l'époque, entre tradition et modernisme : kimono ou robe, et aussi concubinage ou féminisme, émancipation ?
Une bonne surprise que ce premier film que j'ai vu de ce réalisateur.

















vendredi 11 septembre 2026

LE REPAS DE MIKIO NARUSE 1951

 






Synopsis :

À Osaka, la vie d'un jeune couple sans enfants :

Michiyo est femme au foyer, s'occupant des taches ménagères et sortant rarement. Son mari Hatsunosuke travaille comme agent de change pour un salaire qui fait à peine vivre le couple.
La nièce fugueuse du mari débarque et s'installe chez le couple.
L'oncle et la nièce vont lier des liens assez fort, rendant Michiyo jalouse et désemparée alors que Hatsunosuke la méprisait la plupart du temps.
La tension monte de plus en plus entre eux jusqu'à ce que l'épouse décide de rentrer à Tokyo chez sa mère...








Ce drame romantique et social fait tout de suite penser à du Ozu : bon nombre des comédiens ici présent sont des habitués du cinéma du maître dont Setsuko Hara qui joue l'épouse et qui fut, selon la légende la compagne et muse du réalisateur de nombreux classiques nippon.
Naruse dissèque un couple en crise, dans un Japon qui essaie de se reconstruire après avoir subit les conséquences de ses conneries (une trentaine de millions de morts dans toute l'Asie mais ce n'est pas le sujet).
Le récit, adaptation du roman de Fumiko Hayashi, à l'air d'être au prime abord d'un ton progressiste et moderne, mais la fin très conventionnelle (à l'américaine) gâche un peu le plaisir.
Reste l'interprétation impeccable, les costumes, les décors et enfin  l'atmosphère bon enfant.


















jeudi 10 septembre 2026

LA BARRIERE DE CHAIR DE SEIJUN SUZUKI 1964

 







Synopsis :

Dans un Tokyo d'après armistice en ruine, sous occupation américaine, les habitants ont faim. Beaucoup sont livrés à eux même et certains sont obligés de rentrer dans la délinquance : la criminalité et la prostitution explose dans les bidonvilles.
Maya, orpheline, est de celle-ci, prise en train de voler de la nourriture, elle est finallement receuillie par une bande prostituées aux règles strictes : on ne couche pas aves les américains et jamais gratuitement, sinon on le paye cher des mains des collègues.
Maya prend le pli petit à petit et sympathise avec sa bande de copines prostituées, jusqu'à ce qu'un soldat nippon démoblisé, qui vient de suriner un soldat américain après avoir volé un butin, trouve refuge chez les elles.
La virilité du soldat, voyou et brutal va faire tourner toutes les têtes de ces belles, Maya y compris ...







Cet artisan plutôt doué et reconnu du cinéma de genre nippon qu'est Suzuki nous sort ici ce film qui, sous un enrobage de comédie trash aux relents fétichistes (les deux scènes de flagellations des fautives par les autres), est aussi une sorte de chronique sociale de la misère qu'a entraîné la défaite du Japon impérial.
Le talent du réalisateur se voit dans certains plans très réussis et l'utilisation des couleurs : chaque prostituée a une robe de même couleur (pour Maya, c'est vert clair) tel une extention ou allégorie de leurs personnalités.
La misère est décrite un peu ici comme certains films du Néoréalisme italien, et on peut même déceler un message politique à certains moments, notamment ceux avec les soldats américains.
Un très bon film de ce réalisateur spécialiste des films de Yakusas.
















mardi 8 septembre 2026

LA BÊTE AVEUGLE DE YASUZO MASUMURA 1969

 





Synopsis :

Une cover girl est enlevée par un sculpteur aveugle et sa mère.
Séquestrée dans l'atelier de l'artiste, aux murs recouverts de sculptures de différentes parties de l'anatomie féminine, son kidnappeur lui demande de poser pour lui pour réaliser son chef-d'oeuvre.
Elle tente d'abord divers stratagèmes pour s'échapper mais la mère surveille, voyant d'un mauvais oeil cette beauté commencer à faire tourner la tête de son fiston.
Elle réussi presque en séduisant le sculpteur mais après une bagarre entre les parents, la mère décède des mains du fils.
Elle se résigne finalement à son sort, y trouvant même du plaisir aux caresses de l'aveugle, cédant à "l'empire des sens" mais on sait comment ça finit quand on a vu le film d'Oshima...








Ce thriller/survival érotique trash est non seulement typique de l'époque avec sa photographie et ses décors psychédéliques et surréalistes mais aussi typique du rafinement nippon qui considère le trash du genre pipi, caca, vomi, séquestration de femmes, viol, violence comme le summum de l'extase (les vingt dernières minutes).
Dans les années 80 est sorti la série des "Guinéa Pig" au Japon, dont les deux premiers épisodes vont très très loin dans la perversion et le gore (pour le deuxième qui consiste en l'histoire d'une fille enlevée et découpée vivante petit à petit) et ce film y fait penser.
Le seul élément qui sauve ce film déviant, les superbes décors mis à part, est le côté psychologique entre la mère, le fils et la victime, d'ailleurs les seuls personnages de l'histoire dans un huis clos bien ficelé.
La fin sera diversement appréciée selon la stabilité psychologique du spectateur.


















lundi 7 septembre 2026

TATOUAGE DE YASUZO MASUMURA 1966

 





Synopsis :

La fille d'un riche commerçant décide de se faire la malle avec le commis de son père. Ils trouvent refugent chez un client de ses parents mais celui-ci va jouer double jeu, vendre la fille à un proxénète et faire assassiner le commis.
Le commis en réchappe de justesse en tuant son meurtrier tandis que la fille rentre comme apprentie geisha. Le proxénète fait tatouer sur le dos de la belle une araignée à tête de femme, qui s'avérera une malédiction pour les protagonistes du récit...







Ce drame légèrement érotique, fantastique et assez violent est filmé avec goût, une photographie et des décors magnifiques.
Une histoire brutale et sanglante, où la plupart des personnages verront une fin assez funeste.
L'interprétation est sans aspérité, le suspens assez présent, sauf à la fin où on se doute comment ça va se passer.
Un très bon film tourné pendant l'âge d'or du cinéma nippon (les années 1950 et 60) par ce réalisateur dont c'était le premier film que je voyais.

















samedi 5 septembre 2026

LA VIE DE CHÂTEAU DE JEAN-PAUL RAPPENEAU 1966

 





Synopsis :

En 1944, dans la Manche,

Marie s'ennuie avec son mari contemplatif, Jérôme, joué donc par Noiret dans son château qui tombe en ruine.
Son père fait partie de la résistance et organise sur le terrain le futur débarquement tandis qu'un maquisard/parachutiste est tombé amoureux de la belle et froide blonde, donc jouée par Deneuve.
Le trio va bientôt devenir un quatuor avec l'arrivée d'un commandant allemand qui va aussi s'éprendre de Marie.
Le château de Jérôme est désigné comme point de départ du débarquement mais les intrigues amoureuses, plus l'occupation du domaine par les allemands vont compliquer les choses...








Pour son premier long, le fraîchement trépassé réalisateur nous propose un mélange de comédie romantique sur la première heure et de guerre sur la dernière demi-heure. C'est cette partie qui est la plus intéressante car il y a une sorte de suspense qui éveille l'attention, du moins la mienne, ce qui n'est déjà pas si mal.
Noiret joue son contemplatif qui finira par nous faire une préquelle du vieux fusil ensuite. La Deneuve fait sa Deneuve, elle avait à l'époque tout à prouver et s'y employait alors.
Pierre Braseur joue le père caractériel avec sa voix caverneuse et portante qui a fait sa légende.
Le tout n'est pas un film mémorable mais un travail honnête qui s'améliore donc vers la fin.


















vendredi 4 septembre 2026

VERTIGE POUR UN TUEUR DE JEAN-PIERRE DESAGNAT 1970

 





Synopsis :

Marc est un tueur à gages, est engagé pour refroidir un autre tueur mais celui-ci se trouve être un de ses amis. Il rate donc délibérément au moment clé mais devient du coup une cible pour ses patrons.
Il réchappe de justesse à son éxécution, en tuant au passage le frère du boss, puis organise sa fausse mort en se procurant un cadavre habillé de ses vêtements mais le subterfuge ne prend pas longtemps.
Il réussi à trouver une planque sur la Côte d'Azur, aidé par son ami en cavale mais les truands finissent par le retrouver à l'aéroport de Nice.
Il arrive à s'échapper grâce à l'aide de l'épouse d'un homme d'affaire qui le planque dans sa maison...mais il s'agit d'un piège...








Dès les premières minutes, on pense à un poliziottesco, que ce soit la musique, la photographie ou la manière de filmer. De plus, un plan est clairement inspiré de Peckinpah à la conclusion.
On est en présence ici d'un film policier qui ne s'embête pas de disgressions psychologique, l'important ici est de construire un suspense constant et le moins qu'on puisse dire c'est que l'honnête artisan qu'est Desagnat y arrive à merveille.
La sous-intrigue de la machination du couple est intéressante quoique tirée par les cheveux en y réfléchissant bien.
Marcel Bozzuffi est dans presque chaque plan, Michel Constantin joue le court rôle de l'ami du héros et enfin, la fin ne tombe pas dans la facilité.
Un très bon divertissement, du travail solide qui remplit le cahier des charges.


















jeudi 3 septembre 2026

LOST IN TRANSLATION DE SOFIA COPPOLA 2003

 





Synopsis :

Un acteur démodé, Bob, débarque à Tokyo pour y tourner une publicité pour un whisky. Dans le même hôtel se trouve Charlotte, mariée depuis deux ans à un photographe qui passe son temps à travailler (il y est ici pour suivre un groupe de musique).
Bob est dépaysé, déprimé par sa carrière qui ne va nulle part et son couple qui se délite. Charlotte, elle, s'ennuie seule dans son hôtel, son mari étant tout le temps absent. Les deux américains sont comme deux exilés dans ce Japon, leur destins vont se lier : deux perdus vont-il faire un trouvé ?








Sofia nous présente son deuxième film, co-produit par le papa, avec cette romance décalée et mélancolique qui donnera aux deux acteurs principaux un de leur meilleurs rôles.
Voir Bill Murray, au début dans sa chambre d'hôtel, au bout de sa vie fait penser à un certain film culte, on attend plus que son réveil chante "I Got You Babe".
Le comédien distille ça et là quelques saillies qui rappellent son passé dans le "Saturday Night Live" quand il doit faire face à certaines situations gênantes.
Scarlett Johansson verra sa carrière décoller après sa magnifique prestation de jeune femme en manque d'amour qui sera comme un baume (du tigre) pour le quadragénaire.
Le tout est filmé avec style et inspiration, typique de l'époque (le petit côté techno et début de millénaire).
La seule chose qui me dérange est la fin : on dirait que la réalisatrice a voulu faire plaisir aux spectateurs mais au fond ça n'enlève rien à la qualité du métrage que je viens de revoir après l'avoir savouré au cinéma à l'époque.






 











mercredi 2 septembre 2026

LES CULOTTES ROUGES DE ALEX JOFFE 1962

 





Synopsis :

Dans un camp de prisonniers en Allemagne, une section est spécialement dédiée aux soldats qui ont essayé de s'évader, les culottes rouges, du nom du pantalon qu'on leur fait porter.
Rossi en est à sa énième tentative, tout juste repris, il ne pense qu'à recommencer. Il décide de se cacher dans le batiment qui fait office  d'église/salle des fêtes, sous la scène, où vit un certain Fendard, un soldat conciliant, pas compliqué qui a un sacré garde-manger.
Rossi va passer son temps à humilier le pauvre bougre, le harceler jusqu'à le soumettre. 
Quand une bonne occasion se présente, Rossi se fait passer pour aveugle et oblige Fendard à l'accompagner dans un convoi...








Joffé retrouve son Bourvil préféré pour ce film qui rappelle un peu son "Fortunat" de 1960 mais en moins bien.
Laurent Terzieff joue un "héros" plutôt antipathique, méprisant le pleutre joué par le normand, qui paradoxalement apporte une sorte d'humanité, de bonté dans ce drame que je qualifierai de psychologique (le film est pourtant classé dans le genre comédie).
Cette tension entre les deux personnages est de loin la chose la plus intéressante dans l'histoire.
Je préfère le Bourvil qui s'éloigne de son rôle de normand couillon et bébête et ici, il en fait une variation intéressante, ce qui fait que ça reste passionnant.
Un assez bon film, même si loin de "Fortunat" donc,  avec un Bourvil encore meilleur dans le Joffé de 1960.  

À noter, une figuration de deux seconds couteaux de notre cinéma : Balutin et Lax/Starsky et Hutch.


















dimanche 30 août 2026

LETTRES SICILIENNES DE FABIO GRASSADONIA ET ANTONIO PIAZZA 2024

 





Synopsis :

En Sicile, au début des années 2000,

Catello vient d'être libéré de prison, il fut maire, proviseur, entrepreneur immobilier mais c'était il y a six ans. Rentré chez lui, il découvre que sa femme le méprise, que sa fille attend un enfant avec l'idiot du village, que son hôtel en construction tombe en ruine, menacé d'être démoli et enfin que le nouveau maire passe son temps à le diffamer.
Des individus le kidnappent en pleine rue et l'amènent dans un bureau rempli d'ordinateurs.
Ce sont en fait les services secrets qui ont décidé de le faire chanter ; il lui est demandé de prendre contact avec son neveu, puissant chef de la mafia, en cavale, au travers de la rédaction de pizzini (sorte de billets secrets distribués en sous-main) pour l'amener à se découvrir et ainsi l'arrêter ou alors un très gros dossier concernant diverses affaires de corruption dans lesquelles Catello est mouillé partira chez le juge...








Le troisième long du duo est une comédie noire qui permet de brosser des personnages souvent caricaturaux, au premier abord : les mafiosi psychopathes, les femmes sicilennes ténébreuses qu'il vaut mieux éviter d'embêter, des idiots qui servent de gibier. L'autorité est ici aussi pourrie, voir plus que la pègre, plongeant à la conclusion différents personnages dans une fin tragique. D'un autre côté, la plupart des personnages naviguent dans une zone grise intéressante, porté par l'humour parfois grotesque de certaines situations.
Toni Servillo n'est jamais décevant et ici il incarne ce Catello pris entre le marteau et l'enclume, une sorte de personnage presque pathétique.
Elio Germano incarne le chef vivant "comme un rat" mais charismatique, presque comme le Keyser Soze de "Usual Suspects".
Du très bon travail, typique du cinéma italien contemporain.


















samedi 29 août 2026

LA NUIT EST MON ROYAUME DE GEORGES LACOMBE 1951

 






Synopsis :

Pinsard est conducteur de train à vapeur qui, suite à un accident de travail, est devenu aveugle. Le docteur qui le suit lui dit qu'une opération est possible d'ici un an mais en fait sa condition est incurable. Seule sa mère est au courant.
D'abord abattu et pressé d'en finir avec ce faux espoir qu'on lui a fait miroiter, il vivote chez lui en écoutant la radio qu'il démontait et réparait auparavant.
Un centre de rééducation pour non-voyants est solicité par sa mère qui souhaite que son fiston apprenne un métier mais devant la fin de non-recevoir du mécanicien, elle décide d'employer la ruse : elle détraque sa radio et fait appeler un réparateur qui vient en fait du centre.
Pinsard est étonné qu'un aveugle réussisse à réparer sa radio et lui demande de lui apprendre à en faire de même à l'institut.
Il finit par s'y plaire et va ainsi rencontrer une professeuse non-voyante.
Les deux vont se plaire mais le directeur du centre, fiancé à la belle, va ne pas l'entendre de cette oreille...





 

Ce film a valu au Dabe (Gabin pour les non-initiés) un prix d'interprétation à Venise et c'est tout mérité : il n'a pas été aussi bon et émouvant depuis les années 30. C'est d'ailleurs à partir de cette décénnie que la carrière de Gabin va connaitre un second souffle.
Un récit assez proche du réalisme poétique, assez sombre dans l'ensemble, qui aurait bien convenu à un Duvivier mais Lacombe s'ent sort très bien.
Le rôle de Gabin fait penser à celui, Lantier, qu'il tenait dans "La Bête Humaine" de Renoir mais ce film est en tout point plus maîtrisé. 
Le titre, magnifique, fait penser à du Baudelaire et d'ailleurs le personnage chéri par le héros lira, en braille, un poème du parnassien.
Je n'avais jamais dégusté ce Gabin, et je les ai presque tous vu, ça aurait été dommage de claquer avant car on a affaire ici à du lourd, du sérieux, de l'authentique qualité à la française.
À voir avant de n'y plus voir...