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dimanche 4 avril 2021

APPORTEZ-MOI LA TÊTE D'ALFREDO GARCIA DE SAM PECKINPAH 1974

 





Synopsis :

La fille d'El Jefe, un baron du crime Mexicain, est enceinte.
Celle-ci avoue sous la contrainte le nom du père qui est parti : un bellâtre du nom d'Alfredo Garcia.
El Jefe offre 1 million à qui rapportera la tête du mufle…








Après la déception du charcutage de "Pat Garrett", le cinéaste décide de filmer entièrement sa prochaine histoire au Mexique, celle d'un road-movie dont la tête d'un gars déjà mort (ce qu'on sait assez vite dans le film) est en jeu.
Warren Oates se voit offrir le rôle principal d'un pianiste dont la petite-amie a été celle d'Alfredo et qui est l'intérêt principal du métrage parsemé de fusillades dans lesquelles les protagonistes gesticulent dans tous les sens avant de mourir...la patte Peckinpah quoi…
Le récit est traité en une sorte de road-movie à la "Badlands" dans sa première partie puis ensuite verser dans une cascade de violence progressive qui vire presque dans l'absurde dans un final à la "Wild Bunch". 
Le voyage interne et psychologique du pianiste qui va vivre une sorte de rédemption au milieu de l'histoire est plutôt captivant.
"Alfredo Garcia" fut un désastre critique et financier mais est depuis devenu un film culte et c'est mérité car cet "Alfredo" est un spectacle original, mystique, aux interprétations diverses.

















LE TUEUR D'ELITE DE SAM PECKINPAH 1975

 





Synopsis :

Locken et Hansen sont associés et potes. Leur boulot est à la fois d'être nounou et parfois tueur, protégeant des personnalités menacées de mort, engagés par une agence de sécurité travaillant pour l'intelligence.
Lors d'une mission, Hansen joue double jeu, bute l'homme qu'ils étaient tout deux missionnés de protéger et laisse Locken handicapé à un bras et une jambe.
Pour Locken, la rééducation va être longue mais motivée par le désir de se venger en retrouvant sa place et ainsi traquer son ancien pote passé à l'ennemi …









Un policier film d'action filmé à San Francisco, en pleine vague de films de Kung Fu et de Blacksploitation qui bénéficie de certaines stars de l'époque dont Caan et Duvall ("Le Parrain" bien sûr), Bo Hopkins et Burt Young dans un rare rôle physique.
Un divertissement solide qui fait le boulot, sans être un chef d'œuvre, et qui reprend les thèmes fétiches du cinéaste : nihilisme, trahison et rédemption.


















samedi 3 avril 2021

PAT GARRETT ET BILLY LE KID DE SAM PECKINPAH 1973

 





Synopsis :

Pat Garrett et Billy The Kid étaient amis, mais ça c'était avant.
Avant que Pat ne retourne sa veste et ne devienne Sheriff, travaillant pour les riches qu'il dépouillait encore peu de temps avant.
Garrett capture donc le Kid vivant mais celui-ci s'échappe juste avant son exécution après avoir buté deux associés du sheriff.
Une chasse à l'homme commence alors jusqu'au Mexique…









Un retour au Western pour le cinéaste qui engage des musiciens (Dylan, Kristofferson, Donnie Fritts, Rita Coolidge) et les habitués James Coburn et Jason Robards pour un autre conte crépusculaire sur la fin d'une ère.
Le film a été charcuté à sa sortie, comme "Major Dundee" mais remonté en 1988 plus dans le souhait du réalisateur décédé en 1984.
Peut-être le dernier grand Peckinpah, même si je préfère "Cable Hogue" ou "La Horde Sauvage" dans le genre.
Le "jeu" de Dylan est remarquable dans le sens où on a l'impression qu'il est un témoin des scènes où il est présent, voir parfois à un figurant, ce qui donne au film une touche naturaliste.
La scène de la mort du personnage joué par le Texan Slim Pickens devant les yeux mouillés de la légende Mexicaine Katy Jurado (qui plus jeune a fait tourner la tête de pas mal d'acteurs dont Brando et Ernest Borgnine) avec "Knockin' On Heaven's Door" en fond sonore est magnifique.

Un western contemplatif qui semble avoir été fait comme une sorte de point final à un genre alors agonisant.

















JOAO GILBERTO : IZAURA 1973

 


Dernier titre d'un des plus grands disques de la Bossa Nova, le très intimiste "João Gilberto", connu aussi comme l'album blanc de la Bossa.
Chanté en duo avec la chanteuse Miùcha, d'un attrait immédiat (je parle de la chanson) et qui reste dans la tête.






JUNIOR BONNER DE SAM PECKINPAH 1972

 





Synopsis :

Junior est cow-boy de rodéo itinérant qui revient dans sa ville natale après un échec cuisant sur le redouté taureau Sunshine.
Il découvre une ville transformée par les projets immobiliers de son frère Curly, et le ranch familial en train d'être démoli pour faire place à un trailer park.
Lors de la fête annuelle de sa ville, il compte bien remettre le couvert avec Sunshine, enfin tenir 8 secondes et remporter la prime…





 


Première collaboration de Peckinpah et du roi du cool McQueen avant "Guet-Apens" pour ce film très, très familial, le genre film du dimanche après-midi entre le rôti et la poire et que j'ai vu en VF, ce qui n'arrange pas les affaires.
Sans McQueen, cette œuvre aurait pu ressembler à un téléfilm sitôt vu, sitôt oublié, parfait pour s'endormir pour la sieste de l'après-midi.
Sympathique sans plus, "Bronco Billy" et "Honkytonk Man" de Eastwood, un peu dans le même genre, étant plus consistants par exemple.


















LES CHIENS DE PAILLE DE SAM PECKINPAH 1971

 






Synopsis :

David, un mathématicien Américain de gauche a emménagé dans une maison des Cornouailles dans le village de sa jeune épouse Amy, plutôt ingénue.
Le mari naïf et pacifique est l'objet de moqueries de la part de certains  villageois assez rustres et alcooliques et Amy est l'objet de convoitises d'ordres sexuelles.
Le couple retrouvent leur chat pendu et quelques temps après Amy est violée par une ancienne connaissance et par un autre ami de celui-ci.
Elle se tait mais lors d'une fête du village, une jeune fille se fait  accidentellement tuer par un grand dadais demeuré qui finit par être recueilli par le couple après l'avoir été renversé.
Les villageois partent à la recherche du demeuré pour le lyncher…









Désabusé par Hollywood et entaché d'une réputation désastreuse, Peckinpah tourne son film dans les Cornouailles pour son premier film contemporain qui sort en plein boom des Survival et Rape And Revenge.
On pense à "Délivrance" de Boorman qui sortira l'année suivante (les citadins qui se retrouvent confrontés à la violence des ruraux) à la vision de ce film nihiliste, anarchiste où le réalisateur s'en prend encore à la religion, à la philosophie hippie pacifiste ou au conformisme.
La psychologie du couple est très bien écrite et Hoffman, récent lauréat du "Lauréat", de "Midnight Cowboy" et de "Little Big Man" nous montre une autre facette de son talent.
Encore un monument et un classique, qui a été charcuté et qui a crée polémique à l'époque pour sa violence.


















GUET-APENS DE SAM PECKINPAH 1972

 







Synopsis :

Doc McCoy, un braqueur chevronné, purge depuis quatre ans une peine de prison. Il demande à sa femme Carol de demander l'aide du truand Benyon pour le faire libérer sur parole en échange de ses services de braqueur.
Enfin libre mais fragilisé par la taule, le Doc organise le braquage qui réussit malgré l'équipe que Benyon lui impose.
Un des équipiers essaie d'abattre le Doc mais échoue de justesse.
Lors de la remise de l'argent à Benyon, celui-ci se fait tuer par Carol.
Doc et sa femme vont bientôt avoir les truands, l'équipier psychopathe et les flics à leur trousses…









Le roi du cool McQueen, l'esthète de la violence Peckinpah, McGraw pour tempérer et une solide équipe de seconds couteaux : c'est ce que nous propose ce "Guet-Apens" devenu un modèle du thriller policier Américain des années 70.
Un suspens constant et ce, dès le générique à la sauce Peckinpah, une psychologie des personnages très approfondie (une caractéristique du "Nouvel Hollywood"), des moments contemplatifs.
"L'inspecteur Harry" de Siegel est passé par là, le Western Spaghetti aussi et depuis les lions sont lâchés : les gentils et les méchants ont disparus et tout est gris, nuance et spleen.
Une mention spéciale à Al Lettieri qui trouve ici le rôle de sa vie dans celui du tueur sadique.
Un divertissement de qualité.