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mercredi 5 juin 2024

ANGELE DE MARCEL PAGNOL 1934

 





Synopsis :

Angèle est une paysanne, elle sent le café et le savon de Marseille, elle est surtout toute dévouée à ses parents.
Elle rencontre Louis, un beau gars de la ville.
Louis se révèle un proxénète violent qui va faire travailler notre héroïne dans les bas-fonds de la ville fosséenne.
Saturnin, un garçon de l'assistance, adopté par les parents d'Angèle, étant comme un frère pour elle, va la retrouver et la ramener chez elle avec son fils dont elle ne connait pas le père.
Mais le père prend la mouche et l'enferme dans la cave...









"Angèle" est le premier film important de Pagnol qui adapte ici le roman "Un De Baumugnes" de Giono, après son adaptation de "Jofroi" l'année précédente.
L'héroïne est jouée par madame Pagnol, Orane Demazis, qui n'est pas provençale et ça s'entend beaucoup.
Fernandel est dirigé pour la première fois par Pagnol et est excellent ici, jouant son personnage de bébête, le genre de gars à qui on demande de cherchez l'eau à la fontaine pour le pastis, qui le rendra célèbre par la suite.
Andrex, acteur marseillais et ami de Fernandel joue le rôle du malfrat, rôle qu'il interprétera principalement le reste de sa carrière ("Fric Frac", "Circonstances Atténuantes"), n'apparaissant que dans le première partie de l'histoire.
Certains dialogues sont savoureux, sentent la lavande et le romarin et c'est d'ailleurs le principal atout du film avec l'interprétation générale (sauf Demazis que je trouve mauvaise, trop coincée et académique, en décalage avec les autres plus dans le jus).
Le style est le style habituel de Pagnol, un naturalisme provençal qui prend son temps, bercé au rythme des cigales.
Comme je l'ai dit, le premier classique de Pagnol, appartenant à notre patrimoine.


















mardi 4 juin 2024

TIRE-AU-FLANC DE JEAN RENOIR 1928

 





Synopsis :

Joseph est domestique chez des bourgeois dont le fils s'appelle Jean.
Tout les deux sont appelés à la conscription.
Si Joseph, homme du peuple, se fait assez vite à la vie de caserne, on ne peut pas en dire autant de Jean, poète à ses heures, qui va devenir le souffre-douleur de ses camarades de chambrée...









Cette adaptation de la pièce de théâtre de Mouézy-Eon et Sylvane est un des premiers classiques de ce qu'on appellera le "comique troupier", style de comédie qui ne m'a jamais bouleversé (comme tous les styles de comique visuel) d'autant plus que j'ai fait mon service militaire et que j'en ai été victime avant d'en être l'acteur.
"Tire-Au-Flanc" est surtout connu aujourd'hui pour être le film qui a révélé Michel Simon, comédien genevois anarchiste, amateur de pornographie et de femmes de petite vertu.
Le rôle principal "Joseph" est tenu par Georges Pomiès qui mourra 5 ans après à 31 ans.
Pour son huitième film, Renoir commençait à avoir du métier : caméra particulièrement dynamique, traveling arrière, plans courts.
On a reproché, à l'apparition du parlant en 1929/1930, au Septième Art une certaine régression en matière d'inventivité et d'originalité, ce qui fut vrai il faut le dire jusqu'en 1932.
Ce qu'il y a de bien avec les films muets (à peu près 100000 films en 35 ans), c'est que les seuls qui ont survécu à l'outrage du temps ou aux destructions sont souvent les meilleurs et si l'humour présenté ici est un peu (dé)passé, pour être gentil, on peut se câliner les mirettes de la beauté des images, décors, quelque-chose d'une photo sépia sortie d'une boite à chaussure.






 











lundi 3 juin 2024

NANA DE JEAN RENOIR 1926

 





Synopsis :

Les dernières années du Second Empire :

Anna Coupeau, dite Nana, fille de Gervaise (l'héroïne dont on peut suivre la passion dans "L'assommoir"), a commencé sur les trottoirs, puis s'essaie au métier de comédienne. Etant mauvaise mais belle à damner un saint, elle finit par avoir tout Paris à ses pieds mais peut-on échapper au sang vicié qui nous a fait naître ?









En 1926, Renoir ne s'était pas encore fait un prénom. 
En 1920, il épouse la dernière muse de son père et la fait jouer dans tous ses films muets suivants dont cette "Nana", adaptation très libre du roman de Zola.
Ici certains éléments du livre disparaissent, le fils de Nana, la partie à Orléans, la plupart de la centaine de personnages du roman n'apparaissent pas (heureusement) et on se concentre surtout sur la relation entre le comte Muffat, joué par un acteur allemand et l'héroïne jouée donc par Catherine Hessling (la muse) qui se révèle plutôt bonne actrice.
Autre différence, Nana est ici une grue un peu plus vulgaire contrairement au roman où elle montre une certaine humanité et dignité.
Claude Autant-Lara a le rôle de Fauchery tout en s'occupant des costumes et du décor.
Le style est celui typique de l'Impressionnisme en vogue à l'époque, différentes couleurs en monochrome sont utilisées pour illustrer le propos dont le violet pour les séquences oniriques et le sépia pour la majorité du récit, tout du moins pour la version que je connais.
J'apprécie beaucoup plus ce film que le roman un peu pompeux et chargé de Zola qui n'arrive pas à la hauteur du chef-d'œuvre qu'est "L'assommoir".
Douze ans après, le réalisateur s'attaquera au frère de Nana, Jacques Lantier, dans une autre adaptation.

















samedi 1 juin 2024

MERLUSSE DE MARCEL PAGNOL 1935

 





Synopsis :

Une école de Marseille, à la veille de Noël, certains élèves ont la chance de réveillonner en famille, d'autres non, soit parce qu'ils sont punis soit qu'ils n'ont pas de parents.
Pour garder les pensionnaires, c'est Blanchard qui s'y colle, il n'est pas beau, il est borgne et les élèves l'appellent "Merlusse" car paraît-il, celui-ci sent la morue.
Le pion devient le souffre douleur des élèves qui en profitent.
Le jour de Noël arrive ainsi qu'une surprise...








Ce conte de Noël fait un peu  penser au "Zéro De Conduite" de Vigo, certaines scènes rappellent l'époque du muet dans le rythme et l'expression marquée de certains comédiens.
Le gars qui joue un grand et qui ressemble à Fernandel (Jean Castan de son nom) est intéressant.
Henri Poupon est méconnaissable dans le rôle titre et Pagnol signe aussi le scénario, basé sur son enfance 20 ans auparavant.
Un film pas mal fichu dans l'ensemble mais les contes de Noël et moi, ça a toujours fait deux (je hais "La Vie Est Belle" de Capra et j'assume) alors bon.
Malgré le fait que ce soit un Pagnol mineur, selon moi, cela reste un film de l'âge d'or de notre cinéma et ça, ça n'a pas de prix.
















vendredi 31 mai 2024

JOFROI DE MARCEL PAGNOL 1934

 







Synopsis :

Le vieux Jofroi vend son verger à Fonse pour se faire une rente pour ses vieux jours.
Le nouveau propriétaire décide d'arracher les vieux arbres devenus stériles, pour semer du blé, mais Jofroi ne l'entend pas de cette oreille, menaçant d'abord Fonse avec une carabine puis ensuite menacer de se suicider...








Ce moyen métrage est le deuxième film réalisé par Pagnol et on est tout de suite plongé dans l'univers caractéristique de celui-ci : les cigales, les années 1920, l'"assent" et les décors naturels dans la garigue provençale.
"Jofroi" est l'adaptation d'une nouvelle de Giono, qui était aussi du sud, traité ici de la manière de fiction naturaliste qui fait la palette, la touche Pagnol également.
Dans le rôle titre, on découvre le chanteur et compositeur Vincent Scotto ('"La Petite Tonkinoise", "Prosper", "Marinella") et Henri Poupon, sorte de faux-frère de Raimu (ils étaient amis dans la vie) dans le rôle de "Fonse".
De bons passages, des dialogues parfois mémorables et l'interprétation dynamique et mélodique, l'"assent" toujours, font de ce divertissement une promesse de félicités futures.











dimanche 19 mai 2024

LA TÊTE CONTRE LES MURS DE GEORGES FRANJU 1959

 






Synopsis :

François est un jeune rebelle, sans emploi et criblé de dettes.
Un soir, il tente de voler son père, magistrat célèbre mais se fait pincer par celui-ci qui décide de l'interner en représailles.
Notre héros va alors faire face à des méthodes d'un autre monde, adoubées par le docteur Varmont, dur et cynique.
Il fait la connaissance de Heurtevent, qu'on découvrira épileptique et n'aura alors qu'un seul but : s'évader.








Une adaptation du roman de Hervé Bazin que ce premier film de Franju, qui deviendra un réalisateur culte et fera le classique "Les Yeux Sans Visage" qui m'avait terrorisé quand j'étais jeune.
Un style qui rappelle un peu Bresson en moins austère et Melville également, deux jeunes acteurs, Mocky et un Aznavour déjà excellent, et deux vedettes plus rodées que sont Pierre Brasseur dans le rôle du méchant docteur et Paul Meurisse dans le rôle du progressiste.
Anouk Aimée y est le personnage féminin, sorte d'ange, ou de coucou, qui va voler sur la tête du héros.
Un film assez réussi, même si ce n'est pas un chef-d'œuvre non plus, qui a le mérite de traiter d'un sujet encore tabou aujourd'hui qui est l'hôpital psychiatrique.
























samedi 18 mai 2024

LE MORT EN FUITE DE ANDRE BERTHOMIEU 1936

 





Synopsis :

Achille et Hector sont des second rôles aux "Folies Printanières" mais le mépris est vraiment le mieux qu'ils puissent espérer tant ils sont médiocres.
Hector a un jour une idée pour lancer enfin leur carrières, un bon coup de pub : il va faire semblant d'être assassiné par Achille qui sera arrêté puis jugé puis condamné avant d'être sauvé par son retour à grand renfort de presse et d'interviews.
Mais bien sûr, rien ne va se passer comme prévu...










Cette comédie réalisée par un Berthomieu dont je n'avais jamais entendu parler avant, joue tout sur les deux stars que sont Berry et Simon qui sont effectivement les deux atouts de cette œuvre solide, au scénario original qui ne lésine pas sur les surprises vers la fin.
Il faut voir les deux monstres en rajouter quand il s'agit d'interpréter des mauvais acteurs et c'est en toute logique que les meilleurs moments de la comédie sont les scènes qu'ils ont en commun.
Les autres interprètes dont le troisième personnage, l'actrice et actrice Mary Glory sont à la hauteur de ce que leur demande.
La partie dans un pays étranger où le rôle joué par Berry se fait enlever est la plus faible due en partie à l'interprétation en langue étrangère (ou inventée) en grande partie.
Un film à voir en complément de "La Fin Du Jour" de Duvivier ou "Entrée Des Artistes" d'Allégret par exemple.