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samedi 3 août 2024

TARTARIN DE TARASCON DE RAYMOND BERNARD 1934

 





Synopsis :

Tartarin fait la joie des tarasconnais avec ses histoires de chasse aux fauves en Afrique, aux Indes et autres contrées exotiques même si il n'a jamais mit les pieds hors de France.
Suite à un malentendu, ses amis sont persuadés que Tartarin s'apprête à faire un safari en Afrique pour ainsi tuer des lions.
Les habitants vont tellement le pousser que Tartarin se retrouve acculé et obligé de partir pour l'Algérie...








Ce film de Raymond Bernard qui eut une carrière modeste est en fait du Pagnol : c'est le Marcel qui signe l'adaptation et les dialogues et puis on retrouve toute la bande du provençal dans la distribution : Raimu, Charpin, Marcel Maupi et Milly Mathis.
Je ne suis pas un grand fan de Daudet, ses "Lettres De Mon Moulin" ne m'ayant pas bouleversé, je n'ai pas lu ce "Tartarin" dont les aventures ont été publiés en plusieurs épisodes.
On est ici dans la comédie d'aventure pour petits et grands avec cette histoire souvent sans queue ni tête comme le veut le genre du burlesque.
Les points forts de ce film sont la blague récurrente du camélidé et la scène de Tartarin qui a peur de son ombre.
Et puis il y a Raimu, la carte suprême, l'atout-cœur, ce qui suffit à se laisser convaincre...




















mercredi 31 juillet 2024

LA POISON DE SACHA GUITRY 1951

 





Synopsis :

Paul Braconnier (et non pas Paul, braconnier...comme quoi la ponctuation c'est important) est marié.
Certains ont le cancer ou la maladie de Charcot, pour d'autres c'est encore pire...ils sont marié.
Alors oui, Paul est marié à Blandine et se détestent donc de part leur situation matrimoniale.
Il cherche à se débarrasser de sa femme, qui de son côté achète de la mort-aux-rats.
Paul entend un jour l'interview d'un célèbre avocat, juste après son centième acquittement, ce qui lui donne l'idée d'aller le consulter pour, comme qui dirait, des conseils.
Etant affranchi par le magistrat, il va pouvoir alors se démarier en toute tranquillité...








"La Poison" est tellement bien écrit qu'on dirait une pièce de théâtre, ce qu'il n'est pas.
Chef d'œuvre d'ironie et d'humour noir , porté par un Michel Simon en état de grâce (voir la séquence du procès) et une Germaine Reuver qui lui vole presque la vedette dans le rôle de la mégère alcoolo qui parle comme une charretière.
Le dernier quart d'heure est d'une perfection rare, le personnage de Michel Simon faisant la morale aux juges comme si c'étaient des gamins et en parallèle la célèbre tirade sur le veuf, à voir absolument.
Guitry n'apparait que dans le générique du début, générique "vivant" où l'auteur nous présente un peu tout le monde en des termes flatteurs.
Un indispensable.






 











jeudi 25 juillet 2024

ET LA FÊTE CONTINUE ! DE ROBERT GUEDIGUIAN 2023

 





Synopsis :

Le 5 novembre 2018, deux immeubles s'effondrent dans la rue d'Aubagne à Marseille.
Alice s'occupe d'une association venant à l'aide aux victimes expropriées. Elle est fiancée à Sarkis, tenancier de bar et arménien.
La mère de Sarkis, Rosa, travaille à l'hôpital de la Timone et est pressentie pour être tête de liste de la gauche pour les municipales.
On y rencontre aussi Henri, le père d'Alice qui a liquidé son affaire pour se rapprocher d'elle et aussi Tonio, chauffeur de taxi communiste et frère de Rosa.
Tout ce beau monde va s'aimer, douter, s'entraider devant le vieux port, juge de paix de cette histoire...








Voici le 23ième film du réalisateur marseillais le plus connu après Pagnol. Je les ai tous vus à l'exception du précédent qui se passe en Afrique.
Le cinéma de Guédiguian est comme celui de Pagnol, c'est un cinéma de clan, de famille (les mêmes acteurs Ascaride, Maylan Darroussin, Boudet ainsi que les derniers arrivés Stévenin et Lola Naymark), chaleureux et humain sauf qu'avec l'arménien, les histoires sont très fortement épicées de propagande communiste.
Les films ont une unité de lieu (à trois exceptions près), le quartier de l'Estaque et on pense un peu à une série du fait des mêmes acteurs que l'on retrouve.
La plupart des œuvres de Guédiguian sont attachantes, très bien écrits et servis par les comédiens précités ce qui fait qu'il y a très peu de ratés dans sa production et de très bon crus comme par exemple "Ki Lo Sa ?", la plupart de ses films des années 1990, "Marie-Jo", "La Villa".
Ce qu'on peut reprocher au monde narré par le réalisateur est que celui-ci n'existe pas, le Marseille de Guédigian est fantasmé et franchement déconnecté et c'est une faute quand on prend un peu le bais du réalisme comme souvent avec lui...d'où la propagande que ce Marseille Potemkine.

Cette "Fête qui continue" ne déroge pas à la règle, c'est bidon mais c'est comme quand on entend une jolie mélodie qui nous reste dans la tête toute la journée, la beauté et la chaleur communicatrice finit par nous charmer.
Finalement, on aime Guédiguian parfois malgré nous et ça suffit.

Pour ceux qui ne connaissent que "Marius Et Jeannette", laissez-vous tenter par d'autres Guédiguian comme celui-là, vous passerez 90 bonnes minutes avec la famille.


















lundi 22 juillet 2024

FAISONS UN RÊVE DE SACHA GUITRY 1936

 






Synopsis :

Lui, est un avocat mais en fait un dandy s'adonnant aux plaisirs de la chair et des cigares.
Elle, est jolie et la femme d'un homme riche venant du sud.
Après une cour assidue, Elle et Lui passent un moment ensemble qui durera une nuit.
Le lendemain, Elle est terrorisée d'avoir découchée et de devoir trouver un alibi vis-à-vis de son mari, Lui va essayer de la conseiller et va même jusqu'à lui proposer de l'épouser (acte héroïque d'un homme au bout de sa vie).
On entre dans la chambre, c'est le mari (peuchère)...








Guitry adapte sa pièce de 1916 avec Raimu qui jouait déjà le rôle du mari à l'époque, Guitry qui reprend son rôle du Lui et Jacqueline Delubac, épouse du précédent, dans le rôle d'Elle.
Le film commence par un passage, inédit par rapport à la pièce, où défilent Arletty, Michel Simon, Claude Dauphin, entre autres, déclamant quelques savoureuses saillies pleines d'esprit et d'ironie typiques de Guitry sur la femme, le couple, le mariage et l'adultère.
Guitry est ici le maître et le pivot, se servant le plus gros morceau avec des monologues débités en un débit soutenu (la fameuse scène de l'attente et de l'appel téléphonique).
Jacqueline Delubac est plutôt douée, je suis toujours dubitatif quand un réalisateur fait tourner sa compagne, comme avec Pagnol mais ici elle est loin d'être transparente face à deux monstres sacrés comme Guitry et Raimu.
Raimu justement, qui n'apparait que dans trois scènes dont la finale, Raimu est un comédien qui ne s'écoute pas, ne se regarde pas mais se vit, se ressent.
"Faisons Un rêve" ressemble à un repas de Noël qui pourrait se prendre quotidiennement.


















vendredi 19 juillet 2024

ROXY MUSIC : THE SPACE BETWEEN 1982

 


Deuxième titre du dernier album du groupe, "Avalon" à la magnifique pochette.
Un des titres les plus rock du disque, ailleurs assez synthétique et romantique, qui se vendra bien grâce aux singles "More Than This" et surtout "Avalon".






dimanche 14 juillet 2024

GRIBOUILLE DE MARC ALLEGRET 1937

 





Synopsis :

Camille tient un magasin de sport à Paris. Il est désigné comme juré suppléant dans un procès aux assises.
Il y rencontre l'accusée, l'émigrée russe Natalie et va vite tomber sous le charme de la belle qu'il finira par faire acquitter en convainquant les autres jurés.
Il finira par recueillir Natalie, sous un faux nom en lui offrant un emploi dans son magasin.
Le fils de Camille va alors tomber amoureux de la russe...







 

"Gribouille" est le premier premier rôle de Michelle Morgan et c'est aussi une des premières apparition de Bertrand Blier (ici bien dodu) dans les deux scènes du tandem.
Allégret dirige cette comédie dramatique et sentimentale avec l'aide de son fidèle Marcel Achard pour le scénario.
"Gribouille", c'est Morgan mais c'est surtout Raimu qui est un spectacle à lui tout seul et l'assurance qualité du métrage.
Le monstre sacré toulonnais efface ici son accent pour se fondre dans le jus parisien et sert des partenaires du rang de Carette et Andrex. 
Plus le film avance et plus il monte en gamme, au fur et à mesure que le drame et l'intrigue s'installe et la dernière demi-heure est plutôt brillante.
"Gribouille" est un exemple supplémentaire de ce que j'ai déjà dit lors d'autres critiques de films de cette époque : les années 1930 représentent l'Age d'Or de notre cinéma où chaque semaine nous offrait soit un classique ou soit une pépite.
Raimu, Carette, Andrex, Gabin, Berry, Dalio, Brasseur, Fresnay, Morgan, Arletty, Simone Simon, Mireille Balin, Vivianne Romance, Suzy Delair, liste non exhaustive de certaines figures historique du dernier siècle de seigneurs de l'histoire de France.






  









samedi 13 juillet 2024

ENTREE DES ARTISTES DE MARC ALLEGRET 1938

 





Synopsis :

Au conservatoire d'art dramatique (à l'époque où la fameuse bande était encore à l'école primaire), Lambertin essaie d'apprendre à ses élèves les ficelles du métier.
On suit l'histoire d'amour entre François et la débutante Isabelle, qui rend jalouse l'ancienne maîtresse du jeune homme, Coecilia, qui elle est aimée de son domestique...









Allégret nous offre cette mise en abîme, comme le sera "Opening Night" de Cassavetes 40 après, du monde de la comédie et du théâtre.
Les dialogues sont de Jeanson (ainsi que Cayatte) et ça se voit car c'est le principal atout de ce film, certaines répliques font mouche tellement elles sont brillantes.
Jouvet joue son propre rôle dans ce professeur de comédie, ainsi que le jeune premier Blier qui était dans la classe de Jouvet au conservatoire.
Carette et Dalio, deux habitués du cinéma des années 1930, sont présents dans des rôles assez modestes.
Les deux interprètes féminines, dont Odette Joyeux, sont à la hauteur de leur rôles.
L'histoire d'amour et l'enquête policière finale m'ont moyennement emballées mais les dialogues de Jeanson finissent par mettre tout le monde d'accord.