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samedi 31 janvier 2026

LES JEUNES MARIS DE MAURO BOLOGNINI 1958

 





Synopsis :

Une bande de jeunes bourgeois mènent la belle vie dans une ville de Toscane, draguant des filles de leur rang ou allant s'encanailler avec des prostituées, passant leur temps à boire ou faire les 400 coups.
L'un d'entre eux décide de se marier/suicider, ce qui résultera un éloignement (temporaire) de ses amis.
Ils se retrouveront, d'autres franchiront aussi le pas. La jeunesse ne dure qu'un temps, le temps de l'existence...







Un film typique de l'époque (la vie des babyboomers alors dans leur vingtaine), d'ailleurs il y a Gérard Blain qui jouera dans de nombreux films de ce genre ("Le Beau Serge", "Les Cousins" de Chabrol).
On pense au "Vitelloni" de Fellini au début et à la fin de l'histoire, quand les personnages sèment la terreur dans les rues désertes et endormies. 
Le scénario est dû en partie à Pasolini qui n'épargne pas la bourgeoisie dans laquelle évolue l'histoire, même si on est globalement dans la comédie romantique.
Le tout est plaisant même si on n'est pas en présence d'un chef-d'œuvre non plus, les personnages sont suffisamment attachants pour susciter l'intérêt du spectateur.

















vendredi 30 janvier 2026

COEUR DE LILAS DE ANATOLE LITVAK 1932

 





Synopsis :

Un repassé est découvert par des mômes. Un gars est rapidement coffré et inculpé.
Un jeune poulet ne s'en laisse pas conter et décide d'infiltrer le milieu des marloux et des poules, croyant une certaine Lilas (dite la femme "caoutchouc" pour sa souplesse légendaire dans le quartier), dont le gant a été retrouvé à côté du cadavre, coupable...








Un film d'un réalisateur ukrainien à la carrière modeste avec le Dabe en tête d'affiche alors qu'il n'a même pas le premier rôle.
Le style est typique du réalisme poétique alors naissant, des poules, des poulets, des maquereaux et je ne parle pas seulement du ventre de Paris qu'on voit à un moment du récit ; on est ici en présence d'un film qui sent la pisse et l'absinthe, les dialogues ressemblent à du Audiard sauf qu'il avait 10 ans à l'époque du tournage : "on crâne", "on se débine" avant de "clamser", genre patibulaire mais presque.
Le film est parsemé de moments musicaux comme il était de coutume à l'époque, Fréhel, Gabin et Fernandel y vont de leur chansons réalistes ou paillardes et globalement, l'histoire se concentre plus sur le milieu dans lequel elle évolue, ainsi que l'histoire d'amour, que sur l'enquête en elle-même.
La fameuse "Lilas" est jouée par l'actrice débutante Marcelle Romée qui se suicidera après le tournage et Fernandel cachetonnait dans des rôles de demi-sel car Pagnol n'avait pas encore taillé le diamant qu'il fut par la suite.
Un très bon film, de très bonnes idées comme la scène de la fuite de "Lilas" vers la fin, qui mériterait quand même une restauration si on veux émettre une critique.

















dimanche 25 janvier 2026

EDOUARD ET CAROLINE DE JACQUES BECKER 1951

 





Synopsis :

Edouard est un brillant pianiste de condition modeste. Il est marié à Caroline, d'origine bourgeoise, jolie et qui a de quoi.
Le couple se prépare pour une soirée importante pour la carrière du pianiste et ça commence mal : Edouard ne retrouve plus son gilet, il en sera quitte pour aller en emprunter un au cousin de sa femme, qu'il déteste et réciproquement, et qui en plus a des vues sur sa belle épouse. Caroline, elle, décidera de couper sa robe de bal pour la mettre au gout du jour sauf de son mari.
Une dispute s'en suivra et une baffe partira sur la splendide joue de Caroline qui demandera alors le divorce.
Caroline refusera d'aller au bal, le cousin décidera de jouer ses pions pour la séduire et Edouard n'aura guère plus le cœur à jouer...










Le très bon Becker père nous propose cette comédie sentimentale qu'on dirait adaptée d'une pièce de théâtre tant elle est bien écrite et l'action se déroulant dans deux pièces principalement.
Jacques François, alors chevelu, avait des rôles consistants, ici, il joue le rôle du méchant cousin qui porte beau.
Daniel Gélin était alors au début de sa prestigieuse carrière, il y est parfait dans le rôle du pianiste confronté à un monde bien différent du sien.
Anne Vernon, 102 ans au moment où j'écris ces lignes, qui aura une carrière ramassée, incarne la belle Caroline avec un talent à la mesure de son partenaire.
Cette bluette musicale est pour moi une agréable surprise, je n'en attendais rien au départ mais l'excellent travail de groupe duquel a résulté ce film fait que le résultat est plutôt rassembleur (familles et cinéphiles).




















vendredi 23 janvier 2026

LE DIABLE PAR LA QUEUE DE PHILIPPE DE BROCA 1969

 





Synopsis :

Une famille vit dans un château à moitié délabré, dans la région humide (du moins à l'époque) de La Dombes, département de l'Ain. Le domaine servant également d'hôtel, malgré le fait qu'ils n'ont qu'un client à l'année.
La matrone demande à sa charmante petite fille toujours nu-pieds de faire faire la rabatteuse avec la complicité de son copain garagiste.
Le château se rempli et les affaires reprennent jusqu'à ce que trois malfrats débarquent tout fraichement sortis d'un braquage à Mâcon. 
La famille lorgne sur le magot qui servirait bien à financer une rénovation bien venue...









De Broca nous concocte cette comédie primesautière avec l'aide de Sautet, Delerue, Miller et une distribution à l'avenant : Montand, deux grands ducs, Piéplu, les seconds couteaux Tornade et Balutin ainsi qu'une armada de jolies pépées dont Marthe Keller, Clotilde Joano et Tanya Lopert.
Le château de Fléchères, dans le Beaujolais et dans le département dans lequel j'ai grandi,  sert de décors à l'intrigue.
Avec des comédiens comme ceux-ci, l'interprétation est sans reproche ainsi qu'énergique mais l'histoire, les dialogues et les situations n'ont rien de bouleversant : on sourit ci ou là sans plus, on ne s'ennuie pas mais les 90 minutes écoulées on passe à autre chose.
Pas de quoi se relever la nuit comme on dit mais pas un navet, ni un nanar...à voir une fois surtout si on est cinéphile.



















dimanche 18 janvier 2026

L ' AFFAIRE CRAZY CAPO DE PATRICK JAMAIN 1973

 





Synopsis :

Diserens est un homme d'affaire puissant, impitoyable, à la tête d'un réseau de trafic de drogue international.
Quand un des membres du réseau, "crazy capo" pose problème, les autres votent sa mort, y compris le propre fils du problème qui va même se charger de l'exécution.
Diserens et le fils, Antonio, deviennent proches, l'homme d'affaire voulant même en faire son successeur.
L'inspecteur Martin, malade du cœur et désabusé, est chargé de faire tomber le réseau et Diserens en premier lieu...








Etant tombé sur ce film par hasard, les noms de Ronet et Marielle m'ont obligé à le visionner.
Les deux acteurs ont partagé une scène dans "Les Femmes" de Jean Aurel et ont une scène de confrontation lors d'une garde à vue dans ce métrage.
Le style est entre le polar français à la Corneau/Melville et le poliziottesco (la musique de Cosma qui ressemble à du Morricone et les effets sanglants sur certaines scènes d'actions), étant une co-production comme 90 % des films français/italiens de l'époque.
Ronet joue un personnage inquiétant, porté sur les jeunes hommes (ce n'est pas textuellement dit mais assez voyant) et en même temps solitaire. Marielle a l'occasion de montrer une face plus sérieuse de son jeu, quatre ans avant "Un Moment d'égarement" de Berry.
Un assez bon polar, et une bonne surprise pour ma part, avec des personnages principaux bien écrits, quelques scènes d'action qui sont comme des récréations, des trahisons, quelques coups de théâtre ci ou là.



















samedi 17 janvier 2026

CORPO CELESTE DE ALICE ROHRWACHER 2011

 





Synopsis :

Martha est une jeune fille de presque 13 ans, ayant vécu la majeure partie de sa vie en Suisse.
De retour dans sa Calabre natale, avec sa famille, elle découvre un autre monde dans cette région du tiers-monde d'Italie du Sud, domaine de la 'Ndrangheta et de la bondieuserie.
Elle se prépare à sa confirmation en suivant les cours de catéchisme professés dans un style moderne (musique New-Age, ateliers artistiques) tandis que des élections se préparent.
Martha est proche de sa mère mais a des conflits avec sa soeur ainée plus affirmée.
Ce film nous propose de suivre le passage de l'héroïne dans le monde adulte...




 


Le premier film de la soeur d'Alba Rohrwacher, une des actrices italiennes les plus importantes de ces 20 dernières années.
Le style est très naturaliste, filmant l'alors débutante Yile Vaniello très près d'un corps parfois dévêtu mais toujours de manière pudique.
Une histoire de rituel de passage à l'âge adulte, donc, d'une jeune fille en jeune femme qui se coupera les cheveux et se rebellera, dira "non" et saignera pour la première fois.
Le parallèle religion/politique/boniments est assez présent mais la place est laissée au spectateur pour se faire sa propre idée du propos, ce qui est appréciable.
Le style est assez déroutant au début mais une fois qu'on s'est attaché à l'héroïne, le film est assez intéressant.
Une œuvre prometteuse d'une réalisatrice qui essaie de se mettre dans les pas de son ainée Lina Wertmüller, pionnière en la matière.


















vendredi 16 janvier 2026

LES MERVEILLES DE ALICE ROHRWACHER 2014

 





Synopsis :

En Ombrie, dans les années 90, 

On suit une famille qui vit en marge de la société, vivant du produit de l'apiculture, mené par un bizarre patriarche un peu pazzo comme on dit là-bas.
Une équipe de télévision débarque pour organiser une émission concours sur les produits régionaux et la civilisation étrusque.
La famille est menacée d'être expulsée de sa maison. Elle prend un  adolescent délinquant, qui ne parle pas, en tant que famille d'accueil  pour se faire quelques sous.
Le père refuse de s'inscrire au concours mais sa fille aînée décide de passer outre...








Deuxième film de la soeur d'Alba Rohrwacher qui joue ici le rôle de sa/la mère dans l'histoire, car c'est effectivement une sorte de récit autobiographique de la famille Rohrwacher.
Le style est expérimental, entre du Fellini et du Dogme 95, reproduit de manière assez bizarre mais certains plans sont très réussi dont ceux du tout début et de la toute fin (film circulaire ?)
Les comédiens, professionnels ou non, sont inspirés par l'histoire et surtout la petite qui joue le rôle de Gelsomina/Alba qui est le rôle principal du récit.
Monica Bellucci joue la présentatrice/fée/sirène qui va inspirer le personnage clé du film.
Ces "Merveilles" sont avant tout destinées à un public de cinéphiles de part son style autistique, peut-être aussi quelques ours mal léchés attirés par le miel familial.


















dimanche 11 janvier 2026

LA FEMME ET LE PANTIN DE JULIEN DUVIVIER 1959

 





Synopsis :

À Valence (en Espagne pas dans la Drôme, ça aurait été moins exotique),

Eva Marchand est une réfugiée française, ainsi que son père qui fut un écrivain à succès mais qui vit maintenant dans la misère.
Elle rêve d'être danseuse, a un fiancé français et surtout un atout qui fait d'elle une femme riche : elle a le corps le Brigitte Bardot.
Partout où Eva passe, les gars deviennent aveugles, tétraplégiques, cinglés et votent à gauche tellement ils deviennent con.
Un quadragénaire/manadier/gigolo/hidalgo, et marié, finit par s'éprendre d'elle mais la belle n'a que mépris pour les gens de la condition du bellâtre et va lui en faire voir jusqu'à ce qu'il en perde la raison...








Cette adaptation du roman de Pierre Louÿs n'est franchement pas le plus connu des films de Duvivier, un des meilleurs réalisateurs de notre histoire dont la liste des classiques/chefs d'œuvre est longue comme une vie sans ami/mour.
Notre regrettée BB joue le rôle qu'elle jouait depuis "Et Dieu Créa La Femme", la bombasse qui fait tourner la tête, et pas seulement, des hommes.
Dans le rôle du fiancé français, c'est le brun Michel Roux qui s'y colle dans finalement un de ses rares rôles au cinéma (les gens de ma génération connaissent plus sa voix).
Le chanteur d'opérette turc et juif Dario Moreno a un rôle intéressant d'un tenancier de semi/clandé (un bar à pute en fait), il nous offrira son célèbre "Brigitte Bardot c'est beau, c'est chaud" quelques années après.
Et puis il y a Jess Hahn, notre plus français des yankees, qui joue le mec sympathique comme souvent pour mon grand plaisir.
Cette comédie, souvent musicale car flamenquiste, où on peux découvrir les talents de danseuse de notre varoise préférée n'est pas franchement un Duvivier mémorable, un film alimentaire principalement, agréable à regarder dans l'ensemble si on n'est pas trop cinéphile. À noter que c'est un métrage plutôt féministe/socialiste mais traité de manière assez intelligente.


















samedi 10 janvier 2026

VIVRE EN PAIX DE LUIGI ZAMPA 1947

 





Synopsis :

En 1944, dans un village reculé d'Italie,

La famille recomposée de Tigna essaie de vivre tranquillement, entre un jeune homme déserteur, un collabo qui surveille les faits et gestes des habitants, si ils ne cachent pas des prisonniers par exemple, et un soldat allemand faisant office d'autorité d'occupation.
Dans la forêt alentours se cachent deux soldats américains dont un noir sérieusement blessé. La petite Sylvia les trouve un jour en cherchant un cochon qui s'était enfuit.
Les soldats finissent par être hébergés et soignés par Tigno qui fait en sorte que ça ne se sache pas car dans le village, on s'occupe de ses affaires et pas de politique.
Mais un soir, le soldat noir qui a récupéré, va devenir saoul et ameuter le soldat allemand...








Cette comédie dramatique, classée comme Néoréaliste même si techniquement ça n'en est pas (les acteurs sont presque tous professionnels) réussi à faire la bascule intelligente entre le début plutôt léger et la fin plus sombre : il y aura en effet deux morts.
Zampa, dans son scénario, essaie de rester plutôt neutre, le soldat allemand est plutôt sympathique (et boit du vin comme de la bière), comme les villageois et même le fasciste collaborationniste finit par avoir ses bons côtés, surtout quand les américains débarquent il faut bien le dire.
Cette histoire, attachante, est faite pour décrire au spectateur la vie d'un village à la fin de la guerre, à l'époque où on ne savait pas trop de quelle côté allait tomber la pièce et que la prudence était de mise.
Aldo Fabrizi incarne un oncle humain et tolérant face à sa compagne toujours énervée jouée par Ave Ninchi.
Le gars qui joue l'allemand est assez remarquable, réussissant à apporter une certaine nuance dans son personnage.
Un excellent film d'un réalisateur que je connait peu à mon grand regret, j'ai vu et apprécié "L'agent" avec l'Albertone mais c'est à peu près tout.
















lundi 5 janvier 2026

MADAME DE ... DE MAX OPHULS 1953

 





Synopsis :

Au début de la Belle Epoque (1870/1880),

Madame de (on ne saura pas), ou Louise pour les intimes, est l'épouse d'un général. Elle est frivole, superficielle, dépensière et n'a au fond que sa beauté (et elle est jouée par Danielle Darrieux, ce qui fait quand même un sacré capital de ce côté là) pour elle.
Pour régler une dette, elle vend une paire de boucles d'oreilles au bijoutier même qui les a vendue à son mari pour lui offrir en cadeau.
Lors d'une soirée à l'opéra, elle dit à son époux qu'elle a égaré le bijou. Le général cherche les boucles d'oreilles partout en dérangeant les spectateurs.
Le lendemain, le bijoutier avoue au mari la visite de sa femme et lui revend la parure. Le général décide d'offrir le bijou à sa maîtresse en guise de cadeau d'adieu. Elle vend le bijou à Constantinople pour régler une dette de jeu.
À Bale, un ambassadeur italien qui porte beau, voit le bijou en vente  en même temps que notre Louise et les achète sur un coup de tête pour les lui offrir si il arrive à la retrouver.
Deux semaines après, il se rencontrent. Elle fait d'abord sa sainte nitouche puis succombe au charme du bel italien.
Les fameuses boucles d'oreilles, qui reviendront encore dans les mains du bijoutier qui n'en reviendra pas, et l'amour vont causer la perte de Louise...





 
Cette comédie sentimentale qui tournera au drame vers la fin est jouée par un trio d'acteur d'exception, la Darrieux et ses beaux yeux, Charles Boyer dans le rôle du mari et Vittorio De Sica, malheureusement doublé, dans le rôle de l'amant.
Les deux-tiers du film ne m'ont pas trop emballé, étant insensible aux nombreuses scènes de bal et aux atermoiements du personnage principal. En revanche, une fois que "Madame De" tombe amoureuse et qu'elle finit par être prise à son propre jeu, que la mécanique du drame et de la jalousie se met en place, le métrage devient relevant, pertinent : à partir de la scène "Je ne t'aime pas" précisément.
La fin est remarquable par son ellipse, laissant deviner au spectateur ce qui s'est passé et faisant du film un moment dont on se souvient après tout et malgré le début laborieux.

















samedi 3 janvier 2026

LE REPOS DU GUERRIER DE ROGER VADIM 1962

 





Synopsis :

Geneviève est une riche jeune femme aux manières bourgeoises, fiancée à Pierre.
À Dijon, pour régler une succession, elle fait par hasard la connaissance de Renaud, quand celui-ci tente de se tuer.
Beau garçon, alcoolique, oisif, il est tout ce que déteste la belle et pourtant elle va non seulement tomber amoureuse de lui mais dépendante jusqu'à sombrer dans la déchéance...








Ce troisième BB/Vadim, et il y en aura d'autres, est l'adaptation du roman de Christiane Rochefort. Cette histoire d'amour masochiste est l'occasion de plonger dans les vices de la bohème parisienne comme il était de coutume à l'époque dans la Nouvelle Vague.
Robert Hossein joue son satyre qu'il connait par cœur face à la belle qui vient de nous quitter en nous tirant la langue.
BB est d'ailleurs convaincante dans les scènes de colère ou d'émotions qui parsèment le film.
La dernière partie à Florence et alentours est particulièrement réussie, ce qui sauve un peu le film qui a beaucoup de longueurs dans son deuxième tiers.