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mercredi 9 août 2023

CHACUN À SON POSTE ET RIEN NE VA PLUS DE LINA WERTMÜLLER 1974

 





Synopsis :

Des jeunes gens du sud arrivent à Milan, espérant trouver une vie meilleure. L'adaptation va être dure dans cette ville déshumanisée où tout est cher, pollué, inatteignable.
Le groupe trouve une collocation dans un bâtiment miteux et essaie tant bien que mal à s'en sortir :
Sante, après avoir réussi à séduire une fille et à l'épouser se retrouve avec 7 gosses et ne s'en sort plus.
Gino et Carletto, deux amis, travaillent dans un abattoir,  puis dans une halle de grossiste et finalement l'un va travailler dans un restaurent tandis que l'autre va commencer à vivre de larcins et magouilles.
Adelina et Carletto se mettent ensemble mais la belle, sicilienne, veut se marier avant de fricoter avec lui et tant qu'ils sont pauvres elle refuse de l'épouser…







  



Cette comédie chorale, qui décrit la vie de travailleurs du sud dans la capitale de l'Italie de nord est remplie de bonnes idées.
Le style choral fait qu'on passe d'un personnage à l'autre sans temps mort et avec toujours un rythme soutenu.
La cinéaste était dans sa période glorieuse (elle n'avait pas encore réalisé "Vers Un Destin Insolite") où tout allait à merveille et ce film est dans la lignée de "Mimi Métallo" et "Film d'Amour Et d'Anarchie" en même un peu plus débridé encore.
Dommage que Sara Rapisarda n'ait travaillé que deux ans parce qu'elle crève l'écran dans le rôle de la mignonne Adelina.






















lundi 7 août 2023

VERS UN DESTIN INSOLITE SUR LES FLOTS BLEUS DE L'ETE DE LINA WERTMÜLLER 1974

 





Synopsis :

Des gens aisés, dont la pénible Raffaella, passent des vacances sur la Méditerranée au bord d'un yacht loué un mois.
Les matelots et notamment Gennarino, communiste convaincus, doivent faire face aux réprimandes, caprices et à l'arrogance de Raffaella qui n'en manque pas une pour humilier leur serviteurs.
Lors d'une sortie en canot, nos deux protagonistes se perdent et ne doivent leur salut qu'à une île déserte.
Raffaella continue néanmoins à la ramener et de prendre Gennarino pour son larbin mais elle va être vite face à la réalité de la vie, incapable de se débrouiller toute seule à la différence du pauvre communiste qui arrive à survivre.
Le rapport de force va vite s'inverser et l'amour va même frapper à la porte petit à petit…











Troisième film avec le couple (à l'écran) Melato/Giannini, après "Mimi Metallo" et "Film d'Amour Et d'Anarchie".
Sorte de Robinson Crusoé" versus lutte des classes, Lina Wertmüller renvoie dos à dos le socialisme et le libéralisme (ce qui n'a pas plu aux critiques de gauche) en dressant le portrait à gros traits d'une harpie autant bourgeoise que méprisante et d'un mufle insulaire (ça se passe en Sardaigne) machiste, inculte et violent qu'est le communiste.
On a droit également à un film d'amour dans son dernier tiers, assez bizarre certes et désespéré, toujours avec l'humour très caractéristique de la cinéaste qui a écrit le scénario.
Le talent du couple vedette et de Lina Wertmüller fait encore mouche dans ce qui est peut-être son meilleur film, une vrai œuvre anarchiste et pessimiste.






















samedi 5 août 2023

SOLARIS DE ANDREÏ TARKOVSKI 1972

 







Synopsis :

La station spatiale en orbite autour de la planète océan Solaris a de sérieux problèmes depuis que les trois scientifiques qui la composent sont la proie de visions étranges.
Le psychologue Kris Kelvin est dépêché pour enquêter sur ce problème et peut-être voir à terme fermer la mission et le projet autour de Solaris.
Arrivé dans la station, il découvre qu'un scientifique s'est donné la mort, que les deux autres sont plutôt méfiants envers lui et assez vite, il va être en proie à l'apparition en chair et en os d'une ancienne petite-amie qui s'est pourtant suicidée 10 ans auparavant…











Tarkovski est un des maîtres du cinéma soviétique, avec Eisenstein et Dziga Vertov entre autres.
Son troisième long métrage fait tout de suite penser à du Lars Von Trier première période (la trilogie européenne) même si en fait c'est le danois qui s'en est inspiré bien évidement.
Le travail de la longueur, sur la photographie (très belle) qui rappelle les films de Murnau et l'expressionisme en général, un sujet qui vire assez vite au métaphysique comme la fin de "2001, l'Odyssée De l'Espace" font de ce film de science-fiction qui n'en est pas un, une curiosité à voir.
La fin de ces presque 3 heures est assez opaque et ouverte à pas mal d'interprétations.

PS :
L'œuvre n'est à aucun moment un travail de propagande de ces saloperies que sont le bolchévisme et le communisme, ce qui est toujours appréciable.
Tarkovski a fini sa carrière en France (non pas parce qu'il a renié le bolchévisme mais pour pure raison financière), accueilli comme un héraut de la bienséance par Sartre et compagnie.





















vendredi 4 août 2023

LA NOSTRA VITA DE DANIELE LUCHETTI 2010

 





Synopsis :

Claudio est contremaître dans le bâtiment, est marié avec deux enfants plus un troisième en route.
Claudio en veut, il a faim et se démène pour que sa famille ne manque de rien.
À la maternité, sa femme décède en couche, le laissant seul avec ses deux enfants, le bébé qui a survécu et sa douleur.
Laissé dans l'inconnu, il décide de tout faire pour gagner encore plus d'argent quitte à magouiller, emprunter et embaucher au noir, laissant l'éducation de ses enfants à sa soeur et son frère, ou son voisin dealer et proxénète…










Dans un style naturaliste qui fait penser à du Ken Loach, caméra à l'épaule (souvent) près des protagonistes dont Elio Germano qui donne de sa personne dans le rôle du père de famille qui fait passer  l'argent avant sa famille.
Des sujets sociétaux sont abordés : celui du monde du bâtiment, des magouilles, du travail au noir et des émigrés, sans leçons politiques et toujours de manière naturaliste ce qui est appréciable.
Luchetti fait partie du renouveau du cinéma italien, sorte de nouvelle vague millénaire instaurée  par les gens comme Nanni Moretti par exemple.
Germano sera récompensé à Cannes pour ce film recommandable et remarquable.






















jeudi 3 août 2023

MON DIEU, COMMENT SUIS-JE TOMBEE SI BAS ? DE LUIGI COMENCINI 1974

 





Synopsis :

Sicile, 1908 : Eugénia et Raimondo convolent en justes noces, du moins le croit-on.
En effet, durant la nuit de noce et de justesse, ils apprennent qu'ils sont frère et soeur. Le couple décide de ne rien dire et de prétendre qu'ils ont fait voeux de chasteté.
Eugénia, toujours non profanée et ignorante des choses de la chair, comme cela est la tradition en Sicile, a quand-même ses hormones qui la travaillent.
Lors du voyage de noces, le couple fait la connaissance du baron Henri de Sarcey qui fait une cour empressée à la belle…











Comédie érotique en costume particulièrement travaillée et bien écrite, réalisée par un des maîtres du genre, Luigi Comencini, avec Laura Antonelli qui n'avait pas la réputation d'avoir souvent froid aux escalopes.
Un certain Rochefort (peut-être vient-il de Charente-Maritime ?) joue le rôle du baron et c'est toujours appréciable quand on est cinéphile.
On passe un bon moment dans l'ensemble.






 














mercredi 2 août 2023

ELLE EST TERRIBLE DE LUCIANO SALCE 1962

 





Synopsis :

Antonio est un ingénieur de 39 ans, il en a dans le pantalon autant que dans son portefeuille et préfère les relations éphémères.
Roulant dans sa décapotable sportive après une nuit de beuverie pour aller voir son fils en pension, il croise la route d'une bande de jeunes qui en panne sèche sur le bord de la route.
Il va s'arrêter les aider et remarquer la jeune et belle Francesca.
À partie de là, les merdeux vont faire vivre humiliation sur humiliation au vieux beau qui va vite moins la ramener…









 

Luciano Salce n'est pas le plus connu des réalisateurs italiens et Il Maestro Morricone débutait tout juste sa carrière de compositeur de musiques de films (colonna sonora en VO per favore).
Le troisième film de son auteur dépeint la jeunesse des babyboomers comme le faisait à l'époque Chabrol en France, ou Cassavetes à New York par exemple.
On pense un peu au "Fanfaron" de Risi sorti la même année, surtout au début, ensuite les calembours s'enchainent avec quelques chansons d'époque (des chachachas, twists) avec plus ou moins de réussite.
Même si l'œuvre aurait méritée d'être un peu plus concise, 20 minutes en moins dans la longue séquence sur la plage et que le héros n'est guère crédible (le gars/couillon se fait facilement avoir quand même et est peu rancunier), le talent de Tognazzi ainsi que de la débutante et ravissante Catherine Spaak font le travail dans l'ensemble.








 














mardi 1 août 2023

SOUS LE SABLE DE François Ozon 2000

 





Synopsis :

Marie est mariée à Jean depuis 25 ans, formant un couple uni, amoureux mais sans enfants.
Le couple part en vacances dans les Landes et part sur la plage le lendemain de leur arrivée.
Jean va se baigner, Marie préférant dormir sur le sable.
À son réveil, plus personne plus rien, jean a disparu.
Noyade, suicide, fugue ? Marie sombre dans un désespoir et une détresse bien normale.
Elle se décide à rentrer à Paris, les recherches n'ayant rien données.
Quelques temps ont passés et Marie se comporte comme si Jean était toujours là, devant l'incrédulité de ses amis.
Le film nous propose de disséquer le voyage mental et le travail de Marie pour gérer sa douleur…












Ce quatrième Ozon sur le thème de la perte d'un être cher, encore plus difficile quand on ne sait pas ce qu'il lui est arrivé, si il est encore en vie ou non est une œuvre de tout premier ordre.
On suit le personnage de Marie se fêler petit à petit, se désagréger tel un château de sable emporté par la marée du désespoir, du déni et de la solitude.
Charlotte Rampling est bouleversante, on est pris dans le tourbillon de ses émotions comme on fut fasciné par Gena Rowlands dans "Une Femme Sous Influence", elle abat un travail fabuleux.
L'ambiguïté est constamment présente dans ce récit à la fin ouverte, ce qui est un régal, le spectateur pouvant se faire sa propre opinion et interprétation et finalement construire son œuvre propre et intérieure.
"Sous Le sable" est le genre de travail qui justifie l'invention du cinéma.