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dimanche 11 avril 2021

LE LAUREAT DE MIKE NICKOLS 1967

 







Synopsis :

Benjamin a presque 21 ans, vient d'avoir son diplôme et passe ses mois de grandes vacances chez ses parents sans bien trop savoir ce qu'il veut faire ensuite.
Ceux-ci, plutôt directifs envers leur fils, le pressent de courtiser la fille de leur amis mais c'est la mère, Mrs Robinson, qui va littéralement se jeter sur lui lors d'une soirée.
Sans expérience et plutôt réticent à l'idée du scandale si cela venait à être appris la presque quadragénaire alcoolique et libérée et le jeune homme entament néanmoins une liaison.
Les choses vont se gâter pour Benjamin quand, toujours à cause de l'insistance de ses parents, celui-ci doit sortir la fille de son amante, Elaine et que bien vite il va tomber amoureux, voire obsédé par elle tandis que Mrs Robinson, jalouse comme on a rarement vu, va décider de lui faire vivre un enfer…






 


Deuxième film de Mike Nichols après "Virginia Wolfe" et premier chef d'œuvre de ce que l'on appellera le Nouvel Hollywood.
Chef-d'œuvre, le mot n'est franchement pas galvaudé pour parler de ce film parfait, du scénario (le personnage de Benjamin Braddock est très bien écrit) et de son thème osé pour l'époque (aux Etats-Unis du moins), de la révélation Dustin Hoffman sorti de l'Actor's Studio et qui avait déjà 30 ans, de chaque plan qui est une merveille d'inventions et d'idées originales (comme par exemple le plan de début et celui final qui se répondent) jusqu'à la musique devenue mythique.
La singularité de ce "Lauréat" vient aussi de ce qu'on a droit à un thriller sentimental enrobé de comédie (apporté par le personnage joué par Hoffman) et que le prédateur y est ici une femme, superbement joué par Anne Bancroft, à la sexualité débridée qui domine la proie qu'est le jeune homme inexpérimenté ; les rôles sont inversés dans la tradition du Nouvel Hollywood.
Le genre de film indispensable et un classique à voir une fois dans sa vie de cinéphile (et vous y reviendrez !)


















samedi 10 avril 2021

LE GAUCHER DE ARTHUR PENN 1958

 






Synopsis :

Adaptation d'une pièce de Gore Vidal, sur la vie de Billy The Kid et de sa rencontre avec Pat Garrett qui lui sera fatale.
Le célèbre gangster y est dépeint comme une victime qui a été contraint de commettre son premier meurtre par vengeance et dont la chute est la conséquence à l'injustice qui régnait dans l'Ouest de l'époque.









Premier film de Penn avec Paul Newman qui était la star montante, peu après l'émergence de Marlon Brando et de James Dean et avant Steve McQueen et Robert Redford.
Newman est véritablement le seul intérêt de ce western qui insiste sur la psychologie du bandit, ses fêlures et sa lente glissée vers la folie car l'acteur nous montre tout ce qu'il a appris de La Méthode de Lee Strasberg.
La première moitié du métrage est un peu molle et conventionnelle mais dès que le héros bascule dans une sorte de Passion de Jésus Christ, interprétée un peu de la même manière avec laquelle Brando a joué Kowalski ou Terry Malloy ("Sur Les Quais"), le récit devient alors plus mémorable, consistant et en sorte  pertinent.
Ce western a été un four, La Méthode infusée dans un genre commercial était un peu trop avant-gardiste à l'époque, mais ce "Gaucher" est un bon exemple de "western d'auteur", shakespearien à souhait.


















BONNIE AND CLYDE DE ARTHUR PENN 1967

 





Synopsis : 

Une évocation de l'histoire du couple mythique qui terrorisa le Texas et les états alentours au moment de la grande dépression, de leur rencontre jusqu'à leur exécution dans une fusillade punitive par les forces de l'ordre…









Devenu culte, comme une bonne moitié des films du Nouvel Hollywood, ce road movie assez éloigné de la vraie histoire du couple et traité sur un mode léger dans sa première moitié pour finir dans un déluge de violence soudaine que reprendra "Easy Rider" de Hopper ou "La Horde Sauvage" de Peckinpah.
On trouve dans "Bonnie And Clyde" sorti la même année que "Le Lauréat" de Mike Nichols : Anti-héros, absence de manichéisme, troisième degré, polissonnerie...en fait ce qui a fait la fin du XXème siècle que l'on regrette de plus en plus.
Une œuvre légèrement surestimée selon moi même, les poursuites de bagnoles sur une musique de banjo qui font penser au futur "Shérif Fait Moi Peur" font un peu concon, ça reste un très bon cru d'un réalisateur qui a fait encore bien mieux par la suite.
















MISSOURI BREAKS DE ARTHUR PENN 1976

 





Synopsis :

Braxton est un éleveur de chevaux qui doit composer avec de nombreux vols perpétués par des bandes comme celle de Tom Logan.
Logan, justement qui vient d'apprendre qu'un membre de sa bande s'est fait attraper et lyncher sans jugement à cause de Braxton, très influent dans sa ville.
Logan, pour se venger décide d'acheter un ranch dans le voisinage de Braxton afin, entre autre de lui voler ses chevaux.
Braxton, dans le même moment engage un régulateur, c'est-à-dire un tueur à gage, dans la personne plutôt originale de Robert Clayton qui s'avèrera vite comme un psychopathe incontrôlable …









Un des atouts de "Missouri Breaks" est d'employer deux acteurs de premiers plans dans un rôle à contre-emploi : Nicholson dans le rôle d'un voleur de chevaux qui va vite devenir une victime et même un "héros" alors que le "justicier" est tenu par un Brando qui visiblement se préparait pour son rôle encore plus mythique du colonel Kurtz.
D'ailleurs sans Brando, qui joue un "régulateur" psychopathe complètement ravagé du ciboulot, le film aurait été un peu fade, voire peu remarquable, visionner son entrée en scène/selle dans le récit est assez éloquent et inoubliable. À partir de cette époque, post "Parrain", le gars ne jouait plus que son propre personnage qui en avait beaucoup dans sa tête, un poète du chaos, un mystique exotique, un toxique addictif.
Peut-être un des derniers grands westerns américains, avec ceux réalisés par Eastwood, à la fois second degré, poétique et non-conformiste, si Nouvel Hollywood en quelque sorte.

















lundi 5 avril 2021

CROIX DE FER DE SAM PECKINPAH 1977

 





Synopsis :

1943, sur le front Russe, les Allemands du régime socialiste du troisième Reich subissent de lourdes défaites dans les tranchées.
Un officier Prussien de la haute société, Stransky, qui n'a jamais vu un mort de sa vie ni tiré sur quelqu'un prend le commandement de la section du caporal Steiner, un héros de la guerre respecté de ses hommes, plutôt anar et cynique. 
Stansky l'avoue sans peine, s'il est ici, c'est pour obtenir la Croix De Fer pour pouvoir se pavaner devant sa famille de bourgeois et pour cela il a besoin du témoignage de deux officiers dont Steiner qu'il vient de promouvoir Sergent.
Outre les tirs et bombardements du régime socialiste de Staline, la section va devoir faire face à l'animosité entre les deux chefs qui vont vite se détester…









Tourné en Europe et basé sur un roman Allemand, "La Peau Des Hommes" ce qui se voit dans ce film au scénario intelligent et parfois surprenant sur la mécanique de la défaite.
Le récit peut parfois faire penser à "La Grande Illusion" pour ce que est du sujet sous-jacent de la lutte des classes dans l'armée.
Les thèmes de Peckinpah sont là : anarchisme, mépris du pouvoir et de l'autorité, nostalgie des valeurs viriles d'antan et une bonne dose de cynisme pour assaisonner le tout.
Faire un film de guerre du côté des nazis, c'est déjà plutôt osé mais là où "Les Sentiers De La Gloire" de Kubrick avait pavé la route, Peckinpah décide de finir le boulot et de goudronner le tout, d'autant plus que le casting est prestigieux (Coburn, James Mason, Maximilian Schell et David Warner) et sert bien toute la psychologie des personnages.
La dernière offre conséquente du cinéaste culte et une œuvre qui l'est devenue également au fil du temps.


















LE CONVOI DE SAM PECKINPAH 1978

 





Synopsis :

Duck, Love Machine et Mike l'Araignée sont potes et chauffeurs routiers qui ont souvent maille à partir avec les forces de l'ordre et surtout avec le shérif Wallace qui possède une CB comme les routiers qu'il aligne.
C'est après un incident dans un relai routier, impliquant les quatre mentionnés précédemment que la révolte et la poursuite va s'engager entre les flics et un convoi d'une centaine de routier…









Un film d'action motorisé et comique, sorte de croisement entre "Easy Rider" de Dennis Hopper, "Point Limite Zéro" de Richard Sarafian et "Doux, Dur Et Dingue" de James Fargo traité par un des cinéaste les plus anars de l'histoire, mais en beaucoup moins bien.
Plus le scénario avance et plus celui-ci est absurde, irréaliste et décousu tant il essaie de balancer entre action, message politique et farce familiale sans vraiment taper juste à chaque fois.
Un film d'arrière saison pour Peckinpah.


















dimanche 4 avril 2021

APPORTEZ-MOI LA TÊTE D'ALFREDO GARCIA DE SAM PECKINPAH 1974

 





Synopsis :

La fille d'El Jefe, un baron du crime Mexicain, est enceinte.
Celle-ci avoue sous la contrainte le nom du père qui est parti : un bellâtre du nom d'Alfredo Garcia.
El Jefe offre 1 million à qui rapportera la tête du mufle…








Après la déception du charcutage de "Pat Garrett", le cinéaste décide de filmer entièrement sa prochaine histoire au Mexique, celle d'un road-movie dont la tête d'un gars déjà mort (ce qu'on sait assez vite dans le film) est en jeu.
Warren Oates se voit offrir le rôle principal d'un pianiste dont la petite-amie a été celle d'Alfredo et qui est l'intérêt principal du métrage parsemé de fusillades dans lesquelles les protagonistes gesticulent dans tous les sens avant de mourir...la patte Peckinpah quoi…
Le récit est traité en une sorte de road-movie à la "Badlands" dans sa première partie puis ensuite verser dans une cascade de violence progressive qui vire presque dans l'absurde dans un final à la "Wild Bunch". 
Le voyage interne et psychologique du pianiste qui va vivre une sorte de rédemption au milieu de l'histoire est plutôt captivant.
"Alfredo Garcia" fut un désastre critique et financier mais est depuis devenu un film culte et c'est mérité car cet "Alfredo" est un spectacle original, mystique, aux interprétations diverses.