Translate

dimanche 13 août 2023

DETENU EN ATTENTE DE JUGEMENT DE NANNI LOY 1971

 






Synopsis :

Giuseppe est géomètre en Suède, marié et père de deux enfants.
Après avoir signé un juteux contrat, il part 3 semaines en vacances dans son Italie natale pour la faire découvrir à sa famille (comme le synopsis de "Mafioso").
Arrivé à Courmayeur, on lui demande son passeport, se fait arrêter et est envoyé en préventive dans l'attente de rencontrer un juge.
Après plusieurs demandes, on lui dit enfin pourquoi il est incarcéré : il est suspecté de meurtre au deuxième degré d'un allemand qu'il n'a jamais rencontré à l'époque où il était déjà en Suède...











Les films du genre carcéral sont souvent excellents et celui-ci que nous offre le réalisateur du "Pigeon" ne déroge pas à la règle.
Le récit prend assez vite une forme Kafkaïenne pour finir dans une sorte de "Midnight Express" italien.
Le plus surprenant peut-être, c'est que le rôle principal est joué par Alberto Sordi qui trouve là son "Tchao Pantin" : son visage d'italien un peu niais se délitant petit à petit par l'incrédulité, puis la peur, puis le désespoir puis la folie ; il sera d'ailleurs récompensé à Berlin.
Cette dénonciation de la bureaucratie, du monde carcéral et de la corruption dans l'Italie des années de plomb nous laisse parfois dans l'incrédulité (comme le personnage) mais la tension croissante et la violence psychologique distillée intelligemment font de ce métrage une œuvre de tout premier ordre, pourtant assez méconnue. 






















samedi 12 août 2023

L'AGENT DE LUIGI ZAMPA 1960

 





Synopsis :

Dans la banlieue de Rome, Otello refuse de prendre un boulot indigne de l'image qu'il se fait de lui.
Un jour, son fils qui est travailleur et débrouillard, tout le contraire de lui, sauve de la noyade celui d'un adjoint du maire.
Celui-ci finit par donner au père l'emploi dont il rêve depuis toujours : agent municipal à moto.
Otello tout fier enchaine bévues sur gaffes et va même à être très coulant avec l'actrice Sylva Koscina qui n'avait pas son permis ni les papiers de sa voiture.
Le maire, furieux d'un tel laxisme va recadrer sévèrement notre héros.
Dès lors, Otello va faire preuve d'un zèle tel que le maire lui-même (qui aime rouler vite dans sa jolie voiture pour rejoindre sa maîtresse) va en subir les conséquences…










Les deux premiers tiers du film sont excellent, Sordi composant un tartuffe de compétition, donneur de leçon, pleutre, sans colonne vertébrale qui devient néanmoins sympathique au milieu du récit quand il s'affronte avec le méchant maire joué par De Sica.
Le dernier tiers tourne un peu en rond, le personnage de Sordi faisant un cercle complet et retrouvant celui du début en se vendant, je n'en dit pas plus.
Une très bonne comédie dans l'ensemble, un classique du genre plutôt.
À noter que le rôle du père du héros est joué par Carlo Pisacane, le petit vieux ("E buono") du "Pigeon".























vendredi 11 août 2023

MAFIOSO DE ALBERTO LATTUADA 1962

 





Synopsis :

Nino est chef dans une grande boite de Milan, il a une belle femme et deux enfants, une jolie voiture et un appartement confortable.
Il décide de partir 12 jours dans sa Sicile natale, voir sa famille et lui présenter la sienne.
Les siciliens purs jus sont d'abord méfiants de la blonde Marta mais les jours passent et l'atmosphère se détend petit à petit.
Nino a un cadeau pour Don Vincenzo, le parrain local, de la part de son patron et le lui offre.
La mafia a en fait des projets bien arrêtés en ce qui concerne Nino qui se verra demander un service qu'il ne pourra pas refuser…












Le film commence comme une comédie classique avec Sordi qui s'amuse en roue libre (on pense à "Divorce À l'Italienne" de 1961 pour la description des mœurs locaux), puis petit à petit, l'œuvre devient plus sombre, la tension augmente au fur et à mesure que la sueur de l'acteur apparait sur son front ridé.
Alberto Lattuada fait ici un sang faute dans cette œuvre sans temps morts et rempli de bonnes idées des scénaristes Marco Ferreri ainsi que le célèbre duo Age et Scarpelli.
"Mafioso" est probablement un des meilleurs Sordi et quand on connait la qualité générale des films dans lesquels il figure, ça veut dire quelque chose.





















jeudi 10 août 2023

AU NOM DU PAPE ROI DE LUIGI MAGNI 1977

 





Synopsis :

Rome, 1867 :

Les troupes de Garibaldi menacent d'envahir la ville et les attentats se multiplient. C'est l'un d'eux qui tue 23 zouaves de l'armée papale.
Trois suspects sont vite arrêtés.
La mère de l'un d'eux sollicite le Cardinal Colombo, qui fait aussi office de juge au tribunal du Vatican, pour sauver son bambin en lui apprenant qu'il est aussi le sien.
Le cardinal est un homme désabusé, il s'apprêtait d'ailleurs à démissionner pour redevenir simple prêtre, mais il intervient quand même pour sauver le partisan qui est aussi son fils.
Il commence néanmoins à culpabiliser sur le fait de n'avoir rien fait pour les deux autres…











Cette reconstitution historique, basée sur un ouvrage relatant les faits relatés dans le film et adaptée par le réalisateur, est traité sur un mode partiellement comique avec les rôles du cardinal Colombo et de son assistant qui ne cessent de se chamailler comme un vieux couple.
Manfredi incarne bien ce rôle d'un homme partagé entre sa conscience et sa foi et comme la plupart du temps dans les films italiens, la religion et surtout ici, le pouvoir pontifical en prend pour son compte.
L'œuvre a eut un certain succès et est considérée comme la meilleure de son réalisateur.






















mercredi 9 août 2023

CHACUN À SON POSTE ET RIEN NE VA PLUS DE LINA WERTMÜLLER 1974

 





Synopsis :

Des jeunes gens du sud arrivent à Milan, espérant trouver une vie meilleure. L'adaptation va être dure dans cette ville déshumanisée où tout est cher, pollué, inatteignable.
Le groupe trouve une collocation dans un bâtiment miteux et essaie tant bien que mal à s'en sortir :
Sante, après avoir réussi à séduire une fille et à l'épouser se retrouve avec 7 gosses et ne s'en sort plus.
Gino et Carletto, deux amis, travaillent dans un abattoir,  puis dans une halle de grossiste et finalement l'un va travailler dans un restaurent tandis que l'autre va commencer à vivre de larcins et magouilles.
Adelina et Carletto se mettent ensemble mais la belle, sicilienne, veut se marier avant de fricoter avec lui et tant qu'ils sont pauvres elle refuse de l'épouser…







  



Cette comédie chorale, qui décrit la vie de travailleurs du sud dans la capitale de l'Italie de nord est remplie de bonnes idées.
Le style choral fait qu'on passe d'un personnage à l'autre sans temps mort et avec toujours un rythme soutenu.
La cinéaste était dans sa période glorieuse (elle n'avait pas encore réalisé "Vers Un Destin Insolite") où tout allait à merveille et ce film est dans la lignée de "Mimi Métallo" et "Film d'Amour Et d'Anarchie" en même un peu plus débridé encore.
Dommage que Sara Rapisarda n'ait travaillé que deux ans parce qu'elle crève l'écran dans le rôle de la mignonne Adelina.






















lundi 7 août 2023

VERS UN DESTIN INSOLITE SUR LES FLOTS BLEUS DE L'ETE DE LINA WERTMÜLLER 1974

 





Synopsis :

Des gens aisés, dont la pénible Raffaella, passent des vacances sur la Méditerranée au bord d'un yacht loué un mois.
Les matelots et notamment Gennarino, communiste convaincus, doivent faire face aux réprimandes, caprices et à l'arrogance de Raffaella qui n'en manque pas une pour humilier leur serviteurs.
Lors d'une sortie en canot, nos deux protagonistes se perdent et ne doivent leur salut qu'à une île déserte.
Raffaella continue néanmoins à la ramener et de prendre Gennarino pour son larbin mais elle va être vite face à la réalité de la vie, incapable de se débrouiller toute seule à la différence du pauvre communiste qui arrive à survivre.
Le rapport de force va vite s'inverser et l'amour va même frapper à la porte petit à petit…











Troisième film avec le couple (à l'écran) Melato/Giannini, après "Mimi Metallo" et "Film d'Amour Et d'Anarchie".
Sorte de Robinson Crusoé" versus lutte des classes, Lina Wertmüller renvoie dos à dos le socialisme et le libéralisme (ce qui n'a pas plu aux critiques de gauche) en dressant le portrait à gros traits d'une harpie autant bourgeoise que méprisante et d'un mufle insulaire (ça se passe en Sardaigne) machiste, inculte et violent qu'est le communiste.
On a droit également à un film d'amour dans son dernier tiers, assez bizarre certes et désespéré, toujours avec l'humour très caractéristique de la cinéaste qui a écrit le scénario.
Le talent du couple vedette et de Lina Wertmüller fait encore mouche dans ce qui est peut-être son meilleur film, une vrai œuvre anarchiste et pessimiste.






















samedi 5 août 2023

SOLARIS DE ANDREÏ TARKOVSKI 1972

 







Synopsis :

La station spatiale en orbite autour de la planète océan Solaris a de sérieux problèmes depuis que les trois scientifiques qui la composent sont la proie de visions étranges.
Le psychologue Kris Kelvin est dépêché pour enquêter sur ce problème et peut-être voir à terme fermer la mission et le projet autour de Solaris.
Arrivé dans la station, il découvre qu'un scientifique s'est donné la mort, que les deux autres sont plutôt méfiants envers lui et assez vite, il va être en proie à l'apparition en chair et en os d'une ancienne petite-amie qui s'est pourtant suicidée 10 ans auparavant…











Tarkovski est un des maîtres du cinéma soviétique, avec Eisenstein et Dziga Vertov entre autres.
Son troisième long métrage fait tout de suite penser à du Lars Von Trier première période (la trilogie européenne) même si en fait c'est le danois qui s'en est inspiré bien évidement.
Le travail de la longueur, sur la photographie (très belle) qui rappelle les films de Murnau et l'expressionisme en général, un sujet qui vire assez vite au métaphysique comme la fin de "2001, l'Odyssée De l'Espace" font de ce film de science-fiction qui n'en est pas un, une curiosité à voir.
La fin de ces presque 3 heures est assez opaque et ouverte à pas mal d'interprétations.

PS :
L'œuvre n'est à aucun moment un travail de propagande de ces saloperies que sont le bolchévisme et le communisme, ce qui est toujours appréciable.
Tarkovski a fini sa carrière en France (non pas parce qu'il a renié le bolchévisme mais pour pure raison financière), accueilli comme un héraut de la bienséance par Sartre et compagnie.