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samedi 10 mai 2025

LES LUMIERES DE LA VILLE DE CHARLIE CHAPLIN 1931

 





Synopsis :

Notre vagabond préféré rencontre ici une jolie vendeuse de fleurs  aveugle qui croit que Charlot est un gars qui a de quoi.
Le vagabond fait aussi la connaissance d'un millionnaire suicidaire et alcoolique qui sympathise avec lui seulement quand il est bourré, c'est-à-dire la nuit.
Charlot demande de l'argent à son nouvel ami nanti pour payer à la vendeuse une opération pour ses yeux mais ça va mal tourner...








Ce muet de Chaplin en plein triomphe du parlant est une sorte de mélodrame comique qui révèlera Virginia Cherrill qui aura une courte carrière.
Les scènes les plus comiques sont celles avec le millionnaire et le vagabond, tous les deux bourrés, faisant les 400 coups (la scène des spaghetti) et également la séquence du combat de boxe.
C'est intéressant de revoir les Chaplins au moins 45 ans après la première vision, à l'époque où j'étais gamin : aujourd'hui en tant que cinéphile, c'est un plaisir différent, peut-être plus intense au fond.
Comme tous les films du vagabond qu'on appelle Charlot en France, ce "City Lights" est un ravissement sans taches, travaillé à la perfection tel un poème de Baudelaire.

















vendredi 9 mai 2025

LE KID DE CHARLIE CHAPLIN 1921

 





Synopsis :

Une femme célibataire accouche d'un garçon, le père l'ayant abandonnée, elle se résout à en faire autant avec son enfant.
Charlot découvre le gamin, cherche en vain à qui il appartient et décide de l'élever.
Cinq ans sont passées, le gamin aide Charlot dans son métier de vitrier en cassant des vitres avec des cailloux et vivent heureux dans l'ensemble.
Mais le gamin tombe malade, un médecin appelé pour le soigner décide de dénoncer charlot aux services sociaux pour lui enlever l'enfant.
Pendant ce temps, la mère est devenue une célébrité qui a de quoi, ayant gardé un élan pour la générosité, distribuant des cadeaux aux enfants.
C'est ainsi qu'elle se retrouve dans la rue où habite Charlot...









Premier long (aujourd'hui on appellerait ça un moyen métrage mais dans le temps 50 minutes c'était long) de "Charlot" par Chaplin qui avait alors obtenu la liberté artistique totale.
"Le Kid", il faut dire ce qui est, c'est surtout le gamin, interprété par Jackie Coogan, qui fera une modeste carrière, qui laisse les spectateurs sur le cul.
Chaque scène avec lui, celle où il casse les carreaux et s'enfuit en voyant le condé, la scène de la bagarre où la scène de la séparation notamment (une des plus mémorables de l'histoire du cinéma) est un délice de cinéphile.
Comme les autres œuvres de Charlot, chaque seconde est réfléchie et travaillée à la perfection, ici le mélodrame se marie à des moments plus légers voir poétique comme la scène du rêve.
On peut découvrir au début une séquence avec des voleurs de voiture maquillés...comme une voiture volée.

"Le Kid" est la définition même de l'universalisme, une œuvre pour tous, un cadeau pour l'humanité...peut-être le vrai communisme.










Le cinéma aurait peut-être dû s'arrêter après cette scène....






jeudi 8 mai 2025

LES TEMPS MODERNES DE CHARLIE CHAPLIN 1936

 





Synopsis :

Dans cette dernière histoire du vagabond, Charlot est au début employé à la chaîne sur une ligne de production, devant visser des boulons le plus vite possible.
Notre héros devient vite timbré avec ce boulot aliénant et finit enfermé dans un hôpital psychiatrique.
Sorti quelques temps après, il se retrouve au chômage et est arrêté à tort pour manifestation rouge.
En taule, il ingurgite de la cocaïne à son insu et telle une potion magique, cela a pour effet de décupler les forces de Charlot qui empêche une évasion.
Libéré pour cette action, il cherche en vain à travailler, il rencontre "la gamine", récente orpheline recherchée par les services sociaux.
Tout les deux, ils vont essayer de s'en sortir...








Ce dernier muet de Chaplin, 6 ans après la normalisation et généralisation du parlant et 9 ans après le premier film sonore "Le Chanteur De Jazz" est aussi une œuvre très ancrée dans son époque, post crise économique et apparition des mouvements sociaux comme celle qui s'est passée chez nous la même année.
Chaplin est un artiste complet, scénariste, monteur, interprète, réalisateur, producteur, musicien, chanteur, danseur, mime, cascadeur et n'est épanoui que quand il a produit un film parfait, ce qui est le cas encore ici, un gag par plan (la plupart seront d'ailleurs repris dans des comédies postérieures d'autres réalisateurs), faisant de ce classique le glorieux chant du cygne du Muet.
On trouve également dans ces "Temps Modernes", une séquence où Charlot chante la chanson "Titine"...et la voix du vagabond fut.
Pour ceux qui n'ont pas encore vu ce chef-d'œuvre, surtout la nouvelle génération, oui c'est en noir et blanc, oui il y a des intertitres mais on a affaire ici à la comédie totale, absolue, intouchable et intouchée.










 

Ciao Charlot !






mardi 6 mai 2025

UN MONSIEUR DE COMPAGNIE DE PHILIPPE DE BROCA 1964

 





Synopsis :

Comme dans "Les Jeux De L'amour", "Le Farceur" et "L'amant De Cinq Jours", Jean-Pierre Cassel interprète un bellâtre allergique au travail qui vit au crochet des femmes, ici il s'appelle Antoine.

Après le décès de son grand-père chez qui il vivait et sans moyens de subsistances, Antoine monte à Paris, rencontre Balthazar joué par un Marielle de 32 ans, pratiquant alors le nudisme de la lèvre supérieure et qui lui apprend à trafiquoter à droite à gauche. Pour le remercier, Antoine se tape sa femme. Ensuite, il rencontre un riche célibataire obsédé par les trains miniatures, joué par Brialy, puis il se retrouve à Rome où il se tape la femme du boulanger qui n'est pas joué par Raimu puisqu'il est mort en 1946, par contre la nana est jouée par la sculpturale fellinienne Sandra Milo et forcément on le comprend.
Avant de partir à Londres, Antoine se tape Annie Girardot puisqu'elle se trouvait par hasard sur une plage.
Dans la capitale britannique, il y rencontre Marcel Dalio qui incarne un escroc qui à réussi.
Enfin il réussi à aborder la femme blonde qui l'obsède depuis le début (une Catherine Deneuve alors encore débutante) et va même jusqu'à s'engager...








Ce dernier épisode de la tétralogie du gigolo avec Cassel est sans doute le plus réussi, De Broca avait alors plus d'argent pour ses films et ça se voit: Paris, Londres, Rome pour le décor et un casting prestigieux pour les seconds rôles (surtout Marielle et Dalio).
Le récit se rapproche de ce que fera Bertrand Blier dans "Notre Histoire" avec un style burlesque à la Tati (comme dans ses films précédents) et surréaliste qui s'expliquera à la fin.
Un excellent divertissement d'un réalisateur qui commençait à avoir de la bouteille.














lundi 5 mai 2025

LE FARCEUR DE PHILIPPE DE BROCA 1961

 






Synopsis :

Edouard vit avec son oncle, son grand frère et son épouse qui fut la sienne auparavant et avec laquelle il a deux enfants.
Edouard est un cambrioleur de cœurs, passant de maisons en maisons butiner les pistils qui s'y trouvent.
Il rencontre Hélène, jolie épouse entretenue qui passe la plupart du temps au lit et est subjugué...








Ce deuxième long de son réalisateur est comme son prédécesseur et son successeur, une comédie romantique très fleur bleue, mais en noir et blanc, avec Jean-Pierre Cassel qui joue à peu près le même rôle du bellâtre qui ne travaille pas et ne pense qu'à jouir dans tous les sens du terme.
Ce film m'a beaucoup ennuyé et mon cerveau a décroché assez vite, la dernière demi-heure est quand-même sensiblement plus sérieuse et plus consistante sur le plan émotionnel.
Le casting est ici assez solide : Palau dans un de ses derniers rôles, George Wilson dans le rôle du frangin, François Maistre dans le rôle du mari qui ne pense qu'à son boulot et bien-sûr Anouk Aimée (de tous) qui est là et c'est toujours ça.
















samedi 3 mai 2025

LES CAPRICES DE MARIE DE PHILIPPE DE BROCA 1970

 





Synopsis :

Dans un village typique de la France rurale, Marie est la fille du bistrotier et projectionniste occasionnel Léopold Panneton, communiste extrémiste haïssant l'Amérique capitaliste.
Marie est belle, un peu amoureuse de Gabriel qui est l'instituteur musicien cycliste et poète.
Un américain milliardaire vient juste divorcer pour la énième fois et comme il est con, comme la plupart des américains, il ne pense qu'à recommencer encore son erreur en recherchant la prochaine qui va le dépouiller.
L'américain, qui s'appelle Mc Power (tout un programme), jette son dévolu sur Marie qui vient de remporter un concours de beauté minable.
La belle hésite, elle aime son Gabriel qui ne veut pas s'engager et son paternel fait presque une attaque en voyant ce fieffé capitaliste fasciste ...








 


De Broca nous sert cette comédie qui ne vaut guère que pour ces interprètes dont deux grands ducs, François Perrier dans un rôle assez modeste et Marthe Keller, actrice suisse à la carrière internationale et compagne d'alors du réalisateur.
Le meilleur de cette comédie, qui rappelle parfois Tati au début du film, mâtiné du surréalisme de "Zazie Dans Le Métro", se trouve dans le personnage et les dialogues de Marielle qui cabotine à mort, mais avec talent.
Noiret joue son rôle habituel d'ours rêveur un peu paresseux tel un bienheureux Alexandre.
Le film m'a un peu moins intéressé une fois que New York fait son apparition, seule l'idée de la réserve de français au cœur de big apple, du genre venez voir les sauvages à béret, est assez marrante ainsi qu'une sorte d'hommage au "Lauréat" à la fin.
À voir pour Marthe Keller et les grands ducs.


















jeudi 1 mai 2025

L' HOMME QUI VOULAIT SAVOIR DE GEORGE SLUIZER 1988

 





Synopsis :

Juillet 1984 : un jeune couple de néerlandais, Rex et Saskia, est sur la route des vacances dans le sud de la France.
Saskia parle d'un étrange rêve qu'elle a fait récemment sur un œuf doré dans lequel elle se trouvait enfermée ainsi que Rex mais dans un autre.
Ils se disputent un peu, la voiture de Rex tombe en panne d'essence, en revenant avec un jerrican, le jeune homme voit que Saskia a disparue. Elle était en fait de l'autre côté du tunnel...avertissement sans frais.
Ils s'arrêtent plus tard dans une station service pour se restaurer et aussi se réconcilier, se faire une promesse de ne jamais se quitter.
Saskia part acheter une boisson dans la station et ne revient pas.
Rex va la chercher frénétiquement le jour même, puis le lendemain puis pendant quatre autres années, la quette virant jusqu'à l'obsession.
On suit aussi le parcours de Raymond, un professeur de chimie, marié avec deux enfants, très intelligent et intégré.
Il a acheté une maison isolée dans le Gard et semble tisser un stratagème pour kidnapper et droguer une jeune femme.
On comprend que c'est Raymond qui est responsable de la disparition de Saskia sans qu'on sache ce qu'elle est devenue.

Quatre ans ont passé, Rex reçoit régulièrement une lettre de rendez-vous sur une place de Nîmes d'un gars, Raymond en fait, qui lui promet de lui faire des révélations sur le sort de Saska mais personne ne vient jamais.
Finalement Raymond débarque au Pays-Bas au domicile de Rex et lui propose de l'emmener en France pour lui révéler ce qu'est devenue Saskia...








En voila un film mythique que celui du réalisateur néerlandais George Sluizer, qui vivait en France et faisait des films en plusieurs langues comme celui-ci (néerlandais, français et un peu anglais).
Cet "Homme Qui Voulait Savoir" ou "Spoorloos" est presque plus connu pour la réputation qu'en a fait Kubrick que pour son contenu.
Cette œuvre pourrait s'approcher du "Baxter" de 1989 dans le genre thriller tordu et dérangeant mais surtout nous avons affaire ici à un atout majeur : BERNARD-PIERRE DONNADIEU.
À l'époque, quand avait besoin d'une sale gueule bien inquiétante on avait le choix entre Jean-Roger Milo ou Donnadieu, le genre de gars qu'on ne va pas choisir pour jouer les jeune premiers galants ou les VRP, en plus de ça ces deux étaient de grands acteurs.
Donnadieu, affublé d'un bouc, joue donc le sociopathe Raymond sans qui ce thriller aurait été anecdotique parce que l'acteur Gene Bervoets qui joue le rôle de Rex devient du coup un peu transparent au contraire de Johanna ter Steege qui joue la victime Saskia que je trouve plus convaincante.
La réputation de film le plus effrayant selon Kubrick est quand-même exagéré pour ceux qui comme moi ont vu des milliers de films plus dérangeant mais c'est une œuvre qu'on oublie pas malgré une fin quand même un peu prévisible.
Tout tient en fait dans la mécanique du crime ici détaillée de manière clinique et naturaliste comme dans un Bresson dans les séquences où on voit le personnage de Raymond s'entrainer, recommencer, se perfectionner jusqu'à tomber sur le paramètre chance, la juteuse opportunité (on voit notamment que l'auteur du roman original s'est inspiré des méfaits de Ted Bundy pour le coup du plâtre).
"L'homme Qui Voulait Savoir" est de ces films qu'on oublie pas (deuxième fois), qui s'infiltre dans la chair tel un tatouage, dans l'esprit tel un poison lent en cela le but est atteint.